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EXTRAITS : DÉBAT ET CONCLUSIONS |
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Ce compte-rendu méthodique a montré qu’il n’existe pas suffisamment de preuves scientifiques pour recommander la thérapie crânio-sacrée à des patients, des praticiens ou à des tiers pour toute condition clinique. La littérature suggère que les sutures de la boite crânienne ne s’oblitèrent, ne fusionnent et ne s’ossifient qu’à l’âge adulte. Il y a bien quelques preuves (encore que provenant de recherches dont la qualité est discutable) de mouvement potentiel des sutures crâniennes dans les premières années de la vie. Mais les questions demeurent quant à savoir si un tel « mouvement » est décelable par la palpation ou si la mobilité a quelque influence sur la santé ou la maladie. Les auteurs de ce compte-rendu ont également noté, en accord avec les tenants de la thérapie crânio-sacrée, qu’il existe un rythme crânio-sacré, une impulsion ou une « respiration primaire » indépendante des autres rythmes du corps pouvant être mesurés (rythme cardiaque ou respiratoire). Avezaat & Eijndhoven 1986 [40] et Feinberg & Mark 1987 [46] ont employé une technologie sophistiquée pour comprendre le phénomène. Cependant, leurs études ainsi que d’autres n’apportent pas de preuves valables sur le fait que le « rythme » ou « pouls » crânio-sacré puisse être perçu avec fiabilité par un examinateur. Notre compte-rendu ne permet pas de penser qu’il existe des données raisonnables qui permettraient une telle conclusion. L’influence du rythme crânio-sacré sur la santé ou la maladie est totalement inconnue. Les cliniciens ont besoin de moyens d’évaluation fiables pour prendre des décisions. L’évaluation crânio-sacrée n’a pas montré cette fiabilité. La littérature sur la thérapie crânio-sacrée ne fournit pas de preuves de haut niveau, tels que des essais randomisés contrôlés de ses effets sur la santé. Les preuves disponibles sont de faible qualité méthodologique, varient fortement, manquent de cohérence et ne permettent pas d’apporter de conclusions logiques « positives » sur la thérapie crânio-sacrée. Upledger, en 1995, ostéopathe et fondateur de l’Institut d’Intégration Crânio-Sacré affirme que : « les résultats positifs d’un patient qui font suite à la thérapie crânio-sacrée devraient peser plus lourd que les données rapportées par des protocoles de recherche impliquant des sujets humains car il n’est pas possible de contrôler toutes les variables d’une telle étude ».
Ce point de vue a été contredit avec succès par des
groupes tels que le Quantitative
Methods Working Group of the U.S. National Institutes of Health Office of
Alternative Medicine,
ainsi que le Cochrane Collaboration on Complementary and Alternative
Medicine [58]. De nombreux systèmes de mesures validées à partir de
divers résultats sur la santé existent pour constater les « résultats
positifs sur patients ». Des systèmes de médecine complémentaire
complexes peuvent être étudiés comme « gestalts » (intégration du tout) dans
le but d’évaluer de l’intérieur un cadre d’intervention ou d’essais. Les
affirmations que les méthodes scientifiques actuellement disponibles ne
conviennent pas pour évaluer les thérapies catégorisées à tour de rôle comme
« non-traditionnelles », « alternatives » ou « complémentaires » ne sont pas
valides. Le problème n’est pas que la thérapie crânio-sacrée soit une entité « parallèle ». Des études scientifiquement défendables et rigoureuses sont tout à fait applicables à tous ses aspects. Si elles étaient entreprises, de telles recherches auraient un grand mérite en donnant l’orientation nécessaire aux administrateurs, aux praticiens et aux patients. |
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© Jean-Louis Boutin et le Site de l'Ostéopathie |
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