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Santé, mensonges et propagande

livresappro_Robard

Santé, mensonges et propagande Arrêtons d’avaler n’importe quoi !

Thierry SOUCCAR et Isabelle ROBARD

www.thierrysouccar.com

livresappro_Robard

Seuil Paris 2004 - Broché – 374 pages - 14 cm x 20 cm - ISBN : 2020573725

 


DESCRIPTIF

Trois ans d'enquête difficile pour ce livre accusateur ! Thierry Souccar et Isabelle Robard dénoncent les pratiques des multinationales de l'agro-alimentaire, relayées par les instances gouvernementales. Ils s'attaquent à ces conseils nutritionnels devenus vérités premières : « les laitages rendent les os plus solides », « pour maigrir, il faut diminuer les graisses », et bien d'autres. Rien n'est laissé de côté : quels sont les intérêts privés en jeu ? Quel poids ont les lobbies ? Quel rôle joue la publicité ?

Ce livre propose une alternative : les recommandations nutritionnelles de l’Ecole de santé publique de Harvard, mais aussi un cadre susceptible de garantir, dans l'avenir, l'indépendance de l'information médicale. Pour ne plus avaler n'importe quoi.

 


LES AUTEURS

Thierry Souccar

est journaliste et écrivain scientifique, spécialiste de nutrition et de biologie du vieillissement. Il est rédacteur en chef du site Internet santé du Nouvel Observateur, et chargé des questions de médecine à Sciences et Avenir. Il est l’auteur au Seuil (avec le Dr Curtay) du « Nouveau guide des vitamines », préfacé par le Pr Dausset, prix Nobel de médecine et du « Programme de longue vie » que conseille l’Institut National du vieillissement des Etats-Unis. Thierry Souccar est membre de l’American College of Nutrition.

Isabelle Robard

spécialisée en droit de la santé, est avocate et docteur en droit, chargée de cours à la faculté de droit. Elle s’attache depuis de nombreuses années à faire évoluer les libertés thérapeutiques en France et en Europe. Ses travaux ont notamment servi de références à la Chambre des représentants belges, au Parlement européen et dernièrement au ministère de l’Outre Mer pour la légalisation des plantes françaises d’Outre Mer. Elle est l’auteur de « La santé assassinée » et « Médecines non-conventionnelles et droit » (Litec).


Principaux chapitres du livre

1. Nutritionnistes et agro-business : le grand flirt

Comment l’industrie agro-alimentaire enrôle les nutritionnistes pour mieux faire passer ses messages auprès du public. Le rôle des médias spécialisés. L’école en ligne de mire. Des médecins transformés en panneau publicitaire. Des agences sanitaires sous influence.

2. Alimentation : ce qu’on vous fait croire (mais où sont les preuves ?)

« Le lait est bon pour les os »

« Les graisses sont responsables du surpoids »

« Les régimes permettent de maigrir après 40 ans »

« Les glucides sont hors de cause dans le diabète »

« Il faut manger plus de céréales et de féculents »

« L’huile de tournesol est bonne pour le cœur »

« Un régime varié et équilibré couvre les besoins en vitamines »

3. Plantes et compléments alimentaires : ce qu’on vous fait croire (mais où sont les preuves ?)

« Les compléments alimentaires sont dangereux »

« L’étude SUVIMAX montre que les fruits et légumes protègent du cancer »

« Certains sels minéraux sont des stupéfiants »

« Les plantes des DOM-TOM sont dangereuses »

« La créatine est cancérogène »

4. Ce qui doit changer

Une alternative pour mieux manger : le guide pour manger sainement, élaboré par les chercheurs de l’Ecole de santé publique de Harvard : Comment la réglementation doit évoluer pour garantir l’objectivité et l’indépendance dans les recommandations officielles.


