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Ostéopathe… Quel chemin ! ? De Pascal à Still
Dominique PIANEL, DO, PhD
Édition de Verlaque 2004
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Préface de Mr Robert Perronneaud-Ferré Broché - 256 pages - ISBN : 2876440539 - Prix : 38€ Reproduit avec l'aimable autorisation de l'auteur que nous remercions particulièrement |
1er chapitre : Un peu de philosophie !!!
Comment concevoir un chemin en ostéopathie ?
Dans le cadre de mon livre : « Ostéopathe quel chemin ! ? De Pascal à A. T. Still », je vous propose une conversation sur la manipulation et sur l’ostéopathie en plusieurs épisodes.
- un peu de philosophie !
- de l’anatomie, toujours de l’anatomie ! Vivante, l’anatomie permet de comprendre le concept de l’onde de choc.
- diagnostic différentiel sur l’onde de choc et l’anatomie vivante.
- de la physique à la recherche que dire de la manipulation, comment comprendre le concept de la frigorie.
- diagnostic différentiel de cette frigorie.
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De la rigueur
Les dédales de notre société ont imposé depuis déjà longtemps un mode de pensée unique. Seule, la science doit répondre de façon scientifique à l’apprentissage de toutes formes de savoirs, de toutes formes de transmissions. Soucieux de répondre à cette exclusivité, l’ostéopathe qui, depuis déjà plus d’un siècle, décompose et structure son art, voit sa pensée de plus en plus divisée.
Nous nous devons d’exister dans une cohérence d’ensemble, notre art est initialisé par un homme de forte conviction, et si A.T Still nous donne encore l’énergie de croire en notre passion, c’est parce qu’elle est sur un chemin de sécurité, d’harmonie, de solidité et de concepts forts.
Nos universitaires actuels sont dans la certitude d’un fameux « Discours de la méthode » dans le quel Descartes nous dit simplement :
« De diviser chacune des difficultés que j’examinerai en autant de parcelles qu’il se pourrait et de conduire par ordre mes pensées les plus éloignées et les plus différentes, je tiens impossible de connaître les parties sans connaître le tout, non plus de connaître le tout sans connaître particulièrement les parties » . René Descartes (1596-1650)
Ils affirment cette pensée comme axiome de base et leur paradigme a certainement une place dans la lecture et la compréhension de tous systèmes.
Andrew Taylor Still nous propose une autre lecture. Lorsqu’il affirme
« Tu examineras, diagnostiqueras et traiteras ton patient du général vers le particulier »
j’entends l’élève de R Descartes s’exprimer et c’est ainsi que Pascal reprends :
« Toutes choses étant causées et causantes… Et toutes s’entretenant par lien insensible qui lie les plus éloignées et les plus différentes, je tiens impossible de connaître les parties sans connaître le tout, non plus de connaître le tout sans connaître particulièrement les parties. » ou plus exactement « la somme des parties ne pourra jamais faire l’ensemble ». Blaise Pascal (1623-1662)
Ainsi, plus que scientifique, l’ostéopathie s’inscrit dans une pensée savante qui donne aux Systèmes leurs places provoquant la possibilité d’une recherche et d’une pratique de très grande rigueur. En modifiant le paradigme de base et cet axiome de pensée unique, on se rencontre que la rigueur n’est pas cartésienne ni même pascalienne mais bien rigoureuse. Si la rigueur appartient à la rigueur alors l’esprit général de Pascal est possible est nous pouvons croire en notre art, le respecter, lui donner sa place, sans chercher à le diviser en parties de plus en plus petites, de plus en plus divisante.
De la globalité
Depuis que l’homme est homme, il a compris que diviser en partie permet de régner et de prendre le pouvoir là où notre premier rôle est d’être des éducateurs de santé donnant à l’autre le pouvoir de sa guérison. C’est encore là que nous devons rester fidèle à cette vraie chance, comprendre l’homme dans un concept global qui respecte l’essence du général savant, au contraire du particulier scientifique qui divise.
De la pensée savante
La force de la Pensée Savante n’est pas satisfaisante à mes yeux, elle est seulement Savante.
Descartes réfléchissant du particulier vers le général, les scientifiques ont une voix qui peut être entendue car comme avec un mégaphone, leur voix va du particulier de leurs pensées vers le général de leur environnement.
Les savants ont le même mégaphone, mais il l’utilise dans l’autre sens, donc, ils font moins de bruit. C’est peut-être la différence entre pouvoir et possibilité.
