Difficulté à la naissance, implications du traitement ostéopathique
par Claudine AGERON MARQUE Sage-femme, Ostéopathe DO
Dans un contexte de médecine de santé, le meilleur traitement ostéopathique pour éviter les grossesses difficiles et les accouchements dystociques est un traitement ostéopathique avant toute grossesse.
Une attention toute particulière au cours des neuf mois de gestation doit être porté à la parturiente et chaque douleur, chaque trouble fonctionnel replacé dans un contexte de globalité. Nous ne devrions pas nous contenter de traiter des sciatalgies ou toutes autres dysfonctions sans comprendre qu’il s’agit avant tout de signes annonciateurs préjugeant de la qualité de naissance.
Le travail
L’utérus va se doter au cours de la gestion d’une structure musculaire plus proche du muscle strié que du muscle lisse. Cette organisation s’effectue par une augmentation des cellules musculaires. De jeunes cellules conjonctives vont se transformer en cellules musculaires, elles multiplient leurs nombres par cinq et s’organisent en faisceaux, entourées par un tissu intersticiel. Intimement lié à la mobilité du bassin, l’utérus nécessite à la fois une liberté de mobilité, inclinaison et rotation principalement, de souplesse pour les mouvements du fœtus et de tonicité pour le maintient de l’utérus.
De cette liberté et de cette tonicité découle la possibilité de formation du segment inférieur. Comme une coupe il accueille la présentation. Cette zone tampon est utile dans la transmission de la force (fond utérin) et la dilatation (col).
La contraction a une double action ; elle favorise la descente et rotation de la présentation et dilate le col. Une bonne répartition de cette force améliore le temps de l’effacement et de la dilatation. Toutes dystocies dynamiques interviennent sur la vitalité fœtale. Le travail ne doit être long ni trop rapide.
La main ostéopathique intervient à plusieurs niveaux :
- - Déclencher le travail,
- - Favoriser la descente et rotation de la présentation.
La mobilité du bassin est essentielle. Les iliaques effectueront une rotation antérieure et postérieure ; Le sacrum, des mouvements post flexion et antéflexion et torsion. A chaque étape, la parturiente accompagne son bébé en se positionnant par rapport à son ressenti dans une attitude de confort. - -Agir sur l’effacement et la dilatation en ayant une action directe sur le système neurovégétatif.
L’accouchement
Le fœtus s’engage au niveau du détroit supérieur dans un diamètre oblique, puis en fonction de la tonicité des releveurs de l’anus et de leurs orientations, la présentation va augmenter sa flexion ou sa déflexion et commencer sa rotation pour positionner occiput de bébé en OP (dans le cas d’une présentation céphalique).
Suivant la flexion plus moins bien obtenue, l’on parlera de présentation du sommet fléchie, intermédiaire, présentation du bregma ou du front. La déflexion complète de la tête se nomme : présentation de la face.
La rotation de la tête se fait dans un accouchement eutocique dans un sens anti-horaire pour les présentations céphaliques dos à gauche et horaire pour les présentations dos à droite. La descente de la tête s’accompagne quelquefois d’un mouvement d’asynclistisme. La rotation en OS (occipito-sacré) est source de dystocie dans la plupart des cas.
Le siège peut être en présentation du siège complet ou décomplété.
Le dégagement du sommet s'opère par une déflexion par rapport à la symphyse pubienne (que l’on aura pris le soin d’équilibrer) de l’ampliation du plancher pelvien (travail sur le diaphragme pelvien).
La main ostéopathique intervient :
- - Pour favoriser dans toutes les présentations nommées, l’engagement et le dégagement du fœtus.
- - Permettre une meilleure ampliation du périnée
- - Aider le mouvement de retro-pulsion du coccyx
- - Participer a la déflexion de la tête par rapport la symphyse pubienne
Conclusion
Notre action sera une prévention sur les stagnations de la dilatation, sur les dystocies dynamiques, les problèmes de flexion et de rotation de la présentation.
C’est aussi un moyen d’obtenir une meilleure oxygénation du fœtus.
Cette aide conduit à repousser ou à prévenir les souffrances fœtales aigues et quelquefois d’éviter les interventions instrumentales, tel que ventouse, forceps et césarienne.
Référence : les dossiers de l'obstétriques n° 342 octobre 2005
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