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Ostéo, la revue des ostéopathes
Proédit, Espace Grobet - 50, rue Louis Grobet - F - 13001
MARSEILLE
Tél.: 00 33 (0)4 91 08 50 95 - Fax : 00 33 (0)4 91
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LA MOBILITÉ DES OS
DU CRÂNE UNE VÉRITÉ SCIENTIFIQUEMENT DÉMONTRÉE
Louis ROMMEVEAUX, DO MRO(F)
Enseignant au CIDO et à Maidstone
Ex-chargé de travaux pratiques à la Faculté de Médecine de Paris XIII
(Bobigny) Département ostéopathie
article paru dans la revue
OSTÉO n° 29
reproduit avec l'autorisation de la
revue OSTÉO |
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Le site de l'Ostéopathie
remercie particulièrement l'auteur et la revue OSTÉO |
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La mobilité des os du crâne : une vérité
scientifiquement démontrée
Les ostéopathes sont tous formés et habitués à sentir la mobilité des os de
la boîte crânienne.
Leur pratique quotidienne leur permet souvent de mettre en parallèle
certaines perturbations de cette mobilité avec des troubles plus ou moins
marqués présentés par leurs patients.
La découverte de l'étude de la mobilité des différentes structures
crâniennes sont dues au Dr W.G. Sutherland, dans les années 30, aux U.S.A.
Cette mobilité existe tout au long de la
vie, de la naissance jusqu'à quelques minutes après la mort. Son origine est
certainement multiple : le mouvement des cellules gliales et plus encore les
variations de pression du liquide céphalo-rachidien.
Une main exercée sentira la mobilité de l'ensemble de la boîte crânienne,
elle recevra l'impression d'une vague qui va et qui vient.
II sera alors possible d'analyser
tactilement la mobilité de chaque os du crâne relativement à celle de ses
voisins et à celle de l'ensemble des structures et de déterminer l'existence
ou non de dysfonctions. Plusieurs ostéopathes testant le même crâne
pourront, sans se concerter, détecter et définir la même lésion.
Il existe d'autres preuves indirectes
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Nous avons travaillé avec des
anesthésistes : lors d'analgésies par péridurales, en ayant les mains sur
le crâne du patient nous pouvons annoncer à l'anesthésiste le moment
précis où il commence à injecter son produit car la mobilité des os du
crâne s'arrête instantanément, non pas au moment de la pénétration de
l'aiguille dans l'espace péridural mais lorsque l'analgésique commence à
être injecté.
Le mouvement reprend spontanément 5 minutes après.
Mais ce test indirect fait encore intervenir notre main. Il faut donc
trouver un système expérimental plus scientifique pour mettre
irréfutablement en évidence ces mouvements crâniens.
Nous pouvons faire confiance à notre main, mais si nous voulons être
crédibles et parler le même langage avec d'autres professionnels de santé,
il nous faut prouver nos affirmations.
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De nombreuses tentatives ont été
effectuées de part et d'autre de l'Atlantique.
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Beaucoup ont essayé de mettre en
évidence les modifications des diamètres du crâne selon les mouvements
cycliques d'expansion et de retour.
Il s'agit de mouvements de faibles amplitudes et il est très difficile
d'éliminer des mouvements parasites, physiologiques ou non.
Il existe entre le frontal et les os propres du nez une mobilité
relativement importante de fermeture puis d'ouverture de cet angle
fronto-nasal, mobilité qui se fait avec une force certaine à laquelle
il est difficile de s'opposer.
Tous les ostéopathes connaissent la technique de désengagement de la
suture fronto-nasale avec un appui sur les os propres du nez et un
contre-appui sur le frontal.
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L'idée nous est venue de concevoir
un dispositif de mesure de ces variations de pression.
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Pour des mesures de pression, il
existe des capteurs à jauge de contrainte qui, sous une alimentation
électrique adéquate, délivrent une tension proportionnelle à la
pression. Le signal ainsi obtenu peut être visualisé et analysé.
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Nous avons disposé un contact
mécanique appuyé sur la glabelle (os frontal) et un autre sur l'arête
des os propres du nez. Ces deux contacts sont liés à un capteur de
pression qui va réagir en fonction des variations de pression.
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Lors d'observations manuelles. la
pression ressentie est de type oscillatoire avec une gamme de
variation qui s'étend sur le domaine 0,08 Hz à 0,2 Hz soit environ 5 à
10 coups par minute.
Dans une telle situation, le signal
délivré par le capteur doit être à l'image de ce type d'évolution et
pour le démontrer il est nécessaire de procéder à son analyse.
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Les méthodes d'analyse de signal sont
nombreuses, mais quand on recherche la présence d'une rythmicité, l'analyse
par Transformée de Fourier s'impose, comme on le pratique dans le cas de
l'E.E.G.
II suffit pour cela d'acquérir le signal avec une fréquence
d'échantillonnage suffisante et de procéder ensuite à une Transformée de
Fourier rapide (F.F.T.) sur ordinateur. |
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Le résultat du calcul donne la
répartition spectrale du signal. Si des fréquences sont prédominantes et
correspondent à des rythmes privilégiés, elles se manifestent par des
raies qui peuvent s'élargir si les fréquences précédentes évoluent
légèrement.
Dans le cas des expériences que nous avons effectuées, on peut noter sur
les différents spectres obtenus (figures ci-après), la présence de
groupes de fréquences très basses qui correspondent aux domaines déjà
manuellement mis en évidence.
Ces fréquences ne peuvent pas être
confondues avec des phénomènes de dérive continue des dispositifs
utilisés. Sur les différents spectres obtenus on observe une répartition
spectrale due au phénomène de flexion-extension crânienne qui occupe le
domaine précité. Les rythmes mis en évidence ne peuvent être la
résultante de rythmes physiologiques connus de fréquences bien
différentes tels que le rythme respiratoire pulmonaire et le rythme
cardiaque. |
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Dans une prochaine série
d'expérimentations, il sera intéressant de montrer en simultanéité
l'ensemble des rythmes précédents.
Le dispositif électronique
comportant le capteur a été réalisé par Bernard Millon électronicien à
Grenoble. Ce dispositif a une très grande sensibilité et il est
particulièrement bien adapté à cette mesure.
Le traitement du signal a été
effectué au sein du Groupe: d'Instrumentation et de Contrôle
Électronique de Procédés sous la direction du Professeur Christian
Poupot de l'École Nationale Supérieure d'Electronique et de
Radioélectricité de Grenoble. Cette équipe de recherche est spécialisée
dans le traitement de signaux industriels issus de capteurs de toute
nature.
Nous remercions tous ceux qui ont
participé à cette étude et également nos premiers cobayes: Jean Arlot,
Jean-Paul Guibal et Dominique Triana ainsi qu'André Ratio notre premier
professeur d'ostéopathie crânienne. |
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BIBLIOGRAPHIE
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feuillets d'Anatomie X et XI 1961.
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Pratique d'ostéopathie crânienne 1992.
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