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Philosophie et principes mécaniques de l'ostéopathie
Auteur : Andrew Taylor Still
Traduit, présenté et annoté par Pierre Tricot
Éditions Sully 2009 - www.editions-sully.com

372 pages – Format : 150 x 225mm - ISBN : 978-2-35432-037-9 – Prix : 35 € - Le livre chez l’éditeur
Nous remercions particulièrement les Éditions Sully de nous avoir autorisé à présenter ce livre.
Avec ce quatrième ouvrage publié aux Éditons Sully, Pierre Tricot achève la traduction en français de l'ensemble de l'œuvre de Andrew Taylor Still, le fondateur de l'ostéopathie.
Descriptif
Cet ouvrage est sans doute le livre de Still le moins connu : il rassemble la présentation philosophique correspondant à ce qui est développé dans Philosophie de l'ostéopathie, et l'exposition des principes mécaniques appliqués aux différentes régions du corps, notablement raffinés dans Ostéopathie - Recherche et pratique.
La date de copyright semble suggérer que Philosophy and Mechanical Principles of Osteopathy aurait été écrit en 1892. Or cette année correspond à la création du collège de Kirksville. Bien que Still n'en dise mot, on peut penser que l'ouvrage a été écrit (au moins en partie) à l'intention des premiers étudiants et que Still lui assignait une place importante dans l'enseignement et la propagation de l'ostéopathie naissante. Pourtant, ce livre ne fut publié, nous dit Carol Trowbridge, qu'en 1902 puis mystérieusement retiré de la publication, sans explications.
Dans son récent ouvrage Interface (Stilness Press, 2006), Paul Lee, nous dit que Still reconsidéra la diffusion de ce livre dès qu'il fut publié et rappela tous les exemplaires qu'il put reprendre, pour, dès ce moment, ne le proposer qu'à des personnes soigneusement triées. Il nous dit également que « sa famille tint ce livre secret jusqu'à ce que sa petite fille, Mary Jane Denslow (avec l'approbation des autres membres de la famille, notamment le petit fils de Still, Charles E. Still, Jr), aidée de deux praticiens ostéopathes, décide de le republier dans sa forme originale, en utilisant des techniques de reprographie photographique. » C'était en 1986.
Spéculations
Les spéculations abondent sur les raisons qui poussèrent Still à retirer ce texte de la circulation. Il se peut que certaines informations proposées dans cet ouvrage aient paru trop radicales ou trop incendiaires ou bien qu'il ait semblé divulguer des « secrets trop personnels. » En tant que traducteur et connaissant bien les ouvrages et l'histoire de Still, je pense possible d'invoquer plusieurs raisons.
La première pourrait tenir au fait que certaines théories développées par Still ont rapidement été démontrées comme fausses ou bien se sont trouvées à contre courant par rapport aux découvertes médicales et scientifiques de l'époque. La fin du dix neuvième siècle et le début du vingtième sont en effet une période extrêmement fertile en découvertes concernant notamment les maladies infectieuses, certaines de ces découvertes allant à l'encontre des théories stilliennes sur l'origine et sur leurs mécanismes de propagation et de développement.
Une autre raison peut tenir à certaines théories explicatives concernant la sphère digestive et les maladies de la femme, reposant particulièrement sur le rôle des épiploons, théories qui ne sont reprises dans aucun autre ouvrage publié de Still, ce qui tenterait à montrer qu'elles ne furent pas validées par l'expérimentation à grande échelle ou par les découvertes physiologiques de l'époque.
On peut également évoquer l'aspect particulièrement polémique pour ne pas dire batailleur des propos de Still à l'égard des médecins de son temps et de leurs méthodes qu'il n'hésite pas à pourfendre dès que l'occasion lui en est donnée. Il n'a sans doute pas tort mais l'ostéopathie naissante, en mal de reconnaissance n'avait pas besoin de privilégier une telle agressivité.