Extrait de « Santé, mensonges et propagande »

Nutrition, comment s’y retrouver ? On ne peut plus ouvrir un magazine, écouter la radio ou regarder la télévision sans être abreuvés de publicités pour des aliments de toutes sortes, tous plus alléchants les uns que les autres, nous promettant santé, minceur et beauté à grand renfort d’études scientifiques, de blouses blanches et de produits labellisés « santé ». Pourtant, si l’on en juge par la masse de courrier que nous recevons, vous êtes nombreux à perdre pied dans le concert cacophonique des études contradictoires et des messages incohérents dont nous sommes bombardés. Le plus drôle, c’est que vous ne devriez pas vous sentir perdus car, ces dernières années, les autorités sanitaires ont accompli des efforts méritoires pour éclairer la population.

En 2000, l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (afssa) a publié dans un volumineux ouvrage ses recommandations nutritionnelles pour la population française. Un an plus tard, les ministères de la Santé, de l’Éducation nationale,et de l’Agriculture, en liaison avec l’afssa, lançaient leur programme national Nutrition-Santé, destiné à améliorer, par des choix alimentaires judicieux et scientifiquement fondés, la santé des Français. En principe, ces recommandations supposées objectives et fiables devraient dissiper toute ambiguïté dans le public puisque les experts nutritionnistes qui les ont mises en place sont réputés compétents et indépendants. D’où vient alors que ces recommandations officielles ne suffisent pas à balayer les doutes et les interrogations ?

Cette question s’est imposée à nous à la faveur d’un événement survenu en avril 1999. Le docteur Jean-Paul Curtay et Thierry Souccar venaient de publier le Programme de longue vie, leur tout nouveau livre sur la prévention du vieillissement. Dans ses conseils alimentaires, fondés sur des études récentes, le docteur Curtay dressait les contours d’un régime alimentaire « optimisé ». Un régime de bon sens, très éloigné de l’avalanche de produits transformés, raffinés, cuits et recuits, salés, sucrés et gras que fait pleuvoir sur nous l’agrobusiness et que l’on soupçonne de faire flamber les épidémies d’obésité et de diabète.

Ces conseils (en tous points confirmés depuis) auraient dû être applaudis par les nutritionnistes français. À la place, un petit groupe d’entre eux parmi les plus influents fit circuler une pétition stigmatisant les « mensonges », « tromperies », « inepties », « absurdités » et « contrevérités » qui caractérisaient, selon eux, ce livre. Et d’en réclamer à cor et à cri la censure. Cette pétition ne recueillit que soixante-dix signatures, et l’ouvrage, un best-seller dans son domaine, est devenu une référence.

Restait une question : pourquoi une telle hystérie chez des médecins nutritionnistes réputés sérieux ? Quels intérêts supérieurs ce livre avait-il, sans le savoir, dérangés? Nous avons mené l’enquête.

Et nous voici rendu à la première partie de cet ouvrage. Quelles sont les méthodes de promotion utilisées par l’industrie alimentaire ? Quelle est l’influence réelle de l’industrie dans les recommandations nutritionnelles et dans la recherche française ? Est-il normal que le ministère de l’Agriculture intervienne dans les recommandations faites aux Français ?

Les initiatives gouvernementales n’ont guère apaisé les inquiétudes des Français sur leur alimentation, et nous voici à la deuxième partie de ce livre, celle qu’ont inspiré vos questions les plus nombreuses. Des lettres sur les laitages, nous en avons reçu des centaines. « Ma fille a développé une allergie aux produits laitiers à l’âge de deux ans, dit Isabelle B. Depuis, je me suis aperçue qu’il y avait foule de choses en anglais à ce sujet mais pratiquement rien en français. Comme si en France on se voilait la face par rapport à ce problème ou que le lobby des produits laitiers est si puissant qu’il interdit toute information contraire à la sacro-sainte loi du lait égale calcium. » Et Sacha L. est stupéfaite : « Je ne comprends pas. Ma mère a bu du lait toute sa vie et elle fait de l’ostéoporose ! » Alors nous sommes allés, avec l’aide de chercheurs indépendants, regarder du côté des laitages.

