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Une revue de la littérature


L'ostéopathie dans le champ crânien
Une revue de la littérature
L'ostéopathie dans le champ crânien : une revue de la littérature format pdf

 © Jean-Louis BOUTIN


SOMMAIRE

Résumé

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L’ostéopathie dans le champ crânien a été inventée par W. G. SUTHERLAND (1873-1954) et son concept, le Mécanisme Respiratoire Primaire (MRP) comporte cinq composantes : le mouvement inhérent du cerveau, la fluctuation du liquide céphalo-rachidien, les tensions réciproques des membranes crâniennes et rachidiennes, le mouvement des os du crâne et le mouvement du sacrum
La première remise en cause de ce concept, en France, est due aux travaux de JC Herniou qui nie toute valeur à la théorie du MRP, mais reconnaît que le mouvement des os du crâne existe et que la plupart des techniques crâniennes sont valables. Pour cet auteur, le mouvement que les ostéopathes ressentent dans les mains est dû à la respiration costale.
L’expérience du ballon que propose Pierre TRICOT montre que cette dernière assertion est fausse et qu’il s’agit bien d’un mouvement d’expansion-rétraction propre au patient. Allant plus loin, P. TRICOT propose comme modèle un « paradigme d’organisation mécanique radicalement différent, considérant l’homme comme suspendu à sa tête tout autant que debout sur ses pieds » et se demande si le concept crânien est si décrié parce qu’il « se vit dans la palpation, par les ressentis du praticien, en relation avec les tissus vivants de son patient ».

La fluctuation du LCR
est présentée telle que décrite par SUTHERLAND avec deux techniques associées. Si cette fluctuation n’a jamais été prouvée, des études en Russie montrent que des fluctuations lentes existent, qu’elles peuvent être mesurées par bio-impédance conjuguée à une dopplerographie transcrânienne et que ces mesures permettent l’évaluation objective des résultats de l’application de techniques ostéopathiques spécifiques.
Le mouvement des os du crâne
palpé par les ostéopathes, a été étudié à Paris de 1927 à 1932 par Charlotte WEAVER, Ostéopathe américaine, à la suite de l’intuition de Goethe qui considérait le crâne formé de 3 vertèbres. La palpation fine de l’ostéopathe lui permet de percevoir le mouvement des tissus du patient ; véritable relation interactive entre l’ostéopathe, le patient et les tissus du patient, elle est une vraie communication qui nécessite la présence, l’attention et l’intention
Aucune étude scientifique n’a permis, à ce jour, de démontrer l’interaction crânio-sacrée ou core-link soutenue par les ostéopathes. Mais ces travaux ne prennent pas en compte l’interactivité praticien/patient et il serait particulièrement intéressant que les protocoles proposent les éléments clés nécessaires à la gérer de manière fiable.
L’Impulsion Rythmique Crânienne (IRC) détectée par la palpation au crâne n’est pas due à la motilité des cellules cérébrales ; il existe plusieurs impulsions (cardiaque, respiratoire, etc.) qui, combinées, donnent l’IR générale, elle-même rythmée par les diaphragmes. De nombreux travaux ont été consacrés à l’IRC. Ceux de James M. NORTON montrent qu’il n’est pas possible de prouver par la mesure de l’IRC le concept de corrélation crânio-sacrée.
L’onde de Traube-Hering-Mayer (THM) présente une ressemblance frappante avec l’IRC. Les expériences au Chicago College of Osteopathic Medicine ont montré que le traitement crânien affecte la vélocité sanguine dans ses composantes de basse fréquence de l’onde de THM, et par conséquent que les manipulations crâniennes affectent le système nerveux autonome. D’autres travaux entrepris sous l’égide de Nicette SERGUEEF démontrent que
la palpation de l'IRC coïncide avec les variations de basse fréquence de l'oscillation des ondes de THM. Toutes ces études sur l’onde THM apportent un argument en faveur de la réalité du l’ostéopathie dans le champ crânien.

Conclusion : Cette étude confirme qu’aucune preuve scientifique n’a été apporté de la réalité des conceptions ostéopathiques dans le champ crânien. Deux points essentiels ressortent de cette étude : les os du crâne bougent et l’efficacité d’un traitement crânien peut être vérifié par l’étude simultanée de l’onde THM.
Des pistes de recherche devraient avoir pour but de préciser les concepts crâniens à la lumière des travaux scientifiques, de développer les études pour évaluer l’efficacité des traitements dits crâniens, d’étudier de manière plus approfondie les phénomènes de palpation et ceux liés à l’interactivité et à la relation praticien/patient tout en sachant que l’ostéopathie dans le champ crânien nous entraîne dans un autre domaine, celui de l’Être. Et l’Être ne pourra jamais faire la preuve de son existence, puisqu’il EST.

INTRODUCTION

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L’ostéopathie dite crânienne, depuis son « invention » par W. G. SUTHERLAND (1873-1954), a souvent été décriée : aucune preuve scientifique des mouvements des os du crâne décrits par les ostéopathes n’a été apportée; qui plus est, nombre d’ostéopathes ne croit pas à l’existence de cette mobilité crânienne, la réfute, la nie voire la dénie. Pourtant, cette médecine, prise souvent comme une imposition des mains sur la tête d’un patient, apporte un soulagement chez nombre de patients et notamment chez les tout jeunes patients que cette médecine soigne : torticolis congénitaux, reflux gastrique du nourrisson, perte du sommeil, problèmes ORL, asthme, etc. Mieux encore, les ostéopathes avec l’association Enfant Handicapé Espoir Ostéopathique[1] (EHEO) traitent toutes les semaines dans la plupart des régions françaises des enfants handicapés et l’apport de l’ostéopathie à ces jeunes enfants n’est pas négligeable.  
Alors, qu’en est-il aujourd’hui de l’ostéopathie dite crânienne si contestée dans les milieux médicaux, ostéopathiques et scientifiques puisque certains l’accusent même d’être une pseudo-science[2] ? Y a-t-il eu des études scientifiques qui démontrent cette théorie ? Qu’en est-il aujourd’hui de ce concept ? Faisons donc le point sur les nombreux travaux qui ont vu le jour dans le monde entier concernant divers paramètres et composants de la théorie crânienne.

question de vocabulaire

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C’est très improprement que l’on emploie le terme d’ostéopathie crânienne comme s’il suffisait à l’ostéopathe de poser ses mains sur le crâne d’un patient et de ne s’occuper que de sa tête pour que tout soit résolu ! L’ostéopathie envisage l’être humain dans sa globalité : il n’y a pas de spécialité ostéopathique[3] et nous n’avons pas d’ostéopathe spécialisé dans le crânien même si certains n’exercent que ces techniques, pas plus que d’ostéopathe spécialisé en viscéral, en gynécologie, en pédiatrie, en techniques structurelles ou fonctionnelles, etc. C’est donc bien une erreur de langage que de parler d’ostéopathie crânienne et à plus forte raison, d’ostéopathe crânien.

C’est la raison pour laquelle, nous ne parlons pas d’ostéopathie crânienne, mais d’Ostéopathie dans le champ crânien.

Rappelons ce que Sutherland lui-même disait : «  Prenez conscience du fait que le concept crânien n’est pas une spécialité. Il est inclus dans la science de l’ostéopathie pour le bénéfice de vos patients »[4].

