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Page 5 sur 6 III - Le contenu de l'orifice inférieur du thorax L'orifice inférieur du thorax est le sommet d'une pyramide à base inférieure. Cette pyramide est comparée à un chaudron dont l'orifice inférieur est le couvercle et qui correspond aux triangles inférieurs de l'hexagramme thoracique (voir figure 87). Cette pyramide a une forme pentagonale et présente à décrire (figure 102) :  Contenu de l'orifice inférieur - UNE BASE qui correspond au fond du chaudron et donc au bassin. Elle est tapissée par le périnée.
- CINQ FACES qui correspondent aux cloisons musculaires de l'abdomen. Ce sont :
- deux faces postérieures : le carré des lombes et le psoas,
- deux faces latérales : les obliques,
- une face antérieure : le grand droit.
- UN SOMMET qui, seul appartient au thorax et qui correspond au diaphragme.
 Sommet de l'orifice inférieur Ce sommet ou orifice inférieur du thorax, est dirigé obliquement de haut en bas et d'avant en arrière. Il est lui-même divisé en cinq parties (figure 103) : - deux parties postérieures qui correspondent aux insertions des piliers et des arcades du diaphragme,
- deux parties latérales qui correspondent aux insertions costales et chondrales du diaphragme,
- une partie antérieure qui correspond à l'insertion sternale du diaphragme.
Entre les plans musculaires de cette pyramide et son contenu, le diaphragme, il existe un muscle qui tapisse la face profonde des parois : c'est te transverse de l'abdomen, lui-même doublé au niveau de sa face profonde par le fascia transversalis. A - LE DIAPHRAGME : CONSTITUTION Le diaphragme est un muscle qui sépare la cavité thoracique de la cavité abdominale. Il forme une coupole ou un dôme musculo-aponévrotique fermant l'orifice inférieur du thorax. Son diamètre transversal est plus grand que son diamètre antéro-postérieur. Il descend plus bas en arrière qu'en avant. Dans son ensemble, il est incliné en bas et en arrière. l est formé de deux coupoles, l'une droite, l'autre gauche. La droite remonte jusqu'au quatrième espace intercostal, la gauche ne dépasse pas le cinquième espace intercostal. uscle digastrique, il est constitué de deux parties : une partie centrale, aponévrotique, le centre phrénique ; et une partie périphérique, musculaire, qui s'insère sur la colonne lombaire, sur les côtes et les cartilages costaux et sur l'appendice xiphoïde. Il présente un certain nombre d'orifices à travers lesquels passent du thorax à l'abdomen : l’œsophage, des vaisseaux et des nerfs. - 1° - LA PARTIE PÉRIPHÉRIQUE
Le diaphragme s'insère sur tout le pourtour de l'orifice inférieur du thorax.  Les piliers du diaphragme a) Les piliers du diaphragme. Le diaphragme s'insère sur la colonne lombaire, différemment à droite et à gauche, sur la face antérieure des vertèbres lombaires et des disques intervertébraux adjacents, sur les bords marginaux supérieur et inférieur des corps vertébraux laissant libre la partie moyenne, échancrée en gouttière (figure 104). - LE PILIER DROIT : il s'insère sur les deuxième et troisième vertèbres lombaires et sur les disques voisins, parfois sur le bord marginal inférieur de la première vertèbre lombaire et sur le bord marginal supérieur de la quatrième vertèbre lombaire.
- LE PILIER GAUCHE : il s'insère sur la deuxième vertèbre lombaire et les disques sus et sous-jacents, parfois sur le bord marginal inférieur de la première vertèbre lombaire et le bord marginal supérieur de la troisième vertèbre lombaire.
