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Les troubles du petit enfant

Revue Energie Santé n° 51

OSTÉOPATHIE : Les troubles du petit enfant

Extrait du livre de Jean-Paul Saby

Bien Naître par l'ostéopathie - Édition Sully

paru dans la Revue Énergie Santé hiver 2000/2001 n° 51 p. 65-77

Jean-Paul Saby est ostéopathe, DO MRO(F), et il vient de publier aux Éditions Sully Bien naître par l'ostéopathie, illustré des très belles photos de Frédéric Olmo; cet article en est extrait. (p. 100- 123).

Nous remercions particulièrement Jean-Paul Saby pour nous avoir donner l'autorisation de publier ces extraits et les photos de Frédéric Olmo ainsi que la Revue Énergie Santé.

  • Il dort mal

      Les troubles du sommeil sont l'une des causes majeures des consultations médicales pour les tout-petits : 20% des enfants de 1 à 3 ans et 10 % des enfants de 4 à 5 ans ont des troubles du sommeil (British Medical Journal 2000). Hypertendus, ils se sentent visiblement mal dans leur lit. Bébé est gêné pour s'endormir, pleure lorsqu'on pose la main sur sa tête, cherche le contact avec le rebord, frotte et appuie sa tête sur les barreaux ?
      L'ostéopathe va alors rechercher des anomalies de tension du crâne, des séquelles de pression du cordon sur la région cervicale ou le crâne (combien d'enfants ne naissent-ils pas avec le cordon autour du cou sans que l'on s'inquiète d'en mesurer les conséquences!).
      Disons de façon imagée que c'est comme si l'enfant avait grandi trop vite, avec un chapeau trop petit. La boîte est trop étroite, il faut la desserrer.
      Ces problèmes peuvent remonter à la grossesse, venir d'une position utérine un peu bizarre, très bas, en haut, à droite, à gauche...
      On trouve ainsi des têtes plus plates à droite qu'à gauche. Même si ces déformations ne se voient pas, elles peuvent gêner l'enfant. Cela dit, si bébé se trouve bien comme cela, on le laisse tranquille !

  • Il louche - Ses yeux pleurent

      Certaines malpositions crâniennes entraînent des problèmes oculaires. De nombreux bébés louchent, ou plutôt, comme on dit pour ne pas vexer, ils souffrent d'un strabisme léger et passager... que les manipulations du crâne résolvent aisément. En effet, l'œil, localisé dans la boîte crânienne, est suspendu à l'ensemble des os par quatre muscles. Des os crâniens mal positionnés peuvent provoquer une distorsion de l'orbite qui, même toute petite, entraîne une différence de tension des muscles de l'œil.
      En manipulant le crâne, l'ostéopathe va agir sur le positionnement des yeux.
      De même lorsque les yeux de bébé coulent et sont collés tous les matins, les canaux lacrymaux sont sans doute compressés. Plutôt qu'un curetage, agressif, mieux vaut relâcher la position des os de la face, anormale dans ce cas, et où passe le canal lacrymal qui va ainsi se trouver desserré. A signaler aux petits et grands que les sinusites peuvent avoir la même cause et être traitées de la même façon !
      Il s'agit toujours du même raisonnement : d'autres facteurs peuvent être en jeu, mais mieux vaut s'assurer qu'on n'a pas affaire à un dysfonctionnement mécanique déréglant le système neurovégétatif.
      De même encore pour les pupilles qui ont du mal à se fermer, les yeux qui papillonnent sans cesse, ou encore pour les infections de la gorge, plus fréquentes si le tronc cérébral, point d'ancrage, subit des tensions.

