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Page 6 sur 10 Chaînes logiquesLes chaînes logiques [4] L'ensemble de cette partie et les suivantes sont extraites du livre de Michel GEDDA Décision kinésithérapique aux Éditions Masson www.masson.fr Reproduit avec l'autorisation de l'auteur et des Éditions Masson  Michel GEDDA Décision kinésithérapique aux Éditions Masson «[...] Il est possible de détailler les structures physiques et les fonctions humaines intéressant l'ostéopathie. [...] Des anomalies, identifiées grâce à l'expérience physiopathologique et clinique peuvent être commodément classées au sein du répertoire des structures et des fonctions. Elles décrivent, [du point de vue de l'ostéopathie], comment chaque pièce anatomique et faculté humaine peuvent être altérées; leur spécialisation terminologique différencie la variété des déséquilibres possibles. Il ne s'agit là que d'une modélisation théorique segmentant une réalité plus complexe dans laquelle organes et possibilités physiques s'influencent mutuellement pour produire santé ou morbidité. L'intérêt est pédagogique. Les anomalies structurelles et dysfonctions énumérées constituent les composants fondamentaux de la déficience et de l'incapacité définies par l'OMS. [L'ostéopathe] travaille directement sur ces composants pour établir le juste lien entre les besoins d'un individu et son action thérapeutique. Bien que relevant d'une approche multi-factorielle, son investigation détaille les déficits et les dysfonctionnements observés quelque soit le contexte pathologique. Pour chacun des troubles, il est ainsi possible d'identifier des logiques élémentaires précisant les orientations thérapeutiques concevables et les moyens potentiels correspondants. Un modèle désigné sous l'appellation "chaîne logique" organise ces éléments de façon prédictive et déductive sous la forme : Anomalie observée => Objectif(s) sanitaire(s) => Moyen(s) thérapeutique(s) Ainsi, en déclinant concrètement ce patron de base aux approches structurelle et fonctionnelle, nous obtenons : - pour une structure donnée : Anomalie structurelle => Objectif(s) ostéopathique(s) => Moyen(s) ostéopathique(s)
- pour une fonction donnée : Dysfonction => Objectif(s) ostéopathique(s) => Moyen(s) ostéopathique(s)
Le symbole => établit ici un rapport plausible, fréquent au vu de l'expérience mais non systématique, non obligatoire. « Anomalie structurelle », « Dysfonction », « Objectif(s) ostéopathique(s) » et « Moyen(s) Ostéo » sont des variables qu'il convient de renseigner par les données cliniques et thérapeutiques pour composer les véritables chaînes. Ces cohérences intrinsèques participent spontanément au raisonnement premier du professionnel qui les confronte ensuite les unes aux autres, puis aux contexte et projet du patient, pour décider de son intervention. Le système des chaînes logiques modélise donc des rapports - de base car il ne faut pas réduire la démarche thérapeutique à des automatismes - mobilisant les notions ostéopathiques utiles à l'étude thérapeutique en fonction des besoins spécifiques du patient. Le système des chaînes logiques s'apparente à une carte routière qui présente les chemins existants mais n'impose ni l'endroit où aller ni l'itinéraire à suivre. Objectifs et intérêts des chaînes logiques Le concept des chaînes logiques s'écarte des modèles professionnels habituels pour explorer une nouvelle façon de penser et représenter les savoirs. Les connaissances, les technologies et les valeurs professionnelles restent les mêmes mais sont appréhendées, mobilisées différemment, selon des rapports de cohérence fondamentale. Il s'agit là d'un véritable effort de redécouverte et de clarification des notions ostéopathiques tendant à les valoriser en les déclarant de façon ordonnée et cohérente. L'intérêt d'inventorier, de circonscrire et de structurer ces notions est de les élever en références rationnelles et évolutives permettant : d'enrichir le champ d'action ostéopathique d'un champ de réflexion typique; de valoriser l'ensemble des pratiques : - en disposant d'une terminologie collective et reconnue,
- en offrant au praticien des « portes d'entrée » rationnelles assistant une réflexion secondaire plus approfondie et surtout plus personnalisée au contexte immédiat du patient ;
d'évaluer l'ensemble des activités thérapeutiques (et pas seulement les gestes visibles) à partir d'un index de logiques de base ; de faciliter la formation en révélant à l'étudiant le volume et la nature des procédures mentales de base mises en oeuvre à l'occasion d'un traitement ; d'informer [le corps médical] des anomalies. structurelles et dysfonctions traitables, des objectifs préventifs et thérapeutiques susceptibles d'être décidés et des technologies applicables ; de réfléchir l'évolution cognitive (modèles conceptuels) de la profession.
Toute liberté reposant sur une capacité de choix, c'est libérer le praticien que de lui permettre d'accéder, en la déclarant clairement, à toute la richesse clinique, intellectuelle et technologique dont il peut disposer. Et on ne peut penser qu'il soit futile, inutile ou restrictif d'informer les étudiants et le corps médical dans son ensemble des anomalies structurelles et dysfonctions que traite l’ostéopathie, des objectifs préventifs et thérapeutiques que les ostéopathes décident et des technologies qui leurs sont propres. On s'aperçoit qu'un tel outil relève davantage de l'autonomisation que d'une régulation des usages. L'intérêt d'une telle considération réside aussi en sa capacité à susciter une réflexion destinée à améliorer les concepts présentés ou proposer d'autres options plus élaborées. Pour arriver à cet objectif, il est nécessaire de créer une méthode originale associant un grand nombre de professionnels. Celle-ci permet de construire, critiquer et faire évoluer le concept initial par l’expérimentation, puis de l’explorer avec la plus grande pertinence vis-à-vis de son utilisation probable ».
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