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Décisions ostéopathiques


SOMMAIRE


Présentation

But de l’étude

       « La médecine est marquée par l'accroissement constant des connaissances publiées relatives au développement rapide de nouvelles techniques. Ces technologies innovantes modifient constamment les stratégies de prise en charge préventive, diagnostique et thérapeutique des malades. Dès lors, il est très difficile pour le clinicien d'assimiler toutes les informations découlant de l'analyse de la littérature scientifique, d'en faire la synthèse et de l'incorporer dans sa pratique quotidienne. L'élaboration de recommandations professionnelles cherche à résoudre cette difficulté.
      Les recommandations professionnelles sont définies comme « des propositions développées méthodiquement pour aider le praticien et le patient à rechercher les soins les plus appropriés dans des circonstances cliniques données ». Leur objectif principal est de fournir aux praticiens une synthèse du niveau de preuve scientifique des données actuelles de la science et de l'opinion d'experts sur un thème de pratique clinique, et d'être ainsi une aide à la décision en définissant ce qui est approprié, ce qui ne l'est pas ou ne l'est plus, et ce qui reste incertain ou controversé ».[1]

Cette étude a pour but de :

  • Promouvoir une recherche qualitative en Ostéopathie
  • Stimuler l’intérêt des professionnels dans la prise en compte du malade et de la personne
  • Initier et stimuler l’intérêt de la recherche en ostéopathie
  • Améliorer la formation des professionnels

Moyens d’étude

  • Études des chaînes logiques

Étudier l'ostéopathie non pas à travers les pathologies, les indications - contre indications, le diagnostic médical, diagnostic de non contre-indication, etc. telle que l'ostéopathie se présente actuellement mais à travers le concept de chaînes logiques fonctions – structures.

Mobilisation des professionnels

Il est nécessaire de faire :

  • Un relevé des programmes de formation et de formation continue
  • Une analyse de la littérature professionnelle

De façon à identifier :

  • Les champs de « spécialités » couvrant la profession (gynécologie, sportif, etc..)
  • Les professionnels compétents (nommés experts-conseils) dans ces domaines
  • Le domaine clinique regroupant les « spécialisations » ou « spécialités » abordant la pathologie, la physiopathologie et leur traitement spécifique
  • Le domaine technique  (méthodes et concepts thérapeutiques)
  • Le domaine théorique

      Vaste programme qui nécessite la participation d’un grand nombre d’ostéopathes d’autant qu’il existe des méthodologies éprouvées dont il faut tenir compte et qu’il s’agit d’une démarche collective. 
      Pour mobiliser ces confrères et permettre que cette étude soit faite dans un contexte serein, je suggère que l’Académie d’Ostéopathie participe activement à ce projet. Je me propose d'être le responsable de ce projet et d'en assurer la coordination.

Publication

      Une fois finalisé, cet ensemble trouvera certainement un grand éditeur médical en vue de sa publication.
      Il serait normal que l’Académie donne son « label » pour la publication et les Éditions Sully pourraient en être chargées.

Un projet interactif

      Le canevas ici présenté n’est pas figé. Il est une esquisse de ce que le concept des chaînes logiques peut permettre d’apporter à l’ostéopathie. Il s’enrichira, je l’espère, de la participation de nombreux confrères à cette démarche.

Remerciements

      Je tiens à remercier Michel GEDDA qui m’a convaincu de l’intérêt des chaînes logiques dans la démarche de la reconnaissance de l’ostéopathie et de la permission qu’il m’a donné d’utiliser son livre « Décision kinésithérapique ».[2]
      Je tiens également à remercier les Éditions Masson qui m’ont autorisé à reproduire un long extrait de « Décision kinésithérapique » de Michel GEDDA et notamment l'ensemble du chapitre sur les chaînes logiques et le catalogue des fonctions et structures avec leurs schémas.