  • Jérémie, qui n'a jamais mal

Photo de Frédéric Olmo

« A-t-il été victime d'un accident de voiture ou d'une chute très grave ? » a demandé l'ostéopathe lorsqu'on lui a amené Jérémie. Mais non : Jérémie était tout simplement... né, par un accouchement qualifié de « normal ». Sa mère se souvient cependant que quelqu'un lui est « monté sur le ventre » pour la « faire accoucher! » A six mois, le bébé porte déjà des lunettes pour un strabisme. Mais de plus, « il hochait tout le temps la tête, il disait oui tout le temps ! » dit la maman de Jérémie. Le médecin préconise un électroencéphalogramme. Un ami trouve pour sa part, en regardant des photos de Jérémie, que les os du crâne avancent trop. Jérémie a plus d'un an lorsqu'il entame ses séances d'ostéopathie : « II louchait, c'était effarant, se souvient sa maman.

       II était également insensible à la douleur. Un jour, il s'était brûlé la main sur un motoculteur jusqu'à en avoir des cloques. Eh bien, aucune réaction. » « C'est parce qu'ayant toujours vécu dans la douleur, il s'y est habitué », explique l'ostéopathe. Jérémie supporte donc fort bien les manipulations pratiquées par l'ostéopathe, qu'il appelle « père Noël », bien mieux que sa maman qui, les premières fois, ressort « complètement anéantie » d'avoir vu son bébé « malaxé comme un rubik's-cube » ! L'ostéopathe positionne le sacrum dans le prolongement de la colonne, s'intéresse aux vertèbres cervicales, au crâne, au visage, etc.: « II y avait des problèmes partout ! dit la maman. II remettait un petit bout à chaque fois... » Les séances ont lieu tous les six mois, puis tous les ans, et aujourd'hui à chaque poussée de croissance. A 10 ans, Jérémie a encore dû se faire traiter un pied et un genou. Son strabisme, opéré lorsqu'il avait 6 ans, ne se voit plus que très légèrement, quand il est fatigué.
      « Si Jérémie n'avait pas été soigné de cette façon, il serait devenu très trapu, avec un cou de taureau et la tête enfoncée dans les épaules », explique la maman du jeune garçon. Celui-ci, à 13 ans, est aujourd'hui, avec ses 1 m 65, le plus grand de sa classe, chausse du 43, joue au rugby. Et il arrive même à pleurer lorsqu'il se fait mal !

  • Respiration et... scoliose

La position des os situés au niveau des pommettes (on les appelle « malaires » ou clé du crâne) conditionne le flux d'air au moment où bébé respire par le nez. Une dysharmonie mécanique, même relative, de ces os peut entraîner une dysharmonie du flux respiratoire, au niveau de la narine gauche ou de la narine droite, et à son tour une dysharmonie du développement pulmonaire, des turbulences bronchiques... Et éventuellement une scoliose. Un poumon plus développé que l'autre, donc allant plus en avant, imprime en effet une torsion à l' os, tire sur la dorsale où sont fixées les côtes. Et c'est là que l'on retrouve nos fameux appareils dentaires, bêtes noires des ostéopathes lorsqu'ils ne semblent pas indiqués (60 % des cas) par un problème médical, puisque c'est l'os malaire, en rapport avec les cervicales, qui supporte l'arc dentaire, et donc les superbes portails en inox. Une étude réalisée par le docteur de Mauroy et portant sur 2 000 « gônes » lyonnais scoliotiques, dont 600 étaient appareillés de corset, a montré que 60 % de ces derniers, donc 360, avaient ou avaient eu un appareillage d'orthodontie. Les ostéopathes ont tous vu des cas de scolioses démarrant quelques semaines après la pose d'un appareil dentaire (et objectivés par une radio avant-après !). Y aurait-il une relation de cause à effet ?. . . Disons simplement, de façon tout à fait raisonnable, que l'axe dentaire fait partie d'un tout et qu'envisager sa correction seule, sans prendre soin de vérifier la statique vertébrale, la mobilité du crâne, en un mot, sans vérifier la liberté articulaire de la personne porteuse d'un trouble dentaire, est une démarche très réductrice par rapport à ce qu'est un enfant, un homme, un vivant.
  • Dr Didier S., chirurgien-dentiste : « Une tendinite Voyez la première molaire supérieure gauche! »

