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L'infertilité Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Jean-Louis BOUTIN   
17-06-2006

L'infertilité

Claudine AGERON MARQUE
Sage-femme, Ostéopathe DO

En France 10% des couples consultent pour infertilité soit environ 40 000 couples par an.

L'article qui suit se propose de traiter l'infécondité chez une femme dont les étiologies suivantes sont exclues :

 Stérilités tubaires dues aux salpingites, endométrioses, malformation de la trompe.
 Stérilités utérines dues aux endométrites, endométrioses, synéchies post traumatiques, malformation utérine, hypoplasie utérine.
 Les obstacles cervicaux, tel que les séquelles d'électrocoagulations abusives.
 Les stérilités ovariennes, syndrome de Stein Levanthal, atteinte diencephalo-hypothalamo-hypophysaire.

Toutes ces pathologies font l'objet d'un autre traitement avant le traitement ostéopathique.

Pour accompagner un couple dans ce long parcours de l'infertilité, il faut connaître la mise en place de cette pathologie, être d'une grande rigueur et d'un grand respect car il s'agit souvent d'une grande souffrance pour ces parents. Nous ne pouvons pas nous permettre, comme les autres thérapeutes de cette discipline, de considérer le corps des femmes comme un objet d'expérimentation en oubliant d'informer des risques encourus par la prise de certains médicaments qui stimulent l'ovulation. Si nous ne nous sentons pas capable d'accompagner ce couple qui vient nous consulter, abstenons nous et ne donnons surtout pas de faux espoir. Ayant l'honnêteté de dire simplement, nous vous accompagnons vers de meilleures fonctions dans votre corps, la nature décidera de la suite.

L’infertilité, dont le protocole suit, concerne donc des femmes avec des cycles anovulatoires avec aménorrhée primaire ou secondaire ou des cycles ovulatoires.

Les trompes sont perméables.

Il faut savoir que la plupart du temps les femmes viennent hélas pour une consultation ostéopathique en désespoir de cause après une ou plusieurs stimulations ovariennes, une ou plusieurs inséminations et quelquefois une ou plusieurs fécondations in vitro.

 LES CAUSES    

Les causes centrales

L'information FSH RH et LH RH s'effectue entre hypothalamus et l'hypophyse par le système porte hypothalomo-hypophysaire contenu dans la tige pituitaire. Ce dernier passe au travers le la tente de l'hypophyse. Pour que l'information passe correctement, il est important de travailler :

 les tensions de la tente de l'hypophyse, de la tente du cervelet et de la faux du cerveau.
 la fente ethmoïdale du frontal où se loge la Crista Galli de l'ethmoïde qui est l'insertion antérieure de la faux du cerveau.

Les causes mécaniques ovariennes

" un ovaire immobile est un organe malade " (Grégoire)
La mobilité de l'ovaire dépend :

 d'un juste équilibre entre les ligaments suspenseurs de l'ovaire et de l'utérus,
 de l'absence de compression viscérale sus et sous jacente, comme une ptôse du gros intestin et ou de l'intestin grêle,
 de la liberté des ovaires par rapport aux ligaments reliant l'ovaire gauche avec le sigmoïde et l'ovaire droit avec le caecum,
 de la mobilité de l'utérus, de l'absence d'adhérences ou de cicatrices péritonéales.

Le traitement du système circulatoire ovarien    

 Suivant les principes d'A. T.  Still "la loi de l'artère" toute restriction de mobilité diminue la circulation des liquides (sang, lymphe, liquide céphalo-rachidien) et entraîne un déséquilibre local ou général.
L
es principales fonctions de l'ovaire exocrine (ovule) et endocrine (progestérone et œstrogène) dépendent du sang qui transporte les informations nécessaires du système porte hypothalamo-hypophysaire aux ovaires et vice versa. Sa vascularisation artérielle, veineuse et lymphatique est donc essentielle.
Elle est principalement dépendante d'un plexus nerveux "le plexus solaire" dont le système sympathique induit une vasoconstriction de l'artère ovarienne dont la naissance est soit aortique, soit rénale.
Cette artère ovarienne s'anastomose avec l'artère utérine au niveau des ovaires sous les trompes.
La vasoconstriction de l'artère utérine dépend du plexus hypogastrique situé dans la partie postérieure des lames sacro-recto-génito-pubiennes.
Pour cela le traitement sera le suivant :