Jean-Louis BOUTIN


L’ostéopathie, une identité

  • Un peu d’histoire

  1. Création de l’ostéopathie
  2. Anatomie contre physiologie
  3. L’ostéopathie dans le champ crânien
  4. L’ostéopathie en France
  5. Essai de prospective
  • La médecine ostéopathique 

  1. Une définition
  2. Ce qu’elle est (ou ce qu’elle veut être)
    • Une médecine de première intention
    • Une approche phénoménologique du patient
    • Une relation directe ostéopathe-patient
    • Une thérapeutique de la pathologie fonctionnelle
  3. Ce qu’elle n’est pas
    • Une médecine d’urgence
    • Une médecine de prescription
  4. Ses principes
    • Globalité : unité du corps humain
      • Le corps vu comme un tout (holisme)
      • Corporalisation – spiritualisation (la dualité corps –esprit)
      • Le phénomène de la conscience
    • Inter-relation structure-fonction et fonction-structure
    • Auto-défense, auto-régulation, auto-guérison
    • L’ostéopathie dans le champ crânien
      1. Le concept de Sutherland
      2. Les études scientifiques en cours
      3. Controverse sur la réalité de l'ostéopathie dans le champ crânien
      4. Les résultats
      5. Une prospective
  5. Sa méthodologie
    • Bilan ostéopathique
    • Diagnostic ostéopathique
    • Traitement ostéopathique
  6. Son champ d’application ou d’activité
    • Ses indications
    • Ses contre-indications  
    • L'ostéopathie en entreprise
  7. Ses moyens d’action
    • Techniques structurelles
    • Techniques fonctionnelles
    • Techniques viscérales
    • Techniques myofasciales
    • Techniques musculaires
    • Techniques crâniennes
    • Techniques tissulaires
    • Techniques fluidiques

La démarche ostéopathique

      Vise à aider le patient à retrouver la santé à travers sa propre méthodologie. Pour atteindre ce but, elle se situe dans une processus évolutif de recherche de la santé

  1. L’ostéopathe : un anatomiste et un physiologiste
    • Percevoir
    • Intention
    • Attention
    • La perception, phénomène interactif
    • Son champ de compétence
    • Son champ d’incompétence : la pathologie de la performance [3]
  2. Modélisation : synopsis décisionnel
    • Consiste à finaliser la démarche ostéopathique
      • Observer
        • Problème de santé
          • Problématique du patient
      • Analyser 
        • Diagnostic
          • Problématique ostéopathique :
      • Planifier
        • Objectifs
          • Traitement ostéopathique 
      • Agir
        • Résultats
          • Protocole thérapeutique
  3. La problématique ostéopathique
    • Ensemble des retentissements de l’altération de la santé dans l’existence :  c’est la totalité de la personne qui est impliqué dans son contexte corporel (physique), affectif, moral, intellectuel et spirituel. Il s’agira donc d’étudier comment le problème du patient altère ou perturbe son existence (sa conscience ?)
  4. L’examen clinique
    • Le bilan ostéopathique
  5. La palpation ostéopathique
    • Tests passifs
      • Mobilité
      • Motilité
    • Tests actifs
  6. Projet du patient : approche humaine

    • La problématique du patient ou le projet du patient : 
      recouvrer son état de santé et l’état de non douleur, ses possibilités naturelles de mouvement
  7. Protocole thérapeutique

Symopsis décisionnel

Cette démarche peut être résumée par le SYNOPSIS Décisionnel ci-contre

Le bilan ostéopathique

  • 1. - Identifier la cause des problèmes

    • Anomalies structurelles – dysfonctions vues comme origine des troubles

    • Anamnèse ou interrogatoire du patient

      • Diagnostic, antécédents, examens complémentaires, les autres intervenants…

      • Historique de la pathologie, douleurs, gènes fonctionnelles…

    • L’interaction de l’ostéopathe qui va permettre de mieux cerner la pathologie

    • L’examen clinique ostéopathique spécifique, procédure systématique adaptée à l’ensemble du corps et à la pathologie concernée

pour déboucher sur :

  • Le diagnostic ostéopathique qui sous-tend

    • Le diagnostic différentiel va permettre d’affiner le diagnostic pour permettre d’établir :

    • Le diagnostic d’exclusion à savoir :