« Une formation en ostéopathie m'a permis de comprendre les interrelations entre les problèmes ostéopathiques et la mâchoire. Les muscles qui ouvrent et ferment la bouche sont en relation avec les autres chaînes musculaires. Une bascule du bassin peut jouer sur l'articulation de la mâchoire. De même, s'il existe une pathologie de l'articulation de la mâchoire, là encore des répercussions peuvent se produire à distance, au niveau du genou par exemple.
      Des dents mal soignées, des infections au niveau des racines peuvent aussi avoir des répercussions à distance. Par exemple, il est possible qu'un sportif qui souffre d'une tendinite au talon d'Achille gauche ait en fait un problème avec sa première molaire supérieure gauche... De même, des obturations en métal peuvent perturber des organes à distance. Les nerfs passent du cerveau le long de la tête et du cou : des interférences dues aux plombages agissent sur les nerfs. Une fois ces champs électromagnétiques mesurés, on remplace, si besoin est, l'obturation métallique par de la résine composite ou de la céramique.
      Nous effectuons des tests «posturaux» ,qui consistent à mesurer la longueur des jambes, la rotation des chevilles, l'abduction de l'articulation de la hanche, la rotation de la tête. Si nous constatons un décalage dans la longueur des jambes, dû à une bascule du bassin, nous plaçons des cotons entre les dents pour recaler les mandibules et nous reprenons la mesure. Parfois, les chevilles ont gagné en souplesse, les jambes en longueur : dans ce cas, le dysfonctionnement provient de la mâchoire. II faut alors redresser les dents à l'aide d'une gouttière en plastique, les rééquilibrer par de petits meulages. La chirurgie aussi peut remédier à l'asymétrie de la mâchoire. Les appareils dentaires, eux, verrouillent les dents entre elles et le porteur risque de développer une scoliose, surtout s'il y était prédisposé.
      Des ostéopathes nous envoient leurs patients pour des tests, et nous voyons si c'est à nous d'intervenir, ou à eux. Lorsque le verrou de l'occlusion a sauté, l'ostéopathe est à même de débloquer la hanche, le genou, etc.
      A titre préventif, il faut savoir que l'allaitement propulse la mandibule et qu'on rencontre par la suite beaucoup moins de problèmes. La meilleure position, c'est lorsque le bébé a la tête verticale. Plus tard, alors que la tendance est aux aliments mous, on doit manger aussi du "dur"... et mastiquer des deux côtés! »

  • Sabine, ses dents et sa scoliose
« J'avais la colonne un peu tordue... », dit Sabine, qui a maintenant 19 ans. Cette scoliose handicapait tellement la jeune fille qu'un médecin préconise un corset, un chirurgien une opération de la colonne vertébrale... C'est un kinésithérapeute qui adresse Sabine à un ostéopathe : « La première fois, je n'étais pas trop rassurée ! reconnaît Sabine. Mais je lui ai fait confiance et ensuite, j'ai pris l'habitude de ces séances. II regardait les radios, mobilisait ce qui n'allait pas. » Aujourd'hui Sabine, qui prépare un BTS de tourisme, se sent nettement mieux et son dos la fait beaucoup moins souffrir. Pas question cependant de pratiquer le tennis, comme elle en avait envie. L'ostéopathe lui préconise en revanche la pratique de la natation. II lui déconseille par ailleurs le port d'un appareil dentaire. Le dentiste chez lequel il l'envoie lui redresse les dents par une gouttière en caoutchouc à porter la nuit et des exercices, que Sabine avoue ne pas avoir trop le temps de pratiquer régulièrement ! « Je sens tout de même la différence, indique la jeune fille. Avant, je ne mangeais que d'un seul côté. Et puis mes deux dents de devant se chevauchent moins. »
  • Asthme et rhinos

