Une nouvelle discipline :
l’Ostéopathie ?
Construire une identité
ostéopathique professionnelle
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Sommaire
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Toute science, médicale ou non, constitue un ensemble qui
s’élabore dans le temps et l’espace à l’aide de concepts et de savoirs
(conceptualisation), qui se transmettent au moyen de savoir-faire et qui
s’appliquent par une pratique et un ensemble de techniques (paradigme).
Il ne s’agit pas ici, de donner une définition de
l’Ostéopathie (une de plus…) ce qui n’aurait aucun sens. Laissons ce
soin à des groupements ostéopathiques compétents, et notamment, en
France, à l’Académie d’Ostéopathie.
Notre propos est de réfléchir aux conditions d’une
telle définition, c'est-à-dire d’envisager le cadre dans lequel
l’Ostéopathie peut et doit rentrer pour être reconnue comme une
discipline, un savoir, « un domaine identifié de construction de savoirs
académiques ».
Ce cadre est indispensable ; il est même la condition sine qua non
(nécessaire et suffisante, comme disent les mathématiciens) sans
laquelle l’Ostéopathie restera « un ensemble de pratiques manuelles
ayant pour but d’identifier les dysfonctionnements de mobilité du corps
et d’y remédier par des techniques appropriées ».
Pour éclairer le débat, nous devons préciser ce
que nous entendons par « une discipline », c'est-à-dire ses conditions
d’émergence et de constitution, ne serait-ce que pour s’assurer que
l’Ostéopathie remplit bien ces conditions et peut être admise au rang de
discipline. Cet obstacle franchi, nous envisagerons :
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les modalités indispensables pour définir « ce qu’est
l’Ostéopathie », soit la méthode de recherche et de raisonnement qui
peut permettre d’en donner une définition ;
-
le comment de la constitution d’une discipline ;
-
l’identification des pratiques, des compétences
professionnelles et leur validation.
L’Ostéopathie s’inscrit-elle dans la science
médicale ou constitue-t-elle une connaissance à part entière. Tel est
l’enjeu du débat. |
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Qu’est-ce
une discipline ?
Les caractères d’une discipline, ses conditions
d'émergence et de constitution
« Les divisions disciplinaires se sont effectuées
autour de quelques questions clefs. Lorsque ces questions essentielles
forment avec les questions secondaires qu'elles ont suscitées, un
ensemble cohérent scientifiquement - et socialement utile - elles se
séparent du domaine plus général d'où elles sont issues et forment une
discipline. Il faut donc identifier le tronc originel et ensuite les
objets, les méthodes, les points de vue qui devenant spécifiques se
transforment en discipline indépendante. Il est à noter un fait très
important, c'est que ce processus de disciplinarisation se
calque toujours sur la transformation du monde lui-même ».
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Construction
d’une discipline : épistémologie et recherche
« Une discipline se construit bien évidemment grâce à
son épistémologie qui est indispensable pour ce qui concerne la
structure, l'origine, les méthodes de production du savoir, les
principales théories, les rectifications successives dans l'Histoire.
Une discipline est fondée, validée par des travaux de recherche avec
le débat classique entre les disciplines qui cherchent à dégager des
lois ou des relations quantitatives avec des méthodes soit d'expérimentation
stricte, soit d'expérimentation au sens large d'observation
systématique. C'est la conception dite positiviste des disciplines, et
les disciplines qui attachent plus d'importance aux acteurs, j’y
reviens, avec leur subjectivité, leurs motivations, leurs intentions,
tout ce qui a trait à ce que l'on appelle l'interactionnisme
symbolique, la singularité, et qui prennent en compte la complexité
des situations, leurs contradictions et la dynamique des processus.
C'est la conception dite plus phénoménologique des disciplines. ».
-
Les
étapes de la création
Selon Christian Roux, plusieurs étapes sont nécessaires
à la création d’une discipline car « ce n'est pas tellement
l'accumulation de savoirs et de savoir-faire qui caractérisent une
discipline, mais c'est le sens des problèmes que la discipline pose ».
Et de ce point de vue, « ce qui fonde vraiment une discipline, ce sont
les concepts propres qu'elle a su générer, créer, grâce à la
recherche ».
-
1ère
étape : la conceptualisation.
