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Page 5 sur 6 Tribune libre au sujet du rapport de l'Académie de Médecine A la suite du rapport intitulé Ostéopathie et Chiropratique adopté le 10 janvier par l'Académie de Médecine, le Site de l'Ostéopathie a décidé d'ouvrir une Tribune libre pour permettre à tous ceux qui veulent s'exprimer sur ce rapport de la faire en toute liberté et sans aucune censure. Suite au rapport de l'Académie de Médecine sur l'ostéopathie et la dangerosité supposée des techniques manipulatives du rachis lorsqu'elles sont pratiquées par des non médecins, j'invite la susdite académie à un DEVOIR DE MÉMOIRE et qu'elle nous rappelle qui donnait les cours pratiques des techniques déjà citées à BOBIGNY PARIS NORD au commencement de l'enseignement en ostéopathie à ces messieurs de la faculté. Quand le rapport scientifique devient rapport de force, il faut crier haut et fort : « il n'est de science sans conscience ». J'oserai ajouter « sans Mémoire, point d'Histoire ». Je vous salue, Messieurs, et vous dit que votre idée de la rectitude ne vous permettra jamais d'appréhender les lignes de gravité de vos patients car la gravité que vous incarnez n'est que lourdeur d'esprit et pour cela un ostéopathe ne peut rien ! P. Devillers Examinons les conclusions de ce projet de réponse de l’Académie nationale de Médecine. Tout d’abord nous lisons l’éternel refrain entendu depuis des décennies dans différents tribunaux de l’hexagone : « ... L’ostéopathie et la chiropraxie s’appuient, comme beaucoup d’autres d’ailleurs, sur des a priori conceptuels dénués de tout fondements scientifique. », Ce qui veut dire en langage décodé danger, placebo, charlatanisme etc.. Trois lignes plus bas l’Académie rappelle que dans le cadre d’un D.I.U. existe un troisième cycle d’enseignement qui conduit au titre de médecin ostéopathe. De deux choses l’une ou bien l’ostéopathie est une vaste fumisterie créée pour seul but d’arnaquer de pauvres patients crédules quand elle est pratiquée par des non médecins allopathe, ou bien elle devient scientifique et de valeur quand elle est pratiquée par des médecins allopathe. « Les manipulations vertébrales exigent un diagnostic médical préalable, en dehors de tout contexte philosophique ». Premièrement les manipulations vertébrales sont une des nombreuses techniques qui sont mises à la disposition de l’ostéopathe pour traiter son patient et non pas LA technique. Deuxièmement si l’on retire de l’ostéopathie les principes philosophiques on lui enlève l’essentiel , ce n’est plus de l’ostéopathie qui est pratiqué dès lors. Donc s’arroger le titre d’ostéopathe dans ces cas-là relève de l’usurpation. Il ne faut pas oublier que le mot ostéopathie date de 1874 ( 22 juin ) et qu’à cette époque la médecine allopathique n’avait pas vu le jour. Pourquoi s’entêtent-ils a vouloir à tout prix appeler la spécialisation qu’ils organisent, ostéopathie ? pourquoi tout simplement ne pas chercher une autre appellation comme vertébrothérapeute par exemple. Menuisier et ébéniste ( deux professions remarquables ) ont beaucoup de points communs et pourtant ce sont deux professions différentes. Enfin pour terminer, un morceau choisi « L’ostéopathie ne saurait avoir en elle même aucune valeur scientifique et certainement pas préventive, notamment chez le nouveau-né » nous fait penser á ce général chef de l’information de Saddam Hussein qui, du haut d’un hôtel à Bagdad, proclamait devant des journalistes hilares que l’armée américaine avait été détruite aux portes de la ville, alors qu’en deuxième plan derrière lui se profilaient les chars américains. De plus en plus nombreux sont les obstétriciens et sages-femmes reconnaissant les bienfaits de l’ostéopathie sur le nouveau-né ( et sa mère), des témoignages quotidiens se lisent dans les revues spécialisées, s’entendent à la radio et télévision. Messieurs de l’Académie vous menez actuellement un combat d’arrière garde, l’opinion publique a fait son choix que vous le vouliez ou non. Philippe Septanil Ostéopathe D.O. MRO ( F, Br) Personnellement je ne vois rien d'étonnant à cette prise de position. Qu'avions nous à attendre d'un rapport de l'académie de médecine sur l'ostéopathie? Demandez donc aux médecins homéopathes ce qu'ils en pensent !!! Est-ce que ça les empêche d'exercer leur art? Est-ce que ça empêche leurs patients d'avoir confiance en eux ? Le futur de l'ostéopathie française ne passera pas par l'Académie, il devra venir du constat que l'ostéopathie telle que nous la pratiquons est un phénomène de société incontournable dans le paysage sanitaire français. Tant qu'il se trouvera certaines associations socioprofessionnelles pour décréter que les bons et les mauvais se différencient uniquement par le paiement de la TVA, l'Académie peut se rendormir, le grand soir n'est pas pour demain... Pierre Cornetet Toute vérité est une route