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Michel Fischer DO

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11. Physiologie musculaire
Publié par JL Boutin, Webmestre   
22-06-2007
Index de l'article
11. Physiologie musculaire
Insertions musculaires
Groupe thoracique
Groupe musculaire supérieur
Groupe musculaire inférieur
Conclusion
Notes

II - Le groupe musculaire thoracique

Le groupe musculaire thoracique comprend (figure 118)

  • au cœur de l'espace intercostal, les muscles intercostaux, externe, interne et moyen,
  • en arrière de l'espace intercostal, les surcostaux, les sous-costaux, la portion dorsale de l'ilio-costal et le faisceau lombo-dorsal du long dorsal ;
  • en avant de l'espace intercostal, le triangulaire du sternum.

 

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Figure 118 : Le groupe musculaire thoracique

Le rôle du diaphragme et du transverse de l'abdomen qui appartiennent tous deux â ce groupe a été étudié avec le douzième anneau thoracique. Nous n'y reviendrons pas.

Ces muscles forment un ensemble qui n'existe ni au niveau cervical ni au niveau lombaire. Toutefois, au niveau du cou, comme au niveau de l'abdomen, nous pouvons trouver des formations musculaires ou plus exactement des formations musculo-aponévrotiques semblables. C'est autour de cette double idée unité musculaire du corps humain et unité physiologique du groupe thoracique, que nous comprendrons le rôle et la place de ces muscles dans le rythme thoracique.

1° - LES MUSCLES INTERCOSTAUX

La physiologie des muscles intercostaux a donné lieu à toute sorte d'interprétation. « Les physiologistes, dit TESTUT, sont généralement d'accord pour rattacher le rôle des intercostaux à la fonction respiratoire » [1]. C'est le seul point sur lequel tous les auteurs sont d'accord. Mais quel est leur rôle et leur fonction ? Nombre d'opinions ont été émises et nous pensons qu'il est instructif de faire un bref aperçu historique de la question.

Citons pour commencer BECLARD : « il y a peu de muscles sur lesquels on ait aussi longuement disserté. Toutes les opinions possibles se sont reproduites relativement à leur action. Les uns ont vu dans ces deux muscles des inspirateurs, les autres les ont considérés tous les deux comme expirateurs » [2]. « D'autres ont considéré les intercostaux externes comme des inspirateurs et les intercostaux internes comme des expirateurs. Pour d'autres, les intercostaux externes sont expirateurs et les internes sont inspirateurs. Pour d'autres encore, ces deux muscles sont à la fois inspirateurs et expirateurs. Enfin, on a supposé aussi qu'ils servaient simplement à établir la continuité des parois thoraciques et à faire office de paroi élastique passive » [3].

Cet ensemble d'opinions divergentes et contradictoires ne fut pas sans un débat passionné entre les physiologistes. Et Béclard de faire allusion « à l'ancienne discussion qui s'était élevée autrefois entre Hamberger et Haller ». Cette discussion, aux dires de l'auteur, fut particulièrement injurieuse.

Pour CRUVEILHIER, ces muscles se contractent seulement « pour opposer une résistance à la pression atmosphérique quand celle-ci devient trop considérable » [4]. Pour la plupart des auteurs, les muscles intercostaux externes et internes sont antagonistes puisque l'externe se dirige de haut en bas et d'arrière en avant alors que l'interne (et le moyen) se dirigent de haut en bas et d'avant en arrière. Mais quel est leur vrai rôle ?

DUCHENNE DE BOULOGNE s'est basé sur l'expérimentation et la clinique pour définir leur rôle : « les muscles intercostaux sont les uns et les autres inspirateurs. Pendant leur contraction, le trajet oblique de leurs faisceaux tend à devenir perpendiculaire à la côte sur laquelle ils agissent » [5].

Pour WILMART (médecin belge de la fin du siècle dernier) les intercostaux jouent les deux rôles inspirateur et expirateur en faisant office de paroi rigide. Les muscles des premiers espaces jouent ce rôle en modifiant seulement le diamètre transverse tandis que ceux des derniers espaces jouent le même rôle en modifiant les diamètres antéro-postérieur, vertical et transverse.

