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Le sacrum déprimé |
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Affirmer un concept de lésion comme
nouveau ou une technique comme originale laisse toujours planer un doute.
Comme il est bien établi maintenant pour la profession ostéopathique, le mouvement normal de l'articulation sacro-iliaque est une rotation autour de l'axe transversal passant au niveau du second segment sacré. A l'angle interne des surfaces auriculaires en forme de L du sacrum et de l'ilium, on trouve une petite protubérance sur le sacrum qui s'ajuste dans une petite cavité sur l'iliaque. |
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Dans la terminologie de SUTHERLAND, l'extension
respiratoire de la colonne vertébrale y compris le sacrum, désigne la
flexion en arrière -c'est-à-dire post- flexion ou l'augmentation de la
concavité postérieure, comme dans les courbures lombaire et cervicale, ou la
diminution de la convexité postérieure de la courbure thoracique. Partant de
là, une augmentation de la concavité postérieure au niveau de l'articulation
lombo-sacrée, avec la base du sacrum dans une position antérieure et vers le
bas et l'apex du sacrum en haut et postérieur est considérée constituer la
position d'extension respiratoire du sacrum qui se produit pendant
l'expiration. Le mouvement normal dans cette position se fait autour de
l'axe transverse décrit plus haut et est limité principalement par la
tension des ligaments sacro-épineux et sacro-tubéreux, qui, dans la position
debout, s'opposent à une rotation excessive du sacrum due au poids dirigé
vers le bas par l'intermédiaire de la colonne lombaire sur la base du
sacrum. La lésion du sacrum, par effort articulaire ligamentaire, dans la
position d'extension respiratoire se produit quand un facteur de stress
oblige les structures à rester dans cette position et à résister au
mouvement dans la direction opposée. Dans cette lésion, l'articulation reste
dans ses limites physiologiques ou seulement très légèrement au-delà.
Le sacrum déprimé, le Dr. SUTHERLAND l'appelle aussi «Affaissement
sacré» est une lésion dans laquelle la force traumatique de production
est assez grande et la résistance à cette force assez faible pour permettre
au sacrum d'être déplacé vers le bas à partir de sa position normale par
rapport aux iliaques. Quand la force dirigée vers le bas sur la base sacrée
oblige le sacrum à pivoter vers l'avant au-delà de sa course physiologique,
les ligaments sacro-tubéreux et sacro-épineux créent un point fixe qui est
l'apex. Ceci, alors, devient l'axe sur lequel le sacrum pivote vers l'avant
et vers le bas par rapport aux iliaques et tout le sacrum sauf l'apex est
déprimé, faillant l'axe transverse normal.
Les conséquences du sacrum déprimé sont souvent très
importantes, comme l'a déclaré le Dr. SUTHERLAND et comme on peut le
constater en pratique courante. La position non-physiologique du sacrum
entre les iliaques, alors qu'il n'est pas toujours aussi douloureux qu'on
pourrait penser, gêne la vascularisation et les fascias avec des effets
circulatoires, lymphatiques, viscéraux. La conséquence la plus sérieuse du
sacrum déprimé est une névrose ou même une psychose.
L'histoire du traumatisme est importante dans le
diagnostic de la lésion. Le patient peut s'être penché en avant et avoir
soulevé quelque chose contre résistance ou avoir reçu par surprise un poids
lourd sur le dos. Il peut être tombé brutalement sur les pieds ou sur les
fesses avec un poids surimposé ou une vitesse suffisante pour entraîner le
sacrum en bas entre les iliaques.
A la palpation, le sacrum se trouve placé profondément entre les iliaques, seul l'apex est proéminent postérieurement. Ceci ressemble à la position de la simple lésion d'extension respiratoire, rotation antérieure sur son axe transverse, sauf que les second et troisième segments sacrés ont pivoté vers l'avant et vers le bas parce que l'axe de rotation passe dans ce cas par l'apex. Les rebords postérieurs des iliaques sont rapprochés. Le mouvement du sacrum est généralement restreint, le peu restant se limitant à une petite quantité de rotation antérieure. Les ligaments sacro-épineux, palpés de l'un ou l'autre côté de l'apex sacré sont tendus et sensibles.
Différentes techniques ont été montrées à des réunions
professionnelles, probablement destinées à corriger une lésion du sacrum
déprimé. Dans un premier cas, le patient en décubitus, l'opérateur balançait
le patient de chaque côté dans toute la longueur de son corps et cassait le
rythme par des secousses soudaines vers le bas en tirant les chevilles.
La démarche spécifique que le Dr. SUTHERLAND a démontré
d'abord pour le sacrum traumatique antérieur, comme on l'appelait à ce
moment là, est réalisée avec le patient assis en travers de la table, ses
bras reposant sur les épaules de l'opérateur qui est assis sur un tabouret
face à lui. Les pouces de l'opérateur sont sur les crêtes iliaques et leur
sont parallèles, leurs extrémités au niveau du bord externe du muscle carré
des courbes. Balançant doucement le patient d'un côté et de l'autre, ils
suivent leur chemin vers l'intérieur, le bas et l'avant contre les muscles
iliaques. |
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Quand le sacrum est déplacé vers le bas, d'un ou des
deux côtés, la lésion peut aussi être corrigée avec le patient assis et le
praticien derrière lui, maintenant les iliaques vers la table pour les
empêcher de se soulever. Le patient se penche légèrement du côté en lésion
et s'appuie sur son bras, le coude tendu. Puis il avance lentement l'autre
main devant lui vers la main qui repose sur la table, continuant jusqu'à ce
que l'opérateur sente les iliaques tirer vers le haut malgré la résistance.
On maintient cette position pendant que les poumons sont vidés en
expiration. Lorsque le patient est obligé d'inspirer, il inhale profondément
et étire ses bras au-dessus de la tête pour les faire passer de l'autre côté
pendant que l'opérateur résiste au mouvement d'ascension des iliaques du
côté de la lésion alors que le sacrum s'élève. Le même processus peut être
répété de l'autre côté en cas de lésion bilatérale.
Avec plusieurs techniques en notre possession, nous pouvons choisir celle qui est la mieux adaptée au cas présent et recommencer avec une autre si cela s'avère nécessaire. Ceci est primordial car le soulagement apporté par la correction d'un sacrum déprimé est à la fois considérable et satisfaisant. |
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Je remercie particulièrement Marc Bozzetto de m'avoir donné l'autorisation de publier cet article. |
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