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Trouver la question de départ


Comment dois-on s’y prendre pour savoir ce que l'on va faire comme recherche ?
Choisir le sujet, élaborer les idées, poser la question de départ, formuler l'hypothèse, choisir le type d’étude

  • 1. - INTRODUCTION

      Le but de ce fascicule est de faciliter la préparation de votre travail de fin d’étude. Il a comme objectif de vous aider à réaliser un travail de recherche en ostéopathie qui sera valide d'un point de vue scientifique.
      La recherche va exiger de vous de l’intérêt, du savoir, de la réflexion, de la remise en question, de la rigueur et du travail. Votre aventure va être semée de multiples pièges et culs-de-sac que nous allons essayer d’éviter et de contourner. Pour nous en sortir nous avons quelques règles fondamentales à respecter qui seront exposées sous forme d’encadré.
      L’étape la plus importante dans la réalisation d’une étude clinique est la préparation du protocole. Lorsque celle-ci est réalisée correctement, votre travail devient réellement exploitable.

La règle d’or pour préparer un protocole est de tout prévoir !

  • 2. - La recherche : A quoi ça sert ? Pourquoi en fait-on ? En quoi est-ce que ça me concerne ?
  • 2.1. LA RECHERCHE

La recherche est un processus par lequel on vérifie ses connaissances intuitives et empiriques par une méthode d’investigation bien définie pour faire évoluer un corps de connaissances théoriques dont les fondements reposent sur une méthode scientifique.

  • Remarques :

    • Par empirisme on entend ce qui découle de l’observation. Il est important de bien distinguer les connaissances empiriques de celles qui trouvent leurs fondements dans une croyance.

    • On peut citer comme sources de connaissance : la tradition, l’autorité, la méthode essai et erreur, le raisonnement logique (déductive et inductive), la méthode scientifique

La recherche est en quelque sorte une méthode pour soutenir des théories.
Par ceci, elle peut être considérée comme étant une lente modélisation du savoir :

  • Permettant l’enseignement (académisme)

  • Facilitant la mémorisation

  • Laissant place à des théories plus complexes (approfondissement) et tenant compte de nouvelles connaissances (remise à jour) et de conditions d’application.

  • Adaptant les besoins de notre société (répond à une demande)

  • Se basant sur des notions clairement prédéfinies communes à l’ensemble des domaines de recherche (garantie de compatibilité avec autres connaissances)

  • Réalisant un système relatif, dynamique et évolutif

  • 2.2. ET LA SCIENCE DANS TOUT ça

La science est à la recherche ce que le langage est à la parole, ce que la loi est à la justice.

L’approche scientifique est un examen systématique, empirique, contrôlé et critiquable d’une proposition hypothétique sur l’association entre plusieurs phénomènes naturelles.

Elle est donc : Elle n’est pas :
  • Avant tout un outil de travail

  • Un mode de transmission très universel

  • Une façon fiable d’évaluer l’application d’une théorie
  • Source de vérité ultime

  • Capable de répondre à tout

  • L’unique façon d’expliquer les choses

La méthode scientifique reste de nos jours la méthode la plus rigoureuse d’acquisition des connaissances par sa capacité à s’autocorriger continuellement en remettant en question tout ce qu’elle propose !

  • 2.3. ET EN OSTéOPATHIE

    La recherche permettrait de soutenir les théories constituant le savoir ostéopathique par une méthode reconnue permettant un partage interdisciplinaire des connaissances au sein de notre société. C’est une façon d’échapper à un système isolé pour accéder à un système plus global et évolutif (sans pour autant être restrictif). Elle permet également d’évaluer la validité de nos connaissances et leur applications réelles améliorant ainsi la qualité de nos services et augmentant la crédibilité de notre profession (en anglais : evidence-based practice).

     

  • 2.4. Mon rôle en tant que futur chercheur

     

    • Comprendre le langage scientifique

    • Évaluer d’un point de vue scientifique des travaux préexistants et l’état des connaissances actuelles (références bibliographique et cadre de référence pour une étude)

    • Décrire des principes ostéopathiques en langage scientifique (recherche exploratoire et descriptive)

    • Valider des connaissances empiriques ostéopathiques non scientifiques en se basant sur des connaissances scientifiques (recherche corrélative, étude expérimentale, épidémiologique, clinique, médico-sociale, etc.)