      • La contre-indication (formelle, momentanée ou absolue) ou

      • La non indication de l’état du patient à une thérapeutique ostéopathique

  • Le traitement ostéopathique

  • Le protocole thérapeutique

Anomalie observée

Objectifs sanitaires

Moyens thérapeutiques

  • La douleur

  • La raideur articulaire

  • L’ankylose

  • La rétraction musculaire

  • La rétraction ligamento-capsulaire

  • La dysfonction articulaire

  • Le spasme musculaire

  • Le blocage vertébral

  • La dysfonction viscérale

  • Supprimer la douleur

  • Améliorer la mobilité articulaire

  • Trouver des compensations

  • Étirement musculaire

  • Étirement des ligaments et capsules

  • Retrouver une fonction articulaire

  • Inhiber la spasticité

  • « Débloquer » la vertèbre

  • Retrouver la mobilité de l’organe

  • Le traitement de la cause

  • Mobilisation articulaire

  • Éducation gestuelle

  • Étirements

  • Mobilisation articulaire

  • Techniques manipulatives

  • Étirement musculaire

  • Manipulations articulaires vertébrales

  • Mobilisation passive de l’organe

  • Quantifier les déficits

    • L’indicateur d’évolution

      • Choix de l’indicateur témoin : identifier le facteur le plus significatif de l’état ou des changements que l’on observe
        p. e. : qualifier l’évolution de la rétraction capsulaire  par la mesure de l’amplitude articulaire de la gléno-humérale et non celle de l’ensemble de l’articulation de l’épaule (plusieurs articulations)

    • L’indicateur de mesure

      • Sert à objectiver l’indicateur choisi

    • La mesure

  • Évaluer la gravité des problèmes

    • Situer la mesure obtenue par rapport à une norme afin de déterminer l’écart entre ce qui est observé et ce qui devrait l’être (exemple de la biologie)

  • Projet du patient

    • Méthodologie générale

    • Identifier les origines de sa demande : « Pourquoi ? »

    • Identifier les objectifs du patient : « Pour quoi ? »

    • Identifier les modalités de traitement envisagées par le patient : « Comment »

    • Évaluation par le patient (évolution de symptômes ou de vécu / clinique)

    • Perspectives

  • Diagnostic  ostéopathique

  • Objectifs ostéopathiques

  • Moyens ostéopathiques

    • Méthodes et techniques ostéopathiques

      • Innocuité : ne pas nuire

      • Rationalité : contrôler les mécanismes d’action

      • Légitimité : garantir la convenance de l’intervention (exemple : dans quel cas un ostéopathe peut pratiquer un toucher vaginal ou  un toucher rectal)

      • Flexibilité : personnaliser en fonction des particularités

      • Progressivité : conduire l’évolution du patient

    • Posologie : une question de dosage ( excessif – intensif) 

Michel GEDDA Décision kinésithérapique aux Éditions Masson

Les chaînes logiques [4]

L'ensemble de cette partie et les suivantes sont extraites du livre de Michel GEDDA Décision kinésithérapique aux Éditions Masson www.masson.fr/  - Reproduite avec l'autorisation de l'auteur et des Éditions Masson

      «[...] Il est possible de détailler les structures physiques et les fonctions humaines intéressant l'ostéopathie. [...] Des anomalies, identifiées grâce à l'expérience physiopathologique et clinique peuvent être commodément classées au sein du répertoire des structures et des fonctions. Elles décrivent, [du point de vue de l'ostéopathie], comment chaque pièce anatomique et faculté humaine peuvent être altérées; leur spécialisation terminologique différencie la variété des déséquilibres possibles.
      Il ne s'agit là que d'une modélisation théorique segmentant une réalité plus complexe dans laquelle organes et possibilités physiques s'influencent mutuellement pour produire santé ou morbidité. L'intérêt est pédagogique. Les anomalies structurelles et dysfonctions énumérées constituent les composants fondamentaux de la déficience et de l'incapacité définies par l'OMS.

      [L'ostéopathe] travaille directement sur ces composants pour établir le juste lien entre les besoins d'un individu et son action thérapeutique. Bien que relevant d'une approche multi-factorielle, son investigation détaille les déficits et les dysfonctionnements observés quelque soit le contexte pathologique.
      Pour chacun des troubles, il est ainsi possible d'identifier des logiques élémentaires précisant les orientations thérapeutiques concevables et les moyens potentiels correspondants. Un modèle désigné sous l'appellation "chaîne logique" organise ces éléments de façon prédictive et déductive sous la forme :

Anomalie observée => Objectif(s) sanitaire(s) => Moyen(s) thérapeutique(s)

