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  Type de lésion sacro-iliaque en torsion droite sur axe oblique droit 

Revue Ostéopathie Thérapies Manuelles n° 45-46

Dr WALTON D.O. (USA)

"OSTEOPATHIC DIAGNOSTIC AND TECHNIQUE"

Article paru dans la revue Ostéopathie Thérapies Manuelles n° 45-46 - 3ème trimestre 1992

www.atman.fr/

reproduit avec l'autorisation de M. Marc BOZZETTO, directeur de la Publication   


Parce que l'articulation sacro-iliaque est une structure singulièrement différente de toutes les articulations inter-vertébrales et qu'elle a ses différences particulières propres de réactions de mobilité, nous prendrons en détail les différents changements lésionnels qui sont possibles dans ce cas, et la technique pour leur diagnostic.
Avant de commencer toute discussion sur cette lésion sacro-iliaque, il faut se rappeler que les rapports entre la rotation et la latéroflexion, lorsque le sacrum se déplace entre les innominées, ne sont pas les mêmes que dans les articulations vertébrales ordinaires. C'est à dire, que lorsque le sacrum pivote d'un côté, il se fléchit latéralement du côté opposé, (l'occiput suit aussi cette règle lorsqu'il se déplace sur l'atlas).

 

  • A. SACRUM ANTÉRIEUR SUR POLE SUPÉRIEUR GAUCHE.
    Une lésion dans laquelle le sacrum s'est déplacé vers l'avant, par exemple, du côté gauche au pôle supérieur de l'articulation entre les innominées (c'est-à-dire que le sacrum pivote vers la droite et se fléchit latéralement ou glisse vers le côté gauche).

  • B. SACRUM POSTÉRIEUR SUR POLE INFÉRIEUR DROIT
    Une lésion dans laquelle le sacrum s'est déplacé, par exemple, en arrière du côté droit entre les innominées au pôle inférieur de l'articulation. Dans ce cas, le pivotement du sacrum s'est produit vers le côté droit et s'est fléchi latéralement du côté gauche.

Face antérieure du sacrum : Torsion droite sur axe oblique droit

Figure : Face antérieure du sacrum : Torsion droite sur axe oblique droit

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D'après les descriptions ci-dessus des lésions sacrées antérieures et postérieures, on peut facilement voir pourquoi il y a quelques controverses parmi les autorités ostéopathiques pour savoir s'il est possible que le sacrum soit lésé au pôle supérieur d'un côté sans qu'il y ait un mouvement coexistant du sacrum vers l'arrière au pôle inférieur du côté opposé et vice versa.
Le consensus général actuellement est que c'est possible. Cependant l'expérience a appris à l'auteur que la meilleur attitude est de vérifier les deux phases de lésions possibles dans chaque cas et ajuster les applications techniques correctives en conséquence. En d'autres termes, l'opérateur trouvera très souvent que les deux phases antérieure et postérieure existent simultanément dans chaque problème sacro-iliaque qu'il diagnostique. C'est probablement directement proportionnel au degré de la force traumatique qui a été appliquée à l'articulation sacro-iliaque au moment de la lésion et de la position qu'avait l'articulation au moment où cette force s'est appliquée.

DIAGNOSTIC

  • A – POSITION

    • 1 - le patient est à plat ventre sur la table

    • 2 - l'opérateur est debout à côté du patient, au niveau de ses hanches.

  • B - PROCÉDURE DE DIAGNOSTIC POUR UN SACRUM ANTÉRIEUR AU POLE SUPÉRIEUR GAUCHE. 

    • 1 - palpation superficielle : 
      On utilise les pulpes des 2 premiers doigts et on trouve ce qui suit

      • a - sensibilité marquée dans les structures superficielles et immédiatement externes au pôle supérieur de l'articulation du côté gauche.

      • b - La tension dans les fibres superficielles du grand fessier dans la région du pôle supérieur.

    • 2 - Palpation profonde : 
      On utilise la pulpe d'un des 2 premiers doigts ou celle du pouce au choix. On trouvera les points suivants

      • Changements dans les tissus profonds.

        • a - changements dans les muscles fessiers
          En utilisant les pulpes des pouces et en palpant profondément au niveau des zones qui rayonnent extérieurement au pôle supérieur de l'articulation, on trouve une tension marquée et une sensibilité dans les fibres profondes des fessiers du côté gauche.

        • b - changements du grand adducteur et du couturier
          En utilisant les pulpes des 2 premiers doigts, une pression profonde sur les insertions inférieures du grand adducteur et du couturier, dans cet exemple, la face interne de la cuisse gauche juste au-dessus du genou, montrera une rigidité et une sensibilité très marquées.

        • c - changements dans le muscle droit antérieur de la cuisse. 
          On trouve que ce muscle a une tension très marquée au-dessus du côté gauche due à la rotation de l'os innominée.

