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Docteur,
Permettez moi de me
présenter : je suis masseur-kinésithérapeute D.E. depuis 1968 et possède des
compétences en ostéopathie.
Depuis 1973, je m’intéresse aux séquelles
d’entorses cervicales en C0,C1,C2 ; en 1973 j’ai soulagé une migraineuse par
un pur hasard.
Excusez mon audace mais je ne suis pas le seul à
m’être aperçu que nous obtenions quelques résultats satisfaisants.
Ma réponse a été hésitante à votre question sur
l’organe touchée dans la migraine car mon action thérapeutique n’intervient
pas durant la période méningée.
Je précise mon hypothèse : la période de l’aura
correspond avec la vasoconstriction intra-crânienne, puis apparaissent deux
parties géographiquement différentes en vasodilatation, une première
intra-crânienne sur laquelle je n’agis pas ; puis, une seconde réactionnelle
en extra-crânienne, période durant laquelle les artères temporales
deviennent pulsatiles.
Je m’attribue cette capacité d’action à partir
d’une recherche de Mr Pierre Aubineau, membre du CNRS, UMR 5017 à Bordeaux.
Ses conclusions contribuent à prouver que la
sympathectomie de l’innervation du Ganglion Cervical Supérieur sur la tête
du rat fournit une réponse vasculaire de type pulsatile sur les artères
temporales.
Mes hypothèses thérapeutiques ont toujours
suggéré que, par mes gestes manipulatifs sur les trois premières vertèbres
cervicales, je rétablissais un circuit neurologique en relation avec les
artères sous-cutanées.
J’ai conscience aussi qu’il se pourrait que la
conviction que je diffuse à partir de mes hypothèses et de mes explications
auprès de mes patients agissent par effet placebo car je leur explique toute
cette information physiopathologique et plus encore sur d’autres points
comme l’allergie alimentaire en relation avec les nausées ,vomissements, sur
l’influence des règles, l’hérédité.
Mais ces résultats positifs pourraient-ils tenir
plusieurs années.
Il se peut que certains points ne tiennent pas la
route de votre point de vue mais ils s’appuient sur une autre logique, qui
en vaut une autre, tant que les soulagements existeront dans ma clientèle.
Pour certains de mes résultats que l’effet
placebo persévère plusieurs années, cela me satisfait grandement et eux
aussi.
Je précise que je n’ai pas percé les mystères de
la céphalée post-traumatique ni de la migraine post-traumatique. J’ai tout
simplement réfléchi à partir de rencontres avec des patients qui m’ont
décrit des phases de récupérations surprenantes.
Je veux rester humble devant de tels constats
mais dois-je pour cela me taire ?
La recherche scientifique est faite
d’hésitations, d’impasses, de questions et d’éclairs de lumière.
Que l’on soit diplômé en recherches supérieures
pour chercher, j’en suis d’accord mais pourquoi devrait-on être diplômé en
recherches supérieures pour trouver ?
Dans votre article vous évoquez l’allergie au
chocolat chez l’enfant, j’ai aussi posé ces questions à l’enfant, à
l’adulte.
Vous avez dû aussi recevoir les mêmes réponses
que moi, la prise du chocolat ne donne pas de réponse allergique pour des
crises de migraine à 100%.
Mes chiffres se basent sur la tenue de carnet de
bord et la prise volontaire de chocolat.
Les résultats sont très peu probants : cela donne
2 réponses positives sur 5 ou 6 prises en moyenne.
Peut-on appeler cela des réponses allergiques ?
J’aurais un point plus délicat à voir avec vous,
l’arrêt des crises à un certain âge chez l’enfant.
J’en suis d’accord ; je l’ai constaté dans
l’interrogatoire de l’adulte. Cet adulte qui revient consulter pour céphalée
ou pour migraine et qui pensait en avoir terminé avec ses crises jusqu’à les
avoir oublié.
Sont-ce de nouvelles crises ? Est-ce le réveil
des crises de l’enfance ?
Le seul cas où je peux faire le lien c’est lors
de l’existence de petits maux de tête ou de petits maux de ventre résiduels
aux crises de l’enfance jusqu’à la crise nouvelle.
J’ai une précision à soulever pour faire
ressortir à la mémoire du patient les petits maux de tête qu’il a supporté
par le passé ; je vais jusqu’à interroger la maman, car en effet les
patients ne remarquent que les crises très inconfortables qui les touchent
dans le plus profond de leur être, toutes les autres petites crises étant
sans conséquence sur le mode de vie, leur cerveau les escamote en toute
bonne foi.
Mon interrogatoire insiste sur ces blancs afin de
raviver la mémoire et insiste sur tous les incidents post traumatiques que
l’esprit oublie en les filtrant.
Souvent l’incident supposé initial est bénin et
pas en rapport avec l’intensité des douleurs présentes.
N’oublions pas que le micro traumatisme initial a
eu lieu en pleine croissance.
Dans certain cas où la radiographie présente une
inversion de la courbure cervicale, j’ai émis l’hypothèse que l’incident
initial lorsqu’il a eu lieu entre 0 et 15 ans pouvait aussi être à l’origine
de cette inversion.
Tout cela demandant à être vérifié de plus près,
beaucoup de mes affirmations n’étant que des hypothèses.
Les résultats satisfaisant étant, eux, concrets
et observables.
En espérant que ces quelques observations vous
auront données l’envie d’en savoir un peu plus.
Je vous prie de croire,
Docteur, à l’expression de mes sentiments les plus respectueux.
Serge Liberman
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