D’autres courriers encore portaient sur les sucres, les biscottes, le pain, complet ou pas, au levain ou à la levure, de seigle ou bis, les sucres de fruits, les édulcorants… Nous avons poursuivi avec plusieurs autres « idées reçues » notre analyse, en recherchant l’existence ou non de validations scientifiques et les implications juridiques.

Cette démarche de questionnement portant sur quatre grands thèmes (lait, graisses, sucres/glucides et régimes) se situe dans un mouvement déjà avancé aux États-Unis et promu pour l’essentiel par les chercheurs de l’école de santé publique de Harvard (Boston, Massachusetts). Dans la plupart des cas, en liaison avec eux, nous avons adopté leurs préconisations et leurs critiques parce qu’elles reposent sur la science la moins contestable à nos yeux. Vous lirez dans ce livre ce qu’ils pensent de notre alimentation actuelle et de ce qu’elle devrait être idéalement.

La troisième partie de ce livre est consacrée aux plantes, aux vitamines et aux minéraux, autres sujets de grandes controverses. « J’ai entendu le docteur X dire hier à la télévision que les compléments de vitamines et de minéraux ne servent à rien si l’on mange varié et équilibré », nous écrit Linda B. Il fallait bien sûr explorer la réalité de cette fameuse alimentation « variée et équilibrée » que nous servent les nutritionnistes. Le résultat n’est pas triste. Au cours des quatre dernières années, de nombreux séropositifs nous ont fait part de leur difficulté à se procurer des vitamines et des antioxydants à l’étranger. Avec eux, grâce à eux, nous avons mené l’enquête auprès des Douanes et de l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (afssaps). Ce que nous rapportons est grave et consternant.

Le livre se nourrit aussi de notre propre expérience. Le chapitre consacré à la créatine est un bel exemple d’aberration scientifique diffusé par une agence sanitaire que nous avons, seuls de toute la presse, dénoncé dès mars 2001 dans Sciences et Avenir.

L’affaire des minéraux appelés orotates constitue une caricature de procès de santé publique qui fait froid dans le dos. Nous vous invitons à assister en direct à la manière dont la justice peut être rendue en matière de compléments nutritionnels. Vous découvrirez pourquoi et par quels artifices juridiques la France livre une guerre sans merci contre les compléments alimentaires au mépris du droit européen.

Les résultats de la célèbre étude su.vi.max — première étude française sur les effets de la consommation de vitamines et de minéraux antioxydants — ont fait couler beaucoup d’encre. Notre enquête montre comment cette étude entre au triste record de la manipulation informative.

La France d’outre-mer n’est pas oubliée dans ce dédale de dysfonctionnements des institutions sanitaires françaises, tout d’abord pour des raisons historiques tenant à l’esclavage, ensuite parce que l’agence française compétente, l’afssaps, prétend faire des plantes de nos îles des plantes dangereuses alors qu’elles sont utilisées là-bas depuis des centaines d’années.

Enfin, dans une dernière partie abordant le thème des deux agences sanitaires (afssa et afssaps) qui, comme vous l’aurez compris, sont au cœur de nos préoccupations, nous expliquons qu’elles constituent les deux structures les plus importantes du paysage sanitaire français. Elles détiennent un pouvoir-clé sur le devenir de notre santé et celle des générations futures. Certes, tout n’y fonctionne pas mal, mais nous avons voulu savoir comment ce pouvoir est réellement utilisé dans notre intérêt. Nous avons également interrogé le premier directeur de l’Agence du médicament qui, même sans texte de loi l’y contraignant, a eu le courage de mettre en place un système de filtrage des conflits d’intérêts de nos experts.

Au terme de près de trois années d’enquête vient le moment où le livre échappe à ses auteurs pour devenir la propriété de ses lecteurs. L’heure est donc venue pour vous d’ouvrir les yeux sur les messages qui vous sont adressés, histoire de ne plus avaler n’importe quoi !

 


1. - T Souccar, J.-P. Curtay, le Programme de longue vie, Le Seuil, Paris, 1999.

Extrait reproduit avec l'autorisation des auteurs.




Mise à jour le Lundi, 15 Novembre 2010 09:28  

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