Pour TESTUT, ces muscles ont un rôle modeste : « ils jouent l'office de simples parois élastiques » [6]. Ils n'interviennent donc jamais par leur contractilité dans la respiration ordinaire et n'entrent en jeu que dans des actes respiratoires exagérés et anormaux « pour lutter contre la pression aérienne également exagérée et anormale [7]. C'est la raison pour laquelle ces muscles sont en partie charnus et en partie fibreux : « ce sont sans doute, dit TESTUT , des formations dégénérées, des formations rudimentaires » [8].

DELMAS pense, quant à lui « qu'ils rétablissent constamment la hauteur de l'espace intercostal chaque fois que celui-ci est modifié [9].

PATURET est plus complet. Pour lui, les intercostaux sont des muscles liés à la respiration : les intercostaux externes sont inspirateurs "donc dilatateurs du thorax car les extrémités de leurs fibres musculaires se rapprochent dans l'élévation des côtes" ; les intercostaux internes et moyens sont expirateurs et donc rétracteurs du thorax « car les extrémités de leurs fibres musculaires se rapprochent dans l'abaissement des côtes [10]. Mais plus intéressante est l'autre action des intercostaux que donne Paturet, l'action statique : « ils doivent être considérés comme de simples lames souples, élastiques, mobiles, tendues entre les côtes ; ils interviennent alors par leur tonicité, leur élasticité au cours de la respiration ; pendant l'inspiration, l'espace intercostal augmente de dimension et la musculature intercostale s'oppose à l'action de la pression atmosphérique ; par contre, pendant l'expiration, l'espace intercostal diminue et la musculature intercostale s'oppose à la pression intrapleurale ». En outre, citant les travaux de HOVELAQUE, Paturet note que les intercostaux « contribuent à maintenir la rectitude du rachis puisque la désinsertion de ces muscles par résection sous périostée des côtes laisse la colonne vertébrale s'infléchir du côté non opéré, tout comme un mat dont les haubans seraient relâchés ou coupés d'un côté [11].

Comme aucune des opinions citées ne nous satisfait pleinement, tournons-nous vers les physiologistes et étudions ce qu'ils nous disent.

 

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Figure 119

BECLARD s'appuie sur les travaux d'Hamberger et à l'aide d'un schéma (figure 119) essaie de démontrer que "les muscles intercostaux externes sont inspirateurs et les intercostaux internes sont expirateurs". Cependant, en véritable physiologiste, il remarque que « l'action inspiratrice des intercostaux externes et l'action expiratrice des intercostaux internes n'est efficace qu'autant que d'autres muscles s'associent à leur action et créent des points fixes pour leurs contractions... L'action des muscles intercostaux s'accompagne donc toujours de l'action concordante d'autres muscles » [12] dit-il en conclusion.

Mais là où il montre qu'il comprend le corps humain, c'est lorsqu'il dit : « C'est en envisageant ainsi les muscles intercostaux, isolément des autres puissances musculaires, qu'on a été admettre que, leurs actions mutuelles se détruisant, leur action résultante était nulle. Mais leur action n'est jamais isolée. Les côtes font corps avec le sternum. Toutes les fois que la cage thoracique s'élève, le mouvement d'élévation ou d'abaissement se fait ensemble ou, si l'on veut, de proche en proche, mais d'une manière presque simultanée » [13].

Pour LAPIERRE, les muscles intercostaux « semblent n'avoir pas de rôle bien défini, ni inspirateur, ni expirateur. Leur rôle essentiel est de maintenir les espaces intercostaux dans leurs rapports normaux. De plus, ils forment barrière entre les différences de pression intra et extra-thoracique » [14].

Pour BONNET et MILLET, le problème est simple: « la théorie de Hamberger, généralement acceptée, admet que la contraction des intercostaux externes élève les côtes comme le laissait prévoir la direction de ces fibres, oblique en bas et en avant ; les muscles intercostaux internes, obliques en bas et en arrière rapprochent et abaissent les côtes lors de leur contraction » [15].

