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Michel Fischer DO

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L'IRC : mythe ou réalité ?
Publié par JL Boutin, Webmestre   
06-01-2008
Index de l'article
L'IRC : mythe ou réalité ?
Présentation
Introduction
L´axe crânio-sacré
La Science de l´Ostéopathie
Apport de Rollin E. Becker
Mécanisme Respiratoire Primaire
Le Souffle de Vie
Un peu d´embryologie
Inhalation - Exhalation
Références bibliographiques
Fluctuation du liqide céphalorachidien
Une reconnaissance controversée
L´influx crânien
Conclusion
 

Références Bibliographiques

Voici maintenant quelques données et quelques références parmi beaucoup d’autres glanées dans les écrits des chercheurs et des adeptes de l’Impulsion Rythmique Crânienne. La plupart sont d’ailleurs directement tirées de la seconde (1966) ou de la troisième édition (1976) du livre de H. I. Magoun, tenant de cet « influx », « Ostéopathie dans le Champ Crânien ». A noter que dans la première édition de son livre en 1951, supervisée par Sutherland lui-même, il n’est fait aucune allusion à la notion d’Impulsion Rythmique Crânienne. D’autres viennent des cours que j’ai moi-même suivis au États-Unis, en Angleterre ou en Belgique, auprès de la Sutherland Cranial Teaching Foundation (S. C. T. F.) ou de la Cranial Academy, et également en France au sein du Cercle d’Études et de Recherches Ostéopathiques (Académie Rollin Becker) de mon Maître et regretté ami, Jacques Andreva Duval, où on nous enseignait cet « influx ». Enfin, d’autres informations sont issues de l’excellent ouvrage de Ernest W. Retzlaff et Fred L. Mitchell Jr., « Le crâne et ses sutures » (Springer-Verlag, 1987) ainsi que du recueil d’articles d’ostéopathie crânienne de Richard A. Feely, «Clinique Ostéopathique Crânienne» (The Cranial Academy, 1988). Comme quoi, cette infortunée tradition, basée sur la non-compréhension du Mécanisme Respiratoire Primaire et sur une palpation qui reste structurale et donc superficielle, persiste bien.

Cela dit, dans un article intitulé « Une découverte physique en rapport avec des troubles psychiatriques » et publié en 1961 dans le Journal de l’Association Ostéopathique Américaine (The J. A. O. A.), John M. Woods et Rachel H. Woods écrivent :

« Au cours d’observations répétées sur une série de patients psychiatriques, nous avons constamment noté un différentiel physique consistant en un phénomène palpatoire que nous avons appelé "Impulsion Rythmique Crânienne". »

Le rythme noté était de six à sept cycles par minute, alors que sur des patients ayant subi une lobotomie ils distinguaient un rythme de 4 cycles par minute. Ces mêmes auteurs trouvèrent également que le rythme était influencé par le manque de sommeil, la douleur, la fièvre, l’exercice physique, des maladies comme le tabès, etc… alors que, dans les accidents vasculaires cérébraux, il pouvait même ne pas y avoir d’ « influx crânien » du tout ! Enfin, leur dernière observation fut que, en général, les patients dont le rythme était inférieur à neuf cycles par minute présentaient des symptômes psychiatriques !

Un autre investigateur, Denis Brookes, ostéopathe bien connu en Angleterre et en Europe, attribue également ce rythme de neuf cycles par minute aux patients psychiatriques.

Un rythme de neuf cycles par minute fût aussi enregistré par W. K. Wallace, W. S. Avant, W. M. Mac Kinney et F. L. Thurstone en 1966 au cours d’études effectuées par échoencéphalographie (« Mesures des pulsations intracrâniennes par des techniques d’ultra-sons » : revue de neurologie, 1966).

Un rythme de « neuf » encore pour E. G. Baker qui étudia, lui, en 1970 cet « influx crânien » au niveau de l’arc maxillaire anatomique (« Modification de la largeur de l’arc maxillaire et sa relation au mouvement sutural des os du crâne » : Journal de l’Association Ostéopathique Américaine, 1971).

Un rythme de « huit » fût par contre enregistré en 1979 par E. A. Bunt, après une observation tomographique des ventricules.

Plus classiquement, Harold I. Magoun dans la seconde et la troisième édition de son livre « Ostéopathie dans le Champ Crânien » fait référence à une communication personnelle de Paul E. Kimberly concernant un compte-rendu établi en 1920 par un physiologiste allemand, Bruno Kisch, à la suite d’observations réalisées lors d’interventions chirurgicales, où quatre mouvements distincts furent observés :

1. - Une pulsation qui  est synchrone avec les contractions cardiaques.

