Flash info

Des procès pour museler l’expression libre !

Michel Fischer DO

Lire la suite...
 

Accueil arrow Blog arrow Grossesse, hormones et ostéopathie
Grossesse, hormones et ostéopathie
Publié par JL Boutin, Webmestre   
16-11-2005
Index de l'article
Grossesse, hormones et ostéopathie
Descriptif
Table des métières
Bonnes feuilles
1. Histoire...
2. Le petit chemin
3. Le casque
2. Le petit chemin

2. - « Le petit chemin »

Le « Syndrome du rez-de-chaussée », avec son accumulation d'adhérences, de fibrose et de restrictions tissulaires, est, à mon sens, un syndrome assez facile à comprendre et à justifier. Je suis très étonné qu'il n'ait jamais été mis en évidence.

Du côté de la médecine classique, la lente désaffection pour le toucher dans les examens cliniques, au profit d'une imagerie et d'analyses biologiques de plus en plus performantes, permet de le comprendre. Quand bien même, on déciderait de réintégrer l'usage de la main dans l'évaluation de la texture du ventre des femmes enceintes, lors des études médicales, il faut bien préciser que dans ce domaine, le simple toucher n'est pas suffisant pour renseigner : ce qui fait la différence, c'est l'expérience issue de palpations comparatives. Cela suppose plusieurs années de pratique et de recherches curieuses. J'insiste sur cet aspect, car certains, voulant vérifier la validité de mes affirmations, vont se précipiter sur quelques ventres de femmes et, ne sentant pas grand-chose, vont d'emblée, avec une moue négative, en rejeter le principe. Ces sensations tissulaires doivent être mises en évidence par de nombreuses manipulations et tests successifs.

Je suis en revanche plus surpris que les ouvrages de thérapie manuelle à orientation viscérale n'en fassent pas mention. Il est vrai que la littérature ostéopathique consacrée à l'univers de la grossesse est assez pauvre. Signalons le très bel ouvrage de Jean-Paul Saby, Bien naître par l'ostéopathie, qui évoque les problèmes de plancher pelvien, d'utérus rétroversé, de lombalgies ou de sciatalgies, mais la nécessité de libre expansion de l'utérus n'y est pas abordée. Et pourtant, comme je vais tenter de l'expliquer, c'est l'un des problèmes les plus fréquents de la grossesse occidentale, l'époque actuelle.

Rappelons que ce qui m'a marqué et interpellé en tout premier, c'est la texture globale du ventre des femmes ou des adolescentes prenant des hormones synthétiques. Cette texture me donnait deux impressions essentielles :

premièrement, la sensation que tout était collé à l'intérieur, les intestins, les viscères et les organes génitaux, rassemblés en un seul « bloc de silicone » ;

deuxièmement, en posant simplement ma main, sur certains ventres, je ressentais une sorte de picotement que je déterminais comme une fréquence inhabituelle émise par le corps et, plus particulièrement, par la région du ventre. J'ai dénommé cette impression dérangeante et désagréable : « sensation Tchernobyl ». Il est probable que ce genre de ressenti est de l'ordre du subtil, mais il n'empêche que pour mon expérience, c'est d'une évidence tellement immédiate, qu'elle déclenche instantanément la question suivante : « Prenez-vous des hormones ? »

La réponse est parfois « non », à ma grande surprise. Elle m'a obligé à corriger ma question : « Prenez-vous la pilule ? » Et cette fois la réponse est affirmative : « Ah oui bien sûr, suis-je bête, il y a aussi des hormones dans la pilule. »

Au sujet du bloc de silicone, je voudrais préciser quelques notions relatives à mon expérience tactile.

Si j'ai pratiqué, somme toute, assez peu de dissections, quelques-unes quand même en première année de médecine, en kinésithérapie et en ostéopathie, je revendique par contre une expérimentation beaucoup plus convaincante sur la nature du viscéral ; les dissections de laboratoire nous présentent des tissus traités au formol, qui ont acquis une texture dure et inerte, très éloignée de la consistance du vivant.

Mes parents ont été successivement agriculteurs au Maroc, puis en France. J'ai eu la chance, je considère cela comme une chance aujourd'hui, mais à l'époque, le sentiment était mitigé, mi-curiosité, mi-dégoût, de pouvoir (ou devoir) sacrifier un certain nombre d'animaux destinés à l'alimentation de la famille.

J'ai donc dépecé poulets, lapins, moutons, cochons, et même des vaches ou certains produits de la chasse tels que sangliers, lièvres, perdreaux, bécasses et faisans. Je ne m'arrêterai pas sur les différentes techniques de dépeçage et de sacrifice, mais je m'aperçois, avec le recul, que c'était un apprentissage nécessaire sur la véritable nature, la véritable origine de notre alimentation. Le plus souvent, mon père me demandait d'aller nettoyer tout le « tripou » à l'aide du tuyau d'arrosage de l'écurie. J'ai donc plongé un nombre incalculable de fois mes mains dans cette masse mouvante, chaude, visqueuse et fumante de boyaux et de viscères...

