Flash info

Des procès pour museler l’expression libre !

Michel Fischer DO

Lire la suite...
 

Accueil arrow Tribune libre arrow Réflexions consensuelles
Réflexions consensuelles
Publié par JL Boutin, Webmestre   
01-04-2008
Index de l'article
Réflexions consensuelles
Bibliographie

Réflexions consensuelles sur l’ostéopathie médicale,

Docteur Patrick Varlet

Article paru dans la Revue de Médecine Manuelle-Ostéopathie n° 23 de février 2008, p. 26.

Image

Nous tenons particulièrement à remercier l'auteur, le Dr Patrick Varlet, et le Dr Jean-Yves Maigne, Rédacteur en chef de la Revue MMO, pour leur aimable autorisation de reproduire cet article.

L’ostéopathie médicale française serait-elle à la croisée des chemins ? Tandis qu’aux États-Unis certaines écoles se posent la question de supprimer de leur enseignement les théories « stilliennes »(28) non prouvées depuis 1 siècle, peu d’échos sont entendus sur cette situation en France, voire en Europe.

Bien entendu, les enseignements d’état dispensés par les facultés n’ont jamais inclus dans leur cursus ce type de pratique, se limitant à une approche dite structurelle ainsi qu’une petite partie de l’ostéopathie fonctionnelle(17) que l’on appelle depuis longtemps la Médecine manuelle, qui consiste en des techniques basées sur deux sciences : l’Anatomie et la Biomécanique. Nous aurions pu tout à fait en rester là, nous confortant dans cette idée cartésienne de séparation du corps et de l’esprit, se limitant ainsi à un acte de manipulation dont le doux ou inquiétant bruit de craquement (selon que l’on est thérapeute ou patient) fait croire à la guérison de tous les maux. Il est bon de souligner, dans un esprit uniciste que notre travail se situe toujours dans le fonctionnel, la seule chose que l’on pourrait donc opposer sont les techniques ostéo-articulaires et les autres.

L’intégration du mot ostéopathie dans le libellé du diplôme inter universitaire proposé par les facultés a évidemment changé la donne : les échecs par récidive des pathologies aussi , autorisant à aller plus loin dans la compréhension du corps humain. Bien des médecins honnêtes, conscients des limites de leurs techniques structurelles, convaincus d’un ressenti subtactile acquis par des années d’expérience se sont tournés vers ces approches ostéopathiques que sont les techniques crâniennes et crânio-sacrées proposées par Still(29) et développées par Sutherland puis Magoun(23). Nous rentrions donc dans ce que certains rigoristes appellent la « patamédecine »(18), c'est-à-dire une pseudo-science sans support scientifique.

Une chose est claire : le terme de Mécanisme Respiratoire Primaire(3) ainsi que les notions de marée, de vague, voire de souffle de vie sont loin de faire l’unanimité chez les représentants officiels de notre conscience scientifique. Le ressenti est pourtant là. Ce qui paraît étonnant dans cette situation c’est l’incapacité des uns comme des autres à modifier leur position d’un iota : le structuraliste regardant les brebis égarées avec des airs de condescendance attristée, tandis que l’ostéopathe voit en son for intérieur une dimension holistique de la prise en charge de ses patients(30). Nous serions presque au dire de certains dans l’antinomie entre la médecine manuelle et l’ostéopathie. Descartes contre Spinoza(27).

Il en est de même pour ce qu’il est d’usage d’appeler l’Ostéopathie Tissulaire(30) . Développée suite au concept d’équilibre et d’échanges réciproques cher à Rollin Becker(12), cette méthode permet une prise en charge de certaines pathologies par des techniques de communication non verbale au moyen d’un toucher toujours subtil. Ce type d’approche permet de traiter des patients qui présentent une contre-indication aux manipulations classiques, elle est aussi une aide précieuse dans le diagnostic et la thérapeutique des atteintes somato-émotionnelles(11-31). Les résultats sont étonnants et donnent en quatre à cinq séances des guérisons chez des patients pour lesquels les années de psychothérapie ou d’analyse n’ont donné aucun résultat(32). Rappelons nous que l’analyse est une technique reconnue dans tous les pays occidentalisés sans jamais avoir fait la preuve en double aveugle de son efficacité, Freud et bien d’autres s’y étant toujours refusés.

