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Les champs de réflexion, d'investigations et d'actions de
l'ostéopathie, de la médecine et de la masso-kinésithérapie sont différents.
La première porte sur le trouble fonctionnel et son traitement. La deuxième
investit la pathologie et son traitement. La troisième explore les
conséquences de la pathologie sur le mouvement humain afin de le
restructurer.
Un diagnostic, pour
être propre à une profession, doit relever de son objet et de ses
compétences spécifiques. Il faut accorder à ce mot ambigu et jusqu'à peu de
temps encore, réservé, ce qui est spécifique à chaque profession à travers
son exercice, ses valeurs et la pensée d'action qui la sous-tendent.
Pour apporter des
soins à un patient, il n'est pas besoin de poser au préalable un diagnostic.
Seul un thérapeute, qui entreprend une action réfléchie et non un simple
soin, peut et doit poser un diagnostic.
L’acte de poser un
diagnostic différencie, entre autres, le thérapeute du soignant.
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Le
diagnostic ostéopathique
Pour effectuer leur diagnostic, les ostéopathes utilisent une logique
qui trouve sa justification dans le concept ostéopathique.
La tripartition qui le
caractérise ne consiste pas en trois sous-parties distinctes qui se
juxtaposent pour former un tout, ni en trois étapes qui s'enchaîneraient
selon une logique propre. Elle représente trois démarches qu'il faut mener
de front tout au long du diagnostic.
La présentation qui
suit n'est donc pas la chronologie des séquences du diagnostic ostéopathique
mais la présentation des démarches à mettre en oeuvre pour aboutir à la
compréhension du trouble fonctionnel et ainsi déterminer le traitement
approprié au patient.
(Michel Thomas le
nomme diagnostic spécifique ostéopathique mais est-ce bien judicieux ? Une
sous-partie d'un ensemble peut-elle porter le même
nom que l'ensemble dont elle fait partie ? À voir.)
La notion de diagnostic est
sous-tendue en ostéopathie par une première démarche sensorielle : la
perception palpatoire.
Le diagnostic
palpatoire est axé sur le concept ostéopathique, c'est-à-dire
étymologiquement et sémantiquement sur l'analyse sensorielle du mouvement
dès organes et des tissus du patient. L'origine du mot ostéopathie est
grecque : osteon signifie le noyau du fruit, puis par extension
l'os, donc la partie palpable du corps du patient et pathos, la
relation, la sensation.
Le diagnostic
palpatoire traduit la perception qu'a le praticien du manque de mouvement
d'une structure du l'organisme. Il détermine, dans la mesure du possible,
les tissus responsables et l'orientation spatiale de cette restriction de
mobilité.
Il est sans parallèle avec
le diagnostic positif que va établir un médecin qui examine un patient. En
effet, le diagnostic positif est la synthèse sur un mode physiologique de
l'ensemble des signes présentés par le patient. Or, ces signes ne sont le
plus souvent que le reflet de la réaction de l'organisme au problème de
santé et ils évoquent rarement l'origine anatomique du dérèglement.
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Le
diagnostic étiopathique
C'est un raisonnement de type « cause à effet ». Il correspond à la
démarche qui conduit des données obtenues par l'anamnèse et par le
diagnostic palpatoire vers le mécanisme qui a pu produire les signes
présentés par le patient.
Lors de l'anamnèse,
l'ostéopathe s'intéressera moins aux modalités des symptômes qu'aux
événements contemporains ou antérieurs à son apparition. Il sera par
contre très attentif à tout ce qui aurait pu arriver sur les structures
anatomiques impliquées dans la genèse du problème.
Secondairement, par
le même mécanisme, on peut remonter à la cause principale de tous les
signes ou de tous les troubles fonctionnels. Cette seconde démarche est
qualifiée d'étiopathique, car elle recherche la cause par la sensation.
Elle analyse pour cela les différentes relations de la structure
incriminée avec son entourage : système de soutien (ou lien mécanique),
innervation (ou lien neurologique) et vascularisation (lien vasculaire).
Le diagnostic
étiopathique fait le lien entre l'anatomie (structure en restriction de
mobilité), la physiologie (la fonction perturbée), et l'expression du
trouble fonctionnel.
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Le
diagnostic d'exclusion
Au décours de son examen et de son traitement, l'ostéopathe peut
mettre en évidence des affections qui débordent de sa pratique. Pour cela,
il emprunte un certain nombre de procédures de l'examen clinique codifié
classique (anamnèse, inspection, percussion, palpation, auscultation,
généralement pratiquées dans cet ordre). Par contre, il ne procède pas à
une réflexion nosologique. Il n'est pas compétent pour déterminer l'entité
morbide médicale. Sa démarche consiste à rechercher et/ou mettre en
évidence les signes cliniques d'alerte.
Il s'agit des
manifestations qui ne sont pas justiciables d'un traitement ostéopathique
utilisé seul :
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Les affections nécessitant un
traitement médical ou chirurgical d'urgence. Ces affections, dans
lesquelles le pronostic vital ou le pronostic fonctionnel sont engagés,
sont du domaine avant toute chose de la réanimation, de la médecine
d'urgence, de la chirurgie ou de l'obstétrique. Cela ne veut pas dire
que dans ces affections, l'ostéopathie n'a aucune action, aucune place
ou est inefficace. Cela veut dire que l'ostéopathie ne peut être
entreprise seule, sans traitement médical, chirurgical, obstétrique ou
de réanimation préalable ou contemporain.
