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WAKE UP ...  STAND UP

      Ce courrier s’adresse exclusivement aux seuls ostéopathes.

      Il est  plus que temps mes chers consoeurs et confrères de prendre conscience que des décisions graves pour notre profession sont en train d’être prises sans notre aval !

      Comment avons-nous pu depuis le 4mars 2002, date de la loi relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé, laisser nos représentants, tous syndicats confondus, bafouer cette dite loi en laissant autour de la table de discussion, des gens qui n’avaient rien à y faire.

      Désolé d’avoir à enfoncer le clou, mais dans cette dite loi il existe un article 48 qui, d’une manière fort explicite, rappelle que le kiné est assujetti à la prescription médicale comme le chien à sa laisse : « Lorsqu’ils agissent dans un but thérapeutique, les masseurs- kinésithérapeutes pratiquent leur art sur ordonnance médicale. »  Ce qui « de facto » les exclut de la possibilité de poser un DSO, élément fondamental de la pratique d’un ostéopathe, un vrai !

      N’hésitez donc plus et prenez le temps de rappeler cette réalité à vos représentants syndicaux ! Profitez de cette occasion pour leur rappeler que si cette loi est passée, c’est surtout devant l’évidence de résultats concrets parmi nos concitoyens, et ce, sans les artifices du remboursement par la S.S. sous le couvert d’actes cotés en AMM. See what I mean ?

      Quand aux médecins, il conviendra de leur faire relire cette loi pour qu’ils comprennent bien qu’à aucun endroit il n’est spécifié de préalable de médecin pour pouvoir se prévaloir du titre d’ostéopathe ! Il faudra aussi insister sur le fait  que l’ostéopathie ce n’est pas de la vertébrothérapie ! Et oui ! Il existe aussi des lésions de perte de mobilité vertébrale à point de départ viscéral ou autre…Et pour ceux qui, à force de réflexion, se sont aperçu que le sacrum méritait une attention autre que celle de la nutation ou contre nutation, il convenait, en tout état de cause, de toujours le travailler autrement qu’à coups de poings. Quand à ceux qui ont cru comprendre que l’articulation occipito-atloïdienne pouvait être bloquée à la suite d’un coup du lapin, expliquez leur que la bonne technique n’est pas de mettre le patient en décubitus ventral, en bout de table tête pendante au nadir, bassin sanglé, pour leur tirer d’un coup brutal la tête vers le bas sans aucun contrôle de le région ainsi manipulée. ! Et ne leur parlez pas de l’importance de la main qui tient par rapport à la main qui manipule.

      A ce sujet, je suis curieux de connaître l’avis des représentants de l’ANAES quand nous leur demanderons d’évaluer aussi cette technique car, c’est sous cette forme qu’elle a été présentée à un congrès à Versailles en 2003 par des médecins ostéopathes très fiers d’eux. Ce qui illustre une fois de plus la différence entre médecin ostéopathe et ostéopathe médecin !

      Ce qui nous permettra, pour la première fois, en face de ces mêmes représentants de l’ANAES, de revendiquer nous aussi une évaluation de nos techniques mais dans une EVALUATION COMPARATIVE.

      Qui serait plus à même de parler de l’ostéopathie sinon, les ostéopathes qui sont en première ligne depuis 10, 20 ans, et plus, ainsi que les patients qui remplissent nos cabinets malgré le non remboursement ?

      Il n’y a plus aucune raison d’aller justifier notre pratique thérapeutique avec une attitude de « bourgeois de Calais ! » Robe de bure et collier de chanvre ne sont plus de mises ! Car nous en avons, nous aussi en clientèle, de ces patients que nous avons recueillis avec un cursus dont il conviendra de faire une anamnèse exhaustive ! Avec multiplication des examens redondants, des prescriptions d’anti-inflammatoires systématiques comme si la molécule chimique avait le pouvoir merveilleux, après un traumatisme, de redonner de la mobilité à l’articulation en lésion ! Quand on professe de tels credo, où sont les sectaires ? Et puis tant qu’on y sera, pensez à faire chiffrer ces dépenses, je suis certain que cela pourrait bougrement intéresser du monde du coté de la CPAM !

      Puisqu’on parle money autant résoudre tout de suite le problème de la TVA.

