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Michel Fischer DO

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Publié par JL Boutin, Webmestre   
05-12-2006
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Rapport du 20 novembre 2006

Rapport du 20 novembre 2006

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Face au problème que semble poser la périnatalité dans le dossier reconnaissance de la profession d’Ostéopathe, le CDOP tient à souligner les points suivants, incontournables pour envisager la situation de façon pertinente. Il convient pour éclairer les décisions d’envisager à la fois la Valeur Ajoutée apportée par la présence d’ostéopathes en Maternité, mais également les problèmes posés à l’heure actuelle par l’exercice en environnement périnatal, et bien entendu les solutions que préconise le CDOP.

Valeur Ajoutée des Ostéopathes dans l’environnement périnatal

La présence suivie d’ostéopathes dans le monde des maternités remonte à moins de dix années.

En ce qui concerne les nouveaux-nés, un certain nombre de pédiatres de ces maternités avait déjà conscience depuis longtemps qu’il existait  un vide sémiologique entre ce qui pouvait être perçu sur le plan clinique, et l’impression d’inconfort voire de souffrance que pouvaient manifester certains enfants dont l’examen clinique était strictement normal. Le traitement allopathique de ce type de manifestation est peu satisfaisant et sert autant de signal de prise en charge adressé à la famille que de réel traitement. Ces signes, sous l’angle ostéopathique, prennent leur origine à trois sources différentes :

  • Soit la nécessité d’adaptation lente du fœtus à un environnement utérin contraignant. Les orthopédistes par exemple connaissent bien les instabilités de hanches. Est il difficile à comprendre que si un fœtus présente un signe de hanche, il est probable que les articulations voisines présenteront des problèmes fonctionnels ? Qu’il est même possible sinon probable que si le bassin a été obligé de s’adapter il serait étonnant que le corps du fœtus n’ait pas subi un contre appui par exemple cervical l’ayant également contraint à l’adaptation à ce niveau ?
  • Soit l’intensité de l’accouchement qui peut avoir créé un véritable tableau algique en créant une Dysfonction primaire traumatique.
  • Soit la difficulté d’adaptation de l’enfant à l’environnement extra-utérin amenant des sémiologies caractéristiques  (le plus souvent digestives à cet âge).

La sémiologie ostéopathique prend en charge ce type de manifestation du nouveau-né à travers ce que Beryl ARBUCKLE ostéopathe (pédiatre de formation), avait  désigné il y a 60 ans comme une « sémiologie infra clinique » c'est-à-dire la collection des signes sans signification clinique pour un allopathe, qui appellent l’ostéopathe à effectuer un examen ostéopathique spécifique. Le modèle diagnostic ostéopathique (Diagnostic spécifique Ostéopathique DSO) par son approche clinique tissulaire fine permet cette évaluation fonctionnelle et infra clinique propre à expliquer les dysfonctionnements précoces du nourrisson et surtout à anticiper sur certains désordres ultérieurs (développement psychomoteur, sensoriel, croissance générale et morphologique).

L’approche ostéopathique néonatale ne peut donc se substituer à l’évaluation pédiatrique anté ou post natale, mais propose (comme pour l’adulte) une lecture différente de l’individu (ici le mot individu prend tout son sens) permettant d’apporter, dans de nombreux cas une explication et une solution thérapeutique curative précoce ou préventive à de nombreux troubles  fonctionnels.

La communication entre ostéopathes et pédiatres s’est alors établie à travers cette sémiologie infra clinique. Elle a servi à établir une échelle d’évaluation du nouveau-né permettant à tous les allopathes d’établir une sorte de hiérarchisation des signes infra cliniques en fonction de leur nombre et de leur importance.

Grâce à cette échelle créée il y a quelques années à la « clinique des Vallées » (Intégrée maintenant à l’Hôpital Privé d’Antony) ainsi qu’à la Clinique  A. Paré de Bourg La  Reine, les équipes obstétrico-pédiatriques ont pu :

  1. évaluer subjectivement  les enfants qui pourraient tirer bénéfice d’un traitement ostéopathique.
  2. évaluer  le niveau et la vitesse de récupération de l’enfant par rapport à cette échelle.