Pour KAPANDJI [16], les muscles intercostaux externes sont élévateurs des côtes et donc inspirateurs alors que les intercostaux internes entraînant l'abaissement des côtes, sont donc expirateurs. Sa démonstration s'appuie sur le schéma dû à Hamberger et serait confirmée par les travaux électromyographiques. Toutefois, on sent bien qu'il y a quelque chose qui le gêne puisqu'il note que cette interprétation est contredite par les expériences d'excitation électrique de Duchenne de Boulogne.

Enfin, il nous faut citer SOUCHARD qui, dans son excellent livre le Diaphragme a une conception globale du rôle des intercostaux : « il parait, en effet, vain d'imaginer pour Les intercostaux une autre physiologie que celle qui consiste à rapprocher le point mobile du point fixe et d'imaginer que les uns sont inspirateurs et Les autres expirateurs. Externes et internes élèvent Les estes dans l'inspiration à partir des points fixes supérieurs qui leur sont fournis. Les muscles surcostaux harmonisent le mouvement en fonction de la position du dos. Externes et internes abaissent les côtes (principalement par action passive) dans l'expiration à partir de la traction inférieure que leur transmettent Les abdominaux. Ils apparaissent ainsi comme les muscles statiques des côtes destinés à en maintenir passivement à tout instant l'écartement idéal [17].

Face à cet ensemble d'opinions contradictoires, essayons de découvrir le rôle physiologique réel de ces muscles intercostaux.

Comme le corps humain a son unité foncière, nous devons retrouver dans la division ternaire que nous avons établie, les mêmes structures d'ensemble avec des fonctions différentes puisque chaque partie du ternaire a sa fonction propre.

Les muscles intercostaux sont le point d'équilibre ou plus exactement le point de transformation entre les muscles du cou et les muscles de l'abdomen (figure 120).

 

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Figure 120

Au niveau du cou, il existe une formation musculaire dont le rôle respiratoire ne peut être mis en doute ; ce sont les scalènes. Au niveau de l'abdomen, la formation musculaire dont le rôle respiratoire ne peut pas être mis en doute est le groupe des abdominaux. Nous disons donc que ces trois groupes musculaires : scalènes, intercostaux et abdominaux sont trois groupes musculaires inséparables. Ils ont pour rôle d'assurer la fonction respiratoire secondaire, la fonction respiratoire essentielle et première étant assurée par le diaphragme.

Au cou, la masse scalénique se divise en trois parties :

  • le scalène antérieur, à direction oblique en bas, en dehors et en avant,
  • le scalène moyen, à direction oblique en bas et en dehors,
  • le scalène postérieur, à direction oblique en bas, en dehors et en arrière.

A l'abdomen, la masse musculaire se divise, elle aussi, en trois parties :

  • le grand oblique direction oblique en bas et en dedans,
  • le petit oblique, à direction oblique en haut et en dedans,
  • le transverse, à direction transversale [18].

Au thorax, la masse musculaire se divise, comme nous l'avons déjà étudié, en trois parties

  • les intercostaux externes reliant le pôle postérieur à la zone intermédiaire, à direction oblique en bas et en avant (ou en haut et en dedans pour Kapandji),
  • les intercostaux moyens reliant le pôle antérieur à la zone intermédiaire, à direction oblique en bas et en arrière (ou en haut et en dehors pour Kapandji),
  • les intercostaux internes occupant uniquement la zone intermédiaire, à direction oblique en bas et en arrière (ou en haut et en dehors pour Kapandji).

Si nous étudions les rapports de ces trois groupes musculaires, nous voyons que :

La direction des intercostaux externes se poursuit :

  • vers le haut par le scalène postérieur,
  • vers le bas par le grand oblique.

La direction des intercostaux moyens se poursuit :

  • vers le haut par le scalène antérieur,
  • vers le bas par le petit oblique.

La direction des intercostaux internes se poursuit :

  • vers le haut par le scalène moyen, et se transforme
  • vers le bas par le transverse de l'abdomen.

