Flash info

Pour les professionnels : Dans le cadre d’un mémoire de Master 2 en sciences de l’éducation...
Lire la suite...
 

Accueil arrow Tribune libre arrow Le chemin de nos mains
Le chemin de nos mains
Publié par JL Boutin, Webmestre   
20-07-2007
Index de l'article
Le chemin de nos mains
La main
Quand le mental...
Les mains
Attention et intention
Pédagogique
En consultation
Conclusion et notes

L’attention et l’intention

Il ne suffit pas de poser ses mains sur un patient pour obtenir multitude d’informations, de la même façon qu’il ne suffit pas de demander à quelqu’un « comment allez-vous? » pour avoir de ses nouvelles. La réponse à cette question dépend souvent de la façon dont elle est posée et de l’implicite compréhension du niveau d’attente de celui qui la pose par celui qui répond. A une question mécanique, réponse mécanique : « ça va » même si au fond rien ne va. Si un réel intérêt semble manifesté dans la question formulée mais que l’espace offert à la réponse reste limité (le questionné jugeant par exemple le questionnant comme non prêt à recevoir la réponse dans toute sa profondeur) la réponse sera peut-être « j’ai mal à la tête » alors que dans une relation différente elle aurait pu être «j’ai la rage depuis que mon patron m’a humilié lors d’une réunion, je n’ai pu rien dire, j’ai la tête qui va exploser.. ». Ainsi autant de niveaux de réponses possibles selon la perception qu’a le questionné de l’attention et l’intention du questionnant. Le phénomène est identique entre touchant et touché. Borris Dolto disait : « si des paroles peuvent être touchantes c’est bien parce que des gestes peuvent être éloquents » L’attention et l’intention présentes dans le toucher conditionnent directement le niveau de réponse donné par les tissus, donc les informations obtenues et le niveau du traitement effectué. Qu’est ce que j’entends par niveau du traitement puisque le patient vient avec une demande, l’exprime et que le bon traitement consiste à y répondre ? Certes mais la demande formulée en cache parfois une autre au moins aussi importante qui motive tout autant la consultation mais dont le patient ne dira mot. Ailleurs la demande sera bien formulée mais la solution thérapeutique ne se révèlera qu’avec la justesse, la pertinence du toucher. Mme X. consulte pour des douleurs du flanc droit, invalidante, attribuées à une ptose rénale qui a été opérée sans rien apporter comme soulagement. Elle a déjà été manipulée sans succès. Mme X. tait son enfance battue, elle n’a pas conscience du fait que des manipulations trop physiques la renvoient à ses souffrances anciennes. C’est la juste présence de la main, la juste écoute des tissus qui autorisera ces révélations silencieuses et permettront un traitement efficace par une main qui ici devra être tendre, maternelle et reconstructive. Ainsi à travers l’interface de la main posée, le touchant est touché et inversement. Le patient sent jusqu’où il peut se livrer, jusqu’où peut aller sa demande. « Ce que nous projetons chez notre patient ce sont nos modèles et nos représentations personnelles. Cette conscience fait également ressortir un aspect plus négatif: elle nous permet d’imaginer que nous projetons également nos limites et les tissus vivants répondent par conséquence dans le strict cadre de nos propres limites. J’irai même plus loin en disant que nos tissus manifestent sans doute nos limites.. »(3). Dans le cas de cette patiente plusieurs réponses furent données, une au soulagement des douleurs du flanc droit, demande formulée par la patiente, une autre aux souffrances non formulées de réparation d’une blessure affective liée à l’enfance qui entravait sa vie de femme.

Le travail d’écoute de la main suppose une prise de conscience de l’importance de l’attention et de l’intention dans le toucher. L’ostéopathe définit son champ d’attention et son intention, et, ce qui est plus difficile, au fil de la consultation doit pouvoir les faire évoluer en réponse aux demandes tissulaires du patient.

 


Dernière mise à jour : ( 03-12-2007 )
 
< Précédent   Suivant >
© 2001-2008 Jean-Louis Boutin et le Site de l'Ostéopathie. Informations Légales
Le Site de l'Ostéopathie est déclarée à  la CNIL (Commission Nationale de l'Informatique et des Libertés) sous le n° 723319.