Les fibres tendineuses les plus internes s'insèrent sur le ligament commun vertébral antérieur et s'entrecroisent avec celles du côté opposé. De ces insertions les fibres musculaires se dirigent verticalement en haut, en avant et un peu en dehors pour se terminer dans l'échancrure postérieure du centre phrénique. Du bord interne de chaque pilier se détache une lame aponévrotique arciforme. Les deux lames se fusionnent entre elles et contribuent à former l'orifice aortique du diaphragme. b) L'arcade du psoas. L'arcade du psoas naît du corps de la deuxième vertèbre lombaire et du disque sous-jacent. Elle se termine sur la face antérieure de l'apophyse costoïde de la première vertèbre lombaire. Elle a la forme d'une arcade à concavité inférieure et postérieure qui embrasse la partie supérieure du psoas. Cette arcade doit être considérée comme un renforcement de l'aponévrose du psoas. Les fibres musculaires qui font suite à l'arcade du psoas se terminent sur les parties latérales et postérieures de l'échancrure postérieure du centre phrénique. c) Les arcades du diaphragme. - le ligament cintré du diaphragme ou arcade du carré des lombes. Situé en avant du carré des lombes, il s'étend de la face antérieure et du sommet de l'apophyse costoïde de la première vertèbre lombaire à l'extrémité libre de la douzième côte (côte longue) ou de la onzième côte (quand la douzième côte est courte).
- la deuxième arcade va de la face interne du douzième cartilage costal à la onzième côte et à la base du onzième cartilage costal.
- la troisième arcade va de l'extrémité antérieure de la onzième côte à la dixième côte.
d) Les insertions costales. Le diaphragme s'insère sur la face interne de l'extrémité antérieure des dixième, onzième et douzième côtes. Ces insertions sont en contact direct avec les insertions du transverse de l'abdomen. e) Les insertions-chondro-costales.  Figure 105 Elles se font sur la face interne des septième, huitième et neuvième cartilages costaux et sur la face interne de l'extrémité antérieure de la neuvième côte. Ces insertions sont imbriquées avec les digitations du transverse de l'abdomen (figure 105). Les fibres charnues qui font suite aux insertions costales et chondro-costales se terminent sur les folioles antérieure et latérales du centre phrénique. f) Les insertions sternales. Le diaphragme s'insère sur la face postérieure de la base de l'appendice xiphoïde, au-dessous et en dedans des insertions du triangulaire du sternum. Les fibres issues de cette insertion se terminent sur la partie moyenne de la foliole antérieure.  Le centre phrénique De toutes ces insertions partent des fibres qui vont constituer le centre phrénique `(figure 106). Ce centre phrénique a la forme d'une feuille de trèfle à trois folioles - LA FOLIOLE ANTÉRIEURE, la plus développée, est plus large dans le sens transversal que dans le sens antéro-postérieur. Elle est le plus souvent déjetée à gauche et son bord antérieur est situé près du sternum.
- LES FOLIOLES LATÉRALES. La droite est plus étendue que la gauche ; elle est dirigée obliquement en arrière et à droite. La gauche, plus petite, est dirigée obliquement en arrière et à gauche.
A l'union des folioles antérieure et latérale droite se situe l'orifice de la veine cave inférieure. - 3° - LES ORIFICES DU DIAPHRAGME
Le diaphragme est percé de différents orifices : l'orifice de la veine cave inférieure, situé en plein centre du diaphragme, à l'union des folioles antérieure et droite. Il répond à la neuvième vertèbre thoracique. Il livre passage à la veine cave inférieure et à la branche abdominale du nerf phrénique droit. l'orifice aortique, légèrement déporté à gauche, est compris entre les deux piliers du diaphragme. Il répond à la douzième vertèbre thoracique, à la première vertèbre lombaire et au disque correspondant. Il livre passage à l'aorte et au canal thoracique situé en arrière de l'aorte. Ces deux orifices sont fibreux, non extensibles, rigides et non déformables. l'orifice oesophagien, situé à gauche de la ligne médiane, répond à la dixième vertèbre thoracique, à la neuvième et parfois à la huitième vertèbre thoracique. C'est un orifice entièrement musculaire, donc contractile et extensible. I1 livre passage à l’œsophage qui, en le traversant change de forme et aux deux nerfs pneumogastriques. Cet orifice se déplace pendant la contraction du diaphragme : il s'abaisse pendant l'inspiration et s'élève pendant l'expiration. Son déplacement est de l'ordre de trois à quatre centimètres. Le diaphragme exerce une action tonique sur l’œsophage. De plus, dans la respiration normale, le passage du bol alimentaire est plus rapide en expiration qu'en inspiration. Dans la respiration forcée, le passage du bol alimentaire est arrêté en inspiration forcée alors qu'il est favorisé par l'expiration forcée. Ce mécanisme semble indiquer qu'en inspiration l'orifice oesophagien se rétrécit alors qu'il se relâche pendant l'expiration. Il existe d'autres orifices pour : - la chaîne sympathique paravertébrale qui traverse le diaphragme entre l'arcade du psoas et le pilier correspondant ;
