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L'ostéopathie et notre société
Publié par JL Boutin, Webmestre   
03-12-2007

Editorial décembre 2007

L'ostéopathie et notre société, Paul VAUCHER, Ostéopathe

Pour comprendre l'ostéopathie dans notre société, faisons un petit détour par Darwin...

 

Qu'en est-il de notre bon concept de la sélection naturelle chez l'humain ? Nous vivons probablement un changement de ce mode de sélection passant de celle régie par la mort à une nouvelle forme régie par les idées. En effet, les nouvelles idées adoptées par notre société modulent nos vies quotidiennes. Ce sont probablement les évènements quotidiens, les intérêts individuels et collectifs et la formulation de nouvelles idées qui interagissent et définissent notre mode de vie. Plus une idée ou un concept sont considérés par la collectivité comme étant déterminants pour améliorer la qualité de vie des gens, plus ils ont de chance d’être adoptés. Ce ne serait donc plus les individus qui sont sélectionnés mais bel et bien leurs concepts. L'émergence de la démocratie pourrait ainsi être expliquée par la disparition de la sélection naturelle.

 

Cette théorie semble également s'appliquée en épidémiologie. On a progressivement un changement de situation qui modifie l'intérêt de la santé pour limiter et repousser la mort, à un intérêt vers la diminution de la morbidité voire vers l'amélioration de la qualité de vie. La science médicale a actuellement pour but d'éviter la mort et la morbidité...mais pour améliorer la qualité de vie... elle est plutôt démunie.

 

L'émergence en Europe de l'ostéopathie aurait pu devenir possible grâce à cette lacune. L'ostéopathe se préoccupe généralement de troubles ne comportant pas ou très peu de risques pour la morbidité ou la mortalité à long terme d'un individu. C'est une approche de proximité qui s'intéresse avant tout à répondre aux besoins individuels des patients (exemple : améliorer l'humeur et l'état de fatigue des parents en calmant les pleurs du nourrisson qui souffre de colique).

 

Si cette vision s'avère exacte, nous avons tout intérêt à identifier et conceptualiser les principes qui répondent le mieux aux nouveaux besoins de notre société. D'autre part, nous devons envisager des stratégies pour dynamiser le savoir ostéopathique face à la demande de la population. Ceci pourrait avoir comme conséquence de diminuer l'influence des préoccupations construites par le monde pharmaceutique.

 

Voici un début de solution que nous pourrions tous envisager :

 

  • Résoudre nos conflits internes pour s'intéresser avant tout aux idées partagées entre ostéopathes
  • Rendre notre savoir accessible à tous en utilisant des concepts et un langage communs aux autres
  • Favoriser le développement de la communication du savoir en promouvant la recherche en ostéopathie (cette mission devrait revenir aux institutions académiques)
  • Limité au maximum la volonté individuelle du succès (institutions, enseignants, individus) au bénéfice de la volonté collective qui porte mieux les idées
  • Comprendre les mécanismes de transmission du savoir dans le domaine des soins de notre société (inclure ses notions dans les cursus académiques)
  • Promouvoir nos idées fondées par les voies de communications de notre société (périodiques, séminaires, colloques interdisciplinaires, etc.)

 

L'ostéopathie a son identité par ses concepts souvent focalisés sur l'intérêt individuel. Notre société est de plus en plus demandeuse de répondre à cet aspect. A nous de définir la meilleure façon de le faire pour le bien de tous.

 

Paul Vaucher, Ostéopathe

 

Novembre 2007

Dernière mise à jour : ( 01-07-2008 )
 
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