Ainsi, en déclinant concrètement ce patron de base aux approches structurelle et fonctionnelle, nous obtenons :

  • pour une structure donnée : Anomalie structurelle => Objectif(s) ostéopathique(s) => Moyen(s) ostéopathique(s)
  • pour une fonction donnée :   Dysfonction => Objectif(s) ostéopathique(s) => Moyen(s) ostéopathique(s)

      Le symbole => établit ici un rapport plausible, fréquent au vu de l'expérience mais non systématique, non obligatoire. 
« Anomalie structurelle », « Dysfonction », « Objectif(s) ostéopathique(s) » et « Moyen(s) Ostéo » sont des variables qu'il convient de renseigner par les données cliniques et thérapeutiques pour composer les véritables chaînes.

      Ces cohérences intrinsèques participent spontanément au raisonnement premier du professionnel qui les confronte ensuite les unes aux autres, puis aux contexte et projet du patient, pour décider de son intervention. Le système des chaînes logiques modélise donc des rapports - de base car il ne faut pas réduire la démarche thérapeutique à des automatismes - mobilisant les notions ostéopathiques utiles à l'étude thérapeutique en fonction des besoins spécifiques du patient.
      Le système des chaînes logiques s'apparente à une carte routière qui présente les chemins existants mais n'impose ni l'endroit où aller ni l'itinéraire à suivre.

  • Objectifs et intérêts des chaînes logiques

      Le concept des chaînes logiques s'écarte des modèles professionnels habituels pour explorer une nouvelle façon de penser et représenter les savoirs. Les connaissances, les technologies et les valeurs professionnelles restent les mêmes mais sont appréhendées, mobilisées différemment, selon des rapports de cohérence fondamentale. Il s'agit là d'un véritable effort de redécouverte et de clarification des notions ostéopathiques tendant à les valoriser en les déclarant de façon ordonnée et cohérente.  
      L'intérêt d'inventorier, de circonscrire et de structurer ces notions est de les élever en références rationnelles et évolutives permettant :

  • d'enrichir le champ d'action ostéopathique d'un champ de réflexion typique;
  • de valoriser l'ensemble des pratiques :
    • en disposant d'une terminologie collective et reconnue,
    • en offrant au praticien des « portes d'entrée » rationnelles assistant une réflexion secondaire plus approfondie et surtout plus personnalisée au contexte immédiat du patient ;
  • d'évaluer l'ensemble des activités thérapeutiques (et pas seulement les gestes visibles) à partir d'un index de logiques de base ;
  • de faciliter la formation en révélant à l'étudiant le volume et la nature des procédures mentales de base mises en oeuvre à l'occasion d'un traitement ;
  • d'informer [le corps médical] des anomalies. structurelles et dysfonctions traitables, des objectifs préventifs et thérapeutiques susceptibles d'être décidés et des technologies applicables ;
  • de réfléchir l'évolution cognitive (modèles conceptuels) de la profession.

      Toute liberté reposant sur une capacité de choix, c'est libérer le praticien que de lui permettre d'accéder, en la déclarant clairement, à toute la richesse clinique, intellectuelle et technologique dont il peut disposer. Et on ne peut penser qu'il soit futile, inutile ou restrictif d'informer les étudiants et le corps médical dans son ensemble des anomalies structurelles et dysfonctions que traite l’ostéopathie, des objectifs préventifs et thérapeutiques que les ostéopathes décident et des technologies qui leurs sont propres. On s'aperçoit qu'un tel outil relève davantage de l'autonomisation que d'une régulation des usages.  
      L'intérêt d'une telle considération réside aussi en sa capacité à susciter une réflexion destinée à améliorer les concepts présentés ou proposer d'autres options plus élaborées.  
      Pour arriver à cet objectif, il est nécessaire de créer une méthode originale associant un grand nombre de professionnels. Celle-ci permet de construire, critiquer et faire évoluer le concept initial par l’expérimentation, puis de l’explorer avec la plus grande pertinence vis-à-vis de son utilisation probable ».

Le système des chaînes logiques

[... Issu d’un compromis], le système des chaînes logiques se compose de plusieurs modules :
  • 1. - La table de référence des structures

décrit les parties anatomiques macroscopiques du corps humain intéressant l’ostéopathie. L’unité de mesure est l’organe et la terminologie employée est conforme aux normes internationales d’anatomie.[5]

  • 2. - La table de référence des fonctions

décrit les capacités ordinaires d’un être humain intéressant l’ostéopathie. L’unité de mesure est la personne.