Le mécanisme respiratoire primaire (MRP)

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  • La découverte

« Mes travaux sur la mobilité articulaire crânienne remontent à 1899, alors que j’étais étudiant à l’American Scholl of Osteopathy, à Kirsville dans le Missouri. L’idée naquit alors que j’examinais les os d’un crâne désarticulé appartenant au Dr Andrew Taylor STILL, en exposition dans le Hall Nord de l’A. T. Still Infirmary Building. Les surfaces articulaires de ces os semblaient m’indiquer qu’ils étaient conçus pour une mobilité articulaire »[5].

Crâne d'un adolescent de 16 ans

« Un jour que Will se rendait dans la  salle de cours, il s'arrêta devant une vitrine d'exposition dans le Hall Nord. Il procédait toujours ainsi lorsqu'il en avait le temps. Dans la vitrine se trouvaient des os de la collection du Dr Still. Son attention se posa, comme souvent, sur un crâne aux os articulés. Ils étaient montés en place, avec leurs relations mutuelles correctes, mais légèrement séparés, pour permettre une meilleure observation quant à la nature de leurs articulations. Cependant, ce. matin-là ne fut pas comme les autres matins. En contemplant les os, une particularité saisissante et d'une qualité convaincante retint son attention. Se souvenant, il raconte :
«
Alors que je restais à contempler, tout en pensant, inspiré par la philosophie du Dr Still, mon attention fut attirée par les biseaux des surfaces articulaires de l'os sphénoïde. J'eus soudain cette pensée - comme une pensée guide - "biseautées, comme les ouïes du poisson, indiquant une mobilité pour un mécanisme respiratoire"».
« Comme la pensée peut être folle parfois ! Mobilité ? Dans les os du crâne ? Dans une telle voûte ?» se dit-il en lui-même. Et bien que cette pensée lui semblât saugrenue, elle l'intrigua. Cependant, il la chassa d'un haussement d'épaules et s’en fut vers sa classe. Il avait bien d'autres choses importantes à apprendre.
« À son profond mécontentement, il ne pouvait s'en délivrer aussi facilement. La « folle pensée » gagnait du terrain : biseautées... comme les ouïes d'un poisson... indiquant une mobilité articulaire... pour un mécanisme respiratoire. Sa persistance était irritante. Se parlant à lui-même, il se dit que tout cela était ridicule et pour s'autodiscipliner argumenta en lui-même : « Oublie ça, tu es un vrai ballot. Reprends-toi. Tu sais très bien que tous les textes disent que les os du crâne sont articulés de manière fixe sauf la mandibule ». Oui, il savait... « mais pourquoi ce biseautage, si ce n'est pour un but précis ? Pourquoi ce but ne serait-il pas une disposition pour le mouvement? »[6]
Ainsi s’exprime Sutherland sur les prémisses de sa découverte. Il passera sa vie à essayer de démontrer son « intuition ». Son approche est et restera, tout au long de son existence, une approche « expérimentale » de la vie de la structure[7].

William G. SUTHERLAND (1873-1954)

Le Mécanisme Respiratoire Primaire

  • description

« Dès le début de ce siècle, un ancien journaliste devenu l’élève du Dr Still, William Garner Sutherland, eut l’idée de ce qu’on appelle assez improprement "l’ostéopathie crânienne".
… Ce qu’il découvrit en partant de la simple observation des contacts anatomiques des os du crâne, à savoir : 

  • l’évidence de mouvements physiologiques entre ces os,

  • le rôle tenseur et stabilisateur des membranes crâniennes et spinales,

  • l’existence d’un point d’appui mobile commun à toutes ces membranes,

  • l’unité de fonction entre le crâne et le sacrum,

  • l’existence d’un mécanisme respiratoire "primaire" dirigeant et contrôlant le mécanisme respiratoire pulmonaire "secondaire" et en fait toutes les grandes fonctions du corps,

  • l’action physiologique transcendantale du liquide céphalo-rachidien.

Et la façon dont il étendit la portée de ces découvertes à l’ensemble du corps humain, les fascias et les aponévroses prolongeant jusqu’aux extrémités le rôle des membranes crâniennes et spinales ; que tout cela soit l’œuvre d’un seul homme, expérimentant sur lui-même et sans l’aide des instruments scientifiques modernes, ne cessera jamais de nous étonner et de nous combler d’admiration et de reconnaissance »[8].

Le Mécanisme Respiratoire Primaire se compose des 5 éléments suivants :

  • La triade motrice : 

    •   Le mouvement inhérent du cerveau

    •   La fluctuation du Liquide Céphalo-Rachidien (LCR)

    •   Les tensions réciproques des membranes crâniennes et rachidiennes

  •    Les conséquences

    •    Le mouvement des os du crâne

    •   Le mouvement du sacrum  

La faux du cerveau

Une précision : Mécanisme n’est pas mouvement ! Certains confondent les deux termes ; or, il n’est jamais question de mouvement mais de mécanisme, ce qui n’est quand même pas la même chose.
Les élèves de Sutherland, Lippincott, Magoun, etc.. poursuivent son travail, publient les techniques, font connaître le « crânien » qui arrive en France dans les années 1960[9]. Tout cela est connu et nous n’y reviendrons pas.
Pendant plus de 30 années, le crânien est un dogme qu’il ne faut en aucun cas remettre en cause. Ce sera haro sur le baudet pour tous ceux qui ne sentent pas, n’y croient pas, le dénigrent. Puis progressivement, le débat commence à se dépassionner et les premiers doutes apparaissent.

La revue Aesculape n° 10

  • Le mythe s'effondre

« Le mécanisme respiratoire primaire n’existe pas ». Dans un article retentissant, paru dans la revue Aesculape[10], notre confrère Jean Claude HERNIOU nous dit: « oui, les os du crâne bougent, non le MRP n’existe pas ! »
« Depuis 1987, j'ai la preuve que le liquide céphalo-rachidien (LCR), très cher à mes confrères ostéopathes, n'est pas le moteur de la mobilité crânienne. Le LCR n'est le moteur de rien du tout. Et, plus important encore, j'ai la preuve que le « mécanisme respiratoire primaire », tel qu'il est habituellement décrit en Ostéopathie, n'existe pas.