2. - Une pulsation qui coïncide avec les changements de pression respiratoire, en relation avec l’inspiration et l’expiration.

3. - Une vague qui n’est reliée ni au rythme cardiaque ni à la respiration pulmonaire, mais qui maintient constamment son propre cycle.

4. - Une pulsation ondoyante (variable, instable, ondulante, irrégulière) qui n’a pas été identifiée.

« A la lumière du concept crânien, certaines interprétations peuvent être apportées aux deux dernières manifestations dont les origines sont inconnues… Il est possible que l’une de ces deux pulsations non-identifiées du cerveau, observées lors d’interventions chirurgicales, puisse être attribuée à la motilité inhérente du système nerveux central. »

(H. I. Magoun, « Ostéopathie dans le Champ Crânien », 1966 et 1976).

Citons également les observations expérimentales des éminents chercheurs russes Yu. Moskalenko et A. Naumenco (études publiées en Russie en 1957 et en 1961 : « Mouvement du liquide céphalo-rachidien dans les espaces cérébraux et spinaux » , 1957 et « Pulsation cérébrale dans la cavité crânienne fermée », 1961, puis à New-York en 1967) qui, grâce à un électropléthysmographe mesurant la pression, introduit et scellé à l’intérieur de la cavité crânienne, identifièrent d’abord deux mouvements différents, associés au pouls artériel et à la respiration pulmonaire, puis un troisième, une vague plus lente, qu’ils appelèrent « vague de troisième ordre ».

Plus récemment, des chercheurs australiens introduisirent l’électrode d’un pneumographe au niveau des neurones respiratoires de la moelle épinière. Après que cet appareil eut reconnu la présence de neurones moteurs inspiratoires et expiratoires, ils le laissèrent en place pendant un certain temps et s’aperçurent que les neurones se déphasaient et faisaient preuve d’une activité indépendante, révélant un mouvement plus lent que les précédents, qu’ils rattachèrent à l’activité du centre respiratoire situé au niveau du plancher du IVème ventricule.

Nous devons également mentionner plusieurs autres études expérimentales effectuées ici en Russie depuis 1980, toujours sous la haute autorité du Professeur Moskalenko, concernant la dynamique du liquide céphalo-rachidien et les effets de sa fluctuation sur les os du crâne. Parmi toutes ces expérimentations, citons en particulier :

- « Les aspects biophysiques de la circulation cérébrale » (Y. E. Moskalenko, G. B. Weinstein, I. T. Demchenko, 1980).

- « La phénoménologie et les mécanismes des fluctuations des os du crâne » (Yuri E. Moskalenko : 1er Symposium International d’Ostéopathie de St-Petersburg, Russie, mai 1998).

- « La mobilité périodique des os du crâne chez les humains » (Y. E. Moskalenko, T. I. Kravchenko, B. V. Gaidar, 1999).

- « Oscillations rythmiques lentes à l’intérieur du crâne humain : phénoménologie, origine et signification informationnelle » (Y. E. Moskalenko, V. M. Frymann, G. B. Weinstein : revue de physiologie humaine, 2001).

- « Une conceptualisation moderne de la fonction du Mécanise Respiratoire Primaire » (Yuri E. Moskalenko, Viola M. Frymann, Tamara I. Kravchenko, Gustav B. Weinstein, février 2002).

- « L’arrière-plan physiologique de l’Impulsion Rythmique Crânienne et le Mécanisme Respiratoire Primaire » (Yuri E. Moskalenko, Viola M. Frymann, Tamara I. Kravchenko, Gustav B. Weinstein : Journal de l’Académie Américaine d’Ostéopathie, été 2003).

- « Un phénomène de vague dans les mouvements du milieu liquidien intracrânien et le Mécanisme Respiratoire Primaire » (Yuri E. Moskalenko, Tamara I. Kravchenko : Journal de l’Académie Américaine d’Ostéopathie, juin 2004).

Je vous fais grâce de toutes les soi-disant recherches, hors de propos, parce que se référant totalement à la physiologie structurale, mais auxquelles certains se raccrochent encore et par lesquelles on s’efforce de mettre à contribution des « contractions » attribuées aux cellules astrocytes et oligodendrocytes de la névroglie. Il en est ainsi de l’étude expérimentale réalisée par D. W. Wooley et E. N. Shaw en  1957 sur des chats et intitulée « Mise en évidence de la participation de la sérotonine dans les processus mentaux ». Un rythme de huit à douze cycles par minute fut mis en évidence. L’analyse des résultats fit ensuite l’objet d’un débat, la même année, par L. C. Clark Jr.