    • Évaluer la nécessité d’approfondire des modèles ostéopathiques scientifiques

    • Participer à approfondire nos connaissances en ostéopathie

  • 2.5. Ce que ça peut m’apporter

     

    • Développement d’un sens critique objectif et constructif

    • Du plaisir, de l’intérêt et de la satisfaction

  • 3. étapes d'une recherche

Le protocole d’une étude correspond aux deux premières phases des cinq phases prévues d’une recherche. Voici donc une modélisation de ce qui vous attend  !

Comme vous le constatez, le point de départ d’une recherche est l’identification d’une problématique dans un domaine bien spécifique. Il vous faut donc identifier aux sein d’un de vos centres d’intérêt une préoccupation bien précise. Pour formuler votre question de départ correctement il faut déjà avoir une connaissance approfondie de tout ce qui est en rapport avec elle. Ceci est fondamental afin que vous puissiez déterminer la meilleur méthode à adopter pour vérifier votre hypothèse.

Pour cette raison, il est possible que vous soyez amené à changer plusieurs fois de sujet avant de trouver celui qui vous convient le mieux. Les trois chapitres suivants visent à éviter que vous vous lanciez inutilement trop loin dans une impasse.

  • 3.1. Choisir le domaine de recherche

    Il s’agit avant tout de trouver une préoccupation qui stimule votre intérêt et qui vous incite à l’investigation.

    Il vous faut identifier un domaine en ostéopathie qui vous intéresse plus particulièrement. Ceci est relativement personnel et dépend entre autre de votre aisance, de vos compétences, de votre entente avec un professeur ou de vos investigations personnelles dans un domaine. En quelque sorte, le domaine que vous choisirez doit correspondre à un de vos centres d’intérêt. 

    Posez-vous donc les questions :

    • Par intérêt, ai-je lu des articles de recherche, des livres spécialisés ou suivis une conférence dans un domaine ?

    • Suis-je particulièrement impliqué dans une branche, par un sujet ? Ai-je des qualifications particulières dans un domaine ?

    • Ai-je été interpellé par une question ou un postulat empirique dans un domaine qui m’intéresse ?

     

  • 3.2. Identifier la problématique et proposer une solution à vérifier

     

    • 1. Étape II : Identifier le problème

      Il va falloir isoler dans votre domaine d’intérêt une ou plusieurs caractéristiques que vous allez vouloir étudier. Posez-vous la question :
      Quels sont dans mon domaine de recherche, la préoccupation, l’irritation, le malaise ou l’intérêt exprimés pour un domaine particulier ?

      Il est fondamental que vous concentriez votre centre d’intérêt sur une seule préoccupation. Votre étude sera d’autant plus réalisable que les éléments à investiguer sont simples et que les résultats paraissent déjà évidents. (N’oubliez pas qu’un sujet peut avoir comme objectif de réfuter une théorie existante). 
      Est-ce que mon sujet est bien précis et le problème que j’envisage d’étudier me paraît-il simple ?

       

    • 2. Étape II : Définir le champ d’application

      Une fois que vous avez isolé votre préoccupation, situez votre champ d’application :
      Mon problème (ou préoccupation) concerne quelles personnes, quel milieu, quelle institution ou quel environnement ?

      Vous avez tout avantage à ce que vous ne soyez pas seul à être passionné par votre sujet et que votre centre d’intérêt soit partagé par d’autres

    • 3. Étape III : Mise en perspective du problème

      Cherchez ensuite à mieux apprivoiser le sujet. Utilisez le maximum d’outil de communication.

      • Discussion avec des professeurs, des spécialistes, d’autres personnes intéressées par votre domaine

      • Recherche de littérature spécialisée dans votre domaine (bibliothèque, Pubmed, etc.)

      • Communications avec des spécialistes à l’aide de Forum, E-mail, sites Internet,…

      Qu’ont ressenti, appris, fait ou rapporté d’autres au sujet de la situation en cause ? (Situer le problème dans un univers plus large)
      Cette étape est fondamentale et nécessite de votre part un intérêt pour l’état des connaissances actuel et du cadre de référence de votre domaine.