Présentation de l'ouvrage
Après l'introduction, Still nous parle des matières importantes pour l'ostéopathe (chapitre 1), de certaines substances et systèmes corporels envisagés sur un plan général (chapitre 2), de la mission du médecin et de l'homme divisé en cinq parties (chapitre 3). Il analyse ensuite les différentes régions du corps et leur traitement : tête, face et cuir chevelu (chapitre 4), cou (chapitre 5), thorax (chapitre 6), diaphragme (chapitre 7), abdomen (chapitre 8), bassin (chapitre 9), puis il nous parle des fièvres (chapitre 10), du concept biogène (chapitre 11), de la variole (chapitre 12), de l'obésité (chapitre 13), du cérumen et de son utilité (chapitre 14), des convulsions (chapitre 15) et enfin de l'obstétrique (chapitre 16).
Une nouvelle traduction
En 2001, sur la lancée de mon projet d'académicien « L'union à la source », je venais de traduire Autobiographie, Philosophie de l'ostéopathie et de réviser la traduction de Recherche et pratique lorsqu'une première traduction de Principe Mécanique fut publiée chez Frison-Roche, par un autre traducteur. Je me suis vraiment réjoui à la pensée du travail évité et surtout à l'idée de connaître Still traduit par un autre.
Déception
Malheureusement je fus particulièrement déçu par cette traduction, estimant que sa médiocre qualité, non seulement ne rendait pas hommage au génie de Still ni à l'originalité de l'ostéopathie, mais les desservait véritablement. Je m'en suis expliqué dans la critique du livre parue dans la revue Apostill, n° 9. Cette désillusion me poussa à terminer ma propre traduction de Biogen, que j'avais commencée, et à l'adjoindre à la nouvelle édition de Philosophie, parue en 2003. Mais, je restais sur un sentiment d'incomplétude et d'injustice par rapport à Still et c'est pour cette raison que j'ai finalement décidé de terminer ma propre traduction et de la publier, en prenant soin d'y ajouter des notes explicatives qui me semblent indispensables à la compréhension des propos de Still.
Quel intérêt ?
A l'évidence marqués par leur époque, les écrits de Still datent. De plus, en cent ans, les connaissances de base sur l'homme et la médecine ont évolué à une vitesse vertigineuse et nos consciences également. On peut dès lors légitimement se demander si traduire et lire Still aujourd'hui peut être nécessaire ou même présenter quelque intérêt. Il me semble que oui, pour plusieurs raisons.
J'y vois tout d'abord l'intérêt de connaître l'homme. C'est en côtoyant étroitement une personnalité que l'on parvient à discerner quelques unes de ses mille et une facettes. Un personnage disparu ne peut être connu que par les écrits qu'il a laissés et les témoignages de ceux qui l'ont côtoyé.
L'inconvénient des témoignages est qu'ils nous imposent le point de vue d'intermédiaires. Seule la lecture de ses écrits nous met en contact direct avec un être et sa complexité. Elle devient un moyen privilégié pour nous forger une opinion personnelle sur l'homme et son œuvre, sans intermédiaire.
Par ailleurs, selon notre état du moment, notre maturité ostéopathique et humaine, notre avancement personnel, en un mot notre état de conscience, nous sommes sensibles à tel ou tel aspect présenté par l'auteur. La résonance change avec notre état d'être, d'où l'intérêt de lire Still mais également de le relire au fur et à mesure que nous évoluons. Comme le fait remarquer F. Peyralade à propos de l'Autobiographie dans une interview publié dans la revue ApoStill, « Le livre de Still est un peu comme Le Petit Prince de Saint-Exupéry. On peut le lire enfant, on peut le lire quand on débute dans la profession et on peut encore le lire vers la fin de son activité professionnelle. On retrouvera encore et toujours des choses essentielles. »
Ainsi, les multiples facettes de la personnalité de Still ne sont pas toutes perceptibles ni compréhensibles au premier abord. Il faut y revenir, souvent. Lecture et relecture sont le seul moyen de saisir vraiment son essentiel qui s'exprime fréquemment « entre les lignes » plus que dans le discours direct.
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