Cette unité musculaire entre le pôle céphalique(c'est-à-dire la région cervicale) et le pôle caudal (c'est-à-dire la région abdominale) passe par le point de balance thoracique. C'est cette unité foncière qui explique et justifie notre description anatomique. Et c'est cette même unité qui permet de comprendre la physiologie des intercostaux [19].

Cette unité explique aussi la transformation naturelle entre le pôle céphalique, solide et peu diversifié, et le pôle caudal mobile et dynamique. Le pôle céphalique n'a pas besoin de beaucoup de muscles, ni de beaucoup d'attaches. I1 est sphérique, unique, solide et intériorisé. Sa structure musculaire sera simple mais solide : ce sont les scalènes. A l'opposé, le pôle caudal est rayonnant, diversifié, très mobile, extériorisé. Sa structure musculaire sera complexe, souple, dynamique (étudier la complexité des aponévroses de l'abdomen et leurs insertions sur le bassin) ; ce sont les muscles abdominaux qui remplissent ce rôle. Le thorax, par son rythme cadencé d'inspiration et d'expiration, a besoin d'une structure à la fois solide et mobile. Il aura donc une structure osseuse mobile et une structure musculaire rigide. C'est le rôle dévolu d'une part aux côtes, os, donc rigides, mais os mobiles, donc souples et d'autre part aux intercostaux, muscles souples puisqu'ils sont formés de fibres charnues, mais muscles rigides puisqu'ils sont également formés de faisceaux fibreux, renforcés par la membrane intercostale qui tapisse tout l'espace intercostal.

Parce que leur structure anatomique est en relation avec le pôle caudal et le pôle céphalique, les muscles intercostaux ne peuvent être qu'à la fois des muscles inspirateurs et des muscles expirateurs : parce que les scalènes, au pôle céphalique, ont la même direction qu'eux, les intercostaux sont tous des muscles inspirateurs, à différents degrés. Et parce que les abdominaux poursuivent leur direction, ces mêmes intercostaux sont tous des muscles expirateurs, à différents degrés.

 

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Figure 121

Pour mieux comprendre la physiologie des musclés intercostaux, telle que nous l'envisageons, aidons-nous du schéma d'Hamberger (figure 121).

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Figure 121 a

Dans la conception classique, le point fixe OX est la colonne vertébrale. Dans ce cas, effectivement, les intercostaux externes sont inspirateurs et les intercostaux moyens et internes sont expirateurs (figure 121 a). Mais admettons un seul instant qu'il puisse exister à la contraction des intercostaux un deuxième point fixe, non plus postérieur, comme la colonne vertébrale, mais antérieur : le sternum. A l'aide du schéma d'Hamberger (figure 121 b), étudions la contraction de ces muscles. Nous nous rendons compte que les intercostaux externes sont EXPIRATEURS et que les intercostaux moyens et internes sont INSPIRATEURS !

 

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Figure 121 b

La raison en est simple, en inspiration forcée, la colonne vertébrale est bien point fixe. Mais la traction inspiratoire des muscles cervicaux : scalènes, sterno-cleido-mastoïdien et sous-hyoïdiens fixe le premier et le deuxième anneau thoracique EN MÊME TEMPS que le sternum ; un deuxième point fixe est ainsi crée par cette immobilisation du manubrium en inspiration. Les intercostaux vont pouvoir effectuer leur rôle de muscles inspirateurs, les externes en prenant leur point d'appui sur la colonne vertébrale, les internes sur le sternum.

En expiration forcée, la colonne vertébrale n'est plus le point fixe essentiel puisque ce sont les muscles abdominaux qui tirent le thorax en expiration. Le point fixe premier se trouve être le sternum et accessoirement la colonne vertébrale par l'intermédiaire du carré des lombes.