«[…] le LCR est un liquide sous pression fluctuante. Il constitue donc bien avec la boîte crânienne ce qui caractérise mécaniquement un couplage Fluide/Structure. Mais la pression qui s'exerce dans le sens de la normale connaît une valeur négligeable : pression LCR = 1200 N/m2. Il est donc possible de déterminer que cette pression peut être totalement négligée puisque j'ai démontré qu'elle est inférieure au 1/10 de celle que nous appliquons avec nos mains lors de nos tests sur le crâne, même lorsque nos mains ne se contentent que d'effleurer le cuir chevelu !
De plus, la fluctuation du LCR s'effectue à très faible vitesse (1 cm à l'heure). Celle-ci constituait la dernière chance « motrice » pour le LCR. Le problème LCR est donc définitivement réglé.
Les structures crâniennes, y compris suturales, sont beaucoup trop résistantes pour que la contrainte transmise par le liquide céphalo-rachidien soit significative. Enfin, le feuillet externe de la dure-mère ne constitue pas le périoste interne ; les deux structures sont indépendantes et ne sont que très légèrement accolées l'une à l'autre. Il est très facile de les désolidariser. »

Guy ROULIER : Ceci remet-il en cause la crédibilité des techniques crânienne ?
« Oui, mais heureusement il ne s'agit seulement que de quelques unes. La plupart restant valables. Par exemple : les techniques mettant en rapport les os les uns par rapport aux autres en fonction de la structure suturale (biseautée, dentée, harmonique...) restent crédibles mais tout le monde se doute bien que la technique CV4 (Compression du 4ème Ventricule), (encore un mythe de Sutherland), ne comprime pas le 4ème ventricule, et heureusement. Cependant elle reste une excellente technique d'inhibition du système orthosympathique (je simplifie beaucoup et je m'en excuse auprès des puristes). C'est l'explication surtout au niveau de l'effet mécanique des techniques de correction de la fluctuation du LCR ou de son influence qui est à remettre en cause totalement. »
« […] Il y a deux mobilités respiratoires : la nôtre et celle du patient. Elles correspondent toutes deux à notre respiration costo-diaphragmatique, je dirais plutôt ventilation pour bien montrer que çà n'a rien de « primaire » puisqu'elle n'existe pas in utero. Si on veut faire de l'ostéopathie crânienne, la première précaution à prendre est de ne pas confondre les deux rythmes : le sien et celui du patient. Sinon en sentant sa propre respiration, on sentirait bouger rythmiquement des objets inertes. »
  
« {…] pour répondre plus particulièrement à ta question concernant la motricité du système, remarquons que c'est en fonction des différences de structures qu'elle va rencontrer que l'onde de choc émise, dans le système liquidien humain par la ventilation (surtout par l'énorme piston hydraulique diaphragmatique), va être progressivement transmise jusqu'aux extrémités du corps. La réception de cette onde à distance sera déphasée et atténuée (diminution en fréquence et en amplitude) de façon proportionnelle à la densité et à la composition des structures traversées ainsi qu'à la distance parcourue par rapport au piston diaphragmatique. Nous avons donc des phénomènes que j'ai mesurés, de diffusion, d'absorption et de rebond, responsables de l'atténuation des ondes. Ainsi, il est donc normal que la réception de l'onde au pied présente un léger retard par rapport à celle perçue au niveau du crâne. »
 

Guy ROULIER : Alors, ce serait la respiration qui serait le moteur de ce que nous sentons : 
« Oui, comme toujours, la vérité est simple et ce n'est pas nouveau : « ce qui se conçoit bien s'énonce clairement ». Mais la respiration, tant au niveau physiologique que biologique, n'est pas à mon avis un problème simple ».  

  • critique

Cette interview remet en question le dogme de la fluctuation du LCR comme moteur de la mobilité crânienne. Mais JC Herniou se trompe et même fait un contre sens : SUTHERLAND indique que ce sont le cerveau et la moelle qui sont le moteur du MRP (et non le LCR comme l’affirme notre confrère) et qu’ils transmettent au LCR ce qui le fait fluctuer.Il reconnaît que certaines techniques crâniennes comme celle improprement appelée « compression du 4è ventricule » ou celle dite « des roulement des temporaux » ont bien une action sur le système orthosympathique. De même les techniques crâniennes « mettant en rapport les os les uns par rapport aux autres en fonction de la structure suturale (biseautée, dentée, harmonique...) restent crédibles ».

Livre de Pierre TRICOT

Enfin, au sujet des mobilités respiratoires : ce serait la ventilation costo-diaphragmatique qui serait le moteur du système et c’est elle que l’ostéopathe sentirait.
Or, l’expérience du ballon, initiée par Francis Peyralade dans les années 1970 et largement développée par Pierre TRICOT[11], démontre que ce que l’ostéopathe sent dans ses mains, ce n’est pas sa propre respiration ni celle de son patient mais un mouvement d’expansion-rétraction :  « La perception habituelle est donc celle d'une alternance d'expansion-rétraction. La plupart des personnes vivant pour la première fois cette expérience pense qu'il s'agit de la respiration thoracique. En conséquence, une des premières choses qu'elles font, c'est d'arrêter de respirer, pour vérifier leur idée et, bien entendu, elles constatent que le mouvement continue, sans presque varier. Cela vient contredire l'affirmation selon laquelle le mouvement du mécanisme respiratoire primaire serait la conséquence de la seule respiration thoracique (Herniou, 1998, 18). Cette expérience permet également d'expliquer que l'on peut sentir une table ou même un crâne en os sec respirer. La personne sent alors simplement sa propre impulsion, renvoyée par le support inerte. Cette perception en a détourné plus d'un de l'ostéopathie crânienne, effrayé à l'idée que la table ou le crâne sec puisse respirer. Ils se sont considérés comme victimes d'une hallucination et ont préféré s'en détourner. Bien évidemment, ce n'était ni la table, ni le crâne, mais simplement eux-mêmes! »[12]

  • un nouveau paradigme

En fait, il faut envisager le MRP et ses cinq composantes, non pas comme un dogme comme l’on fait nombre d’ostéopathes et comme le fait encore JC HERNIOU, mais simplement comme un modèle, « un paradigme d’organisation mécanique radicalement différent, considérant l’homme comme suspendu à sa tête tout autant que debout sur ses pieds »[13]. Pris comme modèle, ce MRP pose question. Mais est-ce seulement le MRP qui pose question ou le concept crânien dans son ensemble considéré comme un concept totalement anti-scientifique et irrationnel parce qu’il « se vit dans la palpation, par les ressentis du praticien, en relation avec les tissus vivants de son patient » ?[14]
Et plus encore, parce que ce modèle, conçu par Sutherland, nous est parvenu coupé de ses sources : « nous n’avons pu discerner l’évolution de la démarche de Sutherland, qui est passé d’une conception mécanique articulaire à un concept membraneux, puis liquidien et fluidique, pour, à la fin de sa vie, envisager les choses sur un plan presque purement spirituel »[15]. Et ce qui nous a été transmis par les élèves de Sutherland qui l’ont parfois édulcoré : « … fut la troisième édition du livre de Magoun qui, après la mort de Sutherland, a éliminé de la présentation du concept tout ce qui n’était pas scientifiquement présentable, le cantonnant dans une vue biomécanique »[16].
Enfin, à lire l’interview de JC HERNIOU, c’est la triade motrice qu’il considère fausse alors que les conséquences seraient justes : le mouvement de certains os du crâne existant bel et bien !
A mon avis, cet interview a eu un seul mérite : faire réfléchir les ostéopathes sur leurs concepts. Et en ce sens, elle a été très utile.
Que conclure sur ce concept crânien ? Opposer les partisans et les détracteurs ne fera que relancer les polémiques et le dogmatisme des uns et des autres. Vouloir à tout prix démontrer l’existence de ce concept risque de nous enfermer dans un isolement et un langage incompréhensible aux autres. Alors ? La seule démarche scientifique admissible est « d’analyser pour comprendre comment ce modèle a été élaboré, transmis et compris, et comment nous pourrions aujourd’hui l’expérimenter et l’utiliser pour rendre possible une rencontre avec le scientifique qui soit enfin fructueuse pour tous »[17].   