Ici aussi j’entends parfois les critiques les plus acerbes des bien pensants qui s’empressent de jeter le bébé avec l’eau du bain : sciences occultes dit-on, sciences orientales, imaginations de l’esprit, tout y passe, rien n’est épargné, pour un peu, on se retrouverait sur le bûcher de la place publique pour non-conformité aux principes fondamentaux des règles scientifiques du XIXème siècle… Il n’est même pas prévu dans les critères du Registre Européen des Médecins Ostéopathes (EROP) la moindre heure d’étude sur ce sujet alors qu’il en mériterait au moins une cinquantaine.

Nous pourrions expliquer cette position psychorigide par le fait que les sciences ont évolué depuis deux siècles de manière exponentielle : nous sommes très loin et pourtant si proches de l’époque où un seul homme tel que Léonard de Vinci était capable d’accumuler dans son cerveau toutes les connaissances scientifiques de son temps. Ce désir inaltérable de l’homme à essayer de détecter l’infiniment petit comme l’infiniment grand nous offre sans aucun doute l’accession à la compréhension de mécanismes jusque là mis au rang d’inepties conceptuelles(20).

Déjà dès les années 30, les physiologistes Cannon et Selye démontraient par leurs travaux sur le stress l’implication de tous les processus neuro-humoraux dans la régulation de l’organisme(15-21). Comme le disait Hans Selye avec humour, il a été longtemps inconcevable que la présence d’une belle-mère mal tolérée puisse induire un ulcère gastro-duodénal…

De nombreux travaux en biologie moléculaire, notamment ceux réalisés en 2006 par le Docteur G.A.Buehler de la Northwestern University de Chicago(2) démontrent qu’il existe une véritable intelligence cellulaire permettant à une cellule ce dévier sa route pour capter un rayon infra rouge, ou de mettre en action son centriole, véritable œil cellulaire, pour regarder ce qui se passe autour d’elle.

Les recherches en matière de tenségrité permettent de comprendre bien des mécanismes architecturaux biologiques tels que les matrices intra et extra cellulaires. La découverte des intégrines, protéines transmembranaires de surface permet de comprendre la transmission des signaux via les composants des complexes d’adhésion. Nous commençons à comprendre le rôle très important qu’elles jouent dans la migration, la différenciation et la survie des cellules, à tel point que nombre de chimiothérapies agissent sur ce phénomène d’adhésivité.

Nous savons que la matrice intra cellulaire appelée par certains cytosquelette permet l’adaptation de la cellule à l’environnement et en supporte ses fonctions motrices. Nous savons aussi que la matrice extra cellulaire possède un collagène en arrangement cristallin et se comporte comme un réseau électronique semi-conducteur, permettant ainsi la génération, le transfert le stockage et l’utilisation de l’énergie et de l’information. Nous sommes déjà bien au delà des représentations livresques scientifiques des livres de biologie qui paraissent encore aujourd’hui…