Photo de Frédéric Olmo

De plus en plus d'enfants souffrent d'asthme. Des côtes resserrées peuvent être en cause. Bien évidemment, on est en droit de rendre responsables du développement de cette affection respiratoire les allergies ou la pollution, mais elles ne sont pas forcément les seules fautives. Et en tout état de cause, mieux vaut avant d'entamer des traitements lourds et de longue durée, à base de ventoline et de cortisone, s'assurer que la cage thoracique est bien dégagée et pas en forme de bouteille de Perrier !
Le diaphragme thoracique, qui monte et descend sous le poumon, doit être parfaitement libre de ses mouvements. Le passage entre cou et thorax doit être ouvert. A chaque inspiration, le sternum doit pouvoir partir en avant et revenir à l'expiration appuyer sur le poumon pour en chasser l'air. Ce faisant, il appuie alors sur le thymus, autre glande miracle, très grosse chez les tout-petits et qui, son rôle achevé, disparaît vers l'âge de sept ans. Le thymus, sous la pression du diaphragme, sécrète des anticorps, de vrais antibiotiques naturels !

Si le diaphragme est resserré, l'enfant ne respire pas bien. L'ostéopathe fait jouer la zone entre les épaules et les omoplates pour desserrer l'étau. 
Sans aller jusqu'aux bronchiolites et crises d'asthme, de nombreux bébés souffrent de rhino-pharyngites à répétition. Si votre enfant a marché pieds nus dans l'eau en plein hiver, l'ostéopathe n'y peut rien ! Un bon traitement médicamenteux reste la meilleure solution aux pathologies infectieuses. Mais en cas de répétition, si bébé multiplie les rhino-pharyngites et si les médicaments restent impuissants, la réponse est peut-être ailleurs.
L'action de l'ostéopathe libère les mouvements thoraciques et relâche le diaphragme, ce qui permet à l'enfant de cracher et lui donne une meilleure ventilation.
Le diaphragme est souvent gêné dans ses mouvements sur ses piliers d'ancrage après l'accouchement, avec un retentissement respiratoire, puisque les petits respirent avec leur ventre. Les écoulements supérieurs entraînent aussi des problèmes au niveau de la bouche, du pharynx, des bronchiolites, voire des difficultés intestinales.

  • Les bronchiolites de Valentin
Dès sa naissance, Valentin tousse et son nez coule. Les canaux lacrymaux sont bouchés. II a aussi un bras qui devient parfois tout bleu : problème de retour veineux, diagnostique le pédiatre. Valentin a également une peau atypique : il ne fabrique pas de graisse protectrice et a une tendance à l'eczéma. C'est pour ce dernier symptôme qu'il voit un homéopathe, lequel l'adresse à un ostéopathe. « Le bras de Valentin s'était arrangé tout seul, raconte la maman du bébé. L'ostéopathe a dit qu'il avait sûrement eu une petite fracture de la clavicule et qu'en adoptant une autre position, cela aurait passé plus vite. Pour les canaux lacrymaux aussi il aurait pu faire quelque chose... » Trois séances d'ostéopathie crânienne ont débloqué « quelque chose coincé au niveau du cou » et les crises de bronchiolite s'espacent nettement. Valentin a maintenant deux ans et retourne chez l'ostéopathe avant chaque hiver.
  • Laurine, menacée par l'asthme
Est-ce la faute au temps, à la pollution ? A la campagne, tout va bien mais le reste du temps, Laurine est « toujours malade », multiplie les bronchiolites qui commencent à dégénérer en asthme. « Elle était sous ventoline et antibiotiques, c'est embêtant pour un enfant si petit ; maintenant, elle va beaucoup mieux, ses rhumes guérissent spontanément, sans traitements lourds », raconte sa maman qui, à sept mois, sur le conseil d'une tante asthmatique, a emmené sa petite fille consulter un ostéopathe. Lequel profite de ces quatre visites pour « essayer de tout ranger », les vertèbres cervicales, les hanches mal positionnées : « Nous, on n'avait rien vu. C'est le pédiatre qui avait remarqué un petit défaut de la tête, toujours tournée quand Laurine était allongée. Maintenant, elle la maintient normalement. »

Nous remercions Jean-Paul Saby pour cet article et Frédéric Olmo pour les photos

Reproduit avec l'autorisation de la rédaction de la revue Énergie Santé


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