Le liquide céphalo-rachidien

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Livre : Enseignements dans la science de l'ostéopathie par W. G. Sutherland

  • description princeps

« J'ai découvert que le premier principe du mécanisme respiratoire primaire, la fluctuation du liquide céphalo-rachidien, est doté d'un potentiel inhérent et d'une Intelligence. Ce potentiel inhérent est un "fluide" invisible présent à l'intérieur du liquide céphalo-rachidien. Nous devons observer le potentiel inhérent de la Marée, qui a davantage de puissance pour soulager les lésions articulaires membraneuses du crâne que toute autre force pouvant être appliquée sans danger de (extérieur. Ce potentiel fonctionnera intelligemment. Ne perdez pas de vue ce principe et gardez également à l'esprit l’image mentale qui répond à la question suivante: "Comment ces tissus membraneux peuvent-ils limiter la fluctuation de la Marée?" »[18].
« Suivant mon hypothèse actuelle expliquée à travers des phénomènes variés résultant de l'application de la technique crânienne, le cerveau bouge dans le crâne d'une manière incontrôlable et rythmée. Ce mouvement rythmique incontrôlé implique la dilatation et la contraction des ventricules durant les phases de la respiration.

« La dilatation et la contraction alternées réalisent l'activité circulatoire du liquide céphalorachidien; et l'activité circulatoire réalise le mouvement des membranes arachnoïde et duremérienne et à travers la membrane spéciale de tension réciproque ainsi que la mobilité des articulations de la base du crâne.
« Cette hypothèse représente les ventricules latéraux se dilatant durant l'inspiration ; les circonvolutions hémisphériques se dilatant aussi dans le même temps. Pendant la même période, le troisième ventricule se dilate en forme de V, le quatrième en forme de losange, alors que dans le même temps, la moelle épinière est tirée vers le haut et le liquide céphalorachidien fluctue dans les espaces sous-arachnoïdiens et les ventricules. Durant la période d'expiration, les circonvolutions se détendent, les ventricules se contractent, la moelle épinière descend et le liquide céphalorachidien à nouveau circule dans les espaces sous-arachnoïdiens et dans les ventricules »[19]

  • la fluctuation du lcr

« La circulation du liquide céphalo-rachidien à partir de sa formation dans les plexus choroïdiens, et sa libération dans les espaces extracellulaires du système nerveux central par les espaces sous-arachnoïdiens, soli échappement par l'intermédiaire des granulations arachnoïdiennes dans les sinus veineux, puis son écoulement probable le long des racines nerveuses dans le système lymphatique régional n'ont été ni modifiés, ni remis en cause par Sutherland et son concept.
Sutherland insistait cependant de façon répétée sur le terme « fluctuer » pour décrire le mouvement de va-et-vient du liquide céphalo-rachidien du quatrième au troisième ventricule et de la grande citerne (cisterna magna) à la citerne interpédonculaire pendant la phase d'inspiration du mécanisme respiratoire primaire et son retour pendant la phase d'expiration.
Cette fluctuation résulte de la motilité du système nerveux central qui s'effectue de façon rythmique à peu près 10 à 12 fois par minute.

ApoStill n° 6, le journal de l'Académie d'ostéopathie

 Les changements survenant pendant la phase inspiratoire sont un raccourcissement et un amincissement. Le raccourcissement de la moelle épinière et de chaque hémisphère cérébral vers l'extrémité antérieure du troisième ventricule correspond à une augmentation de la compacité du tissu ressemblant beaucoup au resserrement d'une éponge, ce qui se traduit par une augmentation de longueur du canal central de la moelle épinière, de chaque ventricule et de l'espace sous-arachnoïdien. Quand le liquide extra-cellulaire est expulsé des tissus, la colonne de liquide céphalorachidien se répand dans les espaces qui se sont élargis »[20]  
  • techniques d'induction

Sutherland décrit une « technique d’induction du liquide céphalo-rachidien » qui a pour but de provoquer « un mouvement alternatif des membranes intra-crâniennes qui, à leur tour, stimule l’activité circulatoire du liquide céphalo-rachidien »[21]. Cette technique, appelée « compression conventionnelle du bulbe » par LIPPINCOTT, est plus connue sous le vocable de « compression du 4ème ventricule ». A juste raison, Pierre TRICOT propose de l’appeler « compression occipitale ».
Dans leur « Manuel de technique crânienne[22] », Rebecca C. et Howard A. LIPPINCOTT reprennent cette technique. Ils ajoutent même une autre : « la fluctuation latérale du liquide céphalo-rachidien » ou « roulement des temporaux ».   

  • les études actuelles

Des études récentes entreprises en Russie, ont montré l’existence de fluctuations lentes intra-crâniennes : « l’étude des fluctuations lentes au sein du crâne couplée à l’observation objective des mouvements des os du crâne et l’évaluation de leur signification informationnelle en temps que critère objectif d’évaluation de l’efficacité du traitement ostéopathique » est devenue possible grâce notamment au « contrôle par monitoring des fluctuations lentes au sein du crâne par bio-impédance conjuguée à une dopplerographie transcrânienne ». Cette méthodologie permet « l’évaluation objective des résultats de l’application de techniques ostéopathiques spécifiques »[23].

Le mouvement des os du crâne

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La flexion sphéno-basilaire

  • Le concept

Les ostéopathes affirment palper le mouvement des os du crâne qu'ils appellent flexion-extension pour les os centraux (occipital, sphénoïde, ethmoïde) et rotation externe ou interne pour les os périphériques (pariétal, frontal, temporal, etc.). Rappelons que dans son interview, JC HERNIOU confirme que la plupart des techniques crâniennes restent valables.
La palpation ostéopathique permet également de sentir à travers tout le corps ce mouvement osseux : il sera ressenti particulièrement au niveau du sacrum, mais pas seulement là, et c'est la raison pour laquelle on parlera de thérapie crânio-sacré en parlant de l'ostéopathie dans le champ crânien.

Cette palpation donne l’impression d’un mouvement rythmé d’expansion (flexion) et de rétraction (extension) un peu comme une respiration : ce mouvement est aussi appelé respiration crânienne.   
En fait, le mouvement des os du crâne et, d’une manière plus générale, celui des tissus du corps dépend du degré de palpation auquel le praticien est arrivé. Mais pour cela, l’ostéopathe doit parcourir un cheminement personnel, difficile, semé d’embûches et de difficultés auxquelles il sera confronté et qui lui fera découvrir une autre perception, celle de la conscience des tissus !   

  • les trois vertèbres crâniennes

Dès 1899, dans son Traité d’anatomie humaine[24], Louis TESTUT parle de la théorie vertébrale du crâne dont Goethe a eu l’intuition en 1790 : le crâne serait formé de trois vertèbres : une vertèbre occipitale, une vertèbre sphéno-pariétale et une vertèbre sphéno-frontale. Cette théorie sera exposée dans les rééditions ultérieures pour être complètement abandonnée par Paturet[25].