- le grand splanchnique qui traverse le diaphragme en dehors du pilier correspondant, au niveau du corps de la première vertèbre lombaire,
- la racine interne de la grande azygos,
- la racine interne de la petite azygos,
- la branche abdominale de l'artère mammaire interne qui passe à travers la fente de Larrey, entre les faisceaux xiphoïdiens et chondro-costaux,
- la branche abdominale des nerfs phréniques,
- 4° - INNERVATION DU DIAPHRAGME
Le diaphragme reçoit son innervation motrice du nerf phrénique, branche collatérale du plexus cervical profond. Le nerf phrénique représente « le véritable nerf moteur somatique ou volontaire du diaphragme ». Il agit sur la respiration et dans la phonation (parole, chant, sifflement). Les six derniers nerfs intercostaux ne donnent que des filets sensitifs pour la plèvre et le péritoine. Les filets sympathiques apportent l'innervation vasomotrice et ont une action sur le tonus musculaire du diaphragme. B - LE DIAPHRAGME : RAPPORTS. Le diaphragme est recouvert par une aponévrose aussi bien sur sa face supérieure que sur sa face inférieure. L'aponévrose qui recouvre sa face supérieure est peu différenciée du fascia endothoracique. e diaphragme présente des rapports par sa face supérieure avec le thorax, par sa face inférieure et par ses piliers avec l'abdomen. - 1° - LA FACE SUPÉRIEURE OU THORACIQUE
La partie convexe du diaphragme répond au péricarde et au cœur dans sa partie moyenne, à la plèvre et à la base des poumons par ses parties latérales.  Figure 107 - à sa partie moyenne, le diaphragme répond au péricarde fibreux qui repose sur la foliole antérieure et qui lui adhère intimement (figure 107) .
- Latéralement, la face supérieure du diaphragme répond à la plèvre diaphragmatique et à la face inférieure des poumons.
- En arrière, il répond aux ligaments triangulaires du poumon et au médiastin postérieur.
- A sa partie périphérique, le diaphragme forme avec la paroi du thorax une gouttière circulaire appelée sinus costo-diaphramatique qui loge le cul de sac inférieur de la plèvre. Ce sinus s'ouvre pendant l'inspiration tandis qu'il se ferme pendant l'expiration (figure 108).
 Figure 108 - 2° - LA FACE INFÉRIEURE OU ABDOMINALE.
La face inférieure, concave, est tapissée par le péritoine. Le diaphragme répond aux viscères de l'étage sous-thoracique (figure 109)  Figure 109 - A droite, il répond au foie dont la face supérieure est rattachée au diaphragme par le ligament suspenseur du foie et dont la face postérieure lui est rattachée par le ligament coronaire. Il répond également à l'angle colique droit qui lui est rattaché par le ligament phréno-colique droit.
- A gauche, il répond à la rate, à l’œsophage abdominal qui lui est rattaché par le ligament phréno-œsophagien, à la grosse tubérosité de l'estomac qui lui est relié par le ligament phréno-gastrique, à l'angle gauche du coton qui lui est rattaché par le ligament phréno-colique gauche.
Les capsules surrénales sont unies au diaphragme par le ligament surréno-diaphragmatique. - 3° - LES PILIERS ET LES ARCADES
Les piliers du diaphragme entrent en rapport avec (figure 110) :  Figure 110 - l'aorte abdominale et le canal thoracique sur la ligne médiane,
- la veine cave inférieure, à droite
- les ganglions lymphatiques;
- le plexus solaire, les deux ganglions semi-lunaires, les ganglions aortico-rénaux en dehors,
- les cordons du sympathique lombaire, légèrement en arrière des piliers.
- en arrière. par l'intermédiaire de l'aponévrose postérieure du transverse (figure 112), sur tout le bord inférieur de la douzième côte, en arrière des insertions du carré des lombes ; sur le sommet de l'apophyse transverse de la douzième vertèbre thoracique et sur le sommet des apophyses costoïdes des cinq vertèbres lombaires.
- en bas, sur la moitié externe de l'arcade crurale, sur les deux tiers antérieurs de la lèvre interne de la crête iliaque et sur la partie la plus supérieure de la face antérieure du ligament sacro-lombaire antérieur.
