|
Page 7 sur 10 IV - MOUVEMENT ACCOMMODATIF DE L’ANNEAU THORACIQUE AU MOUVEMENT VERTÉBRAL THÉORIQUE. Dans l'étude des mouvements théoriques de l'anneau thoracique, nous avons envisagé l'anneau thoracique comme élément moteur du mouvement avec ses répercussions sur la colonne thoracique. Il nous faut maintenant envisager la colonne thoracique comme élément moteur et étudier les positions accommodatives de l'anneau thoracique. 1 - LA FLEXION THORACIQUE Que fait l'anneau thoracique dans la flexion vertébrale ? En flexion, le corps vertébral s'incline vers l'avant et glisse vers l'arrière. Ce mouvement oblige les deux tètes costales à glisser en sens inverse, c'est-à-dire en avant et en bas. Comme l'élément moteur est la vertèbre thoracique, les deux anneaux thoraciques font une translation vers l'arrière.  Flexion thoracique Ce mouvement s'effectue dans l'espace. Mais par rapport à la vertèbre, les deux arcs costaux font une rotation vers le haut de telle sorte que l'extrémité antérieure se retrouve en haut, en avant et en dehors alors que le sternum recule et descend. Le diamètre transversal du thorax augmente alors que le diamètre sagittal médian diminue. On peut donc dire qu'à un mouvement de flexion, l'anneau thoracique répond par un mouvement d'inspiration ! (figure 63). Or nous avons vu précédemment qu'à tout mouvement d'inspiration thoracique, la colonne vertébrale répondait par une extension. Il y a donc contradiction. Cette contradiction n'est toutefois qu'apparente. En effet, dans le mouvement d'inspiration thoracique, la vertèbre se trouve en position neutre : elle accommode le mouvement de l'anneau thoracique dans une position d'équilibre (easy-flexion). Dans ce cas, le mouvement vertébral se passe UNIQUEMENT au niveau du disque intervertébral sans faire intervenir les facettes articulaires (elles sont par définition au repos). L'accommodation vertébrale est simplement une translation vers l'avant. L'engrenage thoracique n'est pas intervenu ! Par contre, dans le mouvement de flexion-vertébrale, la vertèbre est l'élément moteur non seulement le mouvement s'effectue autour du disque intervertébral, mais les facettes se déshabitent. L'engrenage thoracique fonctionne et les deux roues costales tournent en sens inverse de la roue centrale. Cette apparente contradiction entre le mouvement thoracique en position neutre et en flexion se retrouvera quand nous envisagerons le mouvement physiologique. L'anneau thoracique ne prendra pas la même position selon que le mouvement vertébral s'effectue d'après la première ou d'après la deuxième loi de Fryette. 2 - L'EXTENSION THORACIQUE Dans l'extension thoracique, le corps vertébral s'incline vers l'arrière et clisse vers l'avant. Les deux roues costales tournent en sens inverse : les têtes costales s'élèvent et glissent en arrière. L'anneau thoracique, antériorisé dans l'espace, répond par un mouvement bilatéral d'expiration (rotation bilatérale vers le bas). Les deux corps costaux augmentent leur obliquité vers le bas pendant que l'extrémité antérieure descend, recule et devient plus interne. Le sternum compense ce mouvement en se projetant en haut et en avant.  Extension thoracique A une extension thoracique, l'anneau costal répond par une expiration!(figure 64). Nous retrouvons ici, comme dans la flexion, cette apparente contradiction entre l'extension thoracique et l'inspiration thoracique. L'inspiration est un mouvement qui s'effectue en position neutre vertébrale et dans cette position, la vertèbre peut aussi bien s'incliner légèrement vers l'avant ou vers l'arrière sans perdre cette position neutre. C'est le problème de la plage articulaire de l'easy-flexion. En revanche, en extension, les facettes articulaires s'imbriquent et ce seul phénomène met en mouvement l'engrenage thoracique.D'ailleurs c'est pour permettre le jeu articulaire en easy-flexion que l'engrenage thoracique est un engrenage à deux axes coïncidents. Si les trois axes coïncidaient, ils seraient sur la même ligne. Les mouvements respiratoires ne s'effectueraient que si un mouvement correspondant (mais en sens inverse) de la colonne se produisait dans le même temps. La respiration serait alors sous la dépendance directe du jeu vertébral, La disposition anatomique de l'engrenage thoracique permet le jeu articulaire normal de la respiration sans entraîner de mouvement vertébral important. La fonction respiratoire est ainsi conservée quelque soit le jeu normal ou pathologique de la colonne vertébrale. 3° - LA Latéroflexion THORACIQUE Dans une latéroflexion droite par exemple, la vertèbre thoracique s'incline à droite ; la facette droite est imbriquée, la gauche déshabitée. Dans l'espace, la vertèbre glisse vers la gauche par déplacement de la ligne de gravité vers la gauche, entraînant l'ensemble de l'anneau thoracique dans une translation gauche (figure 65)  Latéroflexion thoracique A droite, la tête costale s'abaisse et recule légèrement. De ce fait, l'anneau effectue autour de l'axe 0'Y une rotation vers le haut. Le corps costal s'horizontalise, l'extrémité antérieure va en avant, en haut et en dehors tandis que le sternum recule et descend. A gauche, la tête costale monte et avance légèrement. De ce fait l'anneau effectue autour de l'axe OX une rotation vers le bas. Le corps se verticalise, l'extrémité antérieure va en arrière, en bas et en dedans tandis que le sternum avance et monte. Dans une latéroflexion, on a du côté concave un mouvement d'inspiration de l'anneau costal et du côté convexe un mouvement d'expiration. L'ensemble de l'anneau thoracique est légèrement déporté du côté convexe et le sternum subit un mouvement de glissement du côté convexe tout en étant incliné et en arrière du côte concave. Si ce mouvement de latéroflexion est poursuivi .jusqu'à sa limite extrême, il existe un mouvement compensatoire surajouté de l'ensemble de l'anneau thoracique. Ce mouvement se traduit par une rotation vers l'arrière de l'anneau droit et une rotation vers l'avant de l'anneau gauche (toujours dans le cas d'une latéroflexion droite). Cette rotation de l'ensemble de l'anneau thoracique permet de compenser le déplacement de la ligne de gravité vers la gauche provoqué par la latéroflexion droite excessive. Nous retrouvons ici, entre la latéroflexion en position neutre et en position extrême la même contradiction apparente que nous avons déjà trouvé pour la flexion ou l'extension. Le même mécanisme explique ce phénomène. D'un côté, les facettes articulaires restent en position neutre, de l'autre elles participent au mouvement. La répercussion de cette participation des facettes articulaires met en mouvement l'engrenage thoracique qui compense par un mouvement en sens inverse. 4° - LA ROTATION THORACIQUE Dans une rotation vertébrale, l'engrenage thoracique est très rapidement mis en mouvement et l'ensemble de l'anneau thoracique réagit par un mouvement de rotation en sens inverse : rotation antérieure à gauche, rotation postérieure à droite (pour une rotation vertébrale gauche). Toutefois, il existe en rotation comme dans les autres mouvements vertébraux, une plage articulaire dans laquelle l'engrenage thoracique n'entre pas en jeu. Cette plage articulaire de rotation est très limitée, mais elle n'en existe pas moins. Dans cette plage d' easy-rotation l'ensemble de l'anneau thoracique suit le mouvement de rotation vertébrale vers la gauche sans qu'il y ait à proprement dit de mouvement compensatoire des anneaux costaux.
|