Si l’on quitte la biologie pour rentrer dans la physique, les progrès en matière de découverte sont encore plus flagrants. En 1963 Baule et Mc Fee de l’université de Syracuse à New York détectaient le champ électro-magnétique du corps humain et le quantifiaient à un millionième du champ magnétique terrestre. Les travaux de Bryan Josephson (expliqués par J.L. Oschman(25)) sur les électrons (prix Nobel 1973) sont à la base des appareils détecteurs de quanta humains tel le SQUID (superconducting quantum interference device) qui ont permis de démontrer que le toucher n’a rien d’un placebo, qu’il a une fréquence de 0,3 à 30 hertz et qu’il balaye la même amplitude de fréquence que celles observées dans les processus de guérison des différents tissus. Enfin, des travaux parus dans l’American Journal of Cardiology en 1995 montrent que les enregistrements électro-magnétiques sont cohérents lorsque l’on demande à un patient d’évoquer des sentiments d’amour alors qu’ils deviennent incohérents dès lors qu’on évoque le la colère ou de l’angoisse. Nous voyons que la physique quantique introduite par De Broglie, Bohr(22), Planck(1), Einstein, Poincaré et bien d’autres physiciens n’a pas fini de nous étonner et nous livre au fur et à mesure de ses avancées une explication scientifique à notre ressenti si particulier et pourtant si commun à nous tous.

On comprend dès lors que le MRP mécanisme non prouvé à ce jour mais seulement étayé par des théories ne serait pas un mouvement mais une onde électro-magnétique évoluant dans un équilibre entre les phénomènes d’expansion et de gravitation(10-26). Les tissus ne bougent pas, seule l’information est véhiculée, ce qui fait dire au biophysicien Milo Wolff(33) : « Dans la nature, rien ne se passe sans échange d’énergie. La communication ou l’acquisition du savoir, quel qu’il soit, se fait seulement par un transfert d’énergie. Il n’y a pas d’exception. C’est une loi de la nature. ».

Notre vision des choses serait incomplète si nous n’évoquions les remarquables livres d’un des plus grands neurologues contemporains, le Docteur Antonio R. Damasio(8-9) qui s’est penché sur les sentiments et la conscience humaine, ainsi que ceux de Sir John C. Eccles (prix Nobel de Médecine en 1963)(13-14) qui, suite aux idées de champ physique de l’esprit du Physicien quantique Henry Margenau(24), a mis en évidence et a localisé ce champ quantique de conscience en périphérie des synapses neuronales, dans un milieu cristallin.

Tout ceci mérite quelques réflexions essentielles. La première est que l’humilité n’est pas seulement une qualité mais une nécessité qui donne tout son sens à l’adage : « il faut apprendre à savoir être et non pas être le savoir ». La deuxième pensée la plus adaptée à notre situation pourrait être celle de Mark Twain : « Ce n’est pas ce que vous ignorez qui vous pose problème, c’est ce dont vous êtes sûr ». Enfin, la troisième et dernière est personnelle : il est heureux que depuis quelques temps se dissipe la querelle des anciens et des modernes, des structurels et des ostéopathes, des médecins et des patamédecins, des gens qui savent et de ceux qui ne savent pas. C’est une vision qui ne peut être que d’arrière garde face aux avancées scientifiques qui devraient être incluses dans un cursus d’Ostéopathie : vouloir faire croire que l’on peut être complet et ne pas intégrer dans ce cursus de formation la Biologie, la Biophysique, l’Embryologie, la Physique ancienne et la Physique quantique, la Chimie du corps humain, la Psychiatrie, la Rhumatologie… c’est prendre le risque de la médiocrité, attitude dangereuse lorsque l’on est amené à traiter des gens sensés vous faire confiance : une fois de plus les médecins apprennent au quotidien que des dispositions politiques parfois électoralistes peuvent s’imposer face à la santé publique.

Ainsi vont les gens et ainsi va le monde… Il est de notre côté grand temps d’unir nos forces dans tous les domaines, au sein de toutes les associations et des autorités scientifiques, y compris au niveau européen, afin d’inclure les formations médicales indispensables à une Ostéopathie de haut niveau.

Docteur Patrick Varlet

Responsable de la commission pédagogique de la Femmo www.femmo.fr

 


Dernière mise à jour : ( 03-04-2008 )
 
< Précédent   Suivant >
© 2001-2008 Jean-Louis Boutin et le Site de l'Ostéopathie. Informations Légales
Le Site de l'Ostéopathie est déclarée à  la CNIL (Commission Nationale de l'Informatique et des Libertés) sous le n° 723319.