La vertèbre occipitale

  • Les travaux de Charlotte Weaver

« Ostéopathe contemporaine de William Sutherland, Charlotte Weaver, D0. a beaucoup travaillé sur la sphère crânienne, notamment à travers l'embryologie et à l'aide de dissections menées à Paris entre 1927 et 1933, dans l'établissement du Dr Auzoux. Suivant l'intuition de Goethe et l'hypothèse de L. Testut, elle a identifié trois vertèbres, correspondant à la base crânienne, ayant des surfaces articulaires et des disques permettant un fonctionnement comparable à celui des vertèbres du rachis. C'est l’œuvre d'une vie, dont la valeur et l'utilité n'ont pas été reconnues, de sorte que Charlotte Weaver est aujourd'hui inconnue des ostéopathes, tant aux USA que dans les autres pays »[26].

  • la palpation

Il n’y a pas actuellement de modèle d’enseignement de la palpation et la palpation n’est enseignée dans les écoles d’ostéopathie qu’à travers un protocole qui définit d’avance ce que nous devons sentir et percevoir. Le modèle est fixe : nous devons sentir bouger les os du crâne selon le protocole de la flexion-extension sphéno-basilaire, puis de la torsion, de la latéro-flexion-rotation et ainsi de suite. Si l’ostéopathe ne sent pas cela, il ne sent rien.
Or la palpation définie de cette manière est une palpation qui est fixée d’avance, qui oublie que le mouvement c’est la vie et que la perception du mouvement est, comme la vie, changeante, constamment différente, toujours en mouvement, à la recherche de l’équilibre sans cesse remis en question.
En fait, avant de sentir, il nous faut définir comment sentir : dans quelques dispositions devons-nous être pour sentir. Et cela acquis, la palpation devient une relation interactive entre l’ostéopathe, le patient et les tissus du patient. La palpation est alors une communication[27]

Le phénomène de la palpation nécessite d’abord la présence de l’être, son attention et son intention.

L’attention pourrait se traduire par la concentration sur, mais la plupart du temps, cet état de tension de l’être que nécessite une concentration devient vite un obstacle car pris par sa concentration, le praticien perd la présence à l’autre pour se concentrer à… comment faire pour se concentrer. L’attention est simplement cet état de la présence dans un lâcher prise, un non faire, une vacuité, tous termes équivalents de quelque chose que chacun perçoit mais dont la conceptualisation nous sort de la présence. Car la présence est un état de conscience.
L’intention est l’induction consciente qu’expérimente l’ostéopathe par la découverte « qu’il peut induire consciemment des altérations dans la perception de son impulsion rythmique crânienne et dans le fonctionnement du mécanisme crânien autour de la symphyse sphéno-basilaire. Toutes les altérations de la physiologie peuvent être induites par l’intention. Ainsi, la personne expérimente que les tissus vivants répondent à l’intention »[28].
Mais une fois réunies la présence, l’attention et l’intention, paramètres subjectifs de la perception palpatoire, il nous faut découvrir les paramètres objectifs que sont la tension des tissus, leur densité et la vitesse.
Alors nous aurons accès à un élément de l’être qui reste impalpable : la conscience des tissus et nous aurons une autre appréciation ou une autre compréhension de cette phrase si souvent décriée « seuls, les tissus savent ».

  • des recherches scientifiques

Pourrons-nous avoir la possibilité de démontrer scientifiquement le mouvement involontaire des os du crâne et des tissus du corps tels que le conçoit l’ostéopathie ?
Des études à la NASA ont démontré que certains os du crâne bougeaient de quelques microns en fonction de la pression intracrânienne.[29]
D’autres études ont montré que « les os crâniens bougent de pair avec les augmentations du volume intracrânien, les pressions intracrâniennes maximales équivalentes et les changements de pression intracrânienne »[30]

Est-ce la première démonstration scientifique du mouvement crânien ?

la perception du mouvement du sacrum

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  •   la théorie ostéopathique

Il existe une relation privilégiée entre le crâne et le sacrum qui se fait essentiellement par la dure-mère rachidienne; cette dernière s'insère autour du grand trou de l'os occipital, sur les deux premières cervicales et sur le 2ème segment sacré.
Cette particularité fait que toute lésion au niveau du crâne aura son retentissement, son "image" au niveau du sacrum. Inversement, toute restriction de mobilité (lésion) au niveau du sacrum entraînera nécessairement une répercussion sur l'occipital et, par son intermédiaire, sur l'ensemble du crâne.

Le mouvement du sacrum. Photo JL Boutin

Le mouvement de flexion extension de l'articulation sphéno-basilaire sera ressenti de la même façon au niveau du sacrum :

dans la flexion sacrée, la base du sacrum va en arrière pendant que l'apex va antéro-supérieur. Le mouvement inverse se produit dans l'extension.

On peut donc à partir du sacrum, traiter certaines lésions crâniennes comme à partir du crâne, améliorer les problèmes du sacrum. 
C'est cette relation que l'on appelle le lien crânio-sacré ou l'interaction crânio-sacrée. Sutherland a parlé de Core-Link.

  • L'expérimentation

Dans un article paru dans le journal de l’AAO[31] intitulé : A challenge to the concept of craniosacral interaction James M. NORTON, Ph.D nous fait part de ses travaux sur l’expérimentation à deux ostéopathes, l’un à la tête, l’autre au sacrum et semble remettre en cause le concept d’interaction crânio-sacrée :
« L'acceptation courante du mécanisme respiratoire primaire inclue le lien entre les mouvements du crâne et du sacrum via la dure-mère. Pour tester ce modèle d'interaction crânio-sacrée des méthodes ont été développées pour documenter et analyser le rythme des cycles crâniens et sacrés sur des sujets humains en bonne santé. Un protocole à 2 examinateurs a été mis en place pour une partie de cette étude, dans laquelle deux examinateurs, un à la tête et l'autre au sacrum, avaient la possibilité de transcrire simultanément et indépendamment le mécanisme crânien? Une corrélation significative a été trouvée entre les phases des cycles crânien et sacré documentés séparément par le même examinateur; mais deux examinateurs reportant des fréquences de cycles crânien et sacré simultanément ne concordaient pas. Ces résultats confirment les prédictions de la pression des tissus , ou le modèle du rythme crânien, mais ne vérifient pas le concept de l'interaction crânio-sacrée telle que décrite dans les publications ostéopathiques ».
D’ailleurs, cet auteur va plus loin encore dans ses conclusions, fruits des travaux entrepris : « l’ostéopathie crânienne devrait être supprimée des programmes d’étude des universités de médecine ostéopathique » !
D’autres études ont montré que la palpation d’un patient par 2 ostéopathes successifs, l’un à la tête et l’autre aux pieds, ne permettait pas de confirmer la théorie du lien crânio-sacré proposée par Upledger et Vredevoogd[32].