N. B. : ces deux tables sont perfectibles et ne doivent être considérées que comme des relevés de données intéressant l’ostéopathie.

  • 3. - Le catalogue des chaînes logiques relatives aux structures  
  • 4. - Le catalogue des chaînes logiques relatives aux fonctions

Schématisation du système des chaînes logiques d'après Michel Gedda

Ces deux catalogues (structures et fonctions) se présentent de façon analogue puisque toute chaîne logique est organisée sur trois niveaux :

Anomalie observée => Objectif(s) sanitaire(s) => Moyen(s) thérapeutique(s)

  • Anomalies structurelle ou fonctionnelle
    • Le choix lexical des anomalies doit être précis et exact pour éviter les abus de langage coutumier ; par exemple ne pas confondre anomalies et pathologies.
    • L’approche de la structure évoque le physique (l’organisme)
    • Au sujet des dysfonctions, doit être pris en compte le fait qu’aucune anomalie structurelle n’est en cause dans la dysfonction : l’anomalie ne relève que d’une dysfonction.
    • L’approche de la fonction se fait au niveau de l’individu.
  • Objectifs
    • Les objectifs thérapeutiques concernent la dimension curative et préventive de la prise en charge ostéopathique du patient. Ils doivent être concrets, précis et évaluables.
    • Ils s’inscrivent dans le domaine du possible (recensement) et non du protocole (directive). Leur équilibre relève de l’épistémologie et non de la chronologie. Ainsi les objectifs cités ne sont pas à appliquer systématiquement et s’entendent « si nécessaire ».
  • Moyens
    • Les moyens exposés font partie de l’arsenal thérapeutique dont dispose l’ostéopathie pour traiter et prévenir. Ils correspondent aux objectifs à atteindre dans le cadre de l’anomalie à traiter.
    • Ils désignent des technologies ou des méthodes proposant des pratiques et des progressions spécifiques. Ils sont formulés de façon la plus fine et la plus évocatrice possible.
    • Leur légitimité repose non pas sur la preuve scientifique qui le plus souvent n’est pas établie, mais sur l’état de l’art, sorte de consensus implicite dont les limites sont parfois difficile à établir.
    • Certaines pratiques font référence à des méthodes thérapeutiques plus générales ; ces référentiels spécifiques sont signalés par le nom de leur auteur ou de la méthode.
    • Ils s’inscrivent dans le domaine du possible (recensement) et non du protocole (directive). Ainsi ils ne sont pas tous à appliquer systématiquement et s’entendent « si nécessaire ».
  • 5. - Le glossaire

Présente les définitions et précise la terminologie spécifique. L’avantage du glossaire est d’expliciter les moyens thérapeutiques qui s’appuient sur des concepts spécifiques peu développés et d’indiquer de quel référentiel elles s’inspirent.

  • 6. - La bibliographie

C’est l’ensemble des ouvrages, revues et périodiques qui a servi à l’élaboration des chaînes logiques. Ces références justifient le contenu des chaînes mais peuvent également servir de guide pour approfondir certaines technologies citées.

 

Mode d’emploi

Le système des chaînes logiques peut être utilisé de deux façons :

  • En consultant les chaînes
  • En consultant les catalogues.

Logigramme de consultation des chaînes logiques d'après Michel GEDDA

  • Consultation des chaînes
  1. L’anomalie recherchée concerne-t-elle une structure ou une fonction ?
  2. Quelle est la structure ou la fonction concernée ?
  3. Quelle est l’anomalie concernée dans la structure ou la fonction identifiée ?
  • Prospection des catalogues

La table des catalogues peut être explorée transversalement :

