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Ostéologie de l'organe de l'ouïe

Atlas du second semestre du journal des connaissances médico-chirurgicales - 1836

Atlas 

du second semestre du 

Journal des Connaissances Médico-Chirurgicales

4ème année commençant le 1er juillet 1836

Ostéologie de l'organe de l'ouïe

Explication des planches :
Avant de faire cette explication, je dois dire un mot sur la manière dont la représentation de l'organe a été conçue et exécutée.
Relativement à la conception, j'ai voulu que celui qui connaît à peine les dispositions si compliquées de l'oreille moyenne et de l'oreille interne pût, à l'aide de ces planches, parvenir à se faire une idée assez exacte de l'une et de l'autre, et devenir surtout capable de les bien comprendre en les étudiant sur la nature. Or pour cela, partant de l'ensemble ou plutôt de l'os qui le renferme, j'ai examiné toutes les parties qui deviennent successivement plus profondes et en même temps plus difficiles à découvrir et à comprendre, examen qui a exigé un nombre de coupes presque égal à celui de ces parties. Mais la plupart des dispositions de l'oreille sont si déliées qu'il est difficile de les bien voir, lors même qu'on les examine sur la nature, à plus forte raison lorsqu'on cherche à les apercevoir dans leurs images. J'ai donc été conduit à les présenter presque toutes dans des dimensions telles quelles cessassent d'offrir la difficulté attachée à leur petitesse. Cependant, comme il faut toujours chercher à se faire une idée des choses telles qu'elles existent, il convient de faire connaître les proportions selon laquelle elles ont été grossies; or, pour transmettre cette connaissance, on se borne toujours à indiquer l'accroissement des dimensions; mais, comme il est naturel de penser que celles-ci augmentent ou diminuent comme le volume, on se fait des idées tout-à-fait  contraires à la vérité, car les volumes des deux corps inégaux mais semblables, comme, par exemple, un nain et un géant, sont à l'égard l'un de l'autre, non comme leurs dimensions, mais comme les cubes de ces dimensions : ainsi, par exemple, si celles d'un temporal sont doubles, triples, quadruples, etc., de celles d'un autre temporal, le volume du premier sera, par rapport à celui du second, huit fois, vingt-sept fois, soixante quatre fois plus grand. Pour éviter toutes ces difficultés, je n'indique ni les dimensions ni le volume de la partie grossie; mais, dans un dessin à part, je la présente dans sa grandeur naturelle; de cette manière, on se fait, par voie d'inspection, un idée qui cesse d'être exacte lorsqu'on cherche à l'acquérir à l'aide du raisonnement.
Quant à l'exécution, je me bornerai à dire que j'ai surtout cherché à être clair, facile à comprendre, et que, lorsqu'au préjudice de la douceur et de la grâce des formes, j'ai senti la nécessité de transmettre à l'image un caractère de sécheresse et de dureté, je n'ai point balancé à faire un sacrifice dont les artistes seuls pourront se plaindre, car ce que l'art perdra tournera au profit de la science.
Mais, après le travail du dessin, vient celui de la gravure, et il doit y avoir entre l'un et l'autre la plus parfaite harmonie; car, dans ce rapport, j'ai été parfaitement secondé, par M. de la Plante, qui se fait remarquer par beaucoup d'habileté, d'intelligence et de goût, à un âge où souvent on n'est encore qu'apprenti, a très bien saisi toutes mes intentions, compris tout ce que je voulais faire entendre; je dirai même qu'il a d'abord été trop exact, trop scrupuleux; car dans les premières planches, il a si bien rendu tout ce qui se remarque à la surface des os, lorsqu'on les examine de très près, qu'il les a couverts d'une multitude de petits détails souvent contraires à ce qui s'observe  le plus fréquemment et toujours nuisibles à l'effet de l'ensemble; mais ensuite il n'a pas commis cette première faute.- P. P. BROC

PLANCHE 44

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Figure 1 : Temporal vu par sa face interne ou cérébrale.

 

A : orifice du conduit acoustique ou auditif interne, parcouru dans l'état d'intégrité par les nerfs facial et acoustique. - B : fente à laquelle se termine l'aqueduc du vestibule. - C : large ouverture creusée sur le bord inférieur du rocher, ouverture qui est l'orifice interne de l'aqueduc du limaçon.

Figure 2 : Temporal vu par sa face externe

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A : orifice du conduit auriculaire ou auditif externe. - B : fosse glénoïde. - C : scissure ou fente glénoïdale.

Figure 3 : 

Pavillon ajouté au temporal pour compléter le conduit auriculaire.

 

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Figure 4 : 

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Ablation de la paroi externe et inférieure du conduit auriculaire et d'une partie de la lame osseuse qui forme la cavité glénoïde pour mettre à découvert, d'un côté, le fond du conduit bouché par la membrane tympanique A, et, de l'autre, la cavité du tympan. - B, Sonde parcourant le conduit, perçant la membrane, pénétrant, après l'avoir traversée, dans le tympan, cavité dont elle sort par une ouverture à laquelle s'insère, comme nous le verrons bientôt, la trompe d'Eustache.

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Figure 5 : 

Rocher dégagé de la portion écailleuse sciée en A, et vu en raccourci d'avant en arrière par sa face supérieure. - B : orifice d'un canal qui communique dans le tympan et loge le muscle interne du marteau. - C : orifice d'une autre espèce de canal qui communique aussi dans le tympan et reçoit l'insertion de la trompe d'Eustache. Ces deux orifices, qui occupent le fond de l'angle rentrant formé par la portion écailleuse et le rocher, sont séparés l'un de l'autre par l'extrémité antérieure de la lame que l'on nomme bec de cuiller. - D : canal carotidien. - E : hiatus Fallopii, orifice d'un petit conduit qui s'ouvre dans l'aqueduc de Fallope, A, fig. 6.

Figure 6 :

Même rocher de grandeur naturelle

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Figure 7 : Rocher vu et séparé de la portion écailleuse comme le précédent

A : coupe quadrangulaire pratiquée vis-à-vis l'union du rocher avec la portion écailleuse, coupe qui permet de voir de haut en bas le tympan. On aperçoit dans cette cavité, mais un peu en raccourci, de haut en bas  et d'avant en arrière, le marteau B, l'enclume C, le bec de cuiller D, la saillie E, formée par l'aqueduc de Fallope et la membrane du tympan F convexe du côté de la cavité. -  Les deux sondes indiquent le trajet des deux conduits dont il vient d'être parlé à l'occasion de la figure précédente. Ici on voit très distinctement la lame osseuse qui la sépare. 

Tout ce qui vient d'être indiqué dans les fig. 5 et 7 ne pourra être bien compris que lorsqu'on aura vu le tympan.

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