Il y a donc deux points fixes dans la respiration forcée :

  • dans l'inspiration : un point fixe principal qui est la colonne vertébrale et un point fixe secondaire, le sternum;
  • dans l'expiration un point fixe principal constitué du sternum et un point fixe secondaire, la colonne vertébrale

Il existe donc une lemniscate de fonction entre les intercostaux externes et internes et une lemniscate de fonction entre le sternum et la colonne vertébrale :

  • en inspiration : la colonne vertébrale est le point fixe principal sur laquelle les intercostaux externes prennent leur appui, alors que le sternum est le point fixe secondaire sur lequel les intercostaux moyens et internes prennent leur appui.
  • en expiration : le sternum est le point fixe principal sur lequel les intercostaux externes prennent leur appui alors que la colonne vertébrale est le point fixe secondaire sur laquelle les intercostaux internes prennent leur appui.

Il faut aussi noter que ce double point d'appui permet de comprendre la participation de la colonne vertébrale aux mouvements respiratoires forcés : étant point fixe en inspiration, la colonne thoracique participe au mouvement inspiratoire par une extension. Cette dernière permet une meilleure inspiration. Mais étant point fixe secondaire, la colonne thoracique participe au mouvement expiratoire par une compensation en flexion.

Mais les intercostaux n'ont pas seulement un rôle dans la respiration thoracique. Ils ont également, comme l'a très bien expliqué PATURET, un rôle protecteur de l'espace intercostal et par là du poumon puisqu'ils doivent être considérés comme de simples lames souples, élastiques, mobiles qui par leur élasticité et leur tonicité s'opposent à l'action de la pression atmosphérique, dans l'inspiration et à la pression intrapleurale dans l'expiration.

En outre, par leur action statique , ils participent au maintien de la colonne vertébrale puisque la désinsertion de ces muscles entraîne une concavité du rachis du côté opposé à la désinsertion . Ce rôle statique des intercostaux doit être rapproché du même rôle statique que joue l'aponévrose moyenne du cou et l'aponévrose du transverse de l'abdomen. Car c'est à travers ces aponévroses intermédiaires que se déversent dans le corps les stress de toutes sortes que l'homme subit tout au long de sa vie. C'est sur ces aponévroses moyennes que retentissent tous les efforts pour maintenir l'équilibre des forces montantes et descendantes, en fait pour maintenir l'équilibre de la vie.

2 - LE TRIANGULAIRE DU STERNUM

Situé sur la face postérieure du sternum et des cartilages costaux, le triangulaire du sternum, considéré par TESTUT comme « un organe rudimentaire » [20], oublié par la plupart des physiologistes « en raison de sa situation retro-sternale » [21], trouve son importance en raison même de cette situation, (figure 122).

 

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Figure 122 : Le Triangulaire du sternum

Il s'insère sur la face postérieure de l'appendice xiphoïde et du corps sternal jusqu'au niveau du quatrième cartilage costal par l'intermédiaire d'une lame aponévrotique. De là, ses faisceaux se dirigent obliquement en haut, en dehors et en avant vers la face postérieure et le bord inférieur des troisième, quatrième cinquième et sixième cartilages costaux et sur la partie adjacente des côtes correspondantes. Le faisceau le plus inférieur (sixième cartilage costal) est à direction presque transversale et se continue généralement avec les faisceaux supérieurs du transverse de l'abdomen (Testut, Paturet). Le faisceau le plus supérieur (troisième cartilage costal, accessoirement le deuxième cartilage) est à direction presque verticale.
Innervé par les nerfs intercostaux correspondants, il entre en rapport avec :

  • en avant, le sternum, les espaces intercostaux, les articulations chondro-sternales et chondro-costales et les muscles intercostaux moyens dont il en est séparé par les vaisseaux mammaires internes,
  • en arrière, avec le péricarde et les culs de sac médiastino-costaux antérieurs dont il en est séparé par le fascia endothoracique,
  • en bas, avec le diaphragme avec lequel il forme le sinus costo-diaphragmatique, et avec la ligne blanche de l'abdomen.
  • en haut avec le fascia qui poursuit les insertions inférieures de l'aponévrose cervicale moyenne.

Classiquement, il est considéré comme un muscle très accessoire, atrophié, sans rôle particulier si ce n'est comme muscle expirateur : « sa contraction abaisse les côtes » dit ROUVIÈRE [22], « la contraction de ses cinq faisceaux détermine l'abaissement par rapport au sternum des cartilages costaux » dit KAPANDJI [23].