Ce plan nerveux est recouvert par le péritoine. La partie inférieure des piliers répond à l'ensemble duodéno-pancréatique, au duodénum qui encadre les piliers et à l'angle duodéno-jéjunal qui est rattaché aux piliers par le muscle de Treitz. Les arcades du psoas et du carré des lombes répondent aux capsules surrénales et aux reins et à la partie postérieure et médiane du sinus costo-diaphragmatique C - LE TRANSVERSE DE L'ABDOMEN Tendu entre les apophyses transverses des vertèbres lombaires et la liane blanche, le transverse de l'abdomen forme le plan profond de la sangle abdominale (figure 111).  Le transverse de l'abdomen Il s'insère en haut, sur la face interne des septième, huitième et neuvième cartilages costaux, sur la face interne de l'extrémité antérieure de la neuvième côte et sur la face interne des dixième, onzième et douzième côtes. Ces insertions s'imbriquent avec celles du diaphragme de telle sorte crue « les deux muscles semblent se prolonger l'un dans l'autre ». Entre les digitations du transverse cheminent les nerfs intercostaux correspondants. De ces insertions, le corps musculaire se porte horizontalement d'arrière en avant pour se terminer en avant sur l'aponévrose antérieure du transverse qui se fixe dans sa plus grande partie sur la ligne blanche. Dans sa partie supérieure, l'aponévrose antérieure du transverse s'insère sur la moitié inférieure de l'appendice xiphoïde alors que sa partie inférieure s'insère sur le pubis par l'intermédiaire du tendon conjoint. La face externe du transverse est recouverte par les muscles grand et petit obliques. Sa face interne répond au péritoine ; elle est séparée du péritoine par le fascia transversalis. Le transverse de l'abdomen est innervé par les nerfs grand et petit abdomino-génitaux, branches du plexus lombaire et par les quatre derniers nerfs intercostaux.  Figure 112 La face profonde du transverse de l'abdomen est recouverte par une lame aponévrotique qui tapisse en fait toute l'étendue de la face profonde de la musculature abdominale : c'est le fascia transversales. Cette lame aponévrotique est interposée entre le péritoine et la musculature : elle recouvre la face profonde du grand droit et du transverse de l'abdomen, et en arrière la face antérieure du carré des lombes et du psoas. Épais et individualisé au niveau de la partie basse de l'abdomen, le fascia transversalis est très mince au niveau de l'orifice inférieur du thorax où il se perd sur la gaine du psoas et sous la coupole diaphragmatique. D - LE DIAPHRAGME : PHYSIOLOGIE Classiquement, le diaphragme, muscle inspirateur par excellence, possède un rôle principal et des rôles secondaires. Son rôle principal est l'inspiration : en se contractant, il augmente les trois diamètres thoraciques. Ses rôles secondaires consistent à agir sur la masse des viscères abdominaux et sur différentes fonctions du corps : défécation, miction, accouchement... En fait, le diaphragme ne peut avoir un rôle principal et des rôles secondaires. De par sa position dans le corps, de par ses attaches et sa morphologie, le diaphragme agit de plusieurs manières à la fois : il a une action dynamique, respiratoire, une action viscérale et une action statique. Ces trois actions ne sont ni principales ni secondaires. Elles sont essentielles pour le corps humain et s'exercent en même temps sur la dynamique du corps, sur les fonctions internes, sur la statique et la morphologie. C'est son rôle respiratoire proprement dit. Lors de l'inspiration, la contraction des fibres musculaires diaphragmatiques abaisse le centre phrénique. Bien qu'il soit limité d'une part par la tension du médiastin et d'autre part (et surtout) par la présence des viscères abdominaux, cet abaissement augmente notablement le diamètre vertical du thorax. Le centre phrénique abaissé sert de point fixe aux fibres musculaires périphériques chondro-costales : leur contraction entraîne une élévation des côtes inférieures et donc une augmentation du diamètre transversal. Dans le même temps, les fibres musculaires sternales projettent le sternum en avant, entraînant un agrandissement du diamètre sagittal.  