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Sydney Hayoun est un ostéopathe pour le compte de l'équipe du Crédit Agricole, mais collabore aussi à une action dans un hôpital israélien auprès des enfants prématurés. Une façon différente de concevoir son métier
SYDNEY HAYOUN est un homme de contact. Parce
que c'est son métier comme il le définit lui-même, « l'ostéopathie est
assimilée à une médecine manuelle. Notre outil c'est la main, nos références
sont l'anatomie et la physiologie ». Derrière cette volonté de promouvoir
cette pratique médicale, il y a surtout un homme qui écoute, un homme qui
aime le dialogue et qui sait partager. C'est certainement là que sont les
clefs de sa réputation.
Remarqué par Ronan Pensec à l'époque de I
équipe Z à la fin des années 80, Sydney Hayoun s'est fait une place dans ce
milieu et a surtout réussi à faire admettre l'ostéopathie dans un sport de
haut niveau, sans « marcher sur les plates-bandes des médecins d'équipe ».
Ce fragile équilibre n'a jamais fait peur à Sydney, sûr de son fait et
réconforté par la demande croissante des coureurs. « Avant, il y avait une
vraie méfiance quand on évoquait l'ostéopathie, se souvient-il. Ma façon de
travailler, de manipuler le corps est très soft. Aujourd'hui, les coureurs
sont très demandeurs, on peut estimer que plus de la moitié du peloton fait
appel à un ostéopathe. II y a eu en 1997 et 1998, une période de flottement,
même moi je ne comprenais plus grand-chose. Depuis, beaucoup de coureurs se
sont retournés vers le naturel. Aujourd'hui, ils ont complètement assimilé
l'ostéopathe dans le contexte de leurs soins. »
«Je relativise tout »
Ses quinze ans de pratique à
Garges-lès-Gonesse en banlieue parisienne et dans le cyclisme où il
intervient une cinquantaine de jours par an auprès de l'équipe de Roger
Legeay n'ont pas suffi à combler sa soif de connaître et sa volonté d'offrir
son savoir. Voilà six ans, il a monté une association de type loi 1901, à
but non lucratif, Mandarine Océan (") dont le but est d'apporter de l'aide à
l'hôpital Misgav Ladach de Jérusalem, et plus spécialement à son département
de soins intensifs pour les prématurés. Cette association est le fruit d'une
réflexion commune à plusieurs ostéopathes. « Un jour, je me suis demandé à
quoi cela servait de bien gagner sa vie, raconte-t-il. J'ai imaginé qu'on
pourrait reverser une partie de notre argent pour une cause, celle pour
laquelle on travaille. D'autres personnes ont cru comme moi à cette
philosophie, donner de soi pour des enfants. »
Depuis six ans donc, ces six ostéopathes
se rendent à tour de rôle à Jérusalem, à leur frais, pour apporter leur
savoir dans un pays qui compte tout juste quinze ostéopathes. «J'y étais
encore le mois dernier, raconte Sydney Hayoun. J'ai travaillé sur des
jumeaux, le premier pesait 715 g, le second 778 g. Aujourd'hui, je sais
qu'un des deux a peu de chances de survivre. Ça me fait mal au ventre, rien
que d y penser. J'aime mon métier et grâce à cette expérience, je relativise
tout. Ces enfants me mettent dans un état de désarroi et à la fois ils m
offrent ce à quoi ils s'accrochent, l'espoir. » Évidemment, Sydney Hayoun ne manque jamais de puiser dans cette expérience des sources de réflexion pour son approche de ses activités dans le cyclisme. « II y a des similitudes entre mon travail auprès des prématurés et celui que j'effectue avec les coureurs car les deux évoluent à un très haut niveau, explique-t-il. Mais les motivations sont différentes. Pour les uns, il s'agit d'une victoire sur la vie, pour les autres ce n'est qu'une victoire pour la suprématie. D'un côté, il y a un véritable désintéressement, de l'autre un état de reconnaissance. » II ne veut pas pour autant critiquer l'attitude souvent égocentrique du sportif de haut niveau, il situe seulement sa réflexion à son niveau personnel. « Après mon dernier séjour à Jérusalem, il m'est impossible de regarder le Tour de France de la même façon. Pour moi, le cyclisme et le Tour ne peuvent plus être une finalité en soi. II n'y a que ce travail associatif qui puisse me permettre d'être en harmonie avec mon ego. »
Cette vision, l'ostéopathe du Crédit
Agricole aimerait ne pas âtre le seul à la partager. Dans le milieu
cycliste, rares sont ceux qui lui ont apporté un soutien financier. Roger
Zannier, le patron de Z, Agnès Gougeat, pour le compte du Gan, et Francis
Bur, l'un des masseurs de l'équipe, font partie de ces généreux donateurs,
alors que chez les coureurs seul François Lemarchand a apporté à l'époque,
son soutien en offrant ses maillots qui étaient revendus ensuite au profit
de l'association. Partagé entre ses deux activités, Sydney Hayoun réussit à
les gérer au mieux, même si c'est souvent sur ses deniers personnels. Aidé
par ses associés Michaël Ghanem et Dany Mansencal et par son fils Julien
Hayoun, il veut croire à la réussite de son action qui sert également à
promouvoir cette forme de médecine qui se chiffre chaque année en France à
12 millions de consultations. |
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Association
Mandarine - Océan |
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© Jean-Louis Boutin et le Site de l'Ostéopathie |
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