Les items de cette échelle ont été utilisés pendant plusieurs années, et ont servi de base à la compréhension réciproque ; elle n’a plus besoin d’être utilisée par exemple à Antony où tous ont intégré sa substance à leur examen. La demande de consultation ostéopathique par le pédiatre l’intègre aujourd’hui naturellement sans avoir besoin de s’y référer factuellement.

Depuis plusieurs années, les pédiatres de l’Hôpital Privé d’Antony ont donc suffisamment confiance dans ce moyen d’évaluation pour conseiller une consultation dont on ne doit pas oublier qu’elle est payante à Antony (le montant de la consultation ostéopathique y est de 60,00€ non prise en charge par la  Sécurité Sociale). L’évaluation de cet apport ostéopathique et de la pérennité de ce système se basent sur des critères objectifs qui sont :  

1) La satisfaction des patients

Aucune remontée négative n’a été répertoriée à ce jour, notamment au niveau de l’administration de l’Hôpital, qui n’a, on le comprend bien, aucun intérêt  à héberger gracieusement des praticiens qui feraient du tort à l’image de la structure qu’elle gère.

2) Le regard des pédiatres

Les pédiatres ont observé un véritable bénéfice pour les enfants. Ils ne participeraient pas à maintenir ce système sinon. Ils affirment même être aidés par l’approche ostéopathique dans la prise en charge de cas qui nécessiteraient une forte présence de soutien de l’équipe de puériculture, si les ostéopathes n’étaient plus présents.

Les problèmes, les solutions

On peut considérer que la malhonnêteté de certains individus qui s’intitulent « ostéopathes » n’est pas de la responsabilité de la profession, mais de celle des pouvoirs publics qui les laissent s’engouffrer dans une brèche qu’ils maintiennent ouverte ; le CDOP considère comme ostéopathe un praticien ayant suivi le cursus d’étude requis par le Registre des Ostéopathes de France. Il y a bien évidemment dans le milieu périnatal des personnes qui profitent du vide juridique actuel. Il serait inique de généraliser. 

Le principal problème vient du manque cruel d’ostéopathes référents en périnatalité pour les raisons suivantes :

1 : L’inexpérience

L’abord du monde périnatal ne peut se faire sans une véritable maturité thérapeutique ; ce n’est pas une « spécialité », c’est un abord qui ne peut se faire que lorsque le praticien est expérimenté ou lorsqu’il intervient chapeauté par un praticien référent. Nous pensons que beaucoup de nos adversaires ont confondu inexpérience et incompétence dans les contacts qu’ils ont pu avoir avec beaucoup de jeunes confrères (certains ont probablement été heureux de le faire). Il ne faut d’ailleurs pas les encourager à se lancer seuls, trop tôt, dans ce domaine particulier.

2 : L’absence de recommandation de bonne pratique

Ce problème est en voie de résolution puisque l'Académie d'Ostéopathie de France travaille sur la prise en charge ostéopathique du nourrisson, afin de fournir au ROF les données utiles à la rédaction de recommandations de bonne pratique.

3 : L’isolement

La pratique d’un ostéopathe seul (à fortiori inexpérimenté), non intégré dans un réseau multidisciplinaire de praticiens, peut-être dommageable au patient : une Dysfonction Ostéopathique peut se matérialiser en quelques jours, et être passée inaperçue lors d’un examen même récent. On se retrouve alors confronté à un phénomène de « perte de chance » par le patient si l’ostéopathe n’a pas de  contact avec celui qui devrait être son correspondant.

La programmation, trop rapprochée dans le temps, de consultations (tentante en exercice isolé) pour surveillance n’est pas une solution universelle : certains reprochent aux ostéopathes de surprogrammer  des consultations inutiles, amalgamant ainsi avec plus ou moins de bonne foi, comme exposé plus haut, isolement dans la pratique, inexpérience et incompétence (voire malhonnêteté).

