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L’ostéopathie en gynécologie par Claudine AGERON MARQUE Sage-femme, Ostéopathe DO
L’ostéopathie en gynécologie Généralités « L’ostéopathie est une science, un art et une philosophie des soins de la santé, étayée par des connaissances en évolution. Sa philosophie englobe le concept de l’unité de la structure de l’organisme vivant et de ses fonctions. Sa spécificité consiste à utiliser un mode thérapeutique qui vise à réharmoniser les rapports de mobilité et de fluctuation des structures anatomiques. Son art consiste en l’application de ses concepts à la pratique médicale dans toutes ses branches et spécialités. Sa science comprend notamment les connaissances comportementales, chimiques, physiques et biologiques relatives au rétablissement et à la préservation de la santé, ainsi qu’à la prévention de la maladie et au soulagement du malade. Les concepts ostéopathiques mettent en évidence les principes suivants : Le corps, par un système d’équilibre complexe, tend à l’autorégulation et à l’autoguérison face aux processus de la maladie. Le corps humain est une entité dans laquelle la structure et la fonction sont mutuellement et réciproquement interdépendantes. Un traitement rationnel est fondé sur cette philosophie et ses principes. Il favorise le concept Structure/Fonction dans son approche diagnostique et thérapeutique par des moyens manuels .» Définition élaborée en 1987 lors de la convention européenne d’Ostéopathie à Bruxelles grâce au concours du Professeur P Cornillot, Président de l’université de Paris-Nord Bobigny. En reprenant cette définition complète de l’ostéopathie, il paraît difficile de parler d’une spécialité en gynécologie, puisque le concept de sa philosophie est l’unité de la structure de l’organisme vivant et de ces fonctions. En effet, lors d’une consultation d’ostéopathie, l’individu est écouté, observé, mobilisé, palpé, dans sa globalité même si le motif de consultation est une dysménorrhée (règle douloureuse). L’ostéopathe s’applique à essayer de comprendre quelles sont les parties articulaires, viscérales, crâniennes qui sont en restriction de mobilité ? . Il se peut que le simple fait de redonner de la mobilité à une articulation sacro-iliaque suffise pour traiter un problème gynécologique, sans que l’on soit particulièrement obliger d’appliquer une technique plus spécifique sur la sphère pelvienne. Les principes fondamentaux de l’ostéopathie L’unité de fonction du corps humain Il n’est pas possible de disséquer l’être humain en petites parties, comme nous l’apprennent, pour plus de commodité, nos planches d’anatomie. L’être humain a une histoire (médicale, sociale, personnelle), il forme une unité, à la fois biologique, émotionnelle et spirituelle. Cette femme qui a mal au ventre ne sera pas traitée de la même façon, si cette douleur trouve son origine dans les suites d’une chute dans l’escalier ou dans une période de stress intense. Notre corps a cette merveilleuse capacité de s’adapter encore et en encore, jusqu’au jour où il ne peut plus. Il s’installe alors des troubles fonctionnels. Leurs traductions peuvent être une douleur, mais dans le temps, des troubles chroniques qui s’installent ; comme des troubles du cycle par exemple ? Il est important de comprendre que toutes demandes d’adaptation, accident, choc émotionnel… a une répercussion sur l’ensemble du corps. L’homéorhèse et l’homéostase Notre organise possède la capacité de s’autoréguler. Pour cela, le système neurovégétatif (système nerveux autonome) rentre en action. Il y a d’une part, le système orthosympathique qui est chargé de l’adaptation immédiate aux stimulis positifs ou négatifs c’est l’homéorhèse. En assurant son rôle, l’orthosympathique va permettre par exemple au cœur d’accélérer en cas de fuite. Le parasympathique assure la vie végétative et travaille en permanence à l’équilibre interne de l’organisme, il est reconstructeur et régénérateur, c’est l’homéstase. Sa fonction est de construire l’énergie et de la stocker le plus possible. Il est ralentisseur et anaboliseur. C’est grâce à lui que vous ralentissez votre cœur et que vous baillez en sortant d’une séance de relaxation. C’est deux phases contribuent à protéger et à maintenir les trois composantes de la santé : équilibre, économie, confort. Le système neurovégétatif travaille en synergie avec le système endocrinien qui lui est responsable de régulations plus profondes et plus durables. Il existe donc une interaction entre ces deux systèmes, et lorsque l’homéostasie ne peut plus s’effectuer, il y aura des répercussions sur la production des hormones. Autodéfense, autorégulation Si nous sommes en équilibre dans cette unité biologique, notre organisme a les capacités de se défendre. Rappelons-nous des écrits de¨Pasteur « le microbe n’est rien, le terrain est tout ». Lorsque nous sommes en