 le bassin :
les ligaments larges sont solidaires des paramètres constitués en partie par la tente hypogastrique. Elle adhère et se repose sur l'aponévrose profonde du plancher pelvien et, latéralement, elle est solidaire du péritoine car le ligament large est la résultante de l'accolement des deux feuillets péritonéaux. La mobilité des iliaques influe sur la tension des ligaments larges. Ils inclinent l'utérus d'un côté ou de l'autre. Sous ce ligament large cheminent dans 3 directions les artères utérines.
 

 les lombaires et la charnière lombo-sacrée :
leurs dysfonctions peuvent occasionnées par un schéma montant ou descendant. Dans tous les cas, elles modifieront la mobilité lombaire créant une ou plusieurs dysfonctions ostéopathiques.

Je rappelle pour mémoire la très belle définition d'Irwin Korr :
 " une dysfonction ostéopathique représente un segment facilité de la moelle épinière, maintenu dans cet état par des influx d'origine endogène qui parviennent à la moelle par la racine dorsale correspondante. Par conséquent, toutes les structures qui reçoivent les fibres nerveuses efférentes de ce segment sont potentiellement exposées à une excitation ou une inhibition excessive ".

 La chaîne sympathique de cette région :
C'est le splanchnique pelvien qui correspond au nerf présacré qui s'anastomose avec le sympathique sacré pour rejoindre le plexus hypogastrique, centre neurovégétatif du petit bassin.
 

 les reins :
Certaines artères ovariennes ne naissent pas de l'aorte mais de l'artère rénale gauche le plus souvent, une restriction de mobilité au niveau d'un rein peut entraîner des troubles circulatoires sur l'artère ovarienne mais aussi sur le système veineux satellite du système artériel particulièrement les veines ovariennes gauches. Par ailleurs même si l'artère prend naissance au niveau de l'aorte dans sa partie rétro-péritonéale elle peut être le siège de perturbation par compression.
 

 le diaphragme :
La restriction de mobilité en inspiration et en expiration a une action directe sur la masse viscérale qui peut être responsable d'une compression unilatérale ou bilatérale au niveau des ovaires. Une tension diaphragmatique donne une restriction de mobilité des vertèbres sur lesquelles s'insèrent les piliers du diaphragme qui à leur tour influent sur le centre neurovégétatif "le plexus solaire". Cette dysfonction diaphragmatique peut être responsable d'une diminution de mobilité du foie avec des incidences sur le retour veineux.

Le traitement des trompes

 Situées sous les ligaments larges, elles dépendent aussi de deux influences, une utérine dans la moitié interne et l'autre ovarienne la moitié externe. Leur mobilité permet entre autre aux cellules ciliées (intra tubaire) d'être fonctionnelles et surtout de permettre la migration de l’œuf dans la trompe ainsi que celle des spermatozoïdes. Le péristaltisme tubaire ne peut s'effectuer que s'il existe un équilibre entre l'ovaire et l'utérus. Le traitement consiste à restaurer la mobilité à l'ovaire et à l'utérus puis à effectuer un léger étirement de la trompe pour tester son élasticité ou sa résistance.