Ce qui m'a marqué, et qui est directement lié à mon expérience de la texture du viscéral, c'est l'extrême mobilité des organes viscéraux, forcément reliés, attachés entre eux mais de façon particulièrement souple. Il me revient cette phrase, dont j'ai oublié l'auteur : « Les liens souples sont la force d'une amitié durable », phrase qui s'applique parfaitement à l'univers viscéral. D'ailleurs, dans tous les ouvrages de chirurgie, la libération des accolements est considérée comme une manœuvre primordiale.

Cette notion de liens souples s'est donc inscrite définitivement dans ma mémoire sensorielle. Lorsqu'à l'âge de trente ans j'ai commencé à pratiquer l'ostéopathie, ces expérimentations de l'enfance sont venues s'ajouter et se superposer aux nombreuses expériences tactiles et thérapeutiques sur le ventre humain, celui des femmes en particulier.

C'est à partir de ces notions que j'ai pu établir les constats de manque global de mobilité viscérale et surtout, cette sensation de « figeage-collage » que j'ai appelée « bloc de silicone », qui ne concernait pas seulement les organes intra-péritonéaux mais également les organes du petit bassin et en particulier l'utérus, les trompes, les ovaires, ainsi que les espaces rétro-péritonéaux.

Je me suis penché intensément et en détail sur l'étude de l'anatomie du système génital féminin, afin de comprendre les mystères et les subtilités des connexions physiologiques dans le cadre du « normal » d'abord, pour ensuite les comparer à « l'anormal ».

C'est dans cette phase, en redécouvrant l'agencement et les rapports si particuliers de l'utérus, des trompes et des ovaires avec le péritoine, que j'ai trouvé ce « petit chemin » qu'est « l'ostium abdominal » (ou orifice péritonéal). C'est par ce petit conduit que j'ai voyagé pour comprendre les mécanismes du collage incriminé. C’est pour cela que je recommande aux plus curieux, et notamment aux étudiants, de ne pas faire l'impasse sur les chapitres d'anatomie de cet ouvrage.

Le fondateur de l'ostéopathie, Andrew Taylor Still (1828-1917), au sein de son école de Kirksville dans le Missouri, était particulièrement attaché à l'enseignement de l'anatomie. De même, William Garner Sutherland (1873-1954), qui a posé les bases du concept crânien, n'aurait jamais pu échafauder une telle théorie sans une connaissance anatomique poussée. On ne peut donc faire l'économie du parfait apprentissage de l'anatomie, si on veut espérer comprendre le fonctionnement du corps humain ; cela nous rapproche du chirurgien, expert en ce domaine.

En passant par ce petit tunnel qu'est l'ostium abdominal, je me suis retrouvé dans le péritoine et plus particulièrement propulsé dans le liquide péritonéal. Là également, il me semble indispensable d'insister sur les chapitres relatifs à l'anatomie et à la physiologie de l'univers péritonéal.

Pour retrouver un mécanisme potentiellement responsable du collage et ayant un rapport vraisemblable avec l'addition d'hormones synthétiques, j'ai longtemps réfléchi et prospecté à la recherche de la moindre explication, tout en continuant à travailler et à tester des milliers de ventres, afin d'étayer cette intuition.

Puis le chemin s'est précisé de lui-même. Mes amies gynécologues m'ont parlé de l'endométriose péritonéale et j'ai instantanément entrevu une piste potentielle. Nous avons longuement disserté sur ce sujet, et elles ont eu la gentillesse de me confier tous les documents qu'elles possédaient. Tout s'est ensuite clarifié et mis en place dans mon esprit : les mécanismes de transport, puis de greffe cellulaire de l'endomètre dans le péritoine, les conditions favorables d'implantation, représentées par l'addition de substances oestrogéniques synthétiques, les réactions du corps à cette présence aberrante, les produits délétères dégagés par le combat des macrophages, la fibrose, les accolements, les adhérences, ainsi que le transport et la colonisation à distance de nouveaux groupes cellulaires par le biais de certains facteurs hormonaux... Voilà donc une belle saga :

Entrons donc dans l'univers étouffant du « Syndrome du rez-de-chaussée ».



Dernière mise à jour : ( 19-04-2008 )
 
< Précédent   Suivant >
© 2001-2008 Jean-Louis Boutin et le Site de l'Ostéopathie. Informations Légales
Le Site de l'Ostéopathie est déclarée à  la CNIL (Commission Nationale de l'Informatique et des Libertés) sous le n° 723319.