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8. Physiologie de l'anneau
Publié par JL Boutin, Webmestre   
26-06-2007
Index de l'article
8. Physiologie de l'anneau
L´engrenage
Axes de mouvements
Rotation antéropostérieure
Bras de pompe
Anse de seau
Mouvements de l´anneau
Mouvements physiologiques
Conclusion
Notes
 

CONCLUSION


Cette étude des mouvements de l'anneau thoracique appelle plusieurs remarques :

1. - L'articulation costo-vertébrale semble être une articulation particulière. Comme l'a bien montré CRUVEILHIER, « la juxtaposition de deux os autrement que par leurs extrémités telle que celle qui existe entre le col de la côte et l'apophyse transverse est une particularité qu'on ne rencontre nulle part ailleurs » (3). Aussi, la description anatomique classique que nous avons reprise, si elle permet de bien analyser chaque articulation, ne permet pas de comprendre l'unité de cet ensemble. En revanche, l'étude physiologique de l'anneau thoracique montre bien que « l'union de la côte et du rachis forme un tout anatomique et physiologique : c'est une seule articulation à deux contacts articulaires » (4).
Et en effet, l'axe articulaire OX (ou O'Y) avec ses deux contacts vertébraux trouve son unité anatomique dans le ligament costo-transversaire interosseux. Ce ligament doit être considéré comme une véritable « membrane interosseuse » (5). Cette dernière comble l'espace entre l'apophyse transverse et le col de la côte ; elle est prolongée en avant par le ligament costo-vertébral postérieur. Il semble que le ligament interosseux, entre l'arête de la tête de la côte et le disque intervertébral, doit être, lui aussi, considéré comme un prolongement de cette membrane.

Autour de cette membrane, il existe deux lemniscates :

- une lemniscate ligamentaire horizontale constituée en avant par le faisceau moyen du ligament costo-vertébral antérieur, et, en arrière, par le ligament costo-transversaire postérieur. Cette lemniscate participe au mouvement de rotation antéropostérieure.

- une lemniscate ligamentaire verticale constituée en avant par les faisceaux supérieur et inférieur du ligament costo-vertébral antérieur (ligament rayonné) et en arrière par les ligaments costo-transversaires supérieur et inférieur. Cette lemniscate participe au mouvement de rotation vers le haut ou vers le bas (mouvement en bras de pompe et mouvement en anse de seau).

Ces deux lemniscates sont renforcées par le ligament costo-lamellaire.

2. - L'étude des mouvement vertébraux et de ses répercussions sur l'anneau thoracique montre qu'il faut envisager deux cas : un mouvement vertébral autour du disque intervertébral (position neutre ou easy-flexion) et un mouvement avec participation directe des facettes articulaires.

Dans le premier cas, mouvement autour du disque intervertébral, l'anneau thoracique reste relativement passif et suit le mouvement vertébral dans le même sens. De plus, le mouvement de l'anneau reste totalement libre et le jeu articulaire respiratoire est sauvegardé.

Par contre, à partir du moment où les facettes articulaires interviennent, l'anneau costal accommode le mouvement vertébral par un mouvement en sens inverse (mise en jeu de l'engrenage thoracique). Cette compensation de l'anneau thoracique s'effectue sur l'axe OX et O'Y. De ce fait, tous les paramètres de l'anneau costal entrent en jeu et le mouvement respiratoire cadencé est très limité. Cette compensation entraîne obligatoirement une position symétrique d'inspiration ou d'expiration en flexion-extension, et une position asymétrique d'inspiration d'un côté et d'expiration de l'autre côté dans la latéroflexion et la rotation. Il va sans dire que dans ces deux derniers cas, le mouvement respiratoire est largement restreint.

3. - Il existe plusieurs lemniscates fonctionnelles autour de l'anneau thoracique : 

- une lemniscate entre d'une part les diamètres transversal et latéral de l'anneau thoracique et d'autre part le diamètre sagittal médian : toute augmentation d'un diamètre entraîne nécessairement et obligatoirement une diminution du diamètre opposé. Inversement, toute diminution d'un diamètre entraîne une augmentation de l'autre.

- une lemniscate entre l'extrémité antérieure de la côte et le sternum dont le point d'équilibre est le cartilage costal à tout mouvement de l'extrémité antérieure de la côte vers l'avant répond un mouvement opposé du sternum en arrière et en bas ; tout mouvement vers l'arrière de l'extrémité antérieure costale entraîne une réponse du sternum en haut et en avant. Inversement, tout mouvement du sternum en arrière et en bas entraîne un mouvement de l'extrémité antérieure de la côte en avant, en dehors et en bas.

- une lemniscate entre le sternum et la colonne thoracique : tout mouvement d'extension thoracique entraîne un mouvement d'inspiration du sternum en bas et en arrière ; tout mouvement de flexion thoracique entraîne un mouvement d'expiration sternale en haut et en avant. Inversement, tout mouvement vers le bas et l'arrière (ou vers le haut et l'avant) du sternum nécessite un mouvement compensatoire de la colonne thoracique en extension (ou en flexion).

4. - Toute étude physiologique ostéopathique nécessite de faire la différence entre le mouvement global (c'est-à-dire dans l'espace) et le mouvement ostéopathique. Ce dernier est un micro mouvement autour des axes de chaque articulation. Il se définit comme le mouvement effectué par un os par rapport à un autre considéré comme fixe. Ainsi, dans la rotation postérieure de l'anneau thoracique, la vertèbre thoracique est considérée comme fixe ; l'anneau costal tourne vers l'arrière sur son axe OX. De la même manière, au niveau de l'articulation chondro-sternale, en rotation postérieure, l'extrémité du cartilage se déplace en avant, en haut et en dehors par rapport au sternum. Mais par rapport à cette extrémité cartilagineuse, le sternum se déplace en arrière, en bas et en dedans. L'ensemble du mouvement ostéopathique de l'anneau costal donne le mouvement global, c'est-à-dire le mouvement de l'anneau thoracique dans l'espace par rapport à une position de départ dite position de référence. Par exemple, en position d'inspiration, le sternum est projeté dans l'espace (mouvement global) en avant et en haut ; le mouvement ostéopathique du sternum est un mouvement en bas et en arrière, mais par rapport à l'extrémité antérieure de la côte ou du cartilage costal.

Ces deux mouvements semblent contradictoires et opposés. En fait, cette contradiction n'est qu'apparente : les deux mouvements existent, mais l'un, le mouvement global, n'est que la résultante de l'autre, le mouvement ostéopathique.

 


Dernière mise à jour : ( 19-03-2008 )
 
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