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Philosophie de l’ostéopathie (1ère édition 1999)Naissance et développement d’un conceptPhilosophie de l'Ostéopathie de AT Still a fait l'objet d'une nouvelle édition (2003) |
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par Pierre Tricot do mro(f)
(1) Nous remercions particulièrement Pierre tricot de nous avoir autorisé à reproduire cet article. |
SOMMAIRE |
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A.T. StillKirsksville, Missouri, 1er septembre 1899
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| En 1899 – il y a cent
ans –, deux années après l’Autobiographie, Still publie son second livre, la
Philosophie de l’Ostéopathie (Philosophy of Osteopathy). Still a 71 ans et sa santé décline. D’anciens élèves commencent à publier des ouvrages. Ainsi, Elmer Barber a publié en 1898 Osteopathy Complete,(4) un premier livre traitant de la technique ostéopathique. Carl McConnel, publie en 1899 The Practice of Osteopathy : Designed for the use of Practitioners and Students of Osteopathy.(5) Still n’est pas du tout satisfait du livre de McConnel, regrettant que l’essentiel soit tiré des " anciens auteurs médicaux, " et le considérant comme " la faillite totale d’un ostéopathe. "(6) Il lui reproche essentiellement de ne pas respecter le concept ostéopathique et d’aborder les problèmes de santé avec la démarche symptomatique typique du médecin. Dès lors, il se sent pressé par l’urgence de consigner l’essentiel ostéopathique. Philosophie de l’ostéopathie est donc le premier ouvrage écrit par Still avec cet objectif en tête. Pour bien comprendre l’ouvrage, il nous semble important de rappeler quelle était la médecine et sa pratique dans le Middle West américain à l’époque de Still, d’évaluer quel était le niveau de connaissances du temps concernant les sciences de l’homme, et de présenter enfin certains éléments de l’histoire du collège de Kirksville et du développement de l’ostéopathie, jouant un rôle important dans l’état d’esprit de Still à cette époque. |
Le contexte médical de l’époque |
| L’évocation du
contexte médical de l’époque et du lieu nous permettra de comprendre son
cheminement mais également sa sévérité vis à vis des médecins et des
systèmes médicaux : dans les états pionniers, la pratique de la médecine
n'est pas réglementée. Elle ne le sera que progressivement à partir des
années 1870. Cette médecine est probablement plus proche des descriptions de
Molière que de la médecine actuelle et, bien entendu, elle est le plus
souvent impuissante. Il l'appellera lui-même médecine de l'à-peu-près, ou du
viser-rater.(7) À l’époque, la médecine s’apprenait auprès d’un praticien déjà en exercice, ce savoir pratique étant complété par la lecture des ouvrages de médecine que pouvait posséder le praticien. Ainsi, Still apprendra la médecine auprès de son père, pasteur méthodiste et médecin, au contact des indiens shawnee et de leurs pratiques. Dans les années 1860, désirant parfaire sa formation médicale, il tentera d’intégrer un enseignement plus formel : " ...Plus tard, il dira qu'en intégrant le Kansas City School of Physicians and Surgeons, immédiatement après la guerre de Sécession, il fut dégoûté par les enseignements et n'alla pas jusqu'au diplôme. Si ce n'est la possession d'un diplôme formel à accrocher au mur du cabinet, un diplôme d'école médicale ne signifiait évidemment pas grand chose dans les années 1860. Les exigences requises pour intégrer ces écoles essentiellement commerciales, dirigées par des médecins, étaient minimes. Il suffisait habituellement de pouvoir payer les frais de scolarité. L'étudiant devait assister à un cycle de conférences étalées sur deux ans, de novembre à février, la seconde année présentant les mêmes matériaux que la première, sans aucune pratique clinique. De plus, beaucoup d'étudiants étant illettrés, l'examen final se réduisait à une simple interrogation orale." (8) Son intérêt pour la mécanique le conduira à rapprocher ses trouvailles de l'organisation de la structure humaine et à se plonger dans l'anatomie, qu'il étudiera sur les squelettes indiens. Il sera ainsi révolutionnaire en émettant l'idée d'une relation entre l'anatomie et la fonction. Cette étude, lui fournissant un support réel de connaissance, lui permettra également de sortir de l'empirisme médical de l'époque. En combinant une connaissance anatomique et physiologique à la logique d’un raisonnement, il fut pionnier dans l’approche scientifique de la maladie et de la médecine. |
Les connaissances médicales du temps de Still |
| L’évaluation des
connaissances médicales du temps est également indispensable pour comprendre
les propos que Still tient dans Philosophie de l’Ostéopathie. Nous sommes en
1899. Ignace Semmelweis (1818-1865), obstétricien hongrois a découvert
l’origine infectieuse de la fièvre puerpérale et préconise l’asepsie, mais
il est combattu par les médecins de l’époque et ses travaux ne sont pas
diffusés. En France, Claude Bernard (1813-1878) vient de jeter les bases de
la médecine expérimentale, fondement de la médecine actuelle. Louis Pasteur
(1822-1895) et ses travaux commencent seulement à être reconnus. En
Angleterre, Joseph Lister (1827-1912) lutte pour imposer la notion
d’asepsie. En Allemagne, Robert Koch (1823-1910) découvre le bacille de la
tuberculose (1882), aboutissant à la découverte de la tuberculine. Toutes ces recherches qui constituent le point de départ de la médecine scientifique moderne, ne sont peut-être pas encore connues de Still, ou bien la méfiance qu’il a développée à l’égard de tout ce qui est médical le rend très circonspect à leur égard. Il raisonne donc à partir de son niveau de connaissance en anatomie et en physiologie et formule des hypothèses par rapport à ce qu’il observe ou aux résultats qu’il obtient. Dans beaucoup de cas, nos connaissances d’aujourd’hui sont venues invalider ces hypothèses, apportant d’autres explications. Pourtant, le bon sens, la faculté d’observer, l’aptitude à résoudre les difficultés et les résultats obtenus nous obligent à admettre que malgré cela, l’ostéopathie demeure une approche véridique et efficace, même si Still nous déroute souvent. |
suite... |
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© Jean-Louis Boutin et le Site de l'Ostéopathie |
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