Si la différence existe entre scientifique et savant, c’est que la conceptualisation de la vie ne peut s’envisager de façon mono-facettaire. La différence donne à tous concepts, la qualité d’une Être Savant est un choix qui ne donne au concept aucune identité juste. Notre choix ne peut s’envisager ni dans le mieux ni dans le moins. La conscience du choix est propre au chemin.
Du choix et de la décision
Choisir et décider tiennent compte de la volonté de voir et de comprendre le présent comme conséquence, soit de son passé, soit de son futur. Cette distinction doit donner la possibilité de s’inventer dans le « ce que je veux être » et ce chaque jour. Il nous faut comprendre la différence et la distinction entre Choisir et Décider, entre Être et Avoir.
Décider, c’est reproduire et interpréter la vie, ce qui conduit à une réaction de survie. Alors en réagissant encore on voit dans l’inconnu la superstition ou l’illusion. Cela impose le changement qui fait croire à autre chose, là où on ne fait que reproduire.
Pourquoi décider ?
Décider devient alors une nécessité et une obligation pour « réagir à » ou « aller contre » quelque chose, ou quelqu’un. Ceci nous place alors dans notre passé et dans nos Avoirs. Supportant alors cette nécessité, on se place dans nos droits.
Choisir, c’est donc s’engager et se risquer, non pour changer, mais pour transformer et vivre. C’est aussi se dresser dans le partage et déclarer à tous qui nous sommes car nous l’avons choisi. Pour cela, seule l’action, contrairement à la réaction, sera notre chemin.
Comment choisir ?
Choisir nous impose la création et l’invention. Ainsi, nous transformons et nous nous engageons dans ce partage avec les hommes. L’action pour l’action afin de choisir d’Être, ce futur que nous nous devons de créer. Ceci n’est possible que dans l’intégrité du devoir accompli, dans la rigueur d’une pensée générale, une rigueur d’ensemble, une cohérence de système, d’ensemble et de globalité.
Distinguer l’Être de l’Avoir nous confère la possibilité d’un Choix ou nous place dans la réalité de la Décision.
Ainsi nous nous plaçons, soit dans l’apprentissage de l’avoir et de la décision, soit dans l’initiation du choix et de l’être. Deux chemins qui sont disponibles pour le Faire.
Oui mais ce qui est scientifique est précis et plus la recherche est précise plus la précision s’affine!!! Le particulier de la précision définit une vérité dans un paradigme qui lui est propre. Si la division en partie appartient au scientifique, cela ne veut pas dire qu’il y a SIMPLIFICATION. Le GÉNÉRAL des Savants n’est pas COMPLIQUÉ. C’est justement la SIMPLIFICATION qui donne au GÉNÉRAL sa force. Car en réunissant ce qui est Simple, le complexe, propre au global et à l’ensemble, s’organise et devient utile.
De la relation entre savant et scientifique
L’équité des pensées doit apparaître comme outils et non comme vérité. La rigueur est alors une conjugaison, elle fait cheminer dans un chemin le sens du possible. Mes professeurs me disaient :
- Si tu crois que telle ou telle pensée est vraie, juste, incontournable, voir nécessaire et utile.
- Si tu commences par être sûr et certain de tes propos.
- Si tu penses que j’ai raison.
- Si tu penses avoir raison.
- Si tes certitudes deviennent certaines et que ton savoir est alors juste.
- Alors que te dire de ton chemin………après quoi cours-tu ? Où vas-tu ? es-tu sur d’être dans ton choix ?
Si cela perturbe tellement ton esprit d’envisager une autre possibilité alors, mon propos se limitera à l’importance de la rigueur. Rien n’est plus précieux dans la logique des pensées et dans tout ensemble d’étude, que l’essence et la force de la rigueur. Ainsi l’Ostéopathie est et doit s’entendre comme un art, une médecine et une pensée Savante :
Savant
Scientifique
- CONCEPT GÉNÉRAL
- PRINCIPE DE LOI
- DU GÉNÉRAL VERS LE PARTICULIER
- COHÉRANCE D’ENSEMBLE
- DIAGNOSTICS ET DÉMARCHES THÉRAPEUTIQUES
- CONCEPT PARTICULIER
- LES THÉORIES SONT PRIORITAIRES
- LE PARTICULIER DOIT PERMETRE DE COMPRENDRE LE GÉNÉRAL
- LA DÉMONSTRATION
- LE RANDOMISABLE
- DIAGNOSTICS ET TRAITEMENTS
De la distinction entre Loi et Théories
La Loi tient compte du général et de la cohérence d’ensemble ; elle ne démontre pas, elle associe la cohérence à l’ensemble.