tracée à travers la réalité (Henri Bergson) Il semblerait d’après le rapport de l’Académie nationale de médecine que les méthodes manuelles à visée diagnostique et thérapeutique prônée par l’ostéopathie et la chiropractie s’appuient sur des conjectures conceptuelles, des impressions, des présomptions dénuées de tout fondement scientifique. Nous voilà encore une fois confinés au fameux questionnement de la notion de « scientificité ». Pensez-vous que la question véritable est de faire une nomenclature des sciences digne de ce nom, vierge de représentations sociales et morales. Cela est-il possible ou seulement cela existe-t-il ? A l’heure où nous savons que de nombreux épistémologues contemporains (G.Holton ou T.S. Kuhn) ont montrés les limites de la scientificité y compris des sciences de la matière inertes sciences dites dures (exactes), telle la physique. A l’heure où ils ont fait la preuve que dans le concept scientifique, l’idéologie, les préjugés, et la subjectivité produisait des effets sur les résultats et qu’ils ont pu démontrer l’implication de l’observateur sur l’observation et donc sur les données recueillies. Faut-il rappeler aux membres de l’Académie que Mr. le Professeur Guy Lazorthes (Membre de l’Académie Nationale de Médecine) confirme dans son ouvrage Sciences humaines et Sociale (Masson,2000,pp4-5) que la médecine ne peut être considérée elle-même comme une science exacte que « la médecine ne sera jamais une science absolue et définitive, que les définitions de la science ne s’applique pas à la médecine et que le modèle expérimental reposant sur le tripode observation,hypothèse et vérification de l’hypothèse ne saurait stricto sensu s’appliquer aux sciences médicales car faisant partie elle-même des sciences de l’homme ». Dans le contexte de la justification (validation, administration de la preuve) il est illusoire de croire que les partisans des arguments d’un modèle explicatif scientifique puisse faire abstraction des questions d’intentionnalité, de représentations sémantiques, des problèmes d’interprétation et de traduction et qui sont étroitement lié à notre environnement physique et social, c'est-à-dire au contexte. Peut être faudrait-il simplement se rappeler que l’ostéopathie est reconnue médecine officielle aux États-unis (naissance et développement de l’Ostéopathie) et qu’elle s’est imposée « scientifiquement » dans tous ses États. Doit-on rappeler que dans cet immense pays, qualifié par ailleurs par les chercheurs et sommités du monde scientifique international, d’incontournable et d’unique sur le plan de la recherche médicale scientifique, les praticiens de cette science, de cet art et de cette philosophie de soins de santé ne s’appuient pas uniquement sur les a priori philosophiques pour pratiquer leur art. Arrêtons dans notre continent de parler explicitement et consciemment de médecine non conventionnelle, complémentaire, alternative… !!!! Jusqu'à preuve du contraire une médecine proclamée officielle Outre-atlantique ne peut se voir être nommée non conventionnelle par la simple frontière maritime. Peut-être faut-il justement se rappeler que les ostéopathes sérieux n’ont certainement pas l’intention comme le signale le rapport de l’Académie nationale de médecine, d’occuper le champ de la médecine instituée voire de pratiquer une politique de l’antimédecine. Rappelons qu’historiquement l’antimédecine s’adressait à une médecine inefficace. Ce qui n’est plus le cas à l’heure actuelle. Et qu’aujourd’hui la contestation systématique de toute valeur traditionnelle, sociale ou familiale est un phénomène général et non spécifique à un domaine, qu’il soit médical ou autre. Il y a des détracteurs et des contestataires dans toute discipline. Ne généralisons pas !!! En pratique clinique quotidienne beaucoup parmi nous, praticiens consciencieux, font référence au modèle américain confortant l’excellente cohabitation existant entre l’Ostéopathie, la Médecine et la Kinésithérapie et où chaque discipline conserve le rôle et la place qu’elle prétend défendre. Peut-être serait-il temps de comprendre que l’engouement de l’ostéopathie n’est pas uniquement lié à son soi-disant langage simple ou apaisant et que les recherches dans le domaines des neurosciences nous livrent tous les jours de nouvelles découvertes sur le contact physique, domaine des informations tactilo-kinésthésiques et stimulations mécaniques (manipulations neurosensorielles) des mécanorécepteurs de la somesthésie, que le domaine des sciences motrices nous apportent les élément d’arthrocinématique ou de cinétique articulaire, et que bien d’autres unités de recherche dans le monde œuvrent dans ce sens. Faudrait-il aussi aborder la question de la diffusion de l’information ostéopathique et sa circulation dans le domaine médical. Peut-être faudrait-il se rappeler que dans le contexte médical actuel certains professionnels