 Le traitement de l'utérus

Le point le plus fixe de l’utérus se trouve au niveau de l'insertion des ligaments utéro-sacrés (isthme utérin) qui se fixent principalement au niveau de S2 (axe de mobilité sacrée).
Il existe donc une mobilité du corps utérin par rapport à cette insertion de même qu'il existe une mobilité du col par rapport à ce point.
Les ligaments larges (comme nous l'avons vu plus haut) dépendent principalement de la mobilité des iliaques, ils induisent une inclinaison de l'utérus. Les ligaments ronds qui passent par le canal inguinal et qui viennent se fixer sur la branche pubienne, dans le mont de venus et dans les grandes lèvres suivent l'articulation de la symphyse ce qui induit une rotation droite ou gauche de l'utérus. La mobilité de l'utérus est aussi soumise à la pression, au niveau supérieur, de la masse intestinale au niveau postérieur et latéral du sigmoïde, du cæcum et du rectum et dans sa partie inférieure de la mobilité du plancher pelvien et du périnée (penser aux séquelles d'épisiotomie).
Une bonne vascularisation utérine tant sur le plan artériel que sur le plan veineux accompagne la liberté de mobilité de l'utérus dans sa position d'antéversion et antéflexion au dessus du noyau central du périnée. Enfin, nous noterons une particularité anatomique du système veineux ; les différents plexus veineux péri-utérins sont anavalvéolés ce qui est une arme à double tranchant. En effet dans un premier temps une congestion dans un système peut se délester sur les autres systèmes périphériques mais peu à peu tous les systèmes vont se congestionner et l'on aboutit à une congestion globale qu'il est difficile de corriger.
Nous testerons et traiterons la mobilité et l'utérus dans ses latéro-déviations, anté et rétro déviation, les dysfonctions du corps par rapport au col, rétroversion et inclinaisons. Nous effectuerons les tests et traitements des ligaments larges, les rotations, tests et traitements des ligaments ronds, des ligaments utéro-sacrés dans les hyper antéversions, puis nous testerons et traiterons le col par rapport au corps, (col antérieur, col postérieur, rétroflexion). Bien sur, nous aurons libéré l'utérus de toutes les contraintes périphériques viscérales (vessie, cadre colique, grêle).

 Le traitement du col

La muqueuse de l'endocol est composée d'un "arbre de vie" permettant aux spermatozoïdes de grimper plus aisément au travers du col. Il possède une activité sécrétoire, la glaire cervicale qui facilite l'introduction des spermatozoïdes dans la cavité utérine. L'information hormonale circulante modifie cette muqueuse et cette glaire. Le col doit donc, lui aussi, être mobile et bien vascularisé pour assurer sa fonction.
Cette mobilité peut dépendre de l'utérus, mais aussi en être indépendante. Elle peut être en rapport avec les lames sacro-rétro-génito-pubiennes ou être dépendante de séquelles cicatricielles suite a une électrocoagulation ou un accouchement intervenu sur un col mal dilaté ayant entraîné une déchirure du col.

 Les examens complémentaires : la courbe de température.

L'intérêt de la courbe de température est d'obtenir quelques indications nous invitant à suspecter plutôt une cause centrale ou une cause locale.
Par exemple analysons un cycle long de 34 jours avec un plateau lutéal de 14 jours et une ovulation au 20e jour. Nous pouvons évoquer une raison plutôt centrale, l'ovaire a une réaction tardive à la stimulation centrale puisque nous avons une ovulation et un bon plateau lutéal.
Dans le cas d'un cycle de 34 jours avec une ovulation au 25e jour et un plateau lutéal de 9 j.
Nous évoquerons dans ce cas plutôt une raison locale, l'ovaire a du mal à amorcer une réponse et la production de progestérone est insuffisante
Dans le cas d'un cycle court inférieur à 26 jours ayant une ovulation tardive et une réponse lutéale inférieure à 11 jours, nous évoquerons plutôt une dysfonction locale.
Dans le cas des cycles anovulatoires les causes centrales et locales sont à retenir.
Ceci étant, il ne s'agit que d'une indication et très souvent nous sommes surpris par l'association des deux causes. Les tests de mobilité des différentes zones resteront primordiaux.

 
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