Les Théories permettent les démonstrations et confirment, par preuves souvent randomisables, la stabilité à la fois du démontrable et des Théories utilisées.
« Je reviens à l'explication du véritable ordre qui consiste, comme je disais, à tout définir et à tout prouver. Certainement cette méthode serait belle, mais elle est absolument impossible. » Blaise Pascal, De l’esprit géométrique.
Nous abordons l’homme dans un global, dans un ensemble et dans le respect de la rigueur nous nous inscrivons dans un programme de travail, de recherche, d’écoute et de soins. Bien sur nos outils sont nombreux :
Lois d’A. T. Still :
1ère loi : L’artère domine la fonction et devient par là le maître de l’ostéopathe
2ème loi : Là où la pression change, la maladie pénètre ; d’où la fonction prime sur l’organe.
Lois de Fryette
1ère loi de Fryette, FSR : side du côté opposé à la rotation de l’apophyse transverse.
2ème loi de Fryette ERS : side du même côté que la rotation.
3° loi de Fryette: Side, rotation, flexion sont en inter association
Concepts Savants de Santé
Tu examineras, diagnostiqueras et traiteras ton patient du général vers le particulier. AT Still
La maladie est une rupture de la quête de l’équilibre et non une rupture de l’équilibre
La maladie est l’effort que fait la nature pour guérir – C. G. Jung
La nature n’enfreint jamais ses propres lois. La nature est soumise à la raison de sa loi qui vit infuse en elle
La nature est remplie d’une infinité de raisons dont l’expérience n’a jamais vu la trace
Une cause étant donnée, la nature provoque l’effet par le plus court chemin possible. – Léonard de Vinci
De la différence entre diagnostic de syndromes et de symptômes
C'est seulement une différence de classifications !
Le savant réfléchit avec une lecture de syndromes pour confirmer certains symptômes.
Le scientifique réfléchit sa lecture en tenant compte des symptômes et pour optimiser sa classification et son diagnostic.
Après avoir fait un diagnostic qu’il soit savant et donc syndrômal ou scientifique et donc symptomatique, le scientifique propose un traitement qui ne peut remettre en cause ce dit diagnostic là où nous proposons, suite à notre diagnostic, une démarche thérapeutique.
De la démarche thérapeutique
À tout moment, le diagnostic doit être remis en cause par le geste thérapeutique
Notre diagnostic se doit d’évoluer en permanence pour orchestrer notre geste ostéopathique, ce qui définit une démarche thérapeutique plus qu’un traitement.
Une migraine, diagnostic scientifique d’un symptôme, peut être entendu de façon global et général, de façon Savante et ostéopathique dans un sens syndrômal. Ainsi, la pathologie s’exprime après l’examen sur une cheville droite en rotation interne droite qui, par la chaîne lemniscate d’adaptation, adapte la cervicale C0/C1, surtout à gauche, ce qui peut expliquer la symptomatologie migraineuse à dominante gauche. En manipulant la cheville droite, une adaptation sur C7/D1 gauche apparaît avec un blocage de 1ère côte à gauche qui modifie la circulation du ganglion stellaire gauche ce qui nous permet de penser à une éventuelle stase, congestion ou perte de motilité du foie.
Comprenant cela, le traitement de la 1ère côte, puis du foie, nous montre un blocage C0/C1 à droite qui ,une fois traiter, montre une compensation en C2, ce qui nous amène à vérifier l’équilibre bucco-dentaire des ATM et des ptérygoïdes, pour comprendre que la cheville adapte un trouble de l’occlusion dentaire avec une modification de la DVO à droite, entraînant une tension à gauche et certainement cette symptomatologie migraineuse à prédominance matinale.
Alors, quand peut-on croire que la démarche thérapeutique est juste, cohérente et surtout quand peut-on arrêter cette démarche ?
L’art ostéopathique se résume alors ici dans cette quête de cohérence d’ensemble et dans cette quête de l’unité de notre patient.
Nous nous devons de suivre cette éthique qui nous impose une obligation de résultats dans cette cohérence de système. Nos résultats sont liés à la démarche thérapeutique et non aux symptômes originels.
De nos outils : notre main
Les 5 sens du Toucher.