Le concept « doit avant toute chose, créer du sens et
obéit à un double mouvement : d'une part, il représente une activité
pratique, sensible quasiment tactile, le contact avec le monde sous la
forme des êtres singuliers, et de proche en proche, il s'élève en
écartant les aspects particuliers, contingents, de ce contenu pour
atteindre par abstraction, l'universel. La formation d'un concept
signifie que l'on a pénétré au-delà de l'immédiat sensible, de
l'apparence du phénomène, dans un degré supérieur d'objectivité. La
logique du concept est une logique de l'essence, de la qualité
essentielle ; il débouche sur une conception de l'homme et de la
société ».
-
2ème
étape : les familles
« Ces concepts, novateurs, créent ensuite des "familles" -
dans tous les sens du terme - qui
composent des matrices disciplinaires ».
-
3ème
étape : le paradigme
« Une fois les concepts propres à la discipline validés
par la
multiplication des recherches, c'est la
constitution de paradigmes (c'est-à-dire un ensemble de
pratiques, de méthodes et de techniques, communément acceptées et
faisant jurisprudence) qui fortifient et pérennisent une discipline ».
-
4ème
étape : didactisation des savoirs
« Ultime étape de la constitution d'une discipline,
c'est ce que l'on appelle la
didactisation des savoirs, mouvement inauguré par Comenius
au XVII& siècle et amplifié par les encyclopédistes
: il s'agit d'extraire les savoirs multiples et désordonnés des
situations sociales où ils ont été produits pour les présenter de
manière systématique et par ordre de complexité croissante ».
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Trouver une
méthode de recherche permettant de définir le « pourquoi » de
l’Ostéopathie.
Pour pouvoir définir l’Ostéopathie il est nécessaire,
comme le remarque pertinemment Michel Roques, d’avoir « une méthode de
recherche et de raisonnement rationnelle et validée ».
Dès l’abord, il faut prendre conscience que donner une
définition de l’Ostéopathie, c’est poser la question de « qu’est-ce
l’ostéopathie », en aucun cas parler du « comment de
l’Ostéopathie » c'est-à-dire du faire de l’Ostéopathie.
Définir l’Ostéopathie à l’aide d’une théorie générale,
c’est l’élever au rang d’un savoir et non d’une praxis, d’une
pratique aussi noble soit-elle et la sortir de la pensée
réductionniste qui l’envisage comme un ensemble de techniques
disponibles pour diverses professions (médecins, kinésithérapeutes,
vétérinaires, etc.). C’est échapper au danger relevé par Michel Roques
de restreindre le savoir ostéopathique à un savoir-faire et à un
simple ensemble de techniques ; cette dernière façon de considérer
l’Ostéopathie est celle de nombreux kinésithérapeutes qui considèrent
l’Ostéopathie comme « un ensemble de techniques manuelles », les
réduisant à des « techniques fonctionnelles [qui] rentrent dans la
filiation naturelle du masseur-kinésithérapeute […et à] un outil
indispensable pour les masseurs-kinésithérapeutes.
Comme le fait justement remarquer Michel Roques,
« Dire, par exemple : le champ de l'ostéopathie c'est « le
trouble fonctionnel et son
traitement » ou « l'ostéopathie
est une approche diagnostique et thérapeutique des dysfonctions de
mobilité... », c'est proposer un savoir-faire (un diagnostic, un
traitement) à propos d'une cible déterminée (pathologique par essence,
de type fonctionnel et de genre
biomécanique : la dysfonction de mobilité articulaire et
tissulaire....) ».
Définir l’Ostéopathie, c’est bien distinguer le
« quoi » du « comment » de l’Ostéopathie. Si l’Ostéopathie est bien
une praxis, elle est cela justement parce que l’Ostéopathie se définit
non pas par ses techniques mais par sa finalité première. Celle-ci ne
peut se limiter à la recherche et au traitement de la lésion
ostéopathique,
cause possible de la pathologie. D’ailleurs, il y a là un contresens
que nombreux font car selon Michel Roques, la lésion ostéopathique ne
peut être cause de la pathologie ; elle est « la
CONSÉQUENCE, le phénomène second d'un fait antérieur qui, par
essence, est pathogène, à savoir :
l'INADÉQUATION entre un processus contraignant et la réactivité
physiologique du moment, pour un individu donné ».