Figure 113 Cette action inspiratrice ne peut s'effectuer sans la résistance de la sangle abdominale, c'est-à-dire des muscles abdominaux, grand et petit obliques et surtout le transverse de l'abdomen, qui forment un "véritable corset" autour de l'abdomen. Les muscles obliques, de par leur direction opposée, forment un tissage losangique, alors que le transverse de l'abdomen, doublé par le fascia transversalis vient renforcer horizontalement ce tissage. Rappelons que la direction des fibres des muscles abdominaux forment une étoile à six branches (figure 113). Lors de l'expiration, le diaphragme se relâche et la contraction des muscles abdominaux abaisse l'orifice inférieur du thorax en diminuant les diamètres sagittal et transversal. L'augmentation de la pression abdominale refoule la masse viscérale, ce qui diminue le diamètre transversal, tout en fermant les sinus costo-diaphragmatiques. « Les muscles abdominaux constituent donc les antagonistes parfaits du diaphragme puisqu'ils diminuent simultanément les trois diamètres du thorax ». Cette action des muscles abdominaux est due à leur tonicité qui maintient une pression constante à l'intérieur de la cavité abdominale. Cette action respiratoire du diaphragme ne peut s'exercer seule. Le diaphragme est aidé par les autres muscles inspirateurs du thorax : intercostaux et triangulaire du sternum pour la respiration courante ; scalènes, mastoïdien, grand pectoral et grand dentelé pour la respiration forcée. Par sa contraction dynamique et par son relâchement, le diaphragme agit sur la masse des viscères abdominaux : il les pousse en bas et en avant à l'inspiration tandis que la contraction des muscles abdominaux les refoule en haut et en arrière lors de l'expiration. Ce "pompage rythmique" des viscères correspond à une fonction essentielle du corps. Il permet un meilleur transit intestinal en même temps qu'une amélioration du péristaltisme et donc une meilleure fonction digestive. De plus, sa contraction favorise la circulation du sang et de la lymphe, l'écoulement de la bile et les vomissements. Il s'oppose au diaphragme pelvien, le périnée, et joue un rôle important dans la défécation et la miction. Outre cette action générale sur les organes abdominaux, le diaphragme a une action plus spécifique sur tous les organes et viscères sus-mésocoliques et lombaires qui lui sont directement appendus. S'il n'y a pas d'action directe sur l'aorte et la veine cave inférieure qui le traversent (leurs orifices sont rigides, non extensibles et non déformables), le diaphragme a une action directe sur le cœur puisqu'à chaque inspiration, la pointe du cœur s'abaisse alors qu'elle s'élève dans l'expiration. L'action du diaphragme sur l’œsophage est importante. Il comprime l’œsophage et s'oppose au reflux du contenu gastrique. De plus sa contraction ferme l'orifice oesophagien alors que son relâchement l'ouvre. Le foie suit les mouvements du diaphragme : à l'inspiration, il est poussé en bas et en avant et apparaît sous le gril costal. La poussée du diaphragme sur l'estomac permet, pendant la digestion, une meilleure assimilation et un travail plus efficace des contractions stomacales. L'action du diaphragme sur les reins et les glandes surrénales sert à drainer et à pomper le rein et donc à une meilleure élimination de l'urine. Les insertions postérieures du diaphragme sur la colonne lombaire se font non seulement sur la face antérieure des corps vertébraux, mais encore sur les disques intervertébraux. Ces dernières insertions sont les plus importantes puisque les insertions du diaphragme passent en Dont sur la majeure partie du corps vertébral par l'intermédiaire d'arcades fibreuses à travers lesquelles cheminent les artères lombaires correspondantes. Les piliers du diaphragme sont paramédians et prévertébraux. Or, si l'on étudie les insertions vertébrales du psoas, on se rend compte que ce dernier muscle s'insère essentiellement sur les parties latérales des disques intervertébraux, du disque entre la douzième vertèbre thoracique et la première vertèbre lombaire au disque entre la quatrième et la cinquième vertèbre lombaire, et sur les parties latérales des bords marginaux des corps vertébraux. Au niveau de la douzième vertèbre thoracique, comme au niveau de la cinquième vertèbre lombaire, il n'existe qu'une languette fibreuse.  