Or, tout comme les muscles intercostaux, le triangulaire du sternum est à la fois un muscle inspirateur et un muscle expirateur, selon qu'il prend son point fixe sur le sternum ou sur les cartilages costaux et selon que le sternum est fixé en inspiration par les muscles sterno-cleido-mastoïdien, sterno-hyoïdien et sterno-thyroïdien, ou en expiration par les grands droits de l'abdomen.

Dans l'inspiration, les cartilages costaux se retrouvent en haut, en avant et en dehors, le sternum en bas et en arrière, relativement aux cartilages costaux, mais dans l'espace, le sternum est monté et est projeté vers l'avant. Cette montée et cette projection du sternum sont dues tout d'abord à l'action du premier et du deuxième anneau thoracique, ensuite à l'action des muscles qui s'insèrent sur le manubrium sternal (sterno-cleido-mastoïdien, sterno-thyroïdien et sterno-hyoïdien) enfin et surtout au triangulaire du sternum qui solidarise le pôle antérieur du thorax et permet de recréer l'harmonie de l'ensemble. Il faut voir, pour s'en convaincre les respirations paradoxales des asthmatiques pendant lesquelles le tirage inspiratoire des scalènes s'accompagne d'un enfoncement du sternum.

Dans l'expiration, les cartilages costaux se retrouvent en bas, en dedans et en arrière, le sternum en haut et en avant, relativement aux cartilages costaux. Mais dans l'espace, le sternum s'est abaissé, comme tout le thorax, tiré par les abdominaux et particulièrement les grands droits. Cette traction inférieure permet au triangulaire du sternum de prendre son point fixe sur le sternum et d'abaisser les cartilages costaux.

Mais la fonction du triangulaire du sternum ne se limite pas à ce rôle respiratoire. Situé au pôle antérieur de la zone rythmique, il est lui aussi, le point équilibrateur entre le cou et l'abdomen, comme le sont les muscles intercostaux. En effet, si nous replaçons ce muscle dans l'économie du corps, il est le point autour duquel s'harmonisent les tensions antérieures du cou et de l'abdomen. Prolongé en haut par l'aponévrose cervicale moyenne qui engaine les muscles sterno-thyroïdiens et sterno-hyoïdiens, en bas par la liane blanche de l'abdomen et l'aponévrose des grands droits, il est la pièce essentielle de la ligne de gravité antérieure qui relie la jonction inter-incisive en haut avec la symphyse pubienne en bas (figure 123).

 

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Figure 123

Cette chaîne aponévrotique antérieure passe par le triangulaire du sternum et elle est tellement importante qu'elle possède les trois clés ostéopathiques du corps qui sont le malaire, la clavicule et la symphyse pubienne. De plus, la disposition anatomique de cette chaîne musculo-aponévrotique montre qu'elle est formée d'une lemniscate entre les éléments du cou et de l'abdomen d'une part et le triangulaire du sternum d'autre part puisque ce dernier est situé à la partie postérieure du sternum.

Enfin, le rôle du triangulaire du sternum sera mieux compris si l'on considère sa fonction au niveau de l'anneau thoracique : situé au pôle antérieur de l'anneau, sa direction est la même que celle des intercostaux externes et du grand pectoral, mais elle est antagoniste de celle des intercostaux moyens. Situé en arrière des articulations chondro-sternales et chondro-costales, il a un rôle d'amortisseur et d'égalisateur des pressions articulaires dans les mouvements respiratoires comme dans les mouvements forcés du thorax ou comme dans les traumatismes thoraciques. I1 renforce le pôle antérieur du thorax. Et cet antagonisme entre lui et les intercostaux moyens vient renforcer les lemniscates structurelles comme les lemniscates fonctionnelles du pôle antérieur.

C'est la raison pour laquelle les traumatismes directs ont peu d'action sur les os, mais entraînent souvent des disjonctions articulaires entre le sternum, les cartilages et les côtes.