La question de fond reste de donner ce qui caractérise
l’Ostéopathie parmi toutes les professions de santé, qu’elles sont les
conditions d’émergence et de constitution de cette science car, comme
le remarque C. Roux « Toute discipline naît de la question "pourquoi"
et toute formation scientifique consiste avant tout à développer
l'aptitude à poser de bonnes questions, celles qui visent les vrais
problèmes ».
-
Constituer une discipline
« Constituer une discipline spécifique c'est-à-dire un
ensemble de connaissances qui permettent de faire avancer la
compréhension de problématique, caractérisé par un objet spécifique et
une ou plusieurs méthodes déterminées et reconnues par la communauté
scientifique demande de poser les fondements épistémologiques de la
constitution des savoirs permettant de théoriser les objets d’étude.
Il s’agit donc aussi d’identifier et de délimiter les concepts
scientifiques et techniques, les méthodes qui permettent de développer
un corps de savoirs spécifiques ».
Pour cela il est indispensable de se donner les moyens
de construire notre discipline car « le processus qui participe du
passage d’une pratique sociale à une discipline d'enseignement et de
recherche résulte le plus souvent d'un ensemble de forces sociales,
professionnelles et politiques, mais aussi de la capacité à saisir des
moments opportuns ».
Il s’agit alors de relever les traces de ce mouvement : depuis quand
l’ostéopathie :
-
est pratiquée, légiférée, enseignée ;
-
a créé ses écoles et son corps d’enseignants ;
-
est devenue autonome dans la formation, dans la
certification des ostéopathes ;
-
développe des savoirs spécifiques et communique
l’état d’avancement de ses travaux à la communauté scientifique et
professionnelle ;
-
a créée une revue scientifique spécifique et de
niveau universitaire ;
-
a constitué un corps de chercheurs et d’experts et
donc une véritable communauté scientifique pour laquelle d’une part
les professionnels ressentent un sentiment d’appartenance, se
reconnaisse dans cette communauté, et d’autre part qui soit reconnue
par les autres communautés scientifiques.
Il s’agit donc de pouvoir reconnaître des équipes de recherches qui
travaillent au développement des connaissances, des savoirs
académiques spécifiques au corps professionnel, et donc à produire
du sens en ce qui concerne des problématiques identifiées dans le
champ d’exercice.
-
Les
pratiques professionnelles
-
Un
constat : une méthodologie multiple, variée et non standardisée
Les pratiques professionnelles ostéopathiques sont
très diverses, variées, complexes. Il n’existe aucune unité dans la
façon de faire des professionnels. Chacun semble avoir sa
méthodologie propre. Il n’existe pas de modèle unique et l’abord du
patient n’est pas standardisé.
-
Identification
des pratiques
Comment identifier les diverses pratiques
professionnelles ? d’autant qu’à limiter les pratiques on risque de
les réduire et de les mutiler par simplification.
Il est donc nécessaire de décrire les activités
professionnelles : formaliser les pratiques peut et doit permettre
la création de référentiels ostéopathiques ; car il ne peut être
question de réduire nos pratiques à un ensemble de techniques.
-
Identification
des compétences
Selon le professeur Matillon, la compétence est
définie comme « la mise en œuvre d’une combinaison de savoirs –
connaissances, savoir-faire, comportement, expérience – en
situation » dont les éléments sont « le diplôme initial, la
formation continue, l’activité professionnelle et un mécanisme de
mise en œuvre régulier de revue par les pairs ».
Il est donc indispensable d’identifier l’ensemble des compétences
nécessaires à la mise en œuvre de l’activité ostéopathique
quotidienne. Il s’agira de :
-
Vérifier le bien fondé de l’action
-
Décider des objectifs
-
Informer les patients
-
Choisir et adapter les techniques et la gestualité
-
Établir la relation si particulière entre le
patient et l’ostéopathe
-
Définir les compétences complémentaires
(naturopathie, homéopathie, acupuncture, kinésiologie,
posturologie, etc.).
-
Validation
des compétences
Il est indispensable de valider les compétences et
cette validation doit également être faire par les professionnels
(validation par les pairs), c’est une question de responsabilité vis
à vis des patients. Il s’agira d’élaborer des outils méthodologiques
capables de structurer les connaissances dans le champ professionnel.