Toucher l’autre à travers la Main, l’œil, l’oreille, le nez et le goût.
Toucher pour traiter dans le cadre de la Relation
Voir et recevoir
Écouter et entendre
Sentir et ressentir
Goûter et intégrer
Toucher et pratiquer le centre de gravité
L’on peut comprendre les trois premiers, des cinq sens du toucher pour notre patient.
Toucher de la main, des yeux et de la voix, on peut rajouter la possibilité de sentir et de ressentir son patient, acte fondamentalement sémiologique et diagnostique.
Et pour ce qui est du goût, on peut se ramener à la Médecine Savante où l’on apprend à goûter les urines, les sueurs et chaque humeur de son patient.
Du goût
Mes professeurs me disaient : « Seuls les bleus et les jeunes comme toi goûtent un verre d’urine en bizutage ou en moquerie. »
Goûter les urines veut dire, dans cette classification, les placer dans une organisation rigoureuse par leurs couleurs, leurs odeurs, leurs natures, mais, en aucune façon, les mettre dans ta bouche. Sache, également, que la neurophysiologie actuelle nous montre que la saveur prend nettement l’axe de l’odorat et que l’organisation du goût, dans notre cerveau, se fait principalement avec la capacité intellectuelle qu’à l’être humain pour classer et organiser sa pensée, ses actions et ses prévisions. En fait, le goût est un outil rigoureux d’organisation et c’est la raison pour laquelle tu dois l’employer dans ton toucher.
Du comment toucher ?
Toucher l’autre avec la MAIN réduit le geste à la seule recherche. Seul le CENTRE DE GRAVITÉ permet le geste thérapeutique. Toucher permet de Trouver et de Traiter tout en recevant l’autre.
Chercher se fait avec la Main. Là où Toucher s’entend uniquement avec notre Centre de gravité. C’est alors que l’on peut Trouver – recevoir – traiter
Du Centre de Gravité !!!
La main de l’ostéopathe est un vecteur mais elle ne permet pas la manipulation. Seul, notre centre de gravité nous permet le geste ostéopathique. Se centrer, est indispensable dans le sens du principe et dans notre position. Ainsi, dans les fondements de l’Ostéopathie, le centre de gravité devient l’outil incontournable et le plus efficace avec lequel nous devons tous travailler.
Nous nous devons de réussir la palpation et de traiter en utilisant principalement ce que nous sommes, Être centré, c’est en utilisant son centre de gravité, que nos mains deviennent puissantes et que notre geste devient précis. Il est notre référence, notre base avec laquelle nous réussissons tous tes traitements car dans notre centre, la palpation devient précise, c’est alors que nous nous rapprochons de la qualité et que nous éloignons nos patients de la douleur.
N’oublions jamais que c’est en ce centre de gravité que se place l’acte ostéopathique de palpation, de traitement et de pérennité dans ton soin.
Le centre de gravité est l’essence même de toute manipulation, qu’elle soit fluidique ou structurelle. Plus qu’un simple outil, le centre de gravité s’avère indispensable à l’équilibre de nos forces lors de la manipulation.
Mes professeurs et maîtres m’ont toujours enseigné que, dans notre métier, l’une des meilleures assurances en responsabilité civile était, sans aucun doute, ce centre de gravité et le fait qu’un bon ostéopathe manipule beaucoup plus avec son ventre qu’avec ses mains.
{mospagebreak&title=Chapitre 2 - Un peu d´histoire}
2ème Chapitre Un peu d’histoire en anatomie.
Pour comprendre ce que l’on regarde, ce que l’on accepte, pour envisager de changer de transformer nos paradigmes les plus solides en forces, en concepts et en possibilités.
De même, en effet, qu'il existe toujours un intermédiaire, qui est le Devenir entre l'Être et le Non-Être, de même aussi il y a ce qui devient entre ce qui est et ce qui n'est pas.
Tous les êtres naturels portent en eux-mêmes le principe de leur mouvement et de leur repos.
L'art est un principe de mouvement résidant dans une autre chose, tandis que la nature est un principe résidant dans la chose même.
La distinction de ce qui est en puissance et de ce qui est en entéléchie existant en chaque genre, l'acte de ce qui est en puissance en tant que tel, je l'appelle mouvement.
La nature est un principe et une cause de mouvement et de repos pour la chose en laquelle elle réside immédiatement, par essence et non par accident.
