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Lettres ouvertes de Belgique Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Jean-Louis BOUTIN   
02-03-2008
Index de l'article
Lettres ouvertes de Belgique
Lettre du SCOM
Co-signataires
Mise au point du SBO
Réponse de la SBO

Réponse de la Société Belge d’Ostéopathie (SBO - BVO) http://80.118.147.90/

Vous trouverez ci-dessous la lettre ouverte "corrigée" que nous avons proposée à la réflexion de Yves Lepers, sans conséquence...

Lettre ouverte à l’opinion éclairée concernant certaines dérives actuelles dans le cadre de l’enseignement et de la pratique de l’ostéopathie

Suite à certaines dérives constatées dans le cadre de l’enseignement et de la pratique de l’Ostéopathie, les signataires de cette Lettre Ouverte, tous ostéopathes, veulent confirmer les principes et définitions repris ci-dessous.

L’ostéopathie dans son acception moderne

Elle doit être considérée comme faisant partie de l’art de guérir traitant les patients par un ensemble varié et adapté de techniques manuelles destinées à l’ensemble des tissus après en avoir éliminé les non indications. Elle s’intéresse plus particulièrement à la relation entre les pertes de mobilité et l’apparition de certaines pathologies qui pourraient en découler en abordant l’individu dans sa singularité. Elle a pour objectif de permettre à l’organisme de retrouver l’état de santé. Les champs d’application les plus répandus se trouvent être les algies et les troubles d’expression locomotrice d’origine mécanique. De manière plus générale, elle s’intéresse à tout dysfonctionnement du jeu physiologique de mobilité entre les structures directement ou indirectement lié à l’apparition de certaines pathologies. L’ostéopathie se sert de l’interrelation existante entre les différents systèmes composant le corps humain. Comme toute approche médicale, l’ostéopathie accorde un intérêt à l’hygiène et au mode de vie du patient.

  •  Elle s’appuie sur les sciences médicales fondamentales et cliniques reconnues par l’ensemble de la communauté scientifique. A ce titre elle doit être enseignée à terme au sein d’unités d’enseignement de niveau universitaire et de préférence en collaboration avec les facultés de médecine.
  • Elle est une praxis, un savoir faire, dont les modes d’action et l’efficacité clinique doivent être soumis à l’épreuve de la recherche fondamentale et clinique.
  • Dans cette optique l’ostéopathie doit s’affranchir de tout concept obscurantiste qui fait abstraction des connaissances médicales actuelles et de toute croyance fondée uniquement sur une vision théologique de l’homme.
  • L’ostéopathie n’est pas une approche médicale qui s’adresse à l’ensemble des pathologies de l’être humain.

A propos de l’ostéopathie crânienne

Faute de preuves scientifiques à ce jour, elle ne peut prétendre ni à la mobilité des os du crâne, ni à la perception de celle-ci par la main du thérapeute, ni à la physiopathologie qui découlerait de la perte de cette mobilité et à la faculté de restaurer ces mouvements dans un but thérapeutique. A fortiori elle ne peut prétendre à un lien causal qui réunirait l’ensemble de ces postulats.

  • Le mouvement respiratoire primaire (MRP, base de la théorie crânienne) correspond à un concept qu’aucun argument scientifique digne de ce nom ne vient encore démontrer.
  • L’approche crânio-sacrée n’a encore fait l’objet d’aucune validation scientifique à ce jour (cf. publication de l’Université de Colombie britannique (www.osteopathie-france.net/Principes/BCOHTAassessment_fr.pdf ).
  • Néanmoins, on peut, dans l’attente d’une mise à l’épreuve par des essais comparatifs, reconnaître un intérêt clinique empirique à ces pratiques.

A propos de l’ostéopathie viscérale

  • Il n’existe pas « d’ostéopathie viscérale » à proprement parler mais bien un ensemble de techniques manuelles susceptibles d’apporter un avantage clinique et thérapeutique.

Toute autre thérapeutique autre que celle définie ci-dessus ne peut être considérée comme faisant partie de l’ostéopathie même si pratiquée par un ostéopathe.

Perspectives

  • Il appartient à l’Académie d’Ostéopathie de Belgique en concertation avec les représentants des différentes Unions Professionnelles de préciser davantage les actes ostéopathiques et leurs champs d’application afin de déterminer la formation optimale des futurs ostéopathes.
  • D’autre part, un dialogue constructif et une concertation régulière entre les Unions Professionnelles et l’Académie d’Ostéopathie de Belgique sont indispensables. Ce type de relation permettrait d’affiner et la prise de conscience et les stratégies futures en vue de répondre aux exigences d’un statut professionnel pour une profession indépendante et de première intention à haut degré de responsabilité.
  • Il est impératif de favoriser le développement de la recherche clinique dans les champs d’application de l’ostéopathie.
  • Il est tout aussi primordial d’encourager et d’aider le financement de la recherche fondamentale afin d’identifier les modes d’action de l’ostéopathie.

Conséquences

  • L’enseignement de l’ostéopathie doit obligatoirement répondre aux critères suivants:
  • L’accent doit être mis sur l’enseignement des sciences fondamentales nécessaires à une pratique ostéopathique actuelle et moderne.
  • Il faut notamment privilégier la sémiologie afin de permettre au futur ostéopathe de reconnaître les limites de sa pratique et de pouvoir référer au praticien le plus compétent.
  • L’enseignement des techniques ostéopathiques appliquées à la tête et aux viscères se doit d’être critique et dépouillé de tout discours non scientifique.
  • De manière générale l’enseignement de l’ostéopathie doit intégrer toute recherche validant ou invalidant les hypothèses cliniques classiquement admises.
  • La défense professionnelle de l’ostéopathie doit se fonder sur les principes énoncés dans cette lettre et en être le reflet.

Bruxelles, le 9 janvier 2008.

Remarque : Les éléments rapportés (ou énoncés) dans cette lettre sont pour la plupart issus:

  • De la Charte établie en mai 2006 concernant l’accord entre la SBO et l’ULB.
  • De la loi Colla.
  • De la définition de l’Académie belge d’Ostéopathie.

 



 
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