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Michel Fischer DO

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5. Complexe vertébral
Publié par JL Boutin, Webmestre   
29-06-2007
Index de l'article
5. Complexe vertébral
Pilier antérieur
Pilier postérieur
Zone intermédiaire
Trou de conjugaison
Rôle de la CV
Conclusion
Notes
 

d) Le trou de conjugaison.

Lieu de passage et de communication entre le canal rachidien et la région para-vertébrale, le trou de conjugaison est ovalaire à grand axe vertical. Plus petit qu'au niveau cervical, son axe transversal est dirigé franchement en dehors de telle sorte que les deux trous se font face et qu'une aiguille les traverse de part en part.

Situé en majeure partie derrière le corps vertébral sus-jacent et devant l'apophyse articulaire de la vertèbre sous-jacente, il est limité en haut par l'échancrure inférieure du pédicule de la vertèbre supérieure ; en bas par l'échancrure supérieure du pédicule de la vertèbre inférieure ; en avant par le bord postérieur du disque et par la partie la plus externe de la face postérieure du corps vertébral ; en arrière par la face antérieure de l'apophyse articulaire supérieure de la vertèbre inférieure et par l'interligne de l'articulation inter-aphophysaire. Il est à noter que le bord externe des ligaments jaunes vient en contact avec les articulations apophysaires et peuvent ainsi doubler la paroi postérieure du trou de conjugaison.

Au niveau thoracique, les rapports du trou de conjugaison et des ligaments jaunes sont intéressants : « les apophyses articulaires sont ici peu détachées des lames et l'interligne articulaire de l'articulation apophysaire est sensiblement dans un plan parallèle au ligament jaune. En sorte que les ligaments jaunes de la région thoracique tendent à former, au devant de la capsule de la petite articulation apophysaire, un épais matelas élastique dont les fibres verticales presque parallèles à celles de la capsule s'insèrent en bas juste en dedans de l'articulation et en haut juste au-dessus de la surface articulaire supérieure »(6)

Image
Le trou de conjugaison

Le trou de conjugaison laisse le passage à différents éléments (figure 32) :

  • aux artères radiculaires ;
  • aux veines qui à travers le trou de conjugaison font communiquer les réseaux veineux intra-rachidiens et le réseau veineux extra-rachidien. C'est tout un ensemble de plexus veineux longitudinaux antéropostérieurs au niveau de chaque vertèbre, débouchant dans les plexus transversaux latéraux qui encadrent le nerf rachidien et qui débouchent dans la veine collective (veine intercostale).

    « Le râle de ces plexus est des plus importants. Ils convoient tout le sang intra-rachidien, osseux et médullaire. Ils permettent en se vidant l'expansion systolique de la moelle et le 'déplacement’ (7)du liquide céphalo-rachidien. Leur congestion exerce vraisemblablement une influence sur le ganglion et le nerf rachidiens qu'ils enveloppent étroitement » (8).

  •  aux réseaux lymphatiques qui se jettent dans les ganglions paravertébraux : « les gaines sous-arachnoïdiennes et arachnoïdiennes se prolongent par de fins espaces, injectables sous pression, à l'intérieur des fibres des racines rachidiennes et au-delà du ganglion ; ce sont là des voies étroites. En plus d'elles, l'espace épidural contiendrait un certain nombre de ramifications lymphatiques qui se diviseraient dans des manchons vasculaires autour des artères spinales. A la sortie du trou de conjugaison, ces gaines lymphatiques feraient un anneau complet autour des vaisseaux sanguins et du funicule »(9).

  • au nerf rachidien qui est l'organe le plus intéressant du trou de conjugaison. Il est formé de la racine antérieure et de la racine postérieure avec son ganglion dont l'extrémité apparaît à l'orifice interne du trou de conjugaison. Les deux racines réunies en dehors du ganglion constituent le nerf mixte qui traverse le trou de conjugaison de dedans en dehors « situé près du centre du trou, accompagné d'un rameau artériel en contact intime, environné de tous côtés par les veines entre lesquelles l'importance masse cellulo-graisseuse du trou de conjugaison forme un matelas élastique parcouru par les lymphatiques »(10).

