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La mobilité des os du crâne

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LA MOBILITÉ DES OS DU CRÂNE UNE VÉRITÉ SCIENTIFIQUEMENT DÉMONTRÉE 

Louis ROMMEVEAUX, DO MRO(F)
Enseignant au CIDO et à Maidstone
Ex-chargé de travaux pratiques à la Faculté de Médecine de Paris XIII (Bobigny) Département ostéopathie

article paru dans la revue OSTÉO n° 29 

reproduit avec l'autorisation de la revue OSTÉO

Ostéo n° 26, la revue des ostéopathes

Le site de l'Ostéopathie remercie particulièrement l'auteur et la revue OSTÉO 


La mobilité des os du crâne : une vérité scientifiquement démontrée
Les ostéopathes sont tous formés et habitués à sentir la mobilité des os de la boîte crânienne.
Leur pratique quotidienne leur permet souvent de mettre en parallèle certaines perturbations de cette mobilité avec des troubles plus ou moins marqués présentés par leurs patients.
La découverte de l'étude de la mobilité des différentes structures crâniennes sont dues au Dr W.G. Sutherland, dans les années 30, aux U.S.A.

Cette mobilité existe tout au long de la vie, de la naissance jusqu'à quelques minutes après la mort. Son origine est certainement multiple : le mouvement des cellules gliales et plus encore les variations de pression du liquide céphalo-rachidien.
Une main exercée sentira la mobilité de l'ensemble de la boîte crânienne, elle recevra l'impression d'une vague qui va et qui vient.

II sera alors possible d'analyser tactilement la mobilité de chaque os du crâne relativement à celle de ses voisins et à celle de l'ensemble des structures et de déterminer l'existence ou non de dysfonctions. Plusieurs ostéopathes testant le même crâne pourront, sans se concerter, détecter et définir la même lésion.

 Il existe d'autres preuves indirectes : 

  • Nous avons travaillé avec des anesthésistes : lors d'analgésies par péridurales, en ayant les mains sur le crâne du patient nous pouvons annoncer à l'anesthésiste le moment précis où il commence à injecter son produit car la mobilité des os du crâne s'arrête instantanément, non pas au moment de la pénétration de l'aiguille dans l'espace péridural mais lorsque l'analgésique commence à être injecté.
    Le mouvement reprend spontanément 5 minutes après.
    Mais ce test indirect fait encore intervenir notre main. Il faut donc trouver un système expérimental plus scientifique pour mettre irréfutablement en évidence ces mouvements crâniens.
    Nous pouvons faire confiance à notre main, mais si nous voulons être crédibles et parler le même langage avec d'autres professionnels de santé, il nous faut prouver nos affirmations.

De nombreuses tentatives ont été effectuées de part et d'autre de l'Atlantique.

  • Beaucoup ont essayé de mettre en évidence les modifications des diamètres du crâne selon les mouvements cycliques d'expansion et de retour.
    Il s'agit de mouvements de faibles amplitudes et il est très difficile d'éliminer des mouvements parasites, physiologiques ou non.
    Il existe entre le frontal et les os propres du nez une mobilité relativement importante de fermeture puis d'ouverture de cet angle fronto-nasal, mobilité qui se fait avec une force certaine à laquelle il est difficile de s'opposer.
    Tous les ostéopathes connaissent la technique de désengagement de la suture fronto-nasale avec un appui sur les os propres du nez et un contre-appui sur le frontal.

L'idée nous est venue de concevoir un dispositif de mesure de ces variations de pression.

  • Pour des mesures de pression, il existe des capteurs à jauge de contrainte qui, sous une alimentation électrique adéquate, délivrent une tension proportionnelle à la pression. Le signal ainsi obtenu peut être visualisé et analysé.

  • Nous avons disposé un contact mécanique appuyé sur la glabelle (os frontal) et un autre sur l'arête des os propres du nez. Ces deux contacts sont liés à un capteur de pression qui va réagir en fonction des variations de pression.

  • Lors d'observations manuelles. la pression ressentie est de type oscillatoire avec une gamme de variation qui s'étend sur le domaine 0,08 Hz à 0,2 Hz soit environ 5 à 10 coups par minute.

Dans une telle situation, le signal délivré par le capteur doit être à l'image de ce type d'évolution et pour le démontrer il est nécessaire de procéder à son analyse.

Les méthodes d'analyse de signal sont nombreuses, mais quand on recherche la présence d'une rythmicité, l'analyse par Transformée de Fourier s'impose, comme on le pratique dans le cas de l'E.E.G.
II suffit pour cela d'acquérir le signal avec une fréquence d'échantillonnage suffisante et de procéder ensuite à une Transformée de Fourier rapide (F.F.T.) sur ordinateur.

Le résultat du calcul donne la répartition spectrale du signal. Si des fréquences sont prédominantes et correspondent à des rythmes privilégiés, elles se manifestent par des raies qui peuvent s'élargir si les fréquences précédentes évoluent légèrement.
Dans le cas des expériences que nous avons effectuées, on peut noter sur les différents spectres obtenus (figures ci-après), la présence de groupes de fréquences très basses qui correspondent aux domaines déjà manuellement mis en évidence.

Ces fréquences ne peuvent pas être confondues avec des phénomènes de dérive continue des dispositifs utilisés. Sur les différents spectres obtenus on observe une répartition spectrale due au phénomène de flexion-extension crânienne qui occupe le domaine précité. Les rythmes mis en évidence ne peuvent être la résultante de rythmes physiologiques connus de fréquences bien différentes tels que le rythme respiratoire pulmonaire et le rythme cardiaque.

Dans une prochaine série d'expérimentations, il sera intéressant de montrer en simultanéité l'ensemble des rythmes précédents.

Le dispositif électronique comportant le capteur a été réalisé par Bernard Millon électronicien à Grenoble. Ce dispositif a une très grande sensibilité et il est particulièrement bien adapté à cette mesure. 

Le traitement du signal a été effectué au sein du Groupe: d'Instrumentation et de Contrôle Électronique de Procédés sous la direction du Professeur Christian Poupot de l'École Nationale Supérieure d'Electronique et de Radioélectricité de Grenoble. Cette équipe de recherche est spécialisée dans le traitement de signaux industriels issus de capteurs de toute nature.

Nous remercions tous ceux qui ont participé à cette étude et également nos premiers cobayes: Jean Arlot, Jean-Paul Guibal et Dominique Triana ainsi qu'André Ratio notre premier professeur d'ostéopathie crânienne.


BIBLIOGRAPHIE
  • J. BRIZON et J. CASTAING, Les feuillets d'Anatomie X et XI 1961.

  • L. BUSQUET, Ostéopathie crânienne 1961.

  • R. CAPOROSSI et F. PEYRAL.ADE, Traité Pratique d'ostéopathie crânienne 1992.

  • P. DUBY, Travaux d'Anatomie sur le filum terminale 1980.

  • A. GEHIN, Techniques manipulatives des os du crâne et de la face 1988.

  • L. et M. ISSARTEL L'ostéopathie exactement 1987.

  • H. MAGOUN, Osteopathy in the cranial field 1951.

  • R. SOLAN0, Le nourrisson et l'ostéopathie crânienne 1986.

  • W.G. SUTHERLAND, The cranial bowl 1939.

  • J. UPLEDGER, Thérapie crânio-sacrée 1983.


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