  • critique

Cette étude contredit-elle l’affirmation du lien crânio-sacré ou montre-t-elle au contraire la difficulté expérimentale d’étudier la relation entre un patient et deux ostéopathes ? Car « l’étude de James Norton montre également – bien que cette conclusion ne soit pas formulée – que l’interactivité praticien/patient, même inconsciente, se gère assez facilement d’elle-même lorsqu’un seul opérateur travaille avec le sujet, mais plus du tout lorsqu’un second praticien entre en jeu. Les interférences deviennent alors particulièrement nombreuses et non interprétables »[33].
Vouloir prouver le lien crânio-sacré à travers la palpation de deux ostéopathes sur le même patient au même moment sans protocole sur l’interactivité, c’est mettre la charrue avant les bœufs et aller à l’échec. « Il serait donc particulièrement intéressant de créer des protocoles prenant en compte l’interactivité praticien/patient (le patient par rapport à lui même et par rapport au praticien et le praticien par rapport à lui-même et par rapport au patient) et proposant les éléments clés nécessaires à la gérer de manière fiable » [34].

l'impulsion rythmique crânienne (IRC)

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Revue MIDLINE, Vol. 2, n° 1 - automne 2000

  • historique

« L' IRC, l'impulsion rythmique crânienne, est un terme qu'ont employé John et Rachel Woods pour décrire une mesure palpable et enregistrable des os pariétaux. Le but était d'identifier un phénomène qui pouvait être constaté par un médecin, quelque chose de comparable au pouls radial qui ne demandait pas une compréhension du mécanisme respiratoire primaire ou une acceptation du mouvement des os du crâne ou encore une connaissance de la fluctuation du liquide céphalo-rachidien. L'expression IRC se réfère donc à ce mouvement palpable que l'on enregistre aux os pariétaux et ne peut, par ce fait, décrire tout autre mouvement ailleurs dans le corps. Le mouvement du mécanisme respiratoire primaire peut, lui, être perçu à travers tout le corps car le liquide céphalo-rachidien et la lymphe circule partout et la continuité de la dure-mère et des fascias s'exprime dans tous les endroits du corps »[35].  

  • La description de magoun

«Les impulsions rythmiques crâniennes sont détectées par une palpation très légère, passive (kinesthésique), bimanuelle, du crâne. Nous utilisons habituellement un contact palmaire sur les surfaces latérales des os pariétaux et la partie squameuse des os temporaux. Le principal contact est entre les éminences hypothénar et les régions palmaires d'une part, et, d'autre part, les régions immédiatement postérieures et en direction caudale par rapport aux éminences pariétales. L'éminence hypothénar étant moins utilisée pour le toucher semble être plus sensible aux sensations kinesthésiques. Le contact des extrémités des doigts est évité. Les impulsions semblent exercer une poussée intermittente ou une force d'expansion sur les paumes, comparables aux contractions utérines intermittentes de la fin de la grossesse, mais beaucoup moins faibles et beaucoup plus courtes.

Revue Atman

«Habituellement, ces impulsions peuvent être le mieux senties lorsque le sujet est couché sur le dos sur la table d'examen, et l'observateur assis à la tête de la table, ses avant-bras reposant sur la table. Une relaxation complète du corps de l'observateur, en particulier des bras, est importante dans la reconnaissance kinesthésique passive des impulsions. Si les surfaces palmaires des poignets se trouvent à 2 ou 3cm l'une de l'autre, juste au-dessus du sommet du crâne, il y a moins tendance à un contact digital avec la tête. II est souvent difficile de maintenir le contact passif très léger pour ceux habitués à une palpation tactile plus active. » 

Selon les études faites au Still Hildreth Osteopathic Hospital sur un groupe de patients psychiatriques, Magoun trouve un rythme de 6,7 par minute alors que pour le groupe témoin, la mesure est de 12,47. La vitesse normale chez un adulte sain est de l’ordre de 10 à 14 pulsations/min ; chez les enfants la vitesse est plus élevée. Divers facteurs influencent le rythme des IRC ; l’inhalation d’oxygène augment la vitesse alors que  l’inhalation de CO2 la diminuent. De fortes émotions perturbent les IRC jusqu’à les interrompre momentanément (jusqu’à 20 sec.) tout comme la perte de sommeil

  • Divers travaux sur l'irc

Bruno DUCOUX donne une liste non exhaustive de l'évolution des études scientifiques [37]

  • Pour WOODS J. et R., 1961 : un rythme crânien de 6-7 cycles par minute est observable, indépendant des rythmes respiratoire et cardiaque ; étude sur 102 patients psychiatriques; patients avec lobotomie : rythme de 4/min.

  • Pour WALLACE W K. (1966 et 1975) : l'écho-encéphalographie est un outil fiable pour évaluer le CRI; cycle indépendant de 9/min.

  • Pour BAKER E. (1970) : il est observé une variation de 1,5 millimètre de la largeur de l'arc maxillaire et ce à un rythme de 9/min.

  • GREENMAN P (1970) : Une étude aux rayons X montre les mouvements lésionnels de l'articulation sphéno-basilaire (flexion, extension, torsion, strains) chez 25 patients.

  • FRYMANN V (1970) : une mesure du diamètre crânien prouve que trois rythmes différents sont perçus : les rythmes cardiaque, respiratoire et un autre rythme de 6 à 12/min (Frymann, 1970, 928).

  • TETTAMBEL M. (1978) : étude sur 30 personnes : un troisième rythme est également enregistré à un rythme de 8/min.

  • UPLEDGER J. (1979) : la comparaison entre les perceptions d'un praticien expérimenté et les résultats de mesures fines d'appareils électroniques (électromyographies, électrocardiographes...) sur des patients au repos permet de confirmer les paramètres de palpation (rythme, vitesse, intensité, irrégularité...).

  • BUNT E.A. (1979)[38] : étude tomographique des ventricules cérébraux montrant un rythme inconnu de 8/min. Chez les enfants hydrocéphales, ce rythme est de 4/min.

  • BROOKS D. (1981) a publié qu'une personne psychiatrique avait un rythme de 9/min.

  • RETZLAFF E., MITCHELL E Jr. et UPLEDGER J. (1975,1987) étude histologique des sutures crâniennes montrant une possibilité de mouvement : abondance de collagène, fibres élastiques et vaisseaux sanguins.

  • NORTON J. (1992) : étude sur 24 patients : rythme de 3,7/min.

  • -KOSTOPOULOS D. et KERAMIDES G. (1992) : mesure significative, chez le cadavre, de l'allongement de la faux du cerveau quand on applique une traction sur l'os frontal.

  • PEYRALADE et CAPOROSSIporossi (1992) citent les recherches d'ostéopathes québécois objectivant graphiquement le mouvement du MRP.

  • LEWANDASKI (1996) : au New York College of Osteopathic Medicine, le département de biomécanique, de physiologie en bioingénierie et neurosciences poursuit de remarquables travaux à l'aide de marqueurs à infrarouge, appliqués sur les sutures. Les résultats sont étonnants avec des marqueurs placés sur le bregma et le lambda de sujets au repos et enregistrement sur des films en 3D. Ces recherches, en plus de révéler la malléabilité des os, permettent d'envisager un mouvement des sutures crâniennes.

  • PELLETIER R., WURM E., Montréal (1998) : un rythme de 4 à 12/min a été observé dans ce travail de fin d'étude.

  • SERRUS P (1998), INSA Toulouse : modélisation des sutures crâniennes avec le logiciel I-DEAS avec le concours de J.-P AMIGUES D0. MRO(F).

  • LALAUZE-POL R. (1998)[39] : le manque de liberté des sutures crâniennes est en relation avec des pathologies néonatales ; étude très significative au Vietnam sur 415 nouveau-nés.

