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Page 2 sur 6 1. OstéopathieDéfinir ce qu'est l'ostéopathie ne peut se faire en quelques mots, pas plus qu'en une phrase simple, puisque le terme ostéopathie désigne une conception médicale originale, l'ostéopathie crânienne, une technique de soins et sert de nom générique à des maladies osseuses. De ce fait, le terme d'ostéopathie est mal choisi et laisse à désirer. Certains ont essayé, sous diverses appellations, de trouver un mot plus approprié : on parlera d'Etiopathie (école de Genève), de Chirothérapie (Wanono), de Thérapie manuelle; mais tous ces termes sont loin de faire l'unanimité. Pour expliquer l'ostéopathie, la manière la plus simple est de partir de la pratique courante : qu'est-ce qu'un ostéopathe ? Bien que cela puisse prêter à la critique, il semble que le meilleur terme soit de parler de rebouteux scientifique, du moins dans une première approche. Le rebouteux (de « rebouter », latin « re » indiquant un mouvement arrière, le fait de ramener en arrière et du francique « bouter » pousser, refouler, c'est-à-dire remettre en place, replacer) est celui qui reboute, c'est-à-dire qui remet les jambes et les bras cassés de manière empirique ou par des moyens empiriques. De ce fait, le rebouteux a un don car il sait faire ce que d'autres ne savent pas. Par la suite, il a été associé au guérisseur, celui qui guérit sans en avoir la qualité officielle. On retrouve là le don ou le savoir empirique, non appris, ancestral, transmis parfois dans une même famille de père ou mère à fils ou fille. D'où l'association que nous faisons de rebouteux scientifique qui peut paraître choquante au premier abord, mais qui se justifie puisque l'ostéopathe, qu'il ait ou non un don particulier pour guérir, apprend l'anatomie et la physiologie et devient scientifique . De plus, à ce concept de reboutage est associée la prise en compte du vécu et de la subjectivité d'un malade puisque l'ostéopathe va tenir compte de la douleur subjective racontée par le malade : il lui explique l'origine apparente et s'il le peut l'origine réelle de sa souffrance. On vient de définir de manière concrète, empirique, l'ostéopathe : c'est un soignant, un guérisseur au sens noble du terme qui, par l'intermédiaire d'une technique manuelle ou mieux par l'intermédiaire de ses MAINS, emploie une technique spécifique, non violente et donc non douloureuse, dont le but est de soulager rapidement la cause de la souffrance vécue par un malade. Dans cette définition de l'ostéopathe apparaît un élément essentiel de l'ostéopathie : c'est le vécu d'un sujet. Pour l'ostéopathe comme pour l'homéopathe ou l'acupuncteur, ce n'est pas la maladie qui importe, mais le MALADE avec toutes ses composantes, physique, morale, spirituelle, avec sa façon propre de réagir à cette maladie particulière. L'ostéopathe est un thérapeute manuel. C'est à travers ses mains qu'il sent la souffrance, qu'il agit en palpant les tissus malades, en recherchant les lignes de force, les contraintes musculaires, articulaires, osseuses, organiques, ligamentaires ou autres. C'est donc un Art manuel puisque cet art n'est qu'une Méditation DE LA MAIN ! Parler de méditation de la main, c'est déjà faire appel à l'aspect le plus profond de l'homme, à son moi en rapport avec sa conscience ; c'est faire appel à une certaine transcendance et reconnaître que le monde objectif qui nous entoure est un monde limité, apparent et fini. C'est aussi faire appel à la conception d'un monde qui est au-delà du domaine purement physique, d'un monde dont on ne parle pas, un monde sacré. Et de fait, l'ostéopathie fait appel à ce monde au-delà du physique, à une méta-physïque au sens étymologique, à une philosophie qui est une Philosophie de la Vie, donc de l'Existence, donc de la Qualité.  Figure 1 : Le Tao Métaphysique car l'ostéopathie repose sur un concept, un a priori, celui de la Vie. La Vie, pour qu'elle existe, parce qu'elle existe, est mouvement, rythme, alternance. Cette évidence que nos contemporains oublient souvent, saute aux yeux de tout cherchant. La Vie n'est que rythme alterné ; elle n'existe que parce qu'il y a la mort, tout comme nous conscients du jour parce qu'il y a la nuit. Cette dualité foncière, inhérente, immanente à la Vie, les chinois l'ont définie dans le symbole du TAO où le Yang et le Inn sont ces deux alternances d'actif et de passif, de positif et de négatif qui se succèdent mutuellement, portant chacun une parcelle de l'autre (fig. 1).
L'ostéopathie, tenant compte de cette dualité de nature, explique à sa manière cette dualité dans son concept de Flexion- Extension, d'Inspiration-Expiration. Elle est donc bien une Philosophie, une Métaphysique de la Vie, c'est-à-dire une étude de l'Être. Comment cette Métaphysique se manifeste-t-elle dans le corps humain et comment l'ostéopathie explique-t-elle cette Vie ? C'est là toute la beauté et toute la grandeur de l'ostéopathie par sa conception totale, complète du corps humain, elle rejoint la conception ancestrale, traditionnelle de l'HOMME. L'homme n'est pas un épiphénomène survenu sur cette terre on ne sait ni pourquoi ni comment. Il est un microcosme semblable au macrocosme. Il est relié à ce macrocosme par des liens si étroits qu'il vit dans cet Univers et Qu'il vit de cet Univers. L'homme fait partie intégrante du Cosmos.
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