       

    • 3.2.1. L’état des connaissances

      Vous vous devez d’effectuer un examen approfondi et systématique des publications traitant du domaine de recherche choisi. Votre recension est dite critique car vous vous devez d’y analyser les forces et les faiblesses et ceci pour chacune des publications pertinentes.

      Votre recherche bibliographique va ainsi constituer la référence de votre propre travail. Elle permet de :

      • déterminer le degré d’avancement des travaux de recherche dans un domaine particulier d’investigation

      • d’identifier les définitions de concepts et de variables déjà établies dans la littérature

      • de découvrir ce qui est connu et ce qui reste à étudier dans le domaine de recherche choisi

      • de reconnaître les difficultés rapportées par d’autres et d’identifier les problèmes éthiques

      On distingue trois ordres de ressources dans lesquels vous pouvez trouver les information nécessaires :

      • 1. Les ressources primaires :          

        • Provenant directement de l’auteur ; documents officiels, thèses, monographies à contenu original, périodiques de source primaire, etc.

      • 2. Les ressources secondaires :          

        • Travaux qui classifient, arrangent, ou interprètent les textes de sources primaires ; catalogues, index, bibliographies annotées, bases de données, etc.

      • 3. Les ressources tertiaires :        

        •  Contenu situé à la limite des ressources dites primaires et secondaires ; monographie de référence, dictionnaires, répertoires, encyclopédies, almanachs, annuaires, manuels, etc.

         

    • 3.2.2. le cadre de référence 

      Un concept est une idée générale, une abstraction que l’on crée à partir d’évènements particuliers observables.

      Un concept est une représentation mentale d’un fait réel (donc observable).

      Chaque idée ou concept dépend d’un autre concept. La recherche se base donc non pas sur chaque concept pris isolément mais aussi sur leurs relations mutuelles (théories).

      L’ensemble des concepts et des relations entre ces concepts constituent le cadre de référence. Il vous faut donc explorer en profondeur les concepts identifiés dans la question de recherche pour bien cerner son cadre de référence. Vous vous devez donc de piocher dans vos ressources (périodiques, littérature médicale, etc.) pour vous faire une idée très précise du cadre de référence. (C.F. chapitre sur l’état des connaissances)

      Les concepts sur lesquels s’appuient mon sujet sont-il fondés et puis-je tous les justifier ?

       

    • 4. Étape IV : Proposition d’une solution au problème

      Vous devrez maintenant pouvoir proposer une solution pertinente à votre préoccupation.
      Quelle est la situation idéale que je propose pour apporter une solution au problème ? (Résolution du problème)

       

    • 5. Étape V : Confrontation de la solution proposée à la littérature

      Une fois que vous avez formulé votre solution, il vous faut la comparer à celles proposées par les autres !
      Établissez une liste de propositions que vous avez relevée dans la littérature et qui concerne votre problématique.
      Quelles sont les suggestions de solutions proposées par des auteurs ? (Autres solutions)

    • 6. Étape VI : Détermination de la situation idéale et de la solution définitive

      Vous pouvez maintenant essayer d’améliorer votre situation idéale et votre solution en fonction des propositions des divers chercheurs.
      Quels sont les éléments les plus appropriés à la situation problématique et quelles sont les relations entre ces éléments ? (Évaluation des résultats potentiels de chaque suggestion)

       Exemple : Sachant que l’indice de Kappa de Cohen est dépendant de la prévalence d’un signe recherché, le choix de la population à étudier influencera les résultats. Serait-il justifié de choisir une population spécifique, tout en sachant que les résultats seront alors valables uniquement pour cette population ?

       

    • 7. Étape VII : Évaluation de l’implication pratique

      Finalement avant de choisir définitivement la solution à évaluer, il faut évaluer les résultats attendus de votre recherche. Votre spéculation doit être faite en fonction des résultats d’autres recherches, de la méthodologie que vous pourriez adopter et de vos possibilités pour constituer les meilleurs conditions de recherches. Il est possible que vous ne puissiez pas réunir l’ensemble des critère permettant d’obtenir des conditions d’étude optimale (ce qui est la plupart du temps le cas). Il faut alors évaluer si malgré cela votre recherche correspond toujours à son application pratique.