      Il conviendra de nous mettre une bonne fois pour toute en règle avec la loi en cessant définitivement de la régler, en accord avec l’article 13 A 1 c) de la 6è Directive CEE de 17 mai 1977, reprise par l’article 261-4-1°/ du Code Général des Impôts, qui exonère de la TVA, en Europe, tous les soins donnés à la personne humaine par des professionnels de Santé ! (Voir plus haut la référence à la loi du 4 mars 2002)

      Par contre il faudra être très vigilant sur la définition de nos champs de compétence. Il va devenir de plus en plus évident qu’ils vont s’exercer au détriment de certaines prérogatives réservées aux médecins comme lorsque les dentistes sont apparus officiellement dans le paysage de la Santé en France…

      Cela imposera de recadrer autant l’activité des kiné, recentrés sur leur spécificité : le massage et la rééducation fonctionnelle, que celle des médecins pour tout ce qui  relève de la chirurgie ou des maladies infectieuses, psychiques, neurologiques, dégénératives et évidement nosocomiales et iatrogéniques ! (cf. plus haut, concernant la référence au dogme du médicament ou du diagnostic d’arthrose quand la douleur et l’impotence sont survenues après une chute ou un traumatisme…) Ce qui peut très bien s’intégrer dans la nouvelle donne du médecin « traitant » tel qu’il vient d’être défini par la loi et qu’il conviendra d’informer sur nos réelles compétences professionnelles. Ceci devra se faire soit par E.P.U., soit par un système analogue à celui des visiteuses médicales (non je blague on a bien le droit de rigoler de temps en temps !)

      Cette spécificité des ostéopathes apparaît déjà en pédiatrie où les travaux de certains de nos confrères, et surtout consoeur, ont acquis une crédibilité  et une reconnaissance des milieux concernés qui ne manqueront pas de rejaillir sur l’ensemble de la profession ! De plus en plus de confrères commencent à prendre conscience de l’importance « du crâne du nouveau-né ». Surtout quand, en plus, certain (es) ont, à la sollicitation des chefs de service, une consultation en milieu hospitalier…

      Le vrai problème semble devoir être la définition des structures d’enseignement qui vont devoir s’adapter aux exigences  de cette intégration dans le système de santé français. Il apparaît que ce tronc commun qui semble devoir s’imposer, risque de faire perdre, à certains, des premières années juteuses en termes financiers ! Faites le calcul du montant annuel, multipliez par le nombre d’inscrits, accessoirement vérifiez la possibilité d’accueil en deuxième année, et vous aurez une idée assez proche du volume de leur chagrin… Une finalité commerciale quelque respectable qu'elle soit ne doit jamais prendre le pas sur une finalité dictée par l’intérêt général !

      Dans l’éventualité, bien improbable, où des directeurs de structures d’enseignement auraient placé des hommes à eux dans des organismes syndicaux, en charge des discussions préalables à la mise en place des décrets d’application de la loi constitutive de notre profession, il conviendra de ne pas tomber dans le piège qui voudrait que, pour sauvegarder des privilèges, ce soit la profession toute entière qui pâtisse de sa non intégration dans le système de formation des professions de Santé en France !

Alors mes chères consoeurs et mes chers confrères, comme en pays Maori, debout c’est l’heure du HAKA.

Jean-Claude PUCH
OSTEOPATHE D.O. M.R.O. (F)


 Suite à l’article de M. Jean-Claude PUCH, Ostéopathe DO MROF WAKE UP ...  STAND UP, www.osteopathie-france.net/Information/tribune-Puch.htm , nous avons reçu la lettre suivante :

A l’attention de M. JL BOUTIN, Webmestre du Site de l’Ostéopathie :

  1. Dans un site ouvert à toutes les tendances, ça commence mal ![1]
  2. Une loi ne s’applique que par ses décrets d’applications ! En l’absence, on lui fait dire n’importe quoi.
  3. De quels syndicats parlez-vous ? Une profession qui n’existe pas en droit ne peut être représentée par des syndicats.
  4. Ce sont incontestablement des kinés qui ont investi le champ de l’Ostéopathie, sa pratique, son enseignement en France (et ailleurs) depuis plus de 40 ans. Y compris Monsieur BOUTIN, dont vous utilisez le site.
  5. Merci de rappeler aux kinés ce fait. J’espère que le « chien » à défaut de mordre sait encore aboyer.
  6. Il n’y a pas loin d’un demi-siècle que les kinés s’intéressent à l’Ostéo.
  7. Qui êtes-vous, et de quel droit reléguez-vous les kinés dans une activité qu’ils ont toujours dépassée, comme vous, en contournant la loi.
  8. Ah ! parce que 5 ou 6 ans de formation dans des collèges ostéopathiques, forcément privés à but lucratif, à 7500 € l’année, ce n’est pas une « finalité commerciale » !!! Avec une sélection par l’argent.