Il en est de même de l’étude clinique réalisée par James A. Lipton sur « L’Impulsion Rythmique Crânienne et le mal de tête » (Journal de l’Académie Américaine d’Ostéopathie, automne 1994).

Dans le même genre, une autre étude réalisée par Mickael L. Kuchera en 1996, portant sur « La contractilité lymphatique en rapport avec un changement de tension dans la paroi des vaisseaux », trouvait là l’origine de ce fameux « influx crânien ».

Il en est de même de tous les enregistrements d’influx électriques, effectués avec des appareils kinésimétriques par Lippincott et Hewitt en 1957 puis par Hyden en 1961, que H. I. Magoun qualifiait lui-même d’une formule désabusée : « un enregistreur électrique semblait être la seule réponse ».

A propos d’appareils justement, mentionnons également les très regrettables conclusions d’expériences effectuées en Californie par un groupe d’ostéopathes sous la direction de Viola M. Frymann, de 1962 à 1965. Ces expériences furent ensuite publiées en 1971 par le Journal de l’Association Américaine d’Ostéopathie dans un article intitulé « Une étude des mouvements rythmiques du crâne vivant ». Ne voulant pas être en reste avec leurs confrères scientifiques, ces « chercheurs » placèrent les électrodes d’un pléthysmographe sur plusieurs endroits du corps de leurs sujets d’expérience. La fiabilité de l’appareil fit l’objet de préparatifs très minutieux afin d’enregistrer l’Impulsion Rythmique Crânienne que la profession pensait être, ce que l’on appelait alors le cycle de Sutherland. Mais, finalement, toute cette étude était bien loin de l’ « involontaire » et beaucoup plus en rapport avec l’activité du Mécanisme Volontaire. Bien entendu, ils trouvèrent donc aussi ce rythme de six à douze cycles par minute de l’Impulsion Rythmique Crânienne, bien extérieur, bien structural, bien « volontaire » que, hélas , ils interprétèrent alors, avec beaucoup de culot et une certaine malhonnêteté , comme étant le cycle de Sutherland. Tout cela est d’autant plus regrettable, nous l’avons dit, que cette étude fut réalisée par des ostéopathes et non par des observateurs neutres. Par ailleurs, et vous pouvez le vérifier, Sutherland n’a jamais mentionné un quelconque « influx crânien » ni même de chiffre pour le rythme du Mécanisme Respiratoire Primaire. Rollin E. Becker ne manquait d’ailleurs pas de souligner laconiquement :

« Ils l’ont appelé Impulsion Rythmique Crânienne simplement pour pouvoir le compter. »

Bien d’autres études et expériences de toutes sortes concernant l’existence de l’Impulsion Rythmique Crânienne furent effectuées mais, toutes, dans une logique expérimentale concernant seulement ce fameux « influx crânien » et non pas l’essence même de ce mouvement primaire, originel et fondamental, du Mécanisme Respiratoire Primaire. Pour mémoire, citons :

- Robert E. Kappler : « L’ostéopathie dans le champ crânien : son histoire, ses bases scientifiques et son statut actuel » (Le Médecin Ostéopathique, février 1979).

- Melicien A. Tettambel, Allen R. Cicora, Ednay M. Lay : « Enregistrement de l’Impulsion Rythmique Crânienne » (Journal de l’Association Ostéopathique Américaine, octobre 1978).

- Kenneth E. Nelson, Nicette Sergueef, Celia M. Lipinski, Arina R. Chapman, Thomas Glonek : « L’Impulsion Rythmique Crânienne en relation avec l’oscillation de Traube-Hering-Mayer : une comparaison de la fluxmétrie laser-doppler et de la palpation » (Journal de l’Association Ostéopathique Américaine, mars 2001).

- N. Sergueef, K. E. Nelson, Th. Glonek : « Les modifications de l’onde de Traube-Hering après manipulation crânienne » (Journal de l’Association Ostéopathique Américaine, printemps 2001).

- K. E. Nelson, N. Sergueef, Th. Glonek: « Enregistrement de la fréquence de l’Impulsion Rythmique Crânienne » (Journal de l’Association Ostéopathique Américaine, juin 2006).

- Hollis H. King : « Le mouvement rythmique inhérent  des os du crâne » (Académie Crânienne : La Lettre Crânienne, février 2007).

 
Dernière mise à jour : ( 26-03-2008 )
 
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