      Ma théorie et les résultats des autres  recherches justifient-elles la solution que je propose ?

  • 3.3 Formuler  l’énoncé : question de départ ou hypothèse

    Vous allez maintenant poser la question de départ relatif à votre préoccupation, votre connaissance du sujet et votre proposition de solution. Votre question doit faire appel à une réponse permettant d’identifier, de décrire, d’expliquer et de prédire un phénomène, dans un domaine donné.

    Règles d’or de votre définition de départ :

    • I.   La question doit être exprimée en des termes observables ou mesurables

    • II.  La question doit être actuelle

    • III. La question doit être claire et précise

    • IV. La question de recherche doit suggérer la direction à prendre pour réaliser la recherche

    Une question est constituée généralement de deux parties : la question pivot et le domaine d’étude.

    Exemple : Dans la question : « Quelle est la reproductibilité du TFA chez des sujets lombalgiques ? », "Quelle" suggère la direction ; il s’agit de la question pivot, alors que "La reproductibilité du TFA chez des sujets lombalgiques" est le domaine d’étude

    Votre question pivot, votre but et votre type de recherche dépendent de l’état de connaissance relatif à votre sujet

    Pour vous aider à formuler au mieux votre question de départ, voici un tableau.

Niveau de recherche Question pivot Cadre de référence / base de connaissance But Devis
I
  • Quoi
  • Quel(le)
  • Qu’est-ce que c’est
  • Quand 
  • Qui 
Peu ou pas d’écrits sur le domaine. 

Domaine ayant peu ou pas de conceptuelle ou de cadre de référence.

  • Identifier
  • Nommer
  • Classer
  • Décrire
  • Questionner
Identification de facteurs
  • Exploration
  • Formulation de concept
  • Descriptif
II Quelles sont :
  • les différences
  • les similitudes 
  • les relations entre tel et tel évènement
Écrits existants dans le domaine choisi. Les variables sont identifiées.

Éléments de cadre de référence ou d’une base conceptuelle.

Décrire les relations

Questionner

Recherche de relation entre les facteurs
  • Descriptif
  • Exploratoire
  • Étude de cas
III
  • Quelle est la nature (description et force) des relations entre des variables ?
  • Si telle variable existe…alors…
Des cadres de références existent.

A une base conceptuelle ou théorique.

Expliquer la nature des relations

Formuler une hypothèse

Analyse des relations entre les variables
  • Corrélatif
  • Enquête
  • Non-expérimental
IV
  • Pourquoi, si alors ?
  • Que se passerait-il si tel traitement était appliqué ?
Écrits abondants sur le domaine.

Des cadres de référence existent : théories, modèles.

Prédire

Expliquer

Formuler une hypothèse

Vérification d’hypothèses causales
  • Expérimental
  • Quasi-expérimental
  • Explicatif
  • Prédictif

Tiré de : FORTIN F, TAGGART E, REROUAC S, NORMAND S, Introduction à la recherche, Décarie, Monréal, 1988, p.70

 

Une fois que vous avez formulé votre question de départ, il faut vérifier qu’elle soit bien formulée. Pour cela, il vous faut définir chaque terme de la question de départ en précisant comment les observations seront effectuées et comment chacun des termes sera mesuré dans la recherche. 

Voici un exemple pour mieux comprendre ce procédé :
Analysons la question : Quelles sont les attitudes des ostéopathes envers les patients lombalgiques ?
La question pivot est « QUELLES SONT ». Le domaine d’étude est « LES ATTITUDES DES Ostéopathes ENVERS LES PATIENTS LOMBALGIQUES ». On trouve trois termes principaux à définir dans ce domaine : attitudes, ostéopathes, patients lombalgiques.

Questions à se poser dans le cas de notre exemple :

  • Quelles attitudes veux-je relever et comment seront-elles exprimées ?

  • Quand et où les ostéopathes ont-ils ces attitudes ?

  • Quelles sont les causes possibles de ces attitudes ?