-
Validation
des techniques
Avec la réforme de l’Assurance maladie et la
direction prise actuellement vers une médecine fondée sur les
niveaux de preuve, c’est une nécessité et une obligation de valider
nos techniques. Il devient urgent de concevoir une méthodologie
d’évaluation et de recherches portant sur les techniques
ostéopathiques.
-
Conceptualisation
des pratiques et des techniques
Il s’agit de faire appel à tous les ostéopathes qui
ont un diplôme universitaire de façon à créer
-
un corps d’ostéopathes experts (niveau
universitaire)
-
un corps professoral de niveau universitaire
-
un corps de chercheurs (doctorat) et des
laboratoires de recherche
-
un corps de professionnels-cadres
Rappelons que c’est la Haute Autorité en Santé
qui a compétence pour établir les recommandations de bonnes
pratiques concernant les ostéopathes et les chiropraticiens et les
références professionnelles susceptibles d´être rendues opposables
aux professionnels de santé. Si nous ne voulons pas voir notre
activité réduite comme peau de chagrin, à nous de prendre en mains
nos compétences et leur validation.
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Les
conditions indispensables à la reconnaissance de l’Ostéopathie comme
savoir sont urgentes à réaliser. Il s’agit de :
-
Définir les bases scientifiques et les méthodes de
validation propres à l’Ostéopathie ;
-
Elaborer les outils méthodologiques capables de
structurer les connaissances dans le champ professionnel
ostéopathique ;
-
Intégrer la formation et la formation ostéopathique
continue (FOC) dans un cycle
universitaire (Licence – Master – Doctorat) ;
-
Etablir des référentiels et valider les compétences
-
Créer colloques, congrès, assises pour échanger nos
savoirs.
-
Créer une Association de Recherche en Ostéopathie
qui permette la réflexion en termes de recherche, d’efficacité,
d’évaluation en vue de mener des études et de faire de la recherche,
de centraliser ces ensembles et de communiquer avec le monde
scientifique.
-
Trouver les financements nécessaires à la mise en place
de cet ensemble.
Ceci montre la nécessité de définir les grandes lignes d’un projet
ostéopathique à long terme ( et pas seulement et uniquement
politique pour une reconnaissance immédiate). Et de considérer si
nos savoirs, nos savoir-faire et nos paradigmes s’inscrivent dans la
science médicale ou constituent une branche de connaissance à part
entière. Cette dernière question est essentielle au débat actuel sur la
reconnaissance « politique » de notre profession et n’a toujours pas été
tranchée par les organisations ostéopathiques représentatives.
Nous faisons nôtre la conclusion de Chantal EYMARD : « Le débat
épistémologique participant de l’élaboration d’une discipline ne peut en
aucun cas être évité ou élucidé, il y va de l’avenir de la discipline
elle-même, mais aussi de la profession et de l’humanité tout entière
quant au développement des savoirs en santé et donc de la santé des
individus et des groupes.
-
Quelle place pour les savoirs
d’expérience des patients dans la constitution des savoirs
académiques, des savoirs savants que [notre] profession se propose de
développer ? Et donc
-
Quelle place pour les savoirs
d’expérience des patients dans les pratiques professionnelles ? »
Il
est temps que notre profession devienne adulte et fasse son unité afin
de se donner les moyens de construire notre discipline, l’Ostéopathie.
Jean-Louis BOUTIN |
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EYMARD Chantal,
Pour quelle discipline en
masso-kinésithérapie ? Petit débat
épistémologique.
Conférence faite à Nice au 2ème Colloque de la Revue
Recherche en Kinésithérapie (ReK) à l’occasion de la sortie du
ReK n° 2, le 23 octobre 2004 et à paraître dans le n° 3.
-
GOUGEON Franck,
Evaluation des compétences professionnelles des métiers de la
santé, la démonstration du professeur Matillon.
Kiné-Actualité n° 957 du 28 octobre 2004.
-
RAMIN Maurice, VAILLANT Jacques,
Ostéopathie des différentes lésions des os coxaux et sacral :
Démarche d’évaluation d’un outil diagnostic . Revue
Recherche en Kinésithérapie (Rek) n° 2, octobre 2004
-
Revue de Médecine vertébrale et
articulations périphériques, La
Controverse de Basas, n° 13, avril 2004.
-
ROQUES Michel,
DO mROF, A propos d’une définition générale de l’Ostéopathie,
ApoStill n° 15, automne 2004.
