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La peau du crâne
Dominique BONNEAU
Directeur d’Enseignement de l’AFMO, Hôtel-Dieu, Avignon
Revue de Médecine Vertébrale et des articulations périphériques
avril 2004, n° 13, p. 40-44 - Site de la revue : www.medecinevertebrale.com

Société Française de Médecine Manuelle Orthopédique et Ostéopathique - ww.sofmmoo.com
Introduction
La peau, organe du tact, est le revêtement sensoriel du corps.
Interface entre milieu extérieur et intérieur, elle assure le rôle de barrière mais aussi de transfert et d'échange.
Lieu de rencontre entre le système nerveux de la vie de relation et système nerveux autonome, la peau est le témoin du fonctionnement viscéral par les algies projetées.
Elle serait le miroir fonctionnel des organes (Rab. 98)
L'enveloppe cutanée de l'extrémité céphalique se différencie en peau de la face et peau du crâne. Cette distinction artificielle repose sur un certain nombre de caractères propres à chacune de ces entités :
- La peau de la face
- Elle est mobile, animée par des muscles peauciers, responsables de la richesse des mimiques. Ils sont innervés par le nerf facial et ne possèdent pas de fuseau neuromusculaire. Le contrôle rétroactif sensitif de leur action est assuré par le nerf trijumeau.
- Elle recouvre le splanchnocrâne.
- Elle est riche en éléments récepteurs.
- Elle est globalement glabre
- La peau du crâne
- Elle est très peu mobile, attachée par des travées conjonctives à la galea. Ce fascia épicrânien relie deux muscles peauciers, le frontal et l'occipital dont les contractions génèrent un déplacement restreint du scalp.
- Elle n'est pas soumise au dépôt graisseux dans ses couches profondes.
- Elle possède à sa partie antérieure un contingent sensitif provenant du trijumeau alors que la zone postérieure est sous la dépendance des racines dorsales des premières racines cervicales.
- Elle recouvre le neurocrâne.
- La densité des capteurs sensitifs est faible ;
- Elle est en général recouverte par les cheveux.

Fig. 1 : Dissection de la peau du crâne, réclinée vers le bas, permettant de voir la galea, fascia épicrânien reliant le muscle frontal (à gauche) à l'occipital (à droite).
Un des principaux programmes dévolus au système nerveux est le maintien d'une température corporelle constante quel que soit l'environnement. Cette particularité que possède l'homme, en communauté avec de nombreuses autres espèces vivantes, impose un mécanisme de régulation extrêmement sophistiqué ou la peau se place au premier plan. Outre un réseau vasculaire particulièrement dense, on retrouve une grande diversité de capteurs hautement spécialisés qui informent en temps réel les centres thermorégulateurs.
L'origine embryologique commune du tissu nerveux et cutané permet de comprendre la différentiation élaborée de ces récepteurs.
Les techniques employées en médecine manuelle imposent un contact cutané préalable.
Négliger la peau dans les tentatives d'explication du mode d'action de ce moi thérapeutique est une lacune difficilement excusable compte tenu des acquisitions actuelles de la science (Rab 98).
A partir des données de l'anatomie, de l'histologie et de l'électrophysiologie, le mode d'action de certaines réflexothérapies, telle l'acupuncture a pu être en partie élucidé.
Est-il possible d'extrapoler ces concepts à la médecine manuelle ?
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