  • Comment vais-je procéder pour observer ces attitudes ?

  • De quels ostéopathes s’agit-il ? Où se trouvent-ils et qui sont-ils ?

  • Quand ai-je l’intention de les étudier ?

  • Pourquoi ai-je choisi ces ostéopathes plutôt que d’autres ?

  • Quels sont les caractéristiques sociaux-démographiques des patients ?

  • Quand viennent-ils ?

  • D’où viennent-ils ? Où vont-ils ?

  • De quel type de lombalgie soufrent-ils ?

  • Depuis combien de temps ont-ils une lombalgie ?

  • Sont-ils sous traitement ?

On peut maintenant circonscrire la question de recherche et préciser d’avantage le domaine et la question pivot :
Quels tests ostéopathiques spécifiques à la région lombaire, réalisés par des ostéopathes qualifiés, ont-ils une incidence supérieure à 30% chez des patients lombalgiques en consultation à la Policlinique de l’École Suisse d’Ostéopathie ?

  • 3.3.1 Énoncé de problèmes de recherche

    Un énoncé de problème désigne la spécification d’une population-cible et des variables-clés qui suggèrent une vérification empirique. Elle peut être formulée soit sous une forme affirmative soit sous une forme interrogative.
    Cet énoncé correspond à une hypothèse (forme affirmative) ou à une question de départ (forme interrogative) !

  • 3.3.2 L’hypothèse

    Une hypothèse est un énoncé formel de la ou des relation(s) attendue(s) entre deux variables ou plus.

    • Elle s’écrit au présent et de manière déclarative

    • Elle identifie clairement la relation entre les variables de l’étude

    • Elle inclut l’aspect de la prédiction par les termes : plus que, moins que, plus grand que, différent de, relié à, autant de, etc.

    • Elle est vérifiable (variables observables et mesurables)

    • Elle est justifiable (découle d’un cadre théorique ou conceptuel)

    Le choix de votre hypothèse va dépendre du choix des variables que vous comparer donc de leurs caractéristiques et de leurs relations. Il faut savoir que l’énoncé d’une hypothèse exige que vous puissiez la vérifier par une analyse statistique !

 

  • 4. Quel type de recherche vais-je effectuer ?

     

    • 4.1 Comment choisir !

      Le type d’étude approprié dépend du niveau de connaissance existant dans le domaine (C.F. tableau chapitre 3). Référez-vous donc au tableau de Fortin, Taggart, Rerouac, et Normand, 1988. Dans la dernière colonne du tableau (Devis) vous trouverez le type d’étude à effectuer en fonction de votre question pivot et du niveau de recherche correspondant.

       

    • 4.2 Recherches non expérimentales

      On distingue deux types de recherche non-expérimentales : les recherches quantitatives et les recherches qualitatives.

    • 4.2.1 Les recherches non expérimentales quantitatives

       

      • 4.2.1.1.Etudes exploratoires ou de formulation de concept

        La recherche exploratoire cherche à recueillir des données pour :

        • formuler des question de recherche

        • définir des problèmes à investiguer

        • développer des hypothèses à vérifier par la suite

      Démarches à suivre :

      • 1)     consultation de la littérature

      • 2)     description systématique, à partir de la revue des écrits, du domaine de recherche spécifique à l’étude

      • 3)     décorticage des données relatives aux études déjà effectuées dans le domaine

      • 4)     catégorisation de ces données en vue de soulever des questions

      • 5)     formuler des hypothèses

       

      • 4.2.1.2 Études descriptives

        La recherche descriptive vise à décrire de façon précise les caractéristiques d’un individu, d’une situation ou d’un groupe et ainsi déterminer la fréquence avec laquelle l’évènement se produit ou est associé à un autre.
        On différencie :

        • Étude descriptive simple : sert à décrire les caractéristiques d’un échantillon simple

        • Étude descriptive-comparative : sert à comparer les différences des variables entre deux groupes de sujets ou plus

        • Étude de cas : 

          • consiste explorer intensivement une unité d’étude simple, soit une personne, une famille, un groupe, une communauté, une culture, une situation ou un groupe restreint de sujets. L’étude peut être descriptive (Effet d’une manœuvre ostéopathique du petit bassin sur une patiente de 45 ans présentant un inversement du flux veineux hypogastrique), expérimentale (effet d’une variable contrôlée sur un sujet), etc.