Quant à l’intérêt général, il s’agit ici d’un intérêt particulier : le vôtre !

Michel GOURGUES, MK DE
Email
 : michel.gourgues@laposte.net

Je désire apporter deux précisions :

  1. Le Gouvernement français a diligenté en 2003 une enquête de représentativité vis-à-vis des associations d’ostéopathes. Parmi toutes celles qui ont déposé un dossier, dont le Registre des Ostéopathes de France (ROF), 5 seulement ont été reconnues représentatives : l’Association Française des Ostéopathes (AFO), le Syndicat National des Ostéopathes de France (SNOF), le Syndicat Français Des Ostéopathes (SFDO), l’Union Fédérale des Ostéopathes de France et Association des Médecins Ostéopathes de France (AMOF "Ostéos de France").

  2. Ce sont bien les kinésithérapeutes qui ont amené l’Ostéopathie française là où elle est aujourd’hui. A une exception près si je ne me trompe, tous les directeurs des collèges ostéopathiques en fonction sont d’anciens kinésithérapeutes et la majorité des ostéopathes qui exercent en France à l’heure actuelle sont également des kinésithérapeutes ou d'anciens kinésithérapeutes. Certains ont renié leur diplôme de MK DE, d’autres, dont je fais partie, en sont fiers car c’est grâce à ce MKDE qu’ils sont devenus ostéopathes !
    Jean-Louis BOUTIN, Webmestre.


[1] Voici les extraits auxquels s’adresse les numéros de la lettre de M. Gourgues (nous soulignons les passages incriminés) :

  1.  Ce courrier s’adresse exclusivement aux seuls ostéopathes

  2.  … depuis le 4 mars 2002, date de la loi relative aux droits des malades

  3. … laisser nos représentants, tous syndicats confondus,

  4.  … bafouer cette dite loi en laissant autour de la table de discussion, des gens qui n’avaient rien à y faire.

  5.  … le kiné est assujetti à la prescription médicale comme le chien à sa laisse

  6. les ostéopathes qui sont en première ligne depuis 10, 20 ans, et plus..

  7.  Cela imposera de recadrer autant l’activité des kiné, recentrés sur leur spécificité : le massage et la rééducation fonctionnelle

  8. Une finalité commerciale quelque respectable qu'elle soit ne doit jamais prendre le pas sur une finalité dictée par l’intérêt général !


 Voici la réponse de M. Jean-Claude PUCH, Ostéopathe DO MROF

  •  1°   L’ article 48 de la loi du 5 mars 2002, dernier alinéa de l’article L 4231-2 du code de la santé publique, n’a pas besoin de décrets d’application pour être effectif , pour s’ en convaincre il suffira de le relire…et il est FONDAMENTAL.  Nous devons le rappeler à nos dirigeants pour nous libérer des impedimenta  qui ralentissent notre progression !

  •  2°  S’il est vrai que la majorité des ostéopathes étaient  précédemment des kinés, il n’en est pas moins vrai qu’ils ne le sont plus !

  •  3°  La différence essentielle réside dans l’utilisation de la main comme outil. Outil de travail qui permet  de palper, d’écouter, d’évaluer, de tester, de comparer,  de corriger, de manipuler, bref d’exécuter une action de discernement pour choisir la technique la plus efficace et l’endroit du corps où elle sera appliquée afin de résoudre la souffrance ou la gène fonctionnelle verbalisée par la patient. En résumé de pratiquer une activité d’ostéopathe. Activité qui ne se contente pas de faire de la symptomatologie ! Symptomatologie revendiquée par les médecins et, souvent  à la base des prescriptions médicales  adressées aux kinés !
    La douleur est souvent bien éloignée de sa cause ou de son origine.

  •  4°  Si parmi les kinés qui lisent ces lignes, il y en a qui reconnaisse leur pratique, qu’est ce qu’ils attendent pour nous rejoindre et venir grossir les rangs des ostéopathes ? La décision leur appartient.

