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Penser aux dents


Le doigt de savoir

DÉSORDRES FONCTIONNELS :  ET SI VOUS PENSIEZ UN PEU AUX DENTS ?  


Article paru dans "Le Courrier des adhérents",  journal du Syndicat National des Kinésithérapeutes de Groupe (SNKG) – Siège social et Président : Robert MARCHAND – 10 bis, rue Thiers – 29300 QUIMPERLÉ – Tél.-Fax : 02 98 96 38 16  

L'idée d'un rapport direct entre la fonction dentaire et les désordres fonctionnels du reste de l'organisme reste peu connue.  Elle est pourtant bien réelle : certains thérapeutes en font leur quotidien.  Rencontre.


La liaison entre les dents et le reste du corps n'est pas un concept nouveau en soi : Hippocrate comme les médecins traditionnels chinois ont étudié chacun en leur temps les effets des dents sur l'organisme ainsi que les répercussions des dysfonctions du corps sur les dents.

 Un savoir que de plus en plus de thérapeutes redécouvrent aujourd'hui.  Pour André Mergui, chirurgien MF et ostéopathe diplômé de la Cranial Academy, cette interaction est évidente tant au niveau du système squelettique que des organes. Elle-même pièce squelettique à part entière, notamment de part son origine embryonnaire et son comportement, la dent jouit d'interactions naturelles avec le rachis ou les membres au même titre qu'une vertèbre ou qu'un bassin.

 Toutes les dents n'ont pas les mêmes effets sur l'organisme.  Des lois de correspondance ont ainsi pu être établies, reliant telle molaire à tel segment corporel.  Toute lésion affectant l'un des deux partenaires du couple entraînera une dysfonction à l'autre bout de la chaîne.

 "Ainsi, il est intéressant de voir la liaison systématique qui s'établit entre la sortie des dents de sagesse et les problèmes dorsaux chez les adolescents" explique André Mergui.  "On aura beau leur faire cesser toute activité sportive, le problème n'en sera pas résolu pour autant.  La véritable cause des douleurs dorsales, c'est la dent, tout simplement".  Des dents de sagesse qui, ainsi que permet de le constater la clinique quotidienne, constituent d'ailleurs un des "gros morceaux" des thérapeutes.

 Un simple problème occlusal, souvent généré par des appareillages inadaptés, est susceptible de générer des blocages très invalidants pour le patient.

 Ainsi, cette grande rhumatisante, incapable de réaliser une flexion avant pour poser les mains sur ses genoux, traitée sans succès en allopathie, et qui réussira à se baisser jusqu'aux chevilles une fois détecté un problème de bridge.   


SAVOIR DÉCODER LA DENT

Afin de travailler dans le bon sens, le thérapeute doit apprendre à décoder le langage corporel du malade.  Comme dans le cas de ce jeune patient de 18 ans, souffrant de problèmes à répétition sur tout le côté gauche du corps, rupture ligamentaire puis entorses multiples de la cheville, douleurs dans le genou, déplacement inexpliqué d'une côte, douleurs irradiantes dans le dos, le bras et l'épaule. Son thérapeute finira par découvrir un déséquilibre dentaire, avec malposition d'une dent de sagesse et problème de plombage.  A gauche, bien évidemment.

 Toutes les dysfonctions dentaires ne sont pas aussi faciles à détecter: la loi de base veut en effet que la dent causale ne soit jamais douloureuse.  Le patient ne ressent donc aucune gêne locale.  Pire: parfois l'examen radiographique ne révélera rien de pathologique!

 Outre l'examen clinique et les radios, le diagnostic se fait au moyen de tests spécifiques, simples à réaliser, tel l'asynchronisme musculaire ou le test du carton.  "Le thérapeute demande par exemple au patient de mordre un carton d'une manière bien définie, puis d'effectuer des mouvements jusqu'alors impossibles pour lui, explique André Mergui.  On constate immédiatement un gain d'amplitude significatif".

 Une fois le diagnostic porté vient le travail de rééquilibrage proprement dit qui s'étale en général sur six séances pour permettre au corps de s'adapter en douceur à sa "libération".  Il combine l'ostéopathie dentaire (jouant sur la position et le décalage entre les dents), un rééquilibrage crânien, puis enfin un travail de correction sur le reste du corps.  Une séance de vérification annuelle permet par la suite d'éviter l'apparition de nouveaux déséquilibres.

 La dent, tout simplement ? Reste cependant à en convaincre de nombreux praticiens, trop souvent mal informés.  Pourtant, seule leur réelle motivation poussera les patients à suivre cette voie peu commune, mais efficace.  

 

Du 19 au 21 Mai prochain, André Mergui animera une formation sur les rapports entre les dents et la santé, en collaboration avec Louis-Jacques Ecrément, chirurgien dentiste.

 Trois jours que l'on aurait également pu baptiser "Pour que la dent ne soit plus le cauchemar du thérapeute...... et au cours desquels seront abordés notamment l'anatomie et la physiologie du système manducateur, les rapports étroits unissant le corps et les dents, la cause des pathologies, les traitements, sans oublier de nombreux travaux pratiques.

 Cette formation est ouverte à tous les thérapeutes.

  Renseignements:

IMEV - 2, rue du Vieux Bassin 30700 MONTAREN - Tél. 04 66 22 57 55

 

 

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