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Les affections qui ne répondent pas
à un traitement ostéopathique seul.
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Les affections où les autres
thérapies sont reconnues beaucoup plus efficaces que l'ostéopathie.
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Les affections dans lesquelles
l'ostéopathie n'a pas d'action manifeste.
Les diagnostics d'exclusion recouvrent donc les affections dans
lesquelles l'ostéopathie ne doit pas être une thérapie alternative mais
une thérapie complémentaire.
En conclusion,
l'ostéopathe oriente sa recherche diagnostique vers les structures
anatomiques dont la restriction de mobilité est à l'origine du trouble
fonctionnel, et sur les compensations que l'organisme suscite.
L'identification de la cause définit le travail thérapeutique. Il est
nécessaire d'avoir le diagnostic pour pouvoir commencer le traitement. La
démarche diagnostique est donc forcément obligatoire et préalable à la
démarche thérapeutique.
Pour poser leur diagnostic, les médecins
utilisent une certaine forme de raisonnement qui, depuis Aristote, est
appelé « raisonnement logique ». Il peut se résumer à l'équation suivante :
thèse + antithèse = synthèse.
En médecine classique,
cette tripartition s'appuie sur les trois points
:
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diagnostic positif (thèse) ;
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diagnostic différentiel (antithèse) ;
-
diagnostic
étiologique (synthèse).
Le diagnostic médical est sous-tendu par une
réflexion dans un cadre nosologique.
Il repose sur l'ensemble des éléments
objectifs qui permettent d'identifier une entité morbide. Il est évoqué à
partir d'informations sur le patient, au moyen d'un interrogatoire, d'un
examen clinique codifié classique et d'examens para-cliniques. Le plus
souvent plusieurs entités sont évoquées, avec un ordre de probabilité. Le
diagnostic positif recouvre l'entité morbide de probabilité maximum. Un
tel diagnostic, basé sur les symptômes présentés par le patient est un
diagnostic pathologique.
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Le
diagnostic différentiel
Il procède en deux étapes :
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Mise en oeuvre des connaissances
acquises par le diagnostic positif. Une classification des données de
l'examen est faite pour affiner le diagnostic positif. Cette phase est
un passage au crible, une classification objective des divers possibles.
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Mise en oeuvre d'un processus qui va
conduire à privilégier ou à rejeter chaque hypothèse possible. Elle peut
nécessiter la prescription d'examens ou investigations complémentaires
qui vont permettre d'arriver à une affirmation relative d'une de ces
hypothèses sur les autres.
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Le
diagnostic étiologique
C'est une démarche de médecine préventive ou de santé
publique qui vise à rechercher une cause matérielle objective à
l'affection dont souffre le patient, pour prévenir la récidive ou la
diffusion à d'autres personnes. Cette troisième réflexion se développe à
distance des deux phases précédentes, car elle nécessite l'obtention des
résultats des examens ou des investigations complémentaires. L'étiologie
n'est pas toujours formellement déterminée et la pathologie est alors
classée comme « idiopathique ».
Le médecin oriente donc sa recherche
diagnostique vers les mécanismes physiologiques de décompensation de
l'organisme. Son diagnostic va du positif au différentiel et vers
l'étiologie. Il recherche l'entité morbide médicale.
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Le
diagnostic kinésithérapique
Le décret n° 98-879 du 8
octobre 1996, relatif aux actes professionnels et à l'exercice de la
profession de masseur kinésithérapeute, consacre le diagnostic
kinésithérapique. [1]
L'Association française pour la recherche
et l'évaluation en kinésithérapie (AFREK) le définit comme un processus
d'analyse des déficiences et des incapacités observées et/ou mesurées.
C'est un pronostic fonctionnel dont les déductions permettent
:
Le diagnostic kinésithérapique s'appuie sur la tripartition des
bilans, structurel, fonctionnel et situationnel, pour ordonner la démarche
thérapeutique.
Le bilan structurel
se fait sur l'analyse des données fournies par le diagnostic médical. Il
détermine si la pathologie dont le patient est atteint est en phase
subaiguë, aiguë, stabilisée séquellaire, chronique,
évolutive...
Le bilan fonctionnel
utilise un ensemble de tests qui permettent de déterminer l'incidence de
la pathologie sur l'appareil locomoteur, à travers ses diverses fonctions
le mouvement, l'équilibre, la coordination, la stabilité...
Le bilan
situationnel requiert de demander l'avis du patient car ses attentes et sa
participation au programme thérapeutique priment les autres
considérations. Il intègre les caractéristiques psychologiques, sociales,
économiques et culturelles de la personnalité. Le mouvement est alors
considéré comme un processus cognitif de perception de soi et du monde
extérieur.
Le diagnostic
kinésithérapique est une résolution de problèmes en évolution constante.
Il ne cesse de se modifier en fonction des progrès accomplis. Il
représente une procédure évolutive qui permet de former un régime de
traitement et de pronostic de récupération.
Il n'est donc pas le
point de départ de la décision thérapeutique mais le modulateur de
l'action thérapeutique. Cette modulation prend en compte :
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- La pathologie initiale déterminée
par le diagnostic médical.
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- Les objectifs réalisables par la
masso-kinésithérapie, dans le cadre d'une telle pathologie.
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- L'investissement et l'adhésion du
patient aux options proposées.
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