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Réflexions sur le diagnostic
Publié par JL Boutin, Webmestre   
12-06-2007
Index de l'article
Réflexions sur le diagnostic
Diagnostic ostéopathique
Diagnostic médical
Diagnostic kinésithérapique
Références et notes

 Le diagnostic ostéopathique

Pour effectuer leur diagnostic, les ostéopathes utilisent une logique qui trouve sa justification dans le concept ostéopathique.

La tripartition qui le caractérise ne consiste pas en trois sous-parties distinctes qui se juxtaposent pour former un tout, ni en trois étapes qui s'enchaîneraient selon une logique propre. Elle représente trois démarches qu'il faut mener de front tout au long du diagnostic.

La présentation qui suit n'est donc pas la chronologie des séquences du diagnostic ostéopathique mais la présentation des démarches à mettre en oeuvre pour aboutir à la compréhension du trouble fonctionnel et ainsi déterminer le traitement approprié au patient.

  •  Le diagnostic palpatoire

(Michel Thomas le nomme diagnostic spécifique ostéopathique mais est-ce bien judicieux ? Une sous-partie d'un ensemble peut-elle porter le même nom que l'ensemble dont elle fait partie ? À voir.)

La notion de diagnostic est sous-tendue en ostéopathie par une première démarche sensorielle : la perception palpatoire.

Le diagnostic palpatoire est axé sur le concept ostéopathique, c'est-à-dire étymologiquement et sémantiquement sur l'analyse sensorielle du mouvement dès organes et des tissus du patient. L'origine du mot ostéopathie est grecque : osteon signifie le noyau du fruit, puis par extension l'os, donc la partie palpable du corps du patient et pathos, la relation, la sensation.

Le diagnostic palpatoire traduit la perception qu'a le praticien du manque de mouvement d'une structure du l'organisme. Il détermine, dans la mesure du possible, les tissus responsables et l'orientation spatiale de cette restriction de mobilité.

Il est sans parallèle avec le diagnostic positif que va établir un médecin qui examine un patient. En effet, le diagnostic positif est la synthèse sur un mode physiologique de l'ensemble des signes présentés par le patient. Or, ces signes ne sont le plus souvent que le reflet de la réaction de l'organisme au problème de santé et ils évoquent rarement l'origine anatomique du dérèglement.

  •  Le diagnostic étiopathique

C'est un raisonnement de type « cause à effet ». Il correspond à la démarche qui conduit des données obtenues par l'anamnèse et par le diagnostic palpatoire vers le mécanisme qui a pu produire les signes présentés par le patient.

Lors de l'anamnèse, l'ostéopathe s'intéressera moins aux modalités des symptômes qu'aux événements contemporains ou antérieurs à son apparition. Il sera par contre très attentif à tout ce qui aurait pu arriver sur les structures anatomiques impliquées dans la genèse du problème.

Secondairement, par le même mécanisme, on peut remonter à la cause principale de tous les signes ou de tous les troubles fonctionnels. Cette seconde démarche est qualifiée d'étiopathique, car elle recherche la cause par la sensation. Elle analyse pour cela les différentes relations de la structure incriminée avec son entourage : système de soutien (ou lien mécanique), innervation (ou lien neurologique) et vascularisation (lien vasculaire).

Le diagnostic étiopathique fait le lien entre l'anatomie (structure en restriction de mobilité), la physiologie (la fonction perturbée), et l'expression du trouble fonctionnel.

  •  Le diagnostic d'exclusion

 Au décours de son examen et de son traitement, l'ostéopathe peut mettre en évidence des affections qui débordent de sa pratique. Pour cela, il emprunte un certain nombre de procédures de l'examen clinique codifié classique (anamnèse, inspection, percussion, palpation, auscultation, généralement pratiquées dans cet ordre). Par contre, il ne procède pas à une réflexion nosologique. Il n'est pas compétent pour déterminer l'entité morbide médicale. Sa démarche consiste à rechercher et/ou mettre en évidence les signes cliniques d'alerte.

Il s'agit des manifestations qui ne sont pas justiciables d'un traitement ostéopathique utilisé seul :

  •  Les affections nécessitant un traitement médical ou chirurgical d'urgence. Ces affections, dans lesquelles le pronostic vital ou le pronostic fonctionnel sont engagés, sont du domaine avant toute chose de la réanimation, de la médecine d'urgence, de la chirurgie ou de l'obstétrique. Cela ne veut pas dire que dans ces affections, l'ostéopathie n'a aucune action, aucune place ou est inefficace. Cela veut dire que l'ostéopathie ne peut être entreprise seule, sans traitement médical, chirurgical, obstétrique ou de réanimation préalable ou contemporain.
  •  Les affections qui ne répondent pas à un traitement ostéopathique seul.
  •  Les affections où les autres thérapies sont reconnues beaucoup plus efficaces que l'ostéopathie.
  •  Les affections dans lesquelles l'ostéopathie n'a pas d'action manifeste.

Les diagnostics d'exclusion recouvrent donc les affections dans lesquelles l'ostéopathie ne doit pas être une thérapie alternative mais une thérapie complémentaire.

En conclusion, l'ostéopathe oriente sa recherche diagnostique vers les structures anatomiques dont la restriction de mobilité est à l'origine du trouble fonctionnel, et sur les compensations que l'organisme suscite. L'identification de la cause définit le travail thérapeutique. Il est nécessaire d'avoir le diagnostic pour pouvoir commencer le traitement. La démarche diagnostique est donc forcément obligatoire et préalable à la démarche thérapeutique.



Dernière mise à jour : ( 20-07-2007 )
 
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