 

Conception actuelle de l'IRC. P. Tidière

  • La conception actuelle de l'irc

Longtemps les ostéopathes ont cru que l'IRC était due à la motilité des cellules cérébrales. Certains même ont cru à l’équivalence du MRP et de l’IRC au point de dire « on sent le MRP, on compte l’IRC comme on parle de l’intensité et de sa qualité.. ».  Il y a là une confusion regrettable car, comme l’a très bien fait remarquer Patrice TIDIERE « impulsion rythmique n’est pas MRP »[40] : 

«  Lorsque Magoun parle du MRP, il associe deux phénomènes physiologiques : le mouvement des sutures et l’impulsion rythmique qu’il lie à la motilité du cerveau » dont la source serait la contraction de la névroglie cérébrale et en particulier des astrocytes. 

On sait maintenant que cette explication est fausse et qu’il n’y a pas une mais plusieurs impulsions rythmiques : « En fait, il existe plusieurs types d'impulsion qui combinées donnent l'Impulsion Rythmique, ou Impulsion Rythmique générale , elle-même rythmée par les diaphragmes » :

  • l'impulsion rythmique motilité : d'origine cellulaire que l’on retrouve dans tous les types de structures du corps humain. On parlera alors d'IRFoie, d'IRFémur ou d'IRAorte... On peut la classer dans l’impulsion rythmique primaire.

  • l'impulsion rythmique organique : dont l'origine résulte des fonctions respiratoires, cardio-vasculaire, lymphatique ...et probablement de bien d'autres. « En induisant de manière rythmique des changements de pression consécutifs à l’alternance de l’inspiration et de l’expiration, la respiration thoracique participe à l’impulsion rythmique organique ». Elle est classée parmi l’impulsion rythmique secondaire.

  • l'impulsion rythmique virtuelle : résultat de facteurs résurgents des principes de la mécanique des fluides, comme l’onde d’Allen (ou 3è onde), d’une fréquence théorique de 7 cycles/min qui résulte de l’interférence des ondes cardiaque et pulmonaire ou comme l’onde de Janny, de 1.07 cycle/min, indépendante de l’onde cardiaque ou pulmonaire et dont on ignore l’origine.

l'IRC correspond à tout un ensemble d'ondes ou d'oscillations du corps : motilité d'origine cellulaire, mobilité secondaire à la respiration, à la fonction cardio-vasculaire, au mouvement de la lymphe, etc. et des ondes virtuelles. et l'IR générale est donc une résultante de tous ces rythmes du corps. « C’est cette impulsion que l’ostéopathe peut percevoir dans toutes les parties du corps ».

  • Définition de l'irc

Quelle définition peut-on donner de l’IRC ? Ecoutons P. TIDIERE :

« L'Impulsion Rythmique induit une fluctuation rythmée synchrone (forcément, puisque issue des Impulsion Rythmique Primaire et Secondaire) des fluides (dont le LCR, mais pas seulement) sous contrôle des fascias. L'Impulsion Rythmique (et non le MRP) produit, entre autre, la mobilité (et non la motilité) dans le système inter-relié du mécanisme crânio-sacré ainsi que le cycle rythmique de deux phases à travers le corps... Ce cycle est le témoin de la pulsation rythmique du corps et représente un échange métabolique dynamique dans chaque cellule, cellule elle même source de cette impulsion rythmée »[41]. 

Revue Ostéo n° 51 - janvier 2000

Dans ce concept, les particularités bio-mécaniques, physiologiques et anatomo-physiologiques de la sphère crânienne ainsi que la mobilité involontaire du sacrum entre les iliaques, mettent l'IRCrânien à part quant à ses implications métaboliques et physiologiques dans l'ensemble du corps.  

Revue Ostéo n° 46 - décembre 1997

  • travaux de norton

En 1991, James M. NORTON DO publie dans le JAOA[42] une étude sur l’IRC : « Un modèle de pression des tissus a été développé pour fournir une base physiologique possible de la manifestation de l'impulsion rythmique crânienne ou IRC. Le modèle suppose que la sensation décrite comme étant l'IRC est liée à l'activation de mécano-récepteurs cutanés à adaptation lente, que les forces agissant sur ces mécano-récepteurs sont les pressions des tissus à la fois de l'examinateur et du sujet, et que les sources de modification de ces pressions tissulaires sont dues à la combinaison des rythmes respiratoires et cardiovasculaires  à la fois de l'examinateur et du sujet. 

Ce modèle de pression des tissus utilise des relations bien connues entre les pressions vasculaires, les pressions tissulaires et les rythmes cardiovasculaires et respiratoires. Le modèle génère des impulsions rythmiques avec des fréquences et des profils similaires à ceux décrits pour l'IRC, et on a trouvé une corrélation significative entre les fréquences calculée à partir du modèle et des valeurs connues de l'IRC obtenues par palpation. Ces comparaisons suggèrent que l'IRC pourrait se produire dans les tissus mous et représente une interaction complexe entre au moins quatre rythmes physiologiques différents ».

En 1997, la revue Ostéo[43] publie un article du même auteur reprenant l’étude faite précédemment « afin de tester ce modèle interactif pour l'IRC, des méthodes furent développées pour documenter et analyser la mesure des cycles IRC chez des sujets humains en bonne santé. La durée des cycles IRC s'avéra plus longue, et les fréquences plus faibles, que ce qu'il était auparavant signalé dans la littérature. La durée des cycles, donnée par un examinateur pour un sujet pendant de multiples séances de mesures, montrait une variabilité insignifiante, tandis que des différences significatives existaient lorsque différents examinateurs pratiquaient ce même examen. Une corrélation significative a été trouvée entre la durée des cycles crânio-sacrés, donnés séparément par des examinateurs individuels, mais d'autres personnes contrôlant les mêmes sujets n'étaient pas d'accord sur les résultats.

Les résultats et les affirmations de l'interrelation de la pression dans tous les tissus corporels ne confirment pas le concept de l'interaction crânio-sacré. »  

l'onde de traube-hering-mayer (thm)

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L’oscillation de Traube-Hering-Mayer est une fluctuation d’une fréquence de 6 à 10 cycles par minute, présente dans la pression artérielle, la vélocité du flux sanguin et la fréquence cardiaque. Cette oscillation a été découverte par Traube en 1865, puis confirmée par Hering en 1869. Mayer, en 1876, a enregistré des oscillations similaires. 

« Ces phénomènes, aujourd'hui collectivement connus comme oscillation Traube-Hering-Mayer (THM), ont été mesurés conjointement avec la tension sanguine, le rythme cardiaque, la contraction cardiaque, le flux sanguin pulmonaire, le flux sanguin cérébral et le mouvement du liquide céphalo-rachidien, et le flux sanguin périphérique, y compris le volume veineux et la régulation thermorégulation. Ce phénomène du corps entier, qui exhibe un taux typiquement légèrement plus bas et indépendant de la respiration, comporte une ressemblance frappante avec le Mécanisme Respiratoire Primaire. (MRP) »[44].  

Revue Ostéo n° 9 - novembre 1990

  •   Divers travaux sur l'onde thm
    • En 1986, Daniel FERNANDEZ et Annette LECINE[45] ont entrepris de confirmer par des analyses objectives, expérimentales et reproductibles, nos impressions palpatoires subjectives, riches mais souvent controversées par des personnes ne possédant pas notre finesse du toucher.