contact avec une épidémie de rhume, nous sommes bien inégaux dans la réponse à cette agression bactérienne. Certain d’entre nous installerons un rhume quelques heures après le contact, d’autres ne seront pas malades. Comment comprendre un tel phénomène sans l’éclairage du terrain ! Les organismes en équilibre pourront plus facilement mobiliser leur système de défense contre les microbes en question, car le corps ne sera pas occupé ailleurs à reconstruire ou à maintenir un équilibre. Interdépendance de la structure et de la fonction dans les deux sens Nous avons appris à différencier un os, d’un ligament, d’un muscle, d’un viscère, de la peau, mais c’est un Homme. Il y a interdépendance d’un système avec un autre système. Une restriction de mobilité d’une vertèbre excite une chaîne latéro-médiane qui se trouve en avant des corps vertébraux et qui fait partie du système orthosympathique et cela peut donner des troubles digestifs. De même un ulcère à l’estomac, induit pour une raison X, peut être à l’origine d’une restriction d’une vertèbre (grâce au système viscero-moteur). L’application en gynécologie Le cycle féminin est un fragile équilibre régi par des mécanismes physiologiques dépendant, d’une part, du système nerveux autonome, d’autre part de différentes sécrétions hormonales et du psychisme. Dans un premier temps, l'ostéopathe, à la lumière des principes que nous venons d’évoquer, va s’efforcer à traiter la demande de consultation d’une façon holistique, puis si cela ne suffit pas avec des techniques plus spécifiques. Le champ d’application Les troubles du cycle, comme les cycles irréguliers, les troubles lié à la puberté et à la ménopause. Les pathologies hormonales, comme les syndromes prémenstruels, (tension mammaire, irritabilité, pesanteur, stase), les dysménorrhées, les ovaires polykystiques. Les pathologies de la reproduction (l’infertilité) ; Les pathologies de stase, comme les congestions du petit bassin ; Les pathologies mécaniques, comme les algies chroniques du petit bassin, trouble de la statique pelvienne. Concrètement cela se passe comment ? L’examen L’ostéopathe, vous pose des questions, sur votre passé et présent médical, il observe les examens paracliniques que vous lui apportez. Puis, il vous demande de vous déshabiller, il vous observe dans un premier temps en statique (sans bouger) puis en dynamique, vous fait marcher, pencher le buste en avant tourner la tête regarder en l’air….. Lorsqu’un premier bilan est dressé, il va ensuite effectuer des tests de mobilité. Il s’agit de rechercher quelquefois des micro-mobilités des tissus. Il ne s’agit donc pas de grand geste brusque. Les tests s’effectuent dans le respect de l’écoute tissulaire, en respectant la règle numéro ; la non-douleur. Vient ensuite le traitement. Le choix des techniques Les praticiens ont à leurs dispositions plusieurs types de techniques : Les techniques dites structurelles Elles consistent à inverser les paramètres de restriction et ayant pris soin de mettre une place des verrous anatomiques, d’effectuer un petit mouvement rapide à grande rapidité pour lever la restriction de mobilité. Quelquefois, nous pouvons entendre un petit bruit, il n’est pas indispensable et de toute façon cela ne veut pas dire que la mobilité est rétablie, il faudra de nouveau tester dans les paramètres de l’articulation pour savoir si la technique a été concluante. A ce propos, je voudrai, indiquer, qu’il ne s’agit pas d’une vertèbre déplacée comme nous l’entendons souvent, mais d’une vertèbre qui a perdu un ou tous ces paramètres de mobilité (elle doit aller vers l’avant, l’arrière, s’incliner à droite, à gauche, tourner à droite et à gauche, physiologique). Les techniques dites d’énergie musculaire Il est demandé dans ce cas une participation du sujet, qui va par exemple contracter contre résistance un groupe musculaire. Le but permettre d’anneler la restriction de mobilité. Les techniques dites fonctionnelles (il existe plusieurs principes), cette fois-ci le praticien exagère des paramètres de restriction, jusqu'à ce qu’un processus neurologique inhibe le système neurologique qui maintient la restriction de mobilité. Ces techniques sont applicables sur toutes les structures osseuses. Pour les techniques d’ostéopathie crânienne et viscérale se sont des techniques fonctionnelles qui seront utilisées. La spécificité des techniques gynécologiques C'est l’examen par voie interne ou encore le toucher vaginal. Il est rarement effectuer en première séance car en fonction du problème à traiter, les patientes seront inviter à venir en consultation en début, en milieu ou en fait de cycle. La durée, et combien de séances ? Une séance peut durer en moyenne entre 30 minutes et 60 minutes. Le nombre varie selon l’importance du traitement à effectuer, en moyenne deux à trois séances puis un contrôle quelques mois plus tard si nécessaire. |