Figure 114 Il y a donc continuité d'insertion entre le diaphragme et le psoas. On peut en déduire que ces deux muscles ont la même fonction vertébrale : si le psoas est lordosant, le diaphragme est, lui aussi lordosant. Si le psoas se dirige en bas, en dehors et en avant, le diaphragme se dirige en haut, en dehors et en avant. Les fibres musculaires qui font suite aux piliers du diaphragme ont donc une action importante sur la statique vertébrale : ils sont lordosants (figure 114).Cette lordose dorsolombaire centrée sur la douzième vertèbre thoracique et la première vertèbre lombaire se rencontre fréquemment en pathologie vertébrale associée d'ailleurs à un relâchement de la sangle abdominale, à un ventre projeté en avant, à un thorax fixé en inspiration et à une rétraction des scalènes avec hyperlordose cervicale. Cette action lordosante du diaphragme s'accompagne d'un relâchement de la sangle abdominale, ce qui exagère encore plus la lordose dorso-lombaire du fait d'une part de la pression des viscères abdominaux sur les grands droits, de la traction constante du muscle transverse qui tire horizontalement en avant la colonne lombaire, et d'autre part, du relâchement du tonus de la ligne blanche qui se trouve étirée par la traction continue qu'exerce la position inspiratrice maintenue du sternum. Dans ce cas, le sternum qui est constamment attiré en haut et en avant, en position inspiratrice par la rétraction des scalènes, empêche le centre phrénique de s'abaisser et de jouer son rôle de tenseur du diaphragme. Le pôle antérieur et son centre étant fixé, le diaphragme ne peut accomplir sa fonction qu'en contractant ses piliers. Son action lordosante s'en trouve renforcée avec relâchement de la sangle abdominale et ptose des viscères. Cette interaction pathologique est un cercle vicieux car tout effort isolé pour agir sur une seule des composantes de cette statique pathologique ne fait qu'aggraver la mauvaise position de l'ensemble. Un seul exemple suffira : si dans cette attitude d'hyperlordose haute, on fait faire des exercices abdominaux pour renforcer le tonus musculaire de la sangle abdominale déficiente, sans obliger les autres composantes de l'attitude vicieuse, on ne fait que muscler en position vicieuse et donc on aggrave encore plus le déficit postural. D'autant plus que faire des abdominaux, c'est peut être muscler les abdominaux, mais c'est surtout renforcer l'action lordosante des psoas qui travaillent le plus dans tout mouvement abdominal, du fait de leur action de flexion des membres inférieurs sur le bassin. Enfin, comme le diaphragme n'exerce plus son action dynamique normale, la respiration devient costale supérieure et le thorax prend de plus en plus une position figée en inspiration, empêchant encore plus le diaphragme et provoquant une exagération de la lordose cervicale avec comme corollaire, la tête qui semble rentrer dans les épaules. Que la cause de cette hyperlordose soit due à une rétraction de la chaîne musculaire postérieure et en particulier des muscles des gouttières vertébrales ou à un défaut de positionnement des lignes de gravité, les deux solutions ne s'excluant pas d'ailleurs,, le résultat reste le même. Le seul remède consiste en un étirement progressif maintenu des muscles postérieurs tout en demandant une expiration prolongée, bouche grande ouverte, avec fixation des lordoses cervicale et lombaire et une mobilisation du diaphragme dans un mouvement vers le bas et l'avant (ventre gonflé). Ce mouvement d'expiration ventre gonflé semble paradoxal le diaphragme ne serait-il pas un muscle comme les autres ? Et ne pourrait-il pas se contracter autrement qu'en inspiration ? Le diaphragme, comme tous les autres muscles du corps, peut se contracter et donc être mobilisé quelle que soit la position du corps et quelle que soit la position respiratoire. Ainsi, son mouvement physiologique est de se contracter et de s'abaisser en inspirant. Mais pour pouvoir maîtriser son diaphragme, et donc son air inspiré ou expiré, il faut aussi bien le mobiliser dans tous les plans et dans toutes les positions : l'abaisser en expirant comme en inspirant, en lordosant la région lombaire comme en délordosant, en basculant le bassin en antéversion ou en rétroversion, en synergie avec le périnée. Il faut également savoir maîtriser ses deux coupoles diaphragmatiques et savoir les mobiliser l'une après l'autre: Savoir, enfin, mobiliser son centre phrénique et les attaches sternales par un mouvement synergique avec le triangulaire du sternum. Ce n'est qu'à cette condition : la mobilisation du diaphragme dans tous les plans et quelque soit le temps respiratoire (inspiration ou expiration, apnée inspiratoire ou expiratoire) que l'on peut maîtriser son diaphragme et donc son Souffle. - 4 - LE DIAPHRAGME DANS L' ÉCONOMIE DU CORPS