  •  5°  Je persiste et je signe ces deux courriers. Je vous encourage à les relire avec attention !


 Lettre de M. Jean-Louis ESTRADE

Le loup et le chien [1]

      Kinésithérapeute et enseignant en kinésithérapie, je suis aussi titulaire d'un D.O. et prend de ce fait souvent des nouvelles des "cousins" dans ce site exceptionnel. J'avoue que se faire traiter de chien est un mauvais début pour un travail consensuel, mais essayons. Pour moi, il existe à la fois une spécificité ostéopathique et un domaine de compétences partagé par les médecins et les kinésithérapeutes. La spécificité ostéopathique est de considérer qu'il existe une motilité intrinsèque des différents tissus de l'organisme et que l’on peut agir dessus. Aucune autre profession que la vôtre ne la revendique. Le fait de mobiliser manuellement les tissus à visée diagnostique et thérapeutique est du domaine de compétences (actuellement et légalement) réservé des médecins et kinésithérapeutes. Vous le revendiquez.

      Pour un rationaliste, autoriser une prise en charge en première intention à des non-médecins afin que ceux-ci réalisent une imposition des mains sur toute ou partie du corps de patients consentants relève de la liberté de culte et non de la médecine. Personne ne conteste aux astrologues ou aux magnétiseurs leur capacité de recevoir en première intention des patients. Reste que de parler d'astrologie à un astronome est la meilleure façon de lui faire lever les yeux au ciel...

      Vous avez raison : le kinésithérapeute est attaché par sa laisse à une niche conventionnelle ; celle-ci n’est pas sans contre-parties : il accepte par exemple que des agences d’évaluation jugent ses pratiques et lui recommandent d’en changer, ce qui est possible, car la kinésithérapie n’est pas un dogme.

      Je crains pour vous que de vouloir résolument faire partie d’une « médecine basée sur les preuves » vous fasse perdre vos croyances et votre spécificité. Qu'est-ce qui différentiera alors votre pratique d'une prise en charge globale en kinésithérapie ? Le fait de vouloir assumer de A à Z le traitement d'un patient en prétendant se passer de l'avis d'un médecin ayant été formé pendant au moins 8 années pleines au diagnostic différentiel ? Le partage des tâches est un confort qui ne nuit pas au patient, bien au contraire.

      Cette loi reconnaissant l'ostéopathie ressemble de plus en plus à un cadeau empoisonné : devrez-vous abandonner par pans entiers votre pratique ou retourner dans votre chapelle ?

      Il vous reste un espoir : Vous connaissez la différence entre un kinésithérapeute et un ostéopathe ? L'ostéopathe, on est sûr qu'il touche aux patients.

Jean-Louis Estrade

 Le loup et le chien (suite)

      Vous vous méprenez sur mes propos : je vous souhaite que l'on puisse démontrer vos convictions profondes.

      La recherche bibliographique ne demande pas de moyens financiers particuliers ; juste de la volonté et la culture du doute. Vous avez personnellement réalisé une recherche bibliographique sur la validité des tests sacro-iliaques : vos conclusions ne sont pas différentes des conclusions admises par tous. Nous avons donc les mêmes lectures. Gageons que nous en tirerons les mêmes conclusions. Dès lors, où se situera la frontière, hors votre mépris ?

      La kinésithérapie est aujourd'hui majoritairement enseignée à la suite d'une première année de médecine validée, le diagnostic kinésithérapique est une obligation légale, des mastères en différentes disciplines (dont l'ostéopathie) voient le jour, la séméiologie médicale est enseignée chaque semaine dès la 1° année. Même si l'abord direct du patient ne me semble pas une priorité, il n'y a pas, dans le cadre du mastère à venir, d'impossibilité de procéder à l'image des chirurgiens-dentistes, praticiens de 1° intention confrontés à un risque autrement plus important.

      En 1982, nous nous insurgissions à la vue de nos enseignants allant former des médecins au Dumenat de Bobigny. Sans doute, avions-nous raison. Aujourd'hui, nouveaux gardiens du Temple, vous revendiquez l'exclusivité ostéopathique. Peut-être n'avez vous pas tort, mais le fond du problème est bien la place que le système de santé français doit accorder, avec- j'espère - bienveillance mais non - je pense - sans contre-parties, aux "ni-ni" que vous représentez.

      Bien confraternellement ?