-
ROUX Christian,
Gros plan sur les sciences et techniques de la masso-kinésithérapie.
Revue Recherche en Kinésithérapie (ReK) n° 2, octobre
2004
-
SIGNEYROLE Jean,
Démarches d’évolution des compétences en masso-kinésithérapie,
synthèse définitive des Assises, Toulouse 16-17 octobre 2004.
Kinésithérapie Actualité n° 958 du 4 novembre 2004.
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Définition élaborée en
1987 lors de la « Convention Européenne d’Ostéopathie » qui se tenait
à Bruxelles grâce au concours du Professeur Pierre Cornillot,
Président de l’Université de Paris-Nord Bobigny
Définition
" La médecine ostéopathique est une science, un art et
une philosophie des soins de santé, étayée par des connaissances
scientifiques en évolution.
Sa philosophie englobe le concept de l’unité de la
structure de l’organisme vivant et de ses fonctions. Sa spécificité
consiste à utiliser un mode thérapeutique qui vise à réharmoniser les
rapports de mobilité et de fluctuation des structures anatomiques.
Son art consiste en l’application de ses concepts à la
pratique médicale dans toutes ses branches et spécialités.
Sa science comprend notamment les connaissances
comportementales, chimiques, physiques et biologiques relatives au
rétablissement et à la préservation de la santé, ainsi qu’à la
prévention de la maladie et au soulagement du malade.
Les concepts ostéopathiques mettent en évidence les
principes suivants :
le corps, par un système d’équilibre complexe, tend à
l’auto-régulation et à l’auto-guérison face aux processus de la
maladie.
le corps humain est une entité dans laquelle la
structure et la fonction sont mutuellement et réciproquement
interdépendantes.
un traitement rationnel est fondé sur cette philosophie
et ses principes. Il favorise le concept Structure/Fonction dans son
approche diagnostique et thérapeutique par des moyens manuels."
L'ostéopathie est une science thérapeutique naturelle,
fondée sur une connaissance précise de l'anatomie et de la physiologie
du corps humain.
Elle utilise tout moyen de diagnostic dans le but de
mettre en évidence les dysfonctionnements, l'absence de mobilité des
tissus entraînant une altération de l'équilibre de santé.
Le concept ostéopathique, dans sa pratique uniquement
manuelle, sollicite au mieux les ressources inhérentes de l'individu,
considéré dans sa globalité et reconsidéré dans son environnement.
« L'ostéopathie consiste en un ensemble de pratiques
médicales permettant de diagnostiquer et traiter manuellement les
dysfonctions d'un patient par restauration des mobilités tissulaires.
"
Elle repose historiquement sur trois principes :
-
1. Unité du corps humain,
-
2. Interdépendance de la structure et de la fonction,
-
3. Autorégulation du corps humain. »
Osteopathy (osteopathic medicine): A
complete system of medical care with a philosophy that combines the
needs of the patient with current practice of medicine, surgery and
obstetrics. Emphasizes the interrelationship between structure and
function, and has an appreciation of the body's ability to heal
itself.
Traduction
: P. Javerliat, ostéopathe
DO
Ostéopathie (médecine ostéopathique) : Méthode complète
de soins médicaux dont la philosophie se conjugue avec la nécessité
pour le patient d'accéder à des soins conventionnels médicaux,
chirurgicaux ou obstétriques. Elle s'appuie sur les interrelations
entre la structure et la fonction et reconnaît les capacités du corps
à s'auto guérir.
Osteopathy is an established
,recognised system of diagnosis and treatment that lays its main
emphasis on the structural and functional integrity of the body.
It is distinctive by the fact that
it recognises s that much of the pain and disability we suffer stems
from abnormalities in the function of the body structure as well as
damage caused to it by degenerative, inflammatory or infectious
processes which are collectively called pathology (disease).
Osteopathy recognises the need for
medical investigation into symptoms when indicated and uses many of
the diagnostic procedures used in conventional medical assessment and
diagnosis.
Its main strength, however, lies in
the unique way in which the patient is assessed from a mechanical ,
functional and postural standpoint and manual methods of treatment
applied that suit the needs of the individual patient rather than
specific treatment for a specific problem.
Traduction
L'ostéopathie est une méthode fondée et reconnue de
diagnostic et de traitement, qui repose principalement sur l'intégrité
de la structure et de la fonction du corps.