 Les trois diaphragmes Par sa position centrale entre le thorax et l'abdomen, par ses relations fasciales entre le cou et l'abdomen (médiastin) et entre le thorax et le bassin (péritoine et périnée), le diaphragme est plus qu'un simple muscle inspirateur. I1 fait partie des trois diaphragmes essentiels du corps que sont la faux du cerveau et la tente du cervelet à la tête, le périnée au bassin et le diaphragme au thorax (figure 115). Ces trois diaphragmes dont deux sont dans le même sens (faux et diaphragme) et un en sens inverse (périnée) sont reliés entre eux par le tendon central représenté par la gaine viscérale du cou, le médiastin et le péritoine. C'est par ce tendon central que le diaphragme est relié à tout le corps. Toute atteinte d'une partie du corps aura une répercussion sur le diaphragme tout comme toute atteinte du diaphragme aura une répercussion sur tout le corps. De plus, toute atteinte d'un des trois diaphragmes aura un retentissement nécessaire et automatique sur les deux autres. Ce sont ces trois diaphragmes qui donnent au corps son unité de structure et son unité de fonction. C'est la raison pour laquelle les Grecs appelaient le diaphragme le "phrèn" c'est-à-dire « diaphragme, mais aussi cœur ou âme en tant que siège des sentiments, de la joie, de la douleur, de la crainte, de la colère, de l'amour ; siège également des mouvements de l'esprit, de la réflexion, de l'attention, de la pensée en général et donc par extension, siège de l'intelligence ». - 5 - LES AUTRES FONCTIONS GÉNÉRALES DU DIAPHRAGME
- Le diaphragme s'immobilise à tout effort intense, comme il s'immobilise à toutes les émotions violentes : peur, rire, sanglots...
- Son relâchement volontaire provoque la parole. Bien qu'il ne soit pas le siège de la parole, il participe directement à cette fonction noble de l'homme par la maîtrise du souffle ou de l'air expiré.
- Sa contraction involontaire provoque le bâillement. Ses spasmes provoquent le hoquet.
Il participe au ronflement et sa contraction involontaire brutale permet l'éternuement. - Sa contraction volontaire violente et rapide permet la toux et l'expectoration.
- Le rôle du diaphragme dans l'accouchement n'est plus à démontrer puisque son éducation sert à la méthode dite d'accouchement sans douleur.
- 6 - LA SYMBOLIQUE DU DIAPHRAGME : LE SOUFFLE
Le diaphragme participe au souffle, à la parole et au chant. La parole n'est en fait que la maîtrise du souffle. Dans toutes les traditions, qu'elles soient occidentales ou orientales, la respiration est associée au vent, au Souffle et à la Parole ou Logos. Le Souffle, Ruach en hébreu, Pneuma en grec, Spiritus en latin, est d'abord le souffle du vent : tantôt d'une violence irrésistible qui détruit tout sur son passage ou qui assèche la terre et la rend stérile ; tantôt il répand sur la terre l'eau féconde qui fait germer la vie. « Le vent souffle où il veut, tu entends sa voix, mais tu ne sais ni d'où il vient, ni où il va ». Ce Souffle, Ruach, c'est l'Esprit, la Sagesse, l'Intelligence, conseil et force. Ce souffle est créateur : « L'Esprit planait sur les Eaux » . Ou bien: « Alors Yahvé modela l'homme à son image, il insuffla dans ses narines une haleine de vie et l'homme devint un être vivant ». Ce Souffle, dont l'homme n'en est pas maître et dont il ne peut se passer, est la vie même c'est le principe de vie. Il est évolution et involution, manifestation et résorption. Il manifeste le Yang et le Inn. Ce Souffle est puissant : il était le symbole et l'instrument de la puissance des Druides. On comprend pourquoi la maîtrise du Souffle, le Prânayâma est si essentiel dans la Tradition hindoue.  Figure 116 Ce Souffle est lié à la Parole, au Logos parce qu'il est Créateur et parce que le langage est son reflet, La Parole, mais aussi le chant, car le chant plus encore que la parole nécessite la maîtrise du Souffle. Ce n'est donc pas sans raison que la forme géométrique du diaphragme est une spirale. Il est l'image, le symbole de la spirale d'évolution qui, une fois les instincts maîtrisés, monte vers le cœur, la pensée et l'Esprit (figure 116).
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