      • Changements interosseux 

        • a-épine iliaque postéro-supérieure
          En utilisant les pulpes des deux groupes, l'opérateur en place un immédiatement en-dessous de l'épine iliaque postéro-supérieure de chaque côté et (dans ce cas hypothétique d'un sacrum antérieur du côté gauche) l'épine iliaque postéro-supérieure du côté gauche apparaîtra relativement plus basse que son homologue du côté opposé. L'inverse naturellement, serait vrai dans le cas d'un sacrum antérieur à droite. (Les épines iliaques supéro-antérieures apparaîtront exactement à l'inverse).

        • b -Intervalles entre l'épine iliaque postéro-supérieure de l'iliaque et la surface postérieure du sacrum.
          En utilisant les pulpes des 2 premiers doigts, l'opérateur palpe profondément dans le sillon formé entre l'épine iliaque postéro-supérieure et le sacrum dans la région du pôle supérieur. ce sillon se trouve nettement plus profond dû à la rotation du sacrum (vers la droite dans ce cas).

        • c - L'apophyse épineuse du premier segment sacré est alors palpée avec les pulpes d'un ou de deux premiers doigts. On la trouvera plus rapprochée vers la gauche que l'épine iliaque postéro-supérieure du côté droit (encore dû à la direction de rotation du corps sacré vers la droite dans ce cas).

  • C - PROCÉDÉ DE DIAGNOSTIC POUR UN SACRUM POSTÉRIEUR AU POLE INFÉRIEUR DROIT. 
    Nous utiliserons ici un cas hypothétique dans lequel le sacrum a été lésé en arrière, entre les innominés du côté droit.

    • 1 - Palpation superficielle
      La technique d'examen de cette lésion est la même que celle pour le sacrum antérieur qui vient d'être décrite.

      • a - Sensibilité et tension superficielles
        On les trouvera nettement marqués au-dessus du pôle inférieur de l'articulation sacro-iliaque du côté droit (opposé à l'épine iliaque postéro-inférieure du côté gauche). Cette sensibilité et cette rigidité, on verra qu'elles rayonnent latéralement vers la droite au niveau du muscle grand fessier.

    • 2 - Palpation profonde
      Même technique que pour le sacrum antérieur.

      • a - Fibres profondes du grand fessier.
        On trouvera qu'elles sont tout à fait rigides et très sensibles en face du pôle inférieur de l'articulation du côté droit.

      • b - Tension dans les fibres du muscle pyramidal. On constatera qu'elle va latéralement depuis la région du pôle inférieur de l'articulation vers la droite jusqu'au fémur.

      • c - Tension dans le grand adducteur, sur la face supérieure interne de la cuisse droite. II y a une grande sensibilité associée aussi à cette zone.

      • d - Toute la face droite du sacrum semble en arrière par rapport au côté gauche avec le sillon entre les épines iliaques postéro-supérieure et inférieure à droite et la face dorsale du sacrum nettement diminué en profondeur.

    • Changements interosseux

      • a - L'épine iliaque postéro-supérieure droite semble plus haute par rapport à son homologue du côté opposé.

      • b - L'épine iliaque antéro-supérieure droite semble juste le contraire de l'épine postérieure.

      • c - L'apophyse épineuse du 1er segment sacré est plus éloignée de l'épine iliaque postéro-inférieure droite (c'est encore dû au fait dans ce cas, que le corps sacré a pivoté vers la droite).

    • Limitations de mobilité (très important).
      On les vérifie par une technique particulière. Le patient reste à plat ventre sur la table.
      L'opérateur place d'abord les pulpes de ses premiers doigts d'une main dans le sillon entre l'épine iliaque postéro-supérieure et le dos du sacrum (dans le cas d'une lésion sacrée antéro-supérieure) ou entre l'épine iliaque postéro-inférieure et le sacrum (dans le cas d'une lésion sacrée postéro-inférieure).
      II place alors le talon de l'autre main directement au-dessus du dos du sacrum.
      Les changements de mobilité sont alors vérifiés par l'opérateur qui fait simplement un mouvement de "ressort" du sacrum entre les innominées en faisant une pression et en la relâchant d'une façon alternative au moyen du talon de sa main et en vérifiant les limitations de mouvement perçues par les sensations de palpation des doigts placés dans le sillon.
      Dans le cas de lésions sacrées antéro-supérieure vraies, la disparité de mobilité se trouvera aussi être la plus grande dans la région du pôle supérieur de l'articulation sacro-iliaque.
      Dans le cas d'une lésion sacrée postéro-inférieure vraie, la disparité de mobilité se trouvera être plus grande dans la région du pôle inférieur de l'articulation ilio-sacrée.

 

Dr WALTON


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