    Ce nerf mixte est extra-méningé, en dehors du liquide sous-arachnoïdien, mais entouré par la gaine duremérienne et par la lame épidurale ; il contient toutes les racines sensitives et motrices. FORESTIER appelle "funicule" le nerf mixte entre les racines médullaires individualisées et ses branches terminales à sa sortie du trou de conjugaison. A ce moment là, il se divise en ses deux branches terminales et émet sur sa face antérieure le nerf sinu-vertébral de Luschka.

     
  •  à des filets sympathiques mêlés dans le funicule avec les fibres cérébro-spinales.

  • à un tissu de remplissage du trou de conjugaison. C'est un tissu cellulo-graisseux qui contient de nombreux canaux lymphatiques. Cette graisse est assez fluide, lobulée et n'adhère ni aux parois, ni à la dure-mère. Elle forme une couche parfaitement cylindrique qui s'insinue entre les plexus et le manchon dural ; elle enveloppe le sac dural et masque les gaines durales des funicules.

Le trou de conjugaison présente, selon FORESTIER, trois compartiments nettement séparés : 

1. « au centre, un département nerveux et artériel, le funicule et l'artère spinale dans une gaine duremérienne cylindrique ;

2.  un espace annulaire, lymphatique, entourant les formations précédentes, et situé entre la dure-mère et la lame épidurale ;

3.  un deuxième espace annulaire, entourant les deux autres, c'est le département veineux entre la lame épidurale et le périoste du canal rachidien »(11).

L'orifice externe du trou de conjugaison est fermé par un « opercule fibreux, tendu sur le pourtour à la manière d'une peau de tambour sur son cadre... A la région dorsale, il forme un plan continu où s'isolent des faisceaux de renforcement des articulations costo-vertébrales. En avant, en haut et en bas, ce sont les fibres des ligaments rayonnés des articulations sus et sous-jacentes. En arrière, c'est le ligament cervico-transversaire intercostal, avec ses deux faisceaux antérieur et postérieur qui unit le col de la côte à l'apophyse transverse sous-jacente. Il s'en détache même un petit faisceau qui, né au point où l'opercule fibreux recouvre la tête de la côte, pénètre par le trou de conjugaison dans le canal rachidien pour se fixer, près de la ligne médiane, à la face postérieure du disque intervertébral. Sur cet opercule fibreux est encore jeté à la région dorsale la lame continue du fascia endothoracique appliqué à la face interne des côtes, si bien qu'après avoir traversé l'opercule, les organes du trou de conjugaison se trouvent dans l'espace intercostal »(12).

Cet opercule est percé de nombreux orifices : « au centre, celui du funicule et de l'artère spinale ; tout autour, ceux des plexus veineux rachidiens. Quand les organes du trou de conjugaison ont traversé cet opercule fibreux, ils sont désormais entourés d'une mince gaine celluleuse, qui ne ressemble en aucune faon à leurs enveloppes intra-rachidiennes ; si bien que l’on peut dire que l'enveloppe duremérienne du funicule se termine sur cet opercule fibreux, en mélangeant ses propres fibres avec celui-ci »(13).

Au nerf rachidien est associé le segment vertébral qui est défini comme le territoire et tout le territoire d'influence de ce nerf depuis sa sortie du trou de conjugaison jusqu'à la plus petite parcelle du tissu qu'il innerve. 

Ce segment rachidien comprend : 

  • LE DERMATOME, c'est-à-dire la portion de peau et de tissu sous-cutané innervé par le nerf rachidien,

  • LE MYOTOME , c'est-à-dire les muscles ou les faisceaux musculaires qui reçoivent leur innervation du nerf rachidien,

  • L'ANGIOTOME , c'est-à-dire les vaisseaux innervés par le nerf rachidien,

  • LE SCLEROTOME , c'est-à-dire la portion du squelette sous la dépendance du nerf rachidien,

  • LE VISCEROTOME , appelé aussi entérotome, c'est-à-dire les viscères innervés par le nerf rachidien,

  • LE NEUROTOME , c'est-à-dire le nerf rachidien lui-même et la fibre végétative qu'il contient.

 


Dernière mise à jour : ( 19-03-2008 )
 
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