  • La table des structures humaines intéressant l’ostéopathie
  • La table des fonctions humaines intéressant l’ostéopathie
  • L’index des anomalies de structures intéressant l’ostéopathie
  • L’index des dysfonctions humaines intéressant l’ostéopathie
  • L’index des objectifs thérapeutiques de base intéressant l’ostéopathie
  • L’index des moyens thérapeutiques relevant de l’ostéopathie  
  • Limites et précautions d’utilisation  
  • Le système des chaînes logiques est une « modélisation théorique ». Il doit être considéré comme un inventaire, une somme de savoirs dont le contenu, le détail et le savoir-faire sont contenus ailleurs : au sein de formation et d’ouvrages spécialisés.
  • Le système des chaînes logiques ne peut en aucun cas servir à l’établissement d’un diagnostic, de recettes à appliquer ou de mode d’emploi
  • Les chaînes logiques n’abordent pas la pathologie ou la maladie en général et ne considèrent ni la physiopathologie, ni la symptomatologie ni les troubles associés.
  • Les chaînes logiques se situent au niveau de la structure et de la fonction mais pas de la situation : ne sont pas abordées les conditions contextuelles (hospitalisation, coma, maladie chronique..).
  • Les chaînes logiques ne s’intéressent pas directement aux phases ou aux protocoles thérapeutiques : elles évoquent des logiques décontextualisées : on ne parle pas de ménisectomie, impliquant des circonstances opératoires, mais d’absence méniscale qui est une anomalie exempte de toute causalité.
  • Les chaînes logiques ne sont pas des normes de qualité pas plus que des références de procédure obligatoire – et ne peuvent le devenir.

Il convient de préciser que ces chaînes restent factuelles, comme tout ce qui touche à la médecine. Cela justifie toute l’humilité qui doit être la nôtre, aussi bien pour affirmer nos compétences que lorsque nous soignons des patients, car il s’agit de la même honnêteté.  
Comme toute modélisation, la conception des chaînes logiques reste imparfaite tant sur son contenu que sur son organisation, et reste donc ouverte à toute évolution ».[6]

  • Perspectives d’évolution
    • Amélioration du concept et de son contenu
    • Identification des corrélations potentielles entre chaînes logiques
    • Planification de recherches cliniques et technologiques
    • Agencement d’une dimension bio-dynamique
    • Création d’un champ de critères clinique
    • Création d’un champ de mode d’action
    • Création d’un champ de contre-indications
    • Création d’un champ d’indicateurs d’évolution

Catalogue des fonctions et des structures [7]

Catalogue des fonctions et des structures d'après Michel GEDDA

STRUCTURES [8]

FONCTIONS [9]

  • APPAREIL LOCOMOTEUR

    • os

    • articulation

      • capsule

      • ligament

      • cartilage

      • membrane synoviale

      • labrum (bourrelet)

      • ménisque

      • disque intervertébral

    • muscle strié

      • fibre contractile

      • jonction myo-tendineuse

      • tendon

      • insertion tendineuse

      • aponévrose, fascia

      • bourse séreuse

  • APPAREIL NERVEUX

    • gaine de myéline

    • système nerveux central

      • liquide cérébro-spinal

      • méninge

      • encéphale

      • cortex cérébral

      • cervelet

      • tronc cérébral

      • noyaux gris de la base

      • (noyaux gris centraux)

      • thalamus`

      • locus niger

      • moelle épinière

    • système nerveux périphérique

      • nerf

      • plaque motrice`

      • récepteur sensitif

      • système nerveux végétatif`

  • APPAREIL LABYRINTHIQUE

    • vestibule

    • canal semi-circulaire

    • trompe d'Eustache

  • APPAREIL CIRCULATOIRE

    • cœur

    • artère

    • veine

    • ganglion lymphatique`

    • vaisseau lymphatique

  • APPAREIL RESPIRATOIRE

    • conduits aérifères

      • fosse nasale, sinus

      • pharynx

      • trachée

      • bronche

      • bronchiole

      • alvéole

    • structures pulmonaires

      • parenchyme pulmonaire

      • glandes mucosécrétantes

    • structures connexes

      • plèvre

      • cage thoracique

      • diaphragme

  • APPAREIL PHONATOIRE

    • lèvre

    • langue

    • glotte

    • larynx

    • pli vocal (corde vocale)