        • Enquête : recueil de données auprès d’une proportion de la population en vue d’en examiner les caractéristiques, opinions ou intentions.

         

      • 4.2.1.3 Études corrélatives

        Ces études examinent les relations entre les variables. On ne cherche pas à vérifier la relation de causalité des variables mais plutôt dans quelle mesure l’apparition d’un changement d’une variable s’accompagne du changement analogue dans l’autre variable. Le but est de quantifier, par des tests statistiques de corrélations, l’étendue ou la force de la relation entre les variables.

        • Étude descriptive-corrélative : sert à comparer les différences des variables entre deux groupes de sujets ou plus (variable indépendante provoquée)

        • Étude ex-post-facto : étude empirique dans laquelle le chercheur n’a pas de contrôle direct de la variable indépendante parce que celle-ci s’est déjà manifestée ou parce qu’elle ne peut être manipulée. Cette étude permet d’analyser des relations entre un phénomène du moment présent et un phénomène du passé.

        • Étude prédictive ou explicative : étude empirique dans laquelle le chercheur n’a pas de contrôle direct de la variable indépendante parce que celle-ci ne s’est pas encore manifestée ou parce qu’elle ne peut être manipulée. Cette étude permet d’analyser des relations entre un phénomène du moment présent et un phénomène futur.

           

      • 4.2.1.4 Études épidémiologiques

        Les recherches épidémiologiques étudient la distribution des déterminants, des incidences, et la prévalence des problèmes de santé des populations ainsi que l’analyse des moyens liés à leur contrôle (reproductibilité, sensitivité, spécificité, valeurs prédictives, etc.).

        • Étude longitudinale ou prospective : consiste à observer chez les mêmes sujets (cohorte), durant une période de temps, le développement ou l’apparition d’une caractéristique ou d’une maladie.

        • Étude transversale : on examine des groupes de sujets en même temps, à un moment donné par rapport à des variables d’intérêt.

        • Étude rétrospective (ex-post-facto) : on cherche à lier des évènements présents à d’autres du passé.

           

      • 4.2.1.5 Études méthodologiques

        Ce type d’études vise à établir la validité et la fidélité (fiabilité) des instruments de mesure. Il s’agit donc d’effectuer une recherche en psychométrie (théorie et développement des instruments de mesure). Par instrument de mesure on entend toute méthode permettant d’évaluer quantitativement un phénomène (exemple : tests psychologiques, évaluation de la douleur, goniomètre, test de mobilité, tests sanguins, etc.)

         

    • 4.2.2 Les recherches non expérimentales qualitatives 

       

      • 4.2.2.1 Études phénoménologiques

        L’étude phénoménologique, le domaine de recherche le plus contesté par les tenants des méthodes quantitatives, consiste en la description des expériences individuelles (façon dont les personnes en cause les vivent). La contribution de ce type de recherche est d’explorer la signification profonde d’un phénomène à travers la perception communiquée par les sujets.

        Étapes à respecter :

        • 1)     Il faut cerner le phénomène à explorer ! Posez vous les questions : Quels sont les éléments nécessaires et requis à la réalisation de l’expérience à l’étude ? Qu’est-ce que la réalisation de cette expérience signifie pour la personne elle-même ?

        • 2)     Définir une méthodologie de recherche pour récolter les données. Il faut identifier les sources d’informations, c’est-à-dire les sujets qui acceptent librement de décrire le vécu de leur expérience relative au thème à l’étude. Vous allez essayer de recueillir ces données dans une atmosphère agréable et disposant de suffisamment de temps. Le chercheur observe et recense les comportements verbaux et non-verbaux du sujet ainsi que les caractéristiques de l’environnement et les divers réponses du sujet à cet environnement.

        • 3)     L’analyse des données. Vous pouvez classer les données en catégories et les ordonner selon leur fréquence. On peut également catégoriser les données sans faire intervenir leur fréquence, mais plutôt leur importance au yeux du chercheur en fonction de l’identification des relations des éléments entre eux. On peut également analyser en mettant un accent sur les expériences qui ne peuvent être communiquées. Exemple : les gazouillis ou babillages d’un enfant ou les mouvements d’un patient inconscient, etc.

