Fluctuation du liquide céphalo-rachidien
Il est donc important de bien comprendre que la découverte de W. G. Sutherland n’a jamais été l’Impulsion Rythmique Crânienne, mais plutôt la fluctuation du liquide céphalo-rachidien animée par la Puissance de la Marée et initiée par le Souffle de Vie. Si nous nous référons d’ailleurs à l’ordre donné par Sutherland pour les cinq éléments ou phénomènes du Mécanisme Respiratoire Primaire, nous constatons d’une part qu’il en fait le principe numéro un de son concept et d’autre part qu’il n’a jamais chiffré un quelconque rythme en dehors de celui de la fluctuation latérale alternative (vingt cinq à trente mouvements par minute), mais ceci est un tout autre sujet sans rapport direct avec le Mécanisme Respiratoire Primaire.
A ce propos, il est intéressant de noter les changements opérés par H. I. Magoun dans la seconde ou la troisième édition de « Ostéopathie dans le Champ Crânien » concernant les cinq principes ou phénomènes du Mécanisme Respiratoire Primaire.
- 1ère édition (1951), approuvée par W. G. Sutherland :
1 - La fluctuation du liquide céphalo-rachidien : la Puissance de la Marée.
2 - Les méninges ou membranes de tension réciproque.
3 - La motilité inhérente du système nerveux central : cerveau et moelle épinière.
4 - La mobilité articulaire du mécanisme osseux crânien, nécessaire pour permettre l’expansion et la compression (récession) du cerveau.
5 - La mobilité articulaire du sacrum entre les iliaques, purement involontaire et non posturale.
- 2ème édition (1966) et 3ème édition (1976) :
1 - La motilité inhérente du cerveau et de la moelle épinière.
2 - La fluctuation du liquide céphalo-rachidien.
3 - La mobilité des membranes intracrâniennes et intrarachidiennes.
4 - La mobilité articulaire des os du crâne.
5 - La mobilité involontaire du sacrum entre les iliaques.
En vérité, la découverte de la fluctuation rythmique, à commande « involontaire », du liquide céphalo-rachidien et de sa puissance inhérente, puis la reconnaissance du fait qu’elle n’est pas seulement crânienne et spinale mais qu’elle se propage aussi vers la périphérie jusqu’aux extrémités distales du corps, non seulement en suivant les canaux neuraux et périneuraux mais, encore et surtout, par l’intermédiaire des fibres collagènes des fascias, qui ne sont nullement des fibres mortes mais qui constituent au contraire un système complexe et vivant de tubules et canalicules (Still l’avait envisagé, Sutherland l’a expérimenté et le microscope électronique l’a confirmé) , et finalement la maîtrise manuelle de cette fluctuation fluidique appliquée à des fins thérapeutiques, demeurent à ce jour l’apport majeur de William Garner Sutherland et de ses successeurs à la science médicale de tous les temps.