tels que, dans le domaine des sciences dentaires, le dentiste, l’orthodontiste, l’occlusodontiste ou dans le champ des sciences de la psychologie et de l’éducation, tels les psychologues, sont seuls compétents à élaborer un diagnostic et un programme thérapeutique spécifique à leur profession et qu’il coexiste une collaboration interdisciplinaire sereine dans un climat non hiérarchisé et non soumis à la règle de la prescription médicale. Il règne dans le domaine ostéopathique une authentique méthode. La question de l’autonomie professionnelle, décisionnelle et opérationnelle de l’ostéopathe ne s’est en fait jamais réellement posée depuis que l’Ostéopathie s’est organisée et est pratiquée en Europe. Les patients, en consultant en première intention leur praticien ont personnellement forcé l’essentiel de ce choix et scellé le destin professionnel autonome des ostéopathes et de la science ostéopathique. A l’heure où les disciplines scientifiques paraissent se multiplier, se spécialiser, le projet de réduire le champ de la connaissance, la stratégie épistémologique à caractère réductionniste qui consiste à vouloir se passer ou limiter un savoir spécialisé semble de loin inexact. Ce savoir ne pourra en aucun cas être négligé mais il s’agira de lui donner un sens. La diversité est à la fois la condition et la rançon du progrès. Les sciences du comportement telle les sciences médicales comme l’ostéopathie, la médecine, la kinésithérapie, la psychologie, la dentisterie sont destinées à exister et cohabiter !! Elles ont chacune leurs spécificités, leur champ d’action, leur compétences, leurs attributions professionnelles. Je désirerais à toutes fins utiles vous faire part de mon expérience personnelle et vous signaler, qu’en Suisse, à l’Université L.U.de.S. (Université Libre des Sciences humaines et Technologique, Faculté des Sciences Motrices et Réhabilitatives/Lugano), Faculté où je suivis ma formation complémentaire d’Ostéopathe, est enseigné un cursus rigoureux et exigeant axé sur cette autonomie professionnelle (statuée en Suisse) incluant certes le savoir sur lequel repose l’exercice d’une profession, les matières des sciences fondamentales, les éléments élaborés du diagnostic ostéopathique, du diagnostic d’exclusion, du diagnostic différentiel encadré de façon stricte, méticuleuse et précise afin de garantir une prise en charge optimale et sécurisée du patient, mais y est également enseignée la philosophie des sciences, domaine qui, je vous le rappelle, fait partie intégrante des sciences humaines. Le débat auquel nous faisons référence en préambule force à la réflexion sur plusieurs notions essentielles : les notions cliniques, épistémologiques et théoriques. Il s’agira certes de répondre à plusieurs gageures sans oublier la question primordiale, qui est celle du patient placé au centre du débat, et qui en aucun cas ne devra faire les frais d’opinions partisanes ou propagandistes. Ne réside en fait qu’un seul vrai problème qui est loin d’être incognoscible mais qui implique évidement la question de son soutient, celui de la formation adéquate et rigoureuse qui permettrait de garantir la sécurité sanitaire et le principe de précaution dans l’exercice de l’ostéopathie. La connaissance est le privilège des hommes qui se savent mortels. C’est pourquoi, je nourris l’espoir d’une réconciliation avec la réalité, réalité du quotidien, réalité pragmatique, réalité des observations cliniques et interprétations véridiques (c'est-à-dire qui correspondent à la réalité pratique), bref une réalité humaine et humaniste. Je rappelle que dans le domaine des sciences humaines, sciences qui s’intéressent principalement à des variables (telles que stress, anxiété, intelligence, douleur) qui ne peuvent faire l’objet d’une observation directe, et, à l’heure où l’écart se fait toujours plus grand entre un savoir toujours plus généreux et l’étendue génétiquement limitée de notre cerveau, il me semble logique que nous devons ostéopathes, médecins, kinésithérapeutes, psychologues…faire preuve mutuelle d’autocritique et d’humilité scientifique. Il nous faudra donc concilier le respect de la diversité et des identités professionnelles. Les convictions sont certes des ennemis de la vérité mais à la lumière des convictions du célèbre physicien et relativiste Albert Einstein qui affirme que la « religion cosmique est inséparable du geste scientifique productif » (A.Einstein, Comment je Vois le monde, Famarion1979, p98), nous sommes en droit légitime de nous questionner sur cette notion de Scientificité. Dr. Hilal YENIDOGANAY Docteur en Ostéopathie, Université L.U.de.S/Oradéa - (Diplôme d’Etat en Ostéopathie-300ECTS) - Kinésithérapeute, Certifié en Posturologie et Méthode Mézières - Membre de la Société Internationale Scientifique de médecine Ostéopathique (S.I.S.M.O)
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