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Témoignages d'ostéopathes - R. Lalauze-Pol |
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Écrit par Jean-Louis BOUTIN
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02-04-2006 |
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Page 2 sur 3 Jean Paul Saby Entretien avec Jean Paul Saby Date : Le 6 juin 2005 Dans son livre « Bien naître par l’ostéopathie » Jean Paul Saby pose la question « A quand les ostéopathes en maternité ? » Il nous paraît intéressant de pousser ‘la page’ un peu loin et d’aller à sa rencontre. Jean Paul Saby est ostéopathe depuis 1981. Il a fait ses études à Maidstone et son mémoire porte sur les algoneurodystrophies réflexes. Il exerce à Lyon avec une clientèle composée à 80% d’enfants. Il est membre actif de l’Académie Ostéopathique. -
Ses écrits -
Qui vous a donné goût à l’approche des nouveaux-nés? -
Travaillez-vous effectivement dans une maternité ? -
J’interviens, à la demande, depuis mars 2005 à la clinique Montplaisir, à Lyon, actuellement 2500 naissances par an. Il y a un projet de regroupement de 3 maternités lyonnaises avec 4500 naissances. -
Quel est votre statut? -
Quand intervenir sur le nouveau-né ? -
A partir du moment où le bébé est paisible, digère et dort bien, il n’y a aucune raison d’intervenir et cela représente 75% des nouveaux-nés en maternité. Le bébé est « une usine à fabriquer la protéine cérébrale » qui va permettre son développement crânien. Toutefois, aborder le crâne du nouveau-né n’est pas « la partie la plus importante ». Il doit être calme pour avoir une excellente activité digestive et éliminatoire. -
Sur quels critères intervenir ? -
Le nouveau-né qui présente des troubles d’ordre digestif (bien que les coliques du nouveau-né n’apparaissent pas avant 3 semaines ou 3 mois d’après « Jean Navarro : gastro-entérologue pédiatrique» ces coliques seraient dues, entre autre, à l’étirement du muscle de Treitz et du ligament phréno-colique droit). -
Lorsque l’accouchement a été difficile, avec appui sur le ventre de la mère ou l’utilisation d’instruments d’extraction. -
Lorsque le nouveau-né refuse le sein -
Lorsqu’il y a un déficit respiratoire qui peut être lié, par exemple, à un recul de Nasion. -
Lorsqu’il a des ronflements. Ainsi une intervention ostéopathique systématique de routine dans les 3 jours qui suivent la naissance a « un apport plus nutritif que thérapeutique ». Encore faut-il que les praticiens soient pointus dans ce domaine afin que l’enfant ne perde pas ses chances de bien-être. L’Académie Ostéopathique de France a créée, à la requête du R.O.F (Registre des Ostéopathes de France) une commission d’appel (échéance 2005) pour mettre à disposition des praticiens « les règles de bonnes pratique en ostéopathie du nouveau né et du nourrisson » -
Pensez-vous qu’il faille être spécialiste du nouveau-né pour intervenir en maternité ? -
Non il ne faut pas être spécialiste mais il est nécessaire d’être COMPÉTENT. De même que le dentiste acquiert une compétence en orthodontie ou que le chirurgien pédiatre s’occupe d’un petit, l’ostéopathe qui acquiert une compétence auprès du nouveau-né ne doit pas faire une petite ostéopathie mais une ostéopathie du petit. Il en va de même pour les personnes âgées. La gériatrie n’est pas la médecine générale du vieux.L’enfant de 0 à 9 mois n’est pas verticalisé, les lignes de forces sont donc différentes et ce jusqu’à l’acquisition de la marche. On ne peut donc pas appliquer une « globalité de petit d’adulte ». Un mémoire est actuellement en cours de réalisation par une étudiante en ostéopathie « l’anatomie du nouveau-né ». Certains éléments anatomiques de ce mémoire sont assez parlant comme : -
Le diaphragme est vertical et plan en position couchée. -
Le thymus est quadrilobé -
l’artère rénale est perpendiculaire à l’aorte -
les surrénales sont très développées -
Comment voyez-vous la formation de ces ostéopathes ? -
Un cadre théorique : une bonne formation théorique répartie sur 3 séminaires incluant une grande part de sémiologie pédiatrique et obstétricale. -
Un cadre pratique : plusieurs jours auprès d’un praticien en cabinet ou maternité. Cette formation doit être échelonnée dans le temps et proposée à des ostéopathes ayant fini leur cursus scolaire depuis au moins 3 ans. J’ai un projet de mise en place de ce type de formation à l’horizon 2007. -
Quelles sont les qualités requises pour intégrer une maternité ? L’ostéopathie est complémentaire de QUOI ? Le médecin doit comprendre ce que l’on fait. Et pour cela c’est notre GESTE qu’il apprécie mais aussi : -
La COMPÉTENCE Elle est reliée à la réputation que nous avons. -
La CONNAISSANCE Savoir diagnostiquer une invagination intestinale, par exemple, et donc connaître nos limites et orienter le nouveau6né vers les médecins compétents. -
Et surtout ne pas oublier la phrase de Andrew Taylor Still : « La structure gouverne la fonction ».
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