Elle se distingue par le fait qu'elle reconnaît qu'une
grande partie des douleurs et des incapacités dont nous souffrons est
due à un dysfonctionnement d'une structure du corps comme à une lésion
provoquée par des processus dégénératifs, inflammatoires ou
infectieux, qui sont, dans leur ensemble appelés pathologies
(maladies).
L'ostéopathie reconnaît la nécessité d'un examen
médical des symptômes lorsque cela est indiqué et empreinte de
nombreuses procédures employées lors de l'examen et le diagnostic
médical conventionnel.
Quoi qu'il en soit, sa principale force réside dans le
fait qu'elle est la seule approche permettant l'évaluation du patient
d'un point de vue mécanique, fonctionnel et postural, qui permette
l'application d'un traitement utilisant des techniques manuelles,
approprié aux besoins individuels plutôt qu'un traitement spécifique
répondant à un problème spécifique.
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Chantal
EYMARD, Pour quelle discipline en
masso-kinésithérapie ? Petit débat
épistémologique. Conférence faite
à Nice, au 2ème Colloque de la Revue Recherche en
Kinésithérapie (ReK) à l’occasion de la sortie du ReK n° 2, le
23 octobre 2004 et à paraître dans le n° 3. Merci à l’auteur de nous
avoir communiqué le texte de sa conférence.
Définition proposée par le professeur Nicolas
au groupe de travail sur l’Ostéopathie qui s’est réuni au Ministère de
la Santé de septembre 2003 à février 2004 et qui a soulevé un tollé
parmi les organisations ostéopathiques représentatives.
Dans cette partie, nous suivons
largement l’article de Christian Roux, Gros plan sur les
sciences et techniques de la masso-kinésithérapie. Recherche
en Kinésithérapie (ReK) n° 2, octobre 2004, p. 5-7. Nous avons
rajouté titres et divisions.
C’est nous qui soulignons.
Michel Roques, DO mROF, A propos
d’une définition générale de l’Ostéopathie, ApoStill
n° 15, automne 2004, p. 39. Nous nous appuyons sur cet article dans ce
paragraphe.
Maurice Ramin, Jacques Vaillant,
Ostéopathie des différentes lésions des os coxaux et sacral : Démarche
d’évaluation d’un outil diagnostic . Recherche en
Kinésithérapie (Rek) n° 2, octobre 2004, p. 39-47.
Nous employons volontairement cette
terminologie, car, pour le moment, il n’y a pas de définition (ni de
consensus sur le mot) de ce que soigne l’Ostéopathie. Si certains
parlent de dysfonctionnement ou de dysfonction somatique,
d’autres ont parlé de lésion manipulable, de perte de mobilité,
de restriction de mobilité, etc. Certains médecins proposant même
cette définition : « un dysfonctionnement segmentaire réversible
potentiellement douloureux avec ou sans diminution de mobilité ». La
Controverse de Basas, Revue de Médecine vertébrale et
articulations périphériques, n° 13, avril 2004, p. 2.
Cf. :
http://osteos.net/actu/juin04/buljun_01.htm
Christian ROUX, o. c.
Chantal Eymard, o. c.
Idem.
Nous reprenons ici presque textuellement la
communication de Mme Chantal Eymard.
Franck GOUGEON, Evaluation des
compétences professionnelles des métiers de la santé, la démonstration
du professeur Matillon. Kiné-Actualité n° 957 du 28
octobre 2004, p. 4.
Décret en Conseil d´Etat modifiant le
code de la sécurité sociale et le code de la santé paru au Journal
Officiel du 27 octobre 2004. Art. R. 161-72 . Dans le domaine de
l'information des professionnels de santé et du public sur le bon usage
des soins et les bonnes pratiques, la Haute Autorité : […] « 5°
Etablit les recommandations de bonnes pratiques concernant les
ostéopathes et les chiropracteurs et est consultée sur les dispositions
réglementaires prises pour l'application de l'article 75 de la loi n°
2002-303 du 4 mars 2002 modifiée relative aux droits des malades et à la
qualité du système de santé ». Ce décret peut être consulté (format pdf)
sur le site de l’Assurance maladie :
www.assurancemaladie.sante.gouv.fr/pdf/decret_2004_1139.pdf
Chantal EYMARD, o. c. |
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