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Lettre ouverte au ROF
Publié par JL Boutin, Webmestre   
24-11-2007

Lettre ouverte au Bureau du ROF suite à l'Assemblée générale du 27 octobre 2007

 

Lire également : Lettre ouverte au ROF. Voici l’avis d’un adhérent

A l’issue de la dernière assemblée générale, beaucoup de questions (et parfois quelques inquiétudes…) ont été générées par les sujets abordés ou par les positions prises par le ROF. Dans son rapport moral, le président a consacré beaucoup de temps à la formation, sujet important par bien des aspects.

Mais, au-delà de la formation stricto sensu, c’est l’avenir même de notre profession qui est en jeu ainsi que le rôle du ROF au sein de cette profession.

Par cette lettre ouverte nous nous adressons bien sûr au bureau du ROF et nous attendons qu’il nous apporte toutes les réponses attendues.

Souhaitant favoriser l’échange et la transparence, nous rendons cette lettre publique car nous considérons que son contenu concerne et intéresse tous les adhérents actuels et futurs de notre mouvement…

 

Quel avenir pour le label D.O.MROF ?

 

Nous sommes particulièrement attachés à la préservation et la valorisation de ce label.

Le maintien d’un mémoire de fin d’études et surtout l’exigence d’un enseignement pluridisciplinaire nous semblent indispensables.

Toutefois, le nouveau cadre légal et les conditions dans lesquelles les établissements s’y adaptent nous incitent à demander, de manière urgente, la redéfinition des critères d’accès à ce label afin que celui-ci corresponde à un niveau de connaissances et de compétences supérieures.

Nous considérons que les enjeux liés à cette question sont insuffisamment pris en compte aujourd’hui par le bureau du Registre.

 

La fin de l’approche globale de l’ostéopathie… ?

 

Nous nous inquiétons de l’évolution de la définition même de l’ostéopathie dans une approche globale et surtout des positions que le bureau du ROF semble défendre concernant l’ostéopathie crânienne et viscérale (disciplines autorisées dans la pratique mais exclues de l’enseignement diplômant par les décrets du 25 mars 2007)

La plupart des établissements de formation ayant opté pour un cursus unique et global en 5 années se trouvent aujourd’hui confrontés au choix suivant :

dissimuler ces disciplines derrière une sémantique fantaisiste …

les exclure purement et simplement de leur enseignement

Nous nous étonnons que le ROF puisse cautionner l’un ou l’autre de ces choix, le premier étant contraire à la loi, le second en contradiction avec notre conception de l’ostéopathie.

Plus grave, on ne saura bientôt plus quel ostéopathe aura appris les techniques viscérales et crâniennes puisque, officiellement, aucun de ces établissements ne pourra reconnaître avoir dispensé cet enseignement !

Nous souhaiterions que le ROF examine très sérieusement cette question et prenne une position permettant d’assurer la pérennité du concept global de l’ostéopathie dans le respect de la loi.

 

Combien d’ostéopathes dans les prochaines années ?

 

Nous avons bien perçu la volonté de vouloir limiter le nombre d’établissements… sans que soit posée la question de l’évolution prévisible (et prévue) des effectifs au sein de certains établissements.

Très concrètement, il ne suffit pas de vouloir limiter les écoles si une partie de celles-ci décident d’intégrer un nombre de plus en plus important d’étudiants…

Combien d’ostéopathes exerceront en 2008 ? en 2010 ? en 2015 ?...

La question de la régulation de l’accès à la profession intéresse tous les ostéopathes actuels et futurs.

Il nous semble opportun et urgent que notre organisation travaille, de manière sérieuse et transparente sur cette question de fonds avec la contribution active des D.O.MROF.

 

Quelle justification et quels objectifs pour une action devant le Conseil d’Etat ?

 

Le président du ROF a annoncé l’engagement, sans concertation préalable avec les adhérents, d’une action visant à remettre en cause les agréments délivrés aux écoles après le mois d’Août 2007. Est-ce la mission du ROF ?

Nous rappelons que les réunions initiales de la Commission (en Août 2007) avaient fait apparaître de nombreux dysfonctionnements et des erreurs graves qui ont conduit le ministère à programmer le réexamen de plusieurs dossiers.

Les avis rendus au mois d’Août avaient notamment conduit à « éliminer » plusieurs établissements « historiques » de la formation en ostéopathie (le CETHOM, ISO Aix, le COS, l’A.T.S.A. pour n’en citer que quelques-uns) alors qu’ils validaient l’agrément d’établissements plus récents … ou plus marginaux.

Nous aimerions connaître les véritables raisons qui motivent cette action du ROF devant le Conseil d’Etat…

 

Le prix de la dérive procédurière ?

 

Dans le prolongement de la question précédente, nous observons, depuis quelques années, une dérive procédurière inquiétante.  L’objet des actions dans lesquels le ROF est (ou a été) engagé nous semble souvent peu en rapport avec la mission de notre mouvement ; il n’est d’ailleurs même pas question de les discuter, puisqu’ils ne font pas l’objet d’une consultation des adhérents du ROF ! Nous aimerions cependant connaître le coût des nombreuses actions engagées et perdues par le ROF (ou contre le ROF) au cours de ces dernières années ; les exemples sont nombreux (Kiné Actualité, ISO Lyon ou même plus récemment l’action perdue, en 1ère instance, contre un adhérent exclu… )

La question pourrait paraître accessoire, mais elle engage non seulement l’image du ROF… mais également les cotisations de ses adhérents.

 

Pourquoi le ROF ne conserve-t-il pas une position de neutralité ?

 

En mai 2007, les pouvoirs publics ont demandé aux différentes organisations professionnelles, dont le ROF, de modifier les nominations des représentants au sein de la CNA au motif que celles-ci ne garantissaient pas l’impartialité nécessaire (les personnes nommées étaient des directeurs d’école)…

S’agissait-il d’une simple inattention, d’une volonté délibérée répondant à des objectifs précis ?

Doit-on s’attendre à ce que le ROF abandonne également sa neutralité dans le cadre des commissions régionales qui doivent délivrer les agréments des professionnels ? Si tel est le cas, selon quels critères ?


 

En conclusion, il nous paraît essentiel que le ROF soit garant de l’éthique et de la déontologie, principes fondateurs de notre mouvement, mais également qu’il respecte l’impartialité et la neutralité que requiert sa vocation ordinale. C’est dans cet esprit que nous souhaitons que le ROF aborde les grandes questions qui vont conditionner l’avenir de notre profession.

Nous sommes convaincus que tel est le souhait de la très grande majorité des membres du R.O.F.

La mise en place définitive des agréments des établissements de formation mais également celle des professionnels peuvent être menacées par les influences que seraient tentés d’exercer tel syndicat ou telle association.

Le ROF se doit plus que jamais d’être irréprochable dans sa perception des événements et dans la neutralité de ses positions.

Dans l’attente de connaître les réponses qui seront apportées par le bureau du ROF - et en souhaitant que celles-ci soient inspirées par le respect des valeurs énumérées ci-dessus -, nous engageons chaque membre du Registre partageant nos avis à s’exprimer dans les débats que nous ouvrons…

Signataires :

Benoît ERIEAU - Léopold BUSQUET - Jacques WEISCHENCK - Gérard CAZENAVE - Laurent CHALANDON - Eric DELION - Michaël GHANEM - Thierry PICAREL - Vincent STAF - Christian BARRAQUE - Alain DELISLE

 

Dernière mise à jour : ( 21-12-2007 )
 
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