        • 4)     Résultat des recherches : On présente les données selon le vocabulaire des sujets. Vous allez alors identifier des thèmes qui émergent des résultats et de ces thèmes, une explication structurelle est développée.

        Il est vivement déconseillé de vous lancer dans une telle recherche sauf si vous avez déjà des bonnes notions de phénoménologie.

         

      • 4.2.2.2 Étude inductive d’élaboration de théorie (grounded théory)

        Ce type de recherche s’avère approprié pour l’étude de nouveau domaine de recherche. Cette méthode demande de l’intuition et de l’ouverture d’esprit de la part du chercheur. Le chercheur observe, recueille des données, les organise et développe des éléments théoriques. Le processus consiste à comparer constamment toute donnée ou toute pièce d’information à une autre.

        On peut procéder par l’observation, l’entrevue, l’élaboration d’un dossier ou une combinaison de ces méthodes. Les données sont classées, codifiées et regroupées en catégories. On procède ensuite par trois étapes : la formation de concepts, leur développement (réduction, choix sélectif des écrits, échantillonnage sélectif, émergence d’une variable) et leur modélisation (amalgamer les concepts identifiés, finaliser la théorie et la confronter aux données recueillies). Ce type de recherche est fondamentale en ostéopathie.

         

      • 4.2.2.3 Étude ethnographique

        La recherche ethnographique consiste à décrire les cultures par :

        • identification de la culture de l’étude, ou population cible

        • identification des variables clés

        • recension d’écrits pertinents

        • démarche préliminaire au travail sur le terrain

        • phase d’immersion culturelle

        • identification d’informateurs clés

        • récolte des données (participation active du chercheur à la vie de la communauté)

        • classification, clarification et synthèse des données

        • vérification des interprétations auprès des informateurs clés

        • identification des profils de comportement

        La réalisation d’une recherche ethnographique requiert du chercheur une formation spécifique en ethnologie !

         

      • 4.2.2.4 Étude historique

        L’étude historique consiste à examiner les évènements passés, c’est à dire recueillir de l’information et l’interpréter à partir de documents existants.

        Elle doit respecter les critères suivants :

        • 1)     Elle doit être dirigée selon un schème conceptuel holistique

        • 2)     Elle doit étudier la signification d’évènements nommés

        • 3)     Elle doit produire des résultats de nature théorique

        Elle passe par les étapes suivantes :

        • Choix d’un thème de recherche : les idées initiales doivent être précisées, réduites à un thème défini et limitées à une période historique déterminée.

        • Formulation des questions : question de recherche plutôt large, mais permettant l’analyse. Exemple : Qui étaient les premiers ostéopathes en Suisse avant 1970 ?

        • La création d’un inventaire de ressources : il faut déterminer l’existence des ressources pertinentes au thème retenu, les identifier, les localiser et s’assurer de leur disponibilité

        • L’évaluation de la fiabilité des ressources : comparaison des versions (plusieurs ressources pour les mêmes informations), prise en considération des critiques, sources des écrits

        • L’élaboration d’un plan de travail : déterminer la base d’un système de classification des données (exemple par date, par lieu, en fonction des concepts clefs, etc.)

        • L’analyse des données : Synthèse de toutes les données recueillies.

        Même si l’étude historique paraît attrayante pour certains, il faut savoir que celle-ce demande un travail de recensement plus laborieux qu’une étude quantitative.

         

    • 4.3 Recherches expérimentales

      Les études expérimentales se caractérisent par l’introduction d’une manipulation planifiée de la variable indépendante.

