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L'OSTÉOPATHIE STRUCTURELLE |
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Article de F. RICARD publié dans la revue OSTÉOPATHIE en 1986. |
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Lors du rapprochement
brusque des insertions musculaires, les fuseaux neuromusculaires sont
relâchés; aussi, le système nerveux central ne recevant plus d'informations
proprioceptives des fuseaux neuromusculaires va augmenter la décharge des
motoneurones gamma jusqu'à ce que les fuseaux neuro-musculaires envoient à
nouveau des signaux. La gravité sous l'influence des muscles antagonistes et des centres labyrinthiques tend à redonner sa longueur initiale au muscle stressé, ce qui augmente encore plus la décharge des fuseaux neuromusculaires étirés : ceux-ci vont alors décharger en permanence car ils refuseront de se laisser étirer, ils résistent à tout allongement . |
| CONCLUSION : La raison de la fixation dans le temps de la lésion ostéopathique vertébrale est le spasme musculaire, plus particulièrement au niveau des petits muscles mono-articulaires du rachis (transversaire-épineux), puis la fibrose tissulaire s'installe. La CAPSULE des facettes articulaires postérieures, ainsi que les ligaments qui les renforcent vont tendre à se rétracter, à s'épaissir, car ils ne sont plus sollicités par le mouvement physiologique d'ouverture et fermeture de la facette ++ : seul le thrust peut alors ouvrir la facette articulaire. |
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Une autre conséquence
importante de la dysfonction somatique est la LÉSION CIRCULATOIRE. Pour
comprendre cela il est nécessaire de faire quelques rappels
anatomo-physiologiques.
Ses fibres orthosympathiques font synapses au niveau du ganglion latérovertébral sympathique adjacent et possèdent essentiellement une vocation neuro-vasculaire. |
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| Les propriocepteurs
capsulo-ligamentaires envoient des efférences qui stimulent les ganglions
latérovertébraux et les centres médullaires : lorsque les ligaments et les
capsules sont étirés par un mouvement du tronc, un message part en
direction de la moëlle épinière, qui en retour augmente le débit sanguin
local. La dysfonction somatique vertébrale va donc engendrer une dysfonction neuro-vasculaire par l'intermédiaire :
Cette dysfonction neuro-vasculaire va provoquer un angio-spasme et une congestion circulatoire locale, ainsi que périphérique dans l'ensemble du métamère. Il y aura alors perturbation des éléments anatomiques situés dans le même territoire vasculaire (angiotome) et production de douleurs de type ischémique s'accompagnant de modifications tissulaires à long terme. Lorsque l'on porte un thrust sur une vertèbre on ne cherche en aucun cas à "remettre quelque chose en place" : les objectifs sont triples.
Il permet donc d'agir de façon spécifique sur n'importe lequel des paramètres lésionnels de la dysfonction somatique. |
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| Elles ne doivent en
aucun cas être faites hors des limites physiologiques des amplitudes de
mouvements : dans les techniques ostéopathique avec thrust, il est
possible d'obtenir l'écartement des facettes articulaires dans le milieu
des amplitudes articulaires. Il existe une différence fondamentale entre une technique de thrust réalisée par un ostéopathe et celle réalisée par un autre professionnel de santé. La manipulation effectuée par ce dernier s'effectue avec une mise en tension forcée de l'articulation préalable au thrust, celle-ci est presque faite au-delà des limites physiologiques articulaires, c'est quasiment un acte orthopédique ce qui explique d'ailleurs les réactions douloureuses et l'aggravation des signes cliniques après ce type de manipulation. La manipulation réalisée par un ostéopathe est douce, l'utilisation des paramètres mineurs de mouvements (compression/traction, glissement antérieur ou postérieur, glissement latéral) permet de construire un bras de levier beaucoup plus efficace dans le milieu des amplitudes articulaires ; ceci minimise les tensions dans les tissus mous adjacents (on utilise en fait les mêmes paramètres que pour une technique fonctionnelle). L'impératif ostéopathique sera multiple :
La technique devient alors indolore et sans réactions secondaires, si l'on respecte es contres indications : elle devient douce pour le patient. Lors d'un thrust le dialogue doit s'instaurer avec les tissus du patient de la même façon que dans une technique fonctionnelle. La mise en tension réductrice doit respecter les axes de mouvements et les plans articulaires : le thrust doit être bref, de courte amplitude pour ne pas provoquer de traumatisme (il faut d'ailleurs avoir à l'esprit plus la notion de mettre une tension dans l'articulation que l'idée de réaliser un mouvement articulaire) et très rapide pour surprendre les défenses musculaires. |
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Classiquement, en
ostéopathie, on décrit 3 types de techniques : indirectes, semi-directes
et directes :
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| Dans ce type de technique la mise en tension et le thrust sont réalisés uniquement à l'aide des bras de levier supérieur et inférieur. La réduction du slack (mise en pré-tension) est permise par combinaison des paramètres majeurs de mouvements (flexion/ extension, latéroflexion, contre rotation), mais aussi et surtout par l'utilisation des paramètres mineurs de mouvement (glissements antéro-postérieurs et latéraux, compression/traction).. | ||
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| On utilise une mise en
tension réductrice de courte amplitude et de haute vélocité. On utilise une prise de contact directement sur l'articulation à manipuler. Le slack est réduit uniquement à l'aide des contacts directs sans utilisation de grand bras de levier. Le thrust doit être le plus rapide possible ceci peut être réalisé de 3 façons.
Ce type de thrust possède un haut pouvoir réflexogène, et il est très utile lorsque la torsion est indésirable dans les tissus, ou encore rendue impossible à faire à cause de la douleur ou bien de la dégénérescence des structures anatomiques. |
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| C'est une combinaison des deux catégories précédentes de techniques. Elles sont plus sélectives que les techniques indirectes et permettent les avantages donnés par l'utilisation des bras de levier. On utilise un contact direct sur l'articulation à libérer, on réduit le slack, puis on organise les bras de levier avec Le thrust est porté par une impulsion directe sur l'articulation associée à une augmentation de la mise en tension par les bras de levier . | ||
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| Dans la thérapie ostéopathique on doit utiliser aussi bien les techniques de tissus mous (stretching, muscle energy, strain et counter strain) que les techniques structurelles ou fonctionnelles. Cependant il faut se rappeler que l'ostéopathie est basée sur le diagnostic posé : si l'on est capable de comprendre quel est le tissu endommagé responsable des symptômes, on peut alors utiliser le véhicule thérapeutique approprié, chaque technique ne possède une action spécifique que sur un tissu spécifique. | ||
| Le thrust est donc bien la base de notre art. | ||
| F. RICARD | ||
|
Article reproduit avec l'autorisation de F. Ricard |
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© Jean-Louis Boutin et le Site de l'Ostéopathie |
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