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Ce que peut votre ostéopathe pour votre santé
Auteur : Pierre Renaudeau, Ostéopathe DO MROF
Dans le contexte actuel de la reconnaissance de l’ostéopathie, de la multiplication des écoles aux niveaux disparates, de l’arrivée de nombreux ostéopathes nouvellement formés, plusieurs questions se font jour : Y aura-t-il du travail pour tous, surtout pour les jeunes ? L’information du public sur l’ostéopathie et ses possibilités est-elle optimale ? L’ostéopathie rend-elle tout le service de santé publique qu’elle peut rendre ?
Au sein de cette problématique, un constat se dégage au travers de conversations impromptues avec des patient(e)s. Beaucoup en effet ne connaissent pas l’ensemble des problèmes de santé que nous pouvons soigner. Et c’est ainsi que s’évoque incidemment avec les patients la possibilité de soigner telle ou telle pathologie, par la transmission de l’information adéquate. Mettant en évidence l’existence d’un « terrain en friches », nous pouvons ainsi faire profiter les patients de soins efficaces sans lesquels ils restent parfois sans solution dans leur pathologie. Cette démarche suppose cependant un préalable : il faut être capable de parler de son art, l’ostéopathie, et, avec précision, en évoquer les indications et contre-indications. Avec les patients, de plus en plus nombreux, bien informés, et qui rapportent nos propos à leur médecin, pour confronter les sciences, il ne suffit plus de dire : « l’ostéopathie soigne les migraines, ou les sinusites », sans être capable d’expliquer pourquoi. Il faut argumenter, parfois de façon très pointue, pour bien informer, tout en laissant sa place à la marge d’incertitude, et en mettant en relief la cohérence logique avec les données de la science moderne.
Le corps médical est lui aussi en attente d’informations claires, de données précises, pour suivre le public et faire confiance à l’ostéopathie.
Une excellente façon d’améliorer l’avenir de la profession ostéopathe peut consister à mettre enfin au grand jour les informations de base permettant à chacun de savoir ce qui peut être soigné par l’ostéopathie.
Bien sûr, l’ostéopathie ne se décline pas en termes de : 1 pathologie- 1 manœuvre de correction, ce n’est pas la médecine générale. L’habitude de travail des ostéopathes est plutôt conforme au précepte de Still : Les trois F (find it, fix it, forget it, soit trouve-la, corrige-la et oublie-la). Ce principe général, issu du 19e siècle, reste toujours valable pour trouver l’origine d’une pathologie dont on ne cerne pas les contours et la cause, mais il faut évoquer qu’au fil du temps et de l’expérience des ostéopathes, certaines pathologies s’avèrent répondre à un schéma d’installation qui présente des traits communs d’un patient à un autre, même si chaque patient reste différent et unique. Il est de notre devoir de dégager maintenant ces schémas thérapeutiques de l’écrin de la découverte, pour les proposer à l’ensemble de la profession mais aussi et surtout aux patient(e)s et au corps médical qui attend de nous des preuves thérapeutiques mais aussi des démarches plus scientifiques. Chacun d’entre nous peut y participer, par l’évocation de cas au déroulement évocateur, par la recherche des voies anatomiques ou physiologiques de l’action de l’ostéopathie.
Des recherches bien étayées, des données précises et logiques expliquant notre mode d’action, cela peut constituer le tremplin vers le monde médical dont nous sommes légitimement des membres potentiels.
Je vous propose donc d’« ouvrir le bal » avec un article (recherche bibliographique et expérience personnelle) sur la paralysie faciale « a frigore » ou de Charles Bell. Les études de médecine sur le sujet sont remplies de données sur tous les cas de paralysie faciale ayant des causes précises (autres que « a frigore ») et que le médecin doit diagnostiquer. Les nombreux cas restants sont dits idiopathiques et sans vraies solutions thérapeutiques autre que l’attentisme pour le médecin généraliste. C’est là que se situe notre créneau et notre aide à la fois au patient et au corps médical. Ceci illustre d’ailleurs fort bien la place de l’ostéopathie qui n’est nullement concurrentielle avec la médecine générale mais complémentaire.
Les données peuvent être déclinées sur différents modes dont je vous propose ici un article succinct tout public et une partie complète, article scientifique (lien à venir) fournissant tous les détails et recherches bibliographiques pour les professionnels intéressés.
Au final, nouvelle idée, cette démarche devrait rendre des services supplémentaires aux patients, engendrer plus de consultations, utiles, en ostéopathie, améliorer les rapports avec les médecins bref, être profitable à tous.
Je vous souhaite une agréable lecture.
Pierre Renaudeau
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