Le triangulaire du sternum a donc lui aussi un triple rôle : une action mécanique respiratoire, une action d'équilibration générale de la ligne de gravité antérieure et une action d'amortisseur ou de protection du thorax et des organes intra-thoraciques.

  • 3° - LES SURCOSTAUX

Petits muscles triangulaires, en arrière des muscles intercostaux externes qu'ils semblent prolonger, les surcostaux sont tendus entre l'extrémité postérieure des côtes et les apophyses transverses. Ils appartiennent donc exclusivement au pôle postérieur de l'anneau thoracique. Ils sont au nombre de douze, le premier commençant à l'apophyse transverse de la septième cervicale, le dernier à l'apophyse transverse de la onzième thoracique (figure 124).

 

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Figure 124 : Les surcostaux

Ils s'insèrent sur le sommet de l'apophyse transverse de la septième cervicale et des onze premières vertèbres thoraciques. Ils se dirigent obliquement en bas, en dehors et en arrière pour se terminer sur le bord supérieur de la face externe de la côte sous-jacente entre l'articulation costo-transversaire et l'angle costal postérieur, au-dessus des insertions du long dorsal.

On distingue deux types de surcostaux : le type court qui s'étend de l'apophyse transverse à la côte immédiatement sous-jacente ; ils s'échelonnent sur tous les espaces intercostaux ; et le type long qui n'existe qu'au niveau des quatre derniers espaces intercostaux. Situés en dehors des surcostaux courts, ils s'insèrent sur la deuxième côte sous-jacente, au niveau de l'angle postérieur, en dehors de l'insertion du surcostal court.

Situés en dehors des muscles des gouttières, ils recouvrent les muscles intercostaux externes et sont eux-mêmes recouverts par le long dorsal et l'ilio-costal.

Les surcostaux sont considérés comme des muscles inspirateurs : « Quand ils se contractent, dit KAPANDJI , ils élèvent la côte » [24].

Une remarque s'impose ici : quand on étudie la physiologie musculaire, on considère toujours qu'un muscle, quelqu'il soit, a un point fixe et un point mobile : c'est son action principale ou essentielle. Dans certains cas, le même muscle peut avoir une action secondaire, voire accessoire si on inverse son point fixe et son point mobile. De manière générale, le point fixe est l'attache supérieure du muscle et son point mobile son attache inférieure. Ainsi, le biceps brachial est-il fléchisseur du coude si l'on considère qu'il prend son point fixe sur l'épaule. Mais ce même muscle a une action accessoire, non négligeable au niveau de l'épaule : il est antépulseur du moignon de l'épaule. Cette action ne vient pas seulement du fait qu'il est polyarticulaire. Tous les muscles du corps ont une action dite principale et une action dite secondaire.

Mais, au niveau thoracique, du fait peut être de la faiblesse des muscles propres au thorax, on considère toujours que ces muscles : intercostaux, triangulaire du sternum, surcostaux, voire le diaphragme, n'ont qu'une seule possibilité de mouvement, à partir d'un seul point fixe, qui est l'attache musculaire supérieure. Ainsi le surcostal ne peut être qu'inspirateur puisque, prenant son point fixe sur l'apophyse épineuse, il élève la côte. N'a-t-on jamais envisagé que ce même muscle, s'il prend son point fixe sur la côte, c'est-à-dire sur son insertion inférieure est latérofléchisseur de la colonne thoracique du même côté que sa contraction ?

Le surcostal comme tous les muscles du groupe thoracique est à la fois un muscle inspirateur et un muscle expirateur

  • Il est un muscle inspirateur s'il prend son point fixe sur l'apophyse épineuse, il attire l'angle costal postérieur en haut et en dedans ; il est donc rotateur postérieur.
  • Il est un muscle expirateur puisqu'il a la même direction que l'intercostal externe. S'il prend son point fixe sur les côtes, sa contraction bilatérale attire la vertèbre thoracique correspondante en extension physiologique. Sa contraction unilatérale entraîne une latéroflexion vertébrale et une rotation (très légèrement) du même côté que sa contraction.