4 : La pauvreté de la recherche

L’impossibilité d’accès à des services hospitaliers référents dans un encadrement pluridisciplinaire et doté de moyens de recherche appropriés, ne permet ni la validation ni l’amélioration des procédures diagnostiques et thérapeutiques.

Les ostéopathes se sont heurtés systématiquement à une fin de non recevoir des structures hospitalières.

Dans  son mémoire sur la reconnaissance de l’ostéopathie en 1990-1993, le secrétaire de l’Ordre National des Médecins tenait à T. Leboursier DO MROF, en substance, ce discours : « vous n’avez validé aucune de vos hypothèses, faites-le, et on en reparlera, mais ne comptez pas sur la médecine pour vous permettre de faire ces recherches  » (le texte exact de l’interview est disponible).

Démarche bien peu scientifique, qui dénotait un préjugé assez peu compatible avec l’enjeu de santé publique censé être à la base de l’exercice médical. Relever cet argument de nos adversaires se retourne en notre faveur : la science c’est valider ou invalider une observation. Nier l’observation, c’est dogmatique.

5 : Le peu de formations professionnelles de qualité :

Le travail d’évaluation de la pratique ostéopathique en milieu néo natal s’est heurté à plusieurs écueils difficiles à surmonter.

En l’état actuel d’exercice de l’art ostéopathique : l’impossibilité d’assurer aux ostéopathes en formation une qualification initiale suffisante pour la prise en charge d’une population à laquelle ils n’ont pas accès.

 S’est ainsi développée, du fait de la non réglementation de la profession et donc de l’impossibilité de compléter la formation théorique et surtout pratique des professionnels, une ostéopathie périnatale hétéroclite et  parfois non éclairée, fondée simplement sur l’adaptation sur l’enfant, des concepts et principes ostéopathiques de l’adulte.

Les conditions pour que, dans ce domaine, se développe avec la sécurité et l’efficacité maximum sont à notre sens :

  • Une formation ostéopathique générale complète à temps plein sur 6 ans sans pré requis médical ou paramédical, ou à temps partiel avec un pré requis. 
  • Un exercice exclusif de l’ostéopathie, seul propice à assurer l’efficience diagnostique et thérapeutique et la sécurité du patient.
  • Une formation diplômante spécifique en ostéopathie périnatale comprenant un enseignement pluridisciplinaire à la fois théorique et pratique.

Les limites de l’ostéopathie périnatale ne sont actuellement pas connues compte tenu des éléments précités mais l’interdiction d’accès aux nouveaux-nés pour les ostéopathes qualifiés présente un inconvénient majeur et un risque :

L’inconvénient de ne pas exploiter convenablement un potentiel reconnu aujourd’hui par de nombreux néonatalogistes. 

Le risque de laisser hypocritement se développer une pratique diluée, obscure, et aléatoire de cette discipline sous d’autres appellations et ceci sans aucune cohérence clinique.

En Conclusion

Les idées fortes à relever sont :

  • Les ostéopathes sont considérés comme indispensables dans les maternités où ils interviennent pour peu qu’ils aient une expérience et une formation suffisante.
  • Leur principale faiblesse tient au manque de formation spécifique, qui est le seul moyen à court terme de pallier à l’inexpérience et d’homogénéiser les pratiques.
  • L’ostéopathie dans le cadre périnatal perd de sa qualité dés lors qu’elle n’est pas intégrée dans un véritable réseau de soins.
  • La pratique ostéopathique  en néonatalogie ne disparaîtra pas du seul fait de la parution des décrets tels que rédigés dans leur dernière version ; les patients y sont trop attachés, relayés par les grands médias. En revanche, cette pratique risque d’exister de façon semi clandestine pratiquée sans contrôle ni enseignement, par des praticiens non identifiés.


Dernière mise à jour : ( 27-07-2008 )
 
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