Jean-Louis Estrade

 

[1] Jean de La Fontaine. Fables


 Lettre de M. Rafael Zegarra-Parodi DO MROF

      Ostéopathe formé après le baccalauréat, je n’ai pas eu à tergiverser sur les modalités de ma pratique professionnelle dans le contexte défavorable qui prévaut encore puisque les décrets d’application de la Loi du 4 mars 2002 ne sont pas encore publiés.

      Les propos tenus sur ce site amènent certaines réflexions. En effet, la compréhension que certains peuvent avoir de l’ostéopathie me semble assez limitée et je me réjouis qu’ils aient alors choisi de pratiquer et enseigner cette belle profession réglementée de Masseur-kinésithérapeute, qui possède ses indications incontournables.

      Le problème n’est pas là. Force est de constater que le combat mené actuellement par certains ostéopathes afin d’obtenir une profession de santé indépendante, réglementée, universitaire, de premier contact (comme cela est le cas en Grande-Bretagne, en Australie et en Nouvelle-Zélande par exemple) ne concerne en réalité que peu de professionnels MK et DO.

      Soit cette profession ostéopathe est créée et alors nous assisterons à un grand déballage de DO soit la situation évoluera peu et certains resteraient alors dans leur confort de profession réglementée qui, soit dit en passant, est largement bafouée par certains. Combien de séances d’ « ostéo » remboursées et passées à la Sécurité Sociale en séances de « kinés » ?

      Cette position ne brille ni par le courage ni par l’honnêteté intellectuelle vis-à-vis de leurs patients et de leurs correspondants mais elle peut toutefois se comprendre. Qu’ils prennent alors la peine de respecter les propos et les agissements de celles et ceux qui sont en première ligne depuis fort longtemps car les échanges épistolaires mis en ligne sur ce site s’apparentent bien plus à de l’histrionisme qu’à un raisonnement réfléchi.

      Prétendre que l’ostéopathie en tant qu’« evidence-based medicine » nous fera perdre notre philosophie et notre conception unique de la santé est un signe manifeste d’inculture ostéopathique, tant les travaux publiés depuis de nombreuses années nous prouvent le contraire même si, je vous le concède, la recherche doit être développée en France. On ne peut toutefois nous réclamer des travaux de niveau universitaire sans nous en donner les moyens et qui plus est, en nous bloquant l’accès à différentes structures sous prétexte que nous ne sommes pas des professionnels de la santé, chose que les MK ne peuvent pas comprendre.

      Voilà tout de même un point de consensus pour celles et ceux qui se réclament de l’ostéopathie : des données cliniques, des recherches expérimentales, des recherches bibliographiques qui viendront améliorer notre pratique clinique. Pour votre gouverne, ceci ne concerne pas uniquement les ostéopathes mais bien l’ensemble des professionnels de la santé ; voici ce que disait le Pr Indahl dans la conclusion de sa présentation lors du 4th EFIC Congress qui eut lieu l’an dernier à Prague :

« Tous les traitements proposés aux patients souffrants de lombalgies chroniques sont basés sur quelques théories ou hypothèses et aucune de ces hypothèses n’a effectivement été prouvée comme étant une cause de lombalgies chroniques. »

      Ceci pourrait expliquer en partie les résultats suivants qui ont été divulgués lors du même congrès par une équipe française (Pouchain et al.) qui a réalisé une étude auprès de 3000 médecins généralistes ayant recruté 9978 patients adultes (âge moyen : 62.2 +/- 15.1 an) afin d’évaluer l’importance de la douleur chronique. 52.7% des patients ont reporté une douleur persistante, dont 38.8% une douleur musculo-squelettique (analyse de l’intensité de la douleur et de l’inconfort sur une EVA). Les traitements reçus étaient standards : médicaments (82.6%), kinésithérapie (61%), soutien psychologique (32%), opioïdes (6%).

      L’amélioration médiane de la douleur (n=1042 patients) n’était que de 12% après les consultations chez le médecin (p<0.01) et l’intensité de la douleur était encore supérieure à 50% chez plus d’un tiers des patients.

      S’agissant de l’ « evidence based medicine » et de recommandations de bonne pratique, ces chiffres devraient inviter certains à plus d’humilité et plus de recherche pour nous tous afin de mieux appréhender les difficiles mécanismes physiopathologiques mis en jeu notamment lors de la douleur.

Rafael Zegarra-Parodi DO MROF


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