En fait, comme tous les muscles qui s'insèrent à la fois sur le rachis et sur l'extrémité postérieure de la côte, il solidarise le mouvement physiologique du rachis en position neutre (easy-flexion ou easy-extension) avec le mouvement physiologique des côtes en rotation postérieure ou en rotation antérieure. Il permet ainsi le jeu normal de compensation entre le rachis thoraciQue et les anneaux thoraciques.

Pour être complet, il faut noter que « les surcostaux ont une disposition à peu près semblable à celle des fibres supérieures du sacro-lombaire » [25]. Nous devons ajouter que cette disposition se retrouve au niveau lombaire avec le carré des lombes. Ainsi, au pôle postérieur nous avons la même disposition musculaire :

  • au pôle céphalique (région cervicale) le faisceau cervical de l’ilio-costal,
  • au pôle caudal (région lombaire) le carré des lombes,
  • à la zone intermédiaire : le surcostal.

4° - LES SOUS-COSTAUX

Muscles endothoraciques, rudimentaires, tendus de la face interne d'une côte à l'autre, Les sous-costaux sont situés au niveau de l'extrémité postérieure de l'espace intercostal. Ils entrent en rapport avec le fascia endothoracique par leur face profonde et avec la membrane intercostale par leur face superficielle. Ils sont en rapport avec le paquet vasculo-nerveux intercostal qui pénètre dans l'espace intercostal entre la membrane intercostale et le sous-costal.

Considérés par BECLARD comme « une dépendance des intercostaux internes » [26], parce que du fait de leur direction oblique en bas et en dedans, ils sont « la continuation au thorax du transverse de l'abdomen » [27]. En fait, comme nous l'avons vu avec les intercostaux, le transverse de l'abdomen est la continuation du système musculaire profond de l'espace intercostal qui comprend :

  • en arrière le sous-costal,
  • en avant Le triangulaire du sternum,
  • latéralement L'intercostal interne (voir figure 118) .

Leur rôle physiologique consiste, comme l'intercostal interne, à harmoniser les tensions du pôle postérieur de l'anneau thoracique, aussi bien en inspiration qu'en expiration.

5° - LA PORTION DORSALE DE L'ILIO-COSTAL

La portion dorsale de l'ilio-costal naît par des chevrons en nombre variable, de la face externe de l'angle postérieur des six dernières côtes. Elle se dirige verticalement vers l'angle postérieur des huit premières côtes (figure 124).

Cette portion de l'ilio-costal, propre au thorax, est à la fois inspiratrice et expiratrice :.

  • elle est expiratrice si elle prend son point fixe sur les dernières côtes, aidée par la partie lombaire du même muscle : elle abaisse l'anale postérieur des côtes ;
  • elle est inspiratrice si elle prend son point fixe sur les côtes supérieures, aidée par la partie cervicale du même muscle : elle élève l'angle postérieur des côtes.

La portion dorsale de l'ilio-costal favorise par son action sur l'angle postérieur des côtes, le mouvement de rotation antéropostérieure.

  • 6° - LE FAISCEAU LOMBO-DORSAL DU LONG DORSAL

Le faisceau lombo-dorsal du long dorsal naît des apophyses épineuses des quatre dernières vertèbres lombaires pour se terminer en deux parties :

  • une partie externe qui se fixe sur le bord inférieur des côtes, en dedans de l'angle postérieur, de la huitième à la quatrième côte ;
  • une partie interne qui se fixe sur la partie postérieure des apophyses transverses des vertèbres thoraciques, de la neuvième à la première.

Ce faisceau du long dorsal, propre au thorax, est à la fois inspirateur et expirateur

  • il est expirateur en prenant son point fixe sur la masse commune il abaisse l'angle postérieur des côtes,
  • il est inspirateur en prenant son point fixe sur la colonne thoracique : il attire l'angle postérieur en arrière et fait effectuer une rotation postérieure.

Par ses attaches osseuses, le faisceau lombo-dorsal du long dorsal favorise le mouvement de rotation antéropostérieure.



Dernière mise à jour : ( 19-03-2008 )
 
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