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Le billet de Bernard (avril 07) Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Jean-Louis BOUTIN   
23-04-2007

« Entre les abysses et le ciel étoilé, un îlot d’incertitude »

23 avril 2007

Bernard l’impertinent, du 04.
www.amota-france.org

La lecture des décrets m’avait laissé pantois, sans voix. Pourtant l’actualité aurait dû m’inspirer, mais la plume est restée en silence posée sur la table.

 J’étais dans l’entre deux eaux, vous savez cet espace entre les abysses et la ligne de flottaison, là où des millions de créatures font la navette tous les jours pour se nourrir, sans se poser la moindre des questions.

Ton dernier éditorial Jean Louis a été le déclic.

« C’est fait, la loi a reconnu, le titre d’ostéopathe, les décrets et arrêtés ont défini les actes, la formation, les équivalences, les diplômes étrangers, la durée des études, etc.
Acceptons ce fait !
Prenons en acte ! »

Tel le bouchon qui remonte à la surface si le poisson d’Avril le titille un peu, j’ai émergé après une grande bouffée d’air pur en regardant le ciel étoilé. Tu as raison Jean Louis, oui, la première pierre a été posée et c’est le début d’une construction à la française.

C’est donc une pierre de carrière qui nous est proposée, avec toutes ses strates géologiques chargées d’histoire, avec ses coquilles, ses imperfections, ses trous, ses aspérités.

Nous aurions préféré la taille des diamantaires des plats pays du nord de l’Europe, qui eux ont su respecter la qualité du diamant « un concept médical novateur, un art thérapeutique manuel basé sur la notion de globalité avec un mode de pensée physiologique. » [1]

Elle aurait du prendre sa place, dans une médecine de santé publique largement ouverte aux différents concepts de la santé.

Nous autres français avons une propension à regarder les autres pays européens avancer dans la réflexion, la décision, puis la communication sur des sujets de société difficiles. Il en est ainsi de l’euthanasie, de la bioéthique, de l’équité entre les hommes et les femmes, de la santé au sens large et de la sexualité en particulier. Nous constatons et nos ministres aussi que le temps passant nous sommes souvent dans le peloton de queue. Mais la logique du vivant ne fonctionne pas comme cela, il n’y a pas de limites à la prolifération des idées et des concepts, toutes les niches sont utilisées, il en a été ainsi pour la déclaration des droits de l’homme, il est vrai que les années passent tellement vite !

Il nous est plus facile de montrer notre devanture, notre vitrine : la planète bleue plutôt que la planète noire de l’arrière boutique comme dirait Michel de Montaigne. Dans ce sens la tradition n’a pas vocation à rester figée, surtout pas, et pour la médecine c’est comme le parachute pour bien fonctionner elle doit rester ouverte (petit hommage à Pierre Desproges, comique mais avant tout philosophe).

Notre première pierre de taille est brute, elle manque singulièrement de couleur, mais elle est là avec quelques morceaux de silex marchands et normatifs, incrustés dans sa structure. Cette ostéopathie-là, ressemble à un catalogue, un répertoire de techniques intégrales au sein de l’allopathie, sanctionnées par un certificat de compétence à pratiquer certains actes. Quand aux silex, ils sont à l’image de nos ordres et de nos cohortes d’experts en tout genre, comme les scouts toujours prêts, à distribuer des pastilles de Vichy avec un arrière goût d’amertume.

Va-t-on continuer à disséquer la bête ostéopathique ? À qui reviendra le viscéral ? À qui l’obstétrique ? Et pour qui les deux oreilles et la queue, aux ostéos espagnols, peut-être ? La dissection avait déjà dénaturé la compréhension de l’anatomie, elle va continuer avec ce concept holistique.

Mais de grâce, « n’investissons plus sur des projets mais considérons chaque individu comme un acteur potentiel de changement » [2].

 Continuons à pratiquer notre profession d’ostéopathe comme un pianiste qui tous les jours répètent ses gammes, restez fidèle à vous-même, c’est vous qui changerez votre manière d’appréhender la loi, puis la loi en attendant celle de l’Europe.

A nous de transformer cette première pierre et comme les pèlerins de Compostelle, mettons nous sur le chemin et travaillons à conforter notre identité.

Je ne suis pas un kiné-ostéopathe, demain matin je pose deux plaques celle de ma formation initiale de masseur-kinésithérapeute et la seconde d’ostéopathe DO.

Je vous souhaite le bonjour nous vivons une époque moderne.

à +.

Bernard l’impertinent, du 04.
www.amota-france.org

1. - lettre du MILCT N°7 juillet-janvier 20002- Michel Fischer et Guy Roulier
2. -  « 80 hommes pour changer le monde » édition Claude Latès et livre de poche

 
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