    • En 1999, au Chicago College of Osteopathic Medicine, une équipe de chercheur s’est attelé  à comparer les IRC et l’onde de Traube Hering Mayer. Voici leurs conclusions : « Le mécanisme respiratoire primaire (MRP) manifesté par l’impulsion rythmique crânienne (IRC) et l'oscillation de Traube-Hering-Meyer (THM) présentent une ressemblance frappante. Pour cette raison, un protocole a été développé afin de mesurer simultanément les deux phénomènes. Les comparaisons statistiques ont démontré que l’IRC est palpable en concomitance avec les variations de basse fréquence de l'oscillation de THM. »[46].

    • Une nouvelle étude effectuée par la même équipe[47] a pour but de déterminer les effets des manipulations crâniennes sur l’oscillation de Traube-Hering-Mayer. Retenons la conclusion : « Les manipulations crâniennes affectent la vélocité sanguine dans ses composantes Traube-Hering-Mayer de basses fréquences. Comme ces oscillations de basses fréquences sont sous le contrôle des systèmes parasympathique et sympathique, il est conclut que les manipulations crâniennes affectent le système nerveux autonome ».

    • Enfin, citons la conclusion des travaux de SERGUEEF Nicette : « Le mécanisme respiratoire primaire (MRP) manifesté par l'impulsion rythmique crânienne (IRC), concept fondamental de l'ostéopathie crânienne, présente une ressemblance frappante avec l'oscillation des ondes de Traube-Hering-Mayer (THM). C'est la raison pour laquelle un protocole a été développé afin de mesurer simultanément les deux phénomènes. Les comparaisons statistiques ont démontré que la palpation de l'IRC coïncide avec les variations de basse fréquence de l'oscillation des ondes de THM (mesurées par l'appareil Transonic Systems Inc. BLF 21 Perfusion Monitor laser-Doppler flowmeter). De nouvelles explications potentielles pour les concepts théoriques fondamentaux de la physiologie du MRP en résultent. Comparer MRP et IRC avec les connaissances actuelles de la physiologie des oscillations des ondes de THM s'avère donc justifié. Par ailleurs, reconnaître que ces phénomènes puissent être contrôlés et enregistrés simultanément ouvre une nouvelle piste de recherche à l'ostéopathie crânienne »[48].

Il semble bien que ces diverses études, si elles ne démontrent pas la réalité du mouvement crânien, apportent un argument en faveur de la réalité du l’ostéopathie dans le champ crânien.

d'autres travaux sur l'ostéopathie dans le champ crânien

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Une étude[49] a été entreprise en 1999 au Canada dans le but d’évaluer de manière critique la thérapie crânio-sacrée. Ce rapport qui recense et évalue 34 études concernant la thérapie crâniosacrée, n’a pas apporté la preuve de l’efficacité de cette thérapie. Des effets nuisibles ont même été trouvés sur des sujets dont le cerveau avait été « blessé ».
Mais ce que montre la lecture de ce rapport c’est que peu d’études fiables et de valeur ont été faites sur la thérapie crâniosacrée. Il reste beaucoup à entreprendre !

Revue ApoStill n° 7, automne 2000

Grâce au soutien de la Fondation Fuji Medical, des travaux particulièrement intéressants ont été entrepris à l’Institut de pédiatrie de Saint-Pétersbourg. Nous en citons les conclusions :

  • Étude des mécanismes neurophysiologiques de l’action du traitement ostéopathique sur l’activité systémique du cerveau : « Les résultats obtenus au cours de cette étude ont montré que le traitement ostéopathique apportait une activation complexe et synchrone des trois principaux systèmes de l'intégration centrale du cortex des hémisphères. Au cours du traitement, on constate la disparition des rapports pathologiques, et la formation de nouveaux rapports fonctionnels dans le système nerveux central. Grâce à la plasticité et aux réserves potentielles du cerveau, ces changements dans l'activité cérébrale s'avèrent stables dans le temps »[50].  

  • Principes de représentation objective des résultats du traitement ostéopathique crânien : « Parce qu'elle reflète fidèlement l'interaction des systèmes sanguin et liquidien et que les techniques crâniennes s'adressent justement à leur physiologie, cette méthode s'avère être un outil fiable permettant d'évaluer les modifications apportées par le traitement ostéopathique crânien à la mécanique des fluides cérébraux »[51].

  • Modifications de la transmission vibro-acoustique de la structure crânienne par traitement ostéopathique : « 1. L'application de techniques crânio-sacrées modifie la conduction auditive osseuse; 2, Les modifications de la conduction osseuse dépendent de la technique crânienne utilisée ; 3. Les résultats enregistrés laissent supposer que les techniques crânio-sacrées restaurent également les capacités oscillatoires crâniennes, donc la mobilité de ses structures; 4. Les améliorations observées chez les sujets peuvent être mises en relation avec le rétablissement d'une circulation cérébrale physiologique de tous les fluides »[52].

  • Mesure des rythmes tissulaires de la microcirculation crânio-sacrée : de l’approche manuelle ostéopathique à l’expérimentation scientifique : « Le dispositif présenté permet de mesurer la fréquence de micromouvements rythmiques observés au niveau de la boîte  crânienne. Ces mouvements, dus à la mobilité crânio-sacrée et/ou à la vasomotion artériolaire n'ont jamais été mis en évidence de manière objective sur l'être humain. Le système utilise deux capteurs plats à courants de Foucault introduits dans les oscillateurs. Leur fréquence d'oscillation  est fonction de la distance entre la cible et le capteur. Le système mesure la fréquence de sortie de chaque oscillateur pendant environ 2 min 30 s. Après filtrage numérique de ces mesures, la fréquence des micromouvements est calculée par transformation de Fourier rapide. Après une série d'une centaine de mesures réalisées sur des sujets sains, il s'avère qu'un mouvement périodique d'une fréquence moyenne de 9,7 cycles/min est détecté. L'origine de ce mouvement semble être la vasomotion artériolaire »[53].

conclusion

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L’étude de la littérature que nous avons entreprise à travers les livres, les revues françaises et étrangères n’apporte aucune preuve scientifique de la réalité des conceptions de l’ostéopathie dans le champ crânien. Cependant, les recherches actuelles permettent d’avoir des présomptions sur au moins deux points essentiels :

  • Les os du crâne bougent, c’est ce que tend à démontrer l’étude de la NASA.

  • Les effets d’un traitement crânien peuvent être vérifiés actuellement grâce à l’étude de l’onde de THM.

 Il reste encore beaucoup de chemin à accomplir pour mieux comprendre l’ostéopathie dans le champ crânien. Les perspectives d’étude devraient avoir pour but de  :

  • préciser ses concepts à la lumière des travaux scientifiques actuels ;

  • développer des études scientifiques pour permettre l’évaluation et l’efficacité des techniques dites crâniennes ;

  • étudier et établir la relation entre les os du crâne qui "bougent" et la santé.  

  • étudier les phénomènes de la palpation ;

  • étudier les phénomènes liés à l’interactivité et à la relation praticien/patient. 

Néanmoins, et ce sera notre conclusion, l’ostéopathie dans le champ crânien nous entraîne dans un autre domaine, celui de l’Être. Et l’Être ne pourra jamais faire la preuve de son existence, puisqu’il EST.

Jean-Louis BOUTIN, Ostéopathe


bibliographie

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