  • APPAREIL DIGESTIF

    • appareil masticateur

      • mandibule, dent

      • muscle de la déglutition`

    • tube digestif

      • cavité buccale`

      • pharynx

      • oesophage

      • estomac

      • intestin grêle`

      • colon

    • glandes annexes

      • foie

      • pancréas

  • APPAREIL EXCRÉTOIRE

    • appareil urinaire

      • rein

      • uretère

      • vessie

      • urètre

      • sphincter strié urétral

    • appareil fécal

      • rectum

      • sphincter anal

    • muscles du plancher pelvien

  • APPAREIL GÉNITAL

    • appareil féminin

      • utérus

      • vagin

      • vulve

    • appareil masculin

      • corps caverneux et spongieux

      • muscle érecteur

  • APPAREIL CUTANÉ

    • strate cutanée

      • épiderme

      • derme

      • hypoderme

    • phanères

    • glandes sudoripares

  • FONCTION DE LOCOMOTION

    • se transférer

      • se mettre debout

      • s'asseoir

      • se coucher

      • se retourner

      • s'accroupir

      • s'agenouiller

    • marcher

      • marcher en terrain plat

      • marche sur pointe des pieds, sur talons

      • marche arrière

      • marche latérale

      • marcher en terrain inégal

      • marcher en pente

      • monter/descendre les escaliers

    • courir

    • sauter

  • FONCTION POSTURALE

    • se tenir (statique, sens postural).

      • maintien axial

      • maintien segmentaire

    • s'équilibrer

      • équilibre assis

      • équilibre bipodal

      • équilibre unipodal

  • FONCTION GESTUELLE

    • fonctions globales

      • pousse tirer

      • porter

      • lancer

      • s'exprimer par gestes

    • fonctions manuelles

      • saisir, prendre

      • fâcher

      • maintenir

      • manipuler

      • frotter

      • percuter

      • palper

  • FONCTION DE PERCEPTION

    • percevoir le milieu extérieur

      • voir

      • percevoir la température

      • percevoir par le toucher

    • percevoir son corps

      • percevoir la position segmentaire

      • percevoir le mouvement corporel.

      • percevoir les besoins internes

      • percevoir la douleur

  • FONCTION RESPIRATOIRE

    • respirer

      • inspirer

      • expirer

      • contrôler l'alternance respiratoire

    • se désencombrer

      • localiser-mobiliser les sécrétions

      • tousser

      • expectorer

  • FONCTIONS D'EXPRESSION VERBALE

    • articuler

    • émettre un son

  • FONCTION DE NUTRITION

    • boire

    • mastiquer

    • déglutir

    • digérer

  • FONCTION D'ÉVACUATION

    • se retenir

    • uriner

    • déféquer

  • FONCTION DE REPRODUCTION

    • être en érection

    • éjaculer

    • avoir un orgasme

  • FONCTION D'ADAPTATION À L'EFFORT

    • résister

    • endurer

  • FONCTIONS SUPÉRIEURES

    • maintenir son attention

    • mémoriser

    • s'orienter dans le temps

    • s'orienter dans l'espace

    • représenter une image de soi

    • élaborer un schéma moteur 

  • FONCTIONS DE RÉGULATION THERMIQUE ET HYDRIQUE

  • FONCTIONS DE BIEN-ÊTRE

    • ne pas éprouver de douleur

    • être détendu

    • s'ouvrir au monde

 

 

 

 

 

 

 


[1] GEDDA Michel , Décision kinésithérapique, Édition MASSON, Paris 2001, Préface du Pr. MATILLON, p. V.
[2]
GEDDA Michel , Décision kinésithérapique, Édition MASSON, Paris 2001
[3]
La performance est en jeu chez le praticien quand ce dernier répond à une sollicitation venant du patient et qui n’appartient pas à son domaine de compétence. Ainsi en est-il quand le patient demande l’avis de son ostéopathe sur le traitement médical de son médecin traitant en lui proposant « dois-je continuer le traitement anti-inflammatoire de mon médecin, qu’en pensez-vous docteur ? ». 
[4]
L’ensemble Les chaînes logiques est extrait du livre « Décision kinésithérapique » de Michel Gedda, éditions Masson, Paris 2001, p. 41 sq.
[5]
Nouvelle nomenclature française du Collège médical français des professeurs d’anatomie (janvier 1976).
[6]
GEDDA Michel, op. cit. p. 59.
[7]
Ce schéma est tiré de « Décision kinésithérapique » op. cit. p. 64-65.
[8]
Idem p. 67.
[9]
Idem p. 201

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