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Questionnement : utilité des traitements inefficaces

Pourquoi les traitements inefficaces apparaissent utiles ?

De bonnes raisons pour croire à mon efficacité thérapeutique

Quelle que soit la thérapie, lorsque les symptômes s’amendent, les thérapeutes comme les patients ont tendance à imputer cette amélioration au traitement. Il est même souvent convenu que vérifier l’efficacité d’un traitement réputé efficace soit une perte de temps et de moyens. Du coup, les cliniciens accumulent jour après jour des impressions informelles de fiabilité diagnostique et d’efficacité thérapeutique d’une portée limitée.

Steve Hartmann est enseignant au département d’anatomie du Collège de médecine ostéopathique de l’Université de Nouvelle-Angleterre (Biddeford, Maine USA). Il passe en revue les raisons pouvant conduire à ce raisonnement parfois faussé. Il a été par le passé l’un des enseignants en ostéopathie réclamant à cor et à cri l’abandon de l’enseignement de la thérapie crâniosacrée en école d’ostéopathie (du genre un peu comme si le massage ne devait plus faire partie de l’enseignement en IFMK pour preuves thérapeutiques insuffisamment démontrées, l’horreur quoi). Il semble n’avoir pas été encore brûlé sur la place publique par ses pairs. Là, il en remet une couche. Le bûcher se rapproche.

Il articule ses propos en deux parties :

1°- Les symptômes s’améliorent, bien que le traitement soit sans effet

De réelles améliorations surviennent au décours des traitements, même si ceux-ci sont complètement innefficaces.

1.1 Histoire naturelle de la maladie

« L’homme est le drugstore de Dieu » disaient les ostéopathes. Il dispose en lui-même des forces lui permettant de lutter contre des atteintes biologiques avérées. C’est la vis naturae medicatrix des latins.

1.2 La régression de la moyenne des souffrances
Les diverses mesures de la souffrance se répartissent autour d’une valeur de souffrance moyenne. Habituellement, le patient fait appel au thérapeute dans une phase aiguë, au-delà de ses souffrances habituelles. Le mesurer après cet épisode, c’est tomber fréquemment dans des valeurs améliorées. Pour certains, ce fait est l’explication de l’effet placebo.

1.3 L’effet placebo

Un thérapeute en blouse blanche, au touché agréable, à l’écoute de ses patients, souriant, avec des diplômes couvrant les murs sont des facteurs pouvant influencer le jugement du patient et son état de santé : la visite chez un « bon » praticien peut lui inspirer de faire plus d’exercices, maigrir, moins stresser, prendre moins de médicaments, que chez un praticien « lambda ».

1.4 Post Hoc, Ergo Propter Hoc (à la suite de cela, donc à cause de cela)

Si un événement B suit un événement A, il est fréquemment admis que B soit la conséquence de A. Dans un contexte médical, parce que de réelles améliorations suivent souvent même des traitements inefficaces, ces derniers pourront être labellisés efficaces pour ce simple fait.

2°- Les symptômes ne s’améliorent pas, mais en donnent l’impression

La faculté à percevoir, interpréter, se rappeler d’expériences d’un moment à l’autre sont limitées.

2.1 Le biais de confirmation (?)

L’aspect du fait est parfois plus utilisé que sa réalité. Un homme entend ce qu’il veut entendre, et fait l’impasse sur le reste. Il se réfère aux faits connus, parce que l’inconnu induit un paradoxe inconfortable.

2.2 Le désir et l’espoir

La maladie étant une expérience désagréable, le désir de guérir peut faire interpréter favorablement des signes pathologiques. L’échec thérapeutique est aussi une source de temps et d’argent dépensés, d’autant plus que le traitement a un caractère inhabituel (cas des thérapies alternatives).

2.3 Donner, recevoir

Supposons qu’un patient estime son praticien efficace, bon, à l’écoute, attentif. Le « don » de sa personne réclame un retour de la part du patient qui aura tendance à lui accorder plus favorablement cette prime à la « guérison ».

2.4 Et maintenant, çà va mieux ?

Solliciter la réponse du patient à cette question n’est pas anodin. Le praticien peut avoir parfois une véritable action thérapeutique, dont l’efficacité est renforcée par les facteurs précédemment évoqués. La croyance en sa propre efficacité conduit le praticien à influencer la réponse du patient. Les réponses positives renforcent cette croyance (les réponses négatives ne sont pas traitées sur un pied d’égalité). La réjouissance du praticien sur ses capacités curatives renforcent l’idée du patient que ce traitement est apparemment efficace. Ces prophéties auto-entretenues sont donc construites de façon interactive par les deux parties.

Jean-Louis Estrade


Article rédigé par Jean Louis Estrade et publié le vendredi 6 novembre 2009 sur Actukiné

Nous remercions particulièrement notre confrère, Jean Louis Estrade et les administrateurs d’Actukiné de nous avoir autorisé à reprendre l’ensemble de cet article.




Mise à jour le Mercredi, 02 Décembre 2009 07:58  

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Pour être plus précis, les axes crâniens, notamment ceux qui sont décrits par Magoun, n’existent pas. Ils sont une tentative de représentation de ce qui se passe dans un crâne en mouvement, mais ils sont virtuels. Ils peuvent être utiles dès lors que l’étudiant a vraiment expérimenté la plasticité, mais autrement, ils sont une approximation particulièrement limitante, notamment lorsqu’on s’accroche à leur existence et à leur description précise, incompatible avec le concept de plasticité. Pierre Tricot, La Tenségrité, L’Ostéo4pattes, n° 16, avril 2010.