       

      • 4.3.1 Étude expérimentale vraie

        Investigation objective et systématique dont le but est de prédire et contrôler un phénomène. On y examine les relations de cause à effet.
        Elle possède les trois caractéristiques suivantes :

        • une manipulation (habituellement le chercheur introduit un traitement, une médication, une intervention ou un programme X)

        • un contrôle (constitution d’un groupe témoin ou de contrôle dont l’ensemble des variables étrangères est similaire au groupe expérimental)

        • la randomisation (répartition aléatoire des sujets dans un groupe ou l’autre)

           

      • 4.3.2 Étude quasi-expérimentale

        Vise à expliquer les relations entre les variables ou de préciser pourquoi certains évènements se produisent. Une recherche est dite quasi-expérimentale si elle satisfait au moins deux des trois caractéristiques de l’étude expérimentale vraie.

         

      • 4.3.3 Étude pré-expérimentale

        Étude ne comportant pas de comparaison valable des diverses conditions de l’expérience, de répartition aléatoire et dont le contrôle exercé sur la situation de recherche est faible voir inexistant. Étude supportant mal la validité interne.

 

  • 5. mon étude est-elle réalisable ?

     

    • 5.1 Qu’en est-il de la validité de mon étude ?

      La recherche clinique se fonde principalement sur la recherche fondamentale (et moins sur la recherche expérimentale) d’ou l’importance d’évaluer la validité « clinique » des résultats attendus d’une étude.

      La validité d’une étude repose sur l’authenticité des faits démontrés dans une recherche. Elle dépends donc des biais introduits qui pourraient fausser l’interprétation des résultats.

       

      • 5.1.1 La validité interne

        La validité interne réfère à la qualité de la relation entre les variables de l’étude . On cherche à savoir si les effets décelés dans l’étude reflètent la réalité ou s’ils sont le résultat des effets des variables étrangères.

         

      • 5.1.2 La validité externe

        La validité externe désigne le caractère d’applicabilité des résultats à d’autres populations et à d’autres milieux ou situations que ceux de l’étude.

        Exemple de facteur influençant la validité externe d’une étude : l’effet de Hawthorne = modification de la variable dépendante résultant d’avantage par le fait que les sujets participent à une étude que la variable indépendante.

        Il faut savoir qu’une théorie ne peut jamais être affirmer ou infirmer ; seule, son application dans un contexte donné peut être vérifiée.

         

    • 5.2 Considérations éthiques

      Selon la déclaration de Helsinki, toute recherche doit être :

      • Entreprise sous la direction de personnes qualifiées

      • Évaluée en fonction des risques et des bénéfices pour les sujets et leur santé

      • Entreprise en évitant de provoquer des dommages à la personnalité et à la santé des sujets lorsqu’il y a des traitements thérapeutiques

      • Accompagnée d’une formule de consentement

      • Entreprise en expliquant aux sujets de l’expérimentation la nature des risques encourus afin que ces derniers exercent un choix libre et volontaire

      • Construire de manière à permettre le retrait en tout temps des sujets de l’étude

       

    • 5.3 Aspects financiers

      Il faut vous assurer que vous pouvez financer votre étude que ce soit par vos propres fonds ou par d’éventuelles participations.

       

    • 5.4 Temps disponible

      Prenez en considération le temps nécessaire pour réaliser votre étude par rapport aux délais que vous vous devez de fixer (temps disponible, échéances académiques, finances, etc.).

       

  • 6. conclusion

    Un travail de recherche est une tâche qui paraît laborieuse, compliquée et parsemée de vocabulaire et chiffres rébarbatifs, d’exigences incontournables, d’oppositions inévitables et de lectures interminables.

    Ce n’est de loin pas tout faux ! Il vous suffit donc de vous entourer de personnes enthousiastes, de demander les bonnes choses aux bonnes personnes, de chercher aux bons endroits, de prendre le temps de poser votre sujet et subitement… tout s’éclaircit, tout paraît simple et là vous saurez que votre protocole est prêt à être bien rédigé de façon claire, sûre et justifiée ! AMUSEZ-VOUS BIEN !

    Un protocole bien préparé est une recherche aux deux tiers réalisée !


Polycopié proposé par Paul Vaucher, Ostéopathe FOH, assistant de recherche à l’École Suisse d’Ostéopathie
Tél. : +41 (0)78 788 33 66 - Fax : +41 (0)32 841 65 19 - E-mail : osteopathe@bluewin.ch 

Merci à Paul Vaucher de nous autoriser à publier l'ensemble de son polycopié


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