On appelle puissance le principe du mouvement ou du changement, qui est dans un autre être, ou dans le même être en tant qu'autre.
Le but de la création se distingue de l'objet créé, mais il ne saurait en être ainsi du but de l'action. Le fait de bien agir, en effet, est le but même de l'action.
Aristote.(Dictionnaire des Citations)
De 4000 à 377 av. J.-C., de la Préhistoire jusqu'à la mort d’Hippocrate, les élèves de ce dernier, l’école d’Asclépiade, ainsi que les fils et les filles de l’Égypte vers 1550 av. J.-C. dans « Le livre des morts », donnent à l’anatomie des représentations techniques utiles, seulement en tant que concept.
En 201, Claude Galien reprend et consigne par la plume l’aspect nécessaire et indispensable de la palpation et de l’inspection. C’est certainement là que se situe le début de ce que nous appelons aujourd’hui l’anatomie.
En 750, l’une des toutes premières écoles d’anatomie est fondée en Italie.
De 990 à 1350, les médecins arabes décrivent, dans leur « Livre des questions » ouvrage d’ordre sacré publié en 1210, la nécessité de cette science dans l’art médical. Ils établissent l’une des premières classifications encyclopédiques de l’anatomie.
L’Allemand Albert de Bollstaedt, alias Albert le Grand Savant, philosophe, théologien et naturaliste, relate dans ses écrits entre 1193 et 1280, la place et la nécessité de la connaissance de la palpation et de l’anatomie pour toutes les pratiques médicales.
Entre 1300 et 1500 en France, les enluminures rappellent l’héritage médiéval qui, à travers les danses macabres, donnent les premières ébauches du dessin anatomique. Elles permettent à Henry de Mondeville de publier, vers 1300, son traité de chirurgie et d’anatomie. Cette présentation donne à la lecture l’importance de l’analyse savante du Moyen Age et l’inscription dans le général, indispensable à toute transmission.
De grands médecins anatomistes Italiens influencent probablement Léonard de Vinci, peintre, architecte et homme de science (1452 - 1519) qui apporte à l’art de l’écorché toute la précision et l’exactitude nécessaires à la transmission de la connaissance. C’est en 1450, en Angleterre, que nous trouvons la plus ancienne gravure sur bois consacrée à l’anatomie.
Influencés par le grand Vinci, Jean de Ketham à Venise en 1495, le Professeur Mondino Dei Luzzi à Paris en 1519, le Professeur Artzney Spiegel en 1547 à Francfort et enfin, Ambroise Paré en 1585, chirurgien du roi à Paris, continuent à donner à l’anatomie la précision des systèmes.
Entre 1493 et 1541, Paracelse, médecin, alchimiste et philosophe suisse confère le rang de thérapeute aux barbiers et aux chirurgiens. Cela permet à Jean Baptiste Van Helmont et à Louvain, au cours du XVII° siècle, d’expliquer la « Iatrophysique et la Iatrochimie » de Paracelse. Ceux-ci apportent à la philosophie le Concept Mécaniste qui laisse à jamais les monstres à trois têtes d’Ambroise Paré, plaçant l’anatomie au rang d’honneur du médical et du Savant, grâce à son sens du détail et à sa précision. Ainsi, dès 1627, Delactibus Venis décrit l’ensemble du système hépatique.
Ce formidable sens du détail inspire le grand peintre Rembrandt qui, en 1632, nous montre dans son tableau « La leçon d’anatomie », une précision inégalée dans le bras gauche qui est opéré. Très influencé par la circulation sanguine d’Arvey, mort en 1657, et par la rigueur anatomiste de Gaspar de Bauhin de Bale qui, en 1605, décrit avec exactitude les veines et leurs structures, Pierre Dionis publie en 1690, à Paris, son grand ouvrage de référence « L’anatomie de l’Homme ».
C’est à partir de l’anthropométrie comparative et de l’ouvrage « Proposition du corps humain » d’Albrech Dürer de Nuremberg sorti en 1528, que naît en 1690 à Florence, la technique des cires anatomiques.
Adée Zummo et Susini en Italie, ainsi que Pinson et Lemonier en France, imposent cette lecture et cette ouverture jusqu’au début du XVIII° siècle. L’aspect figé de cette technique invite Eustache de Rome, dans son « Tabalae Anatomicae », en 1714, à composer une anatomie pour le Mouvement. Théophile de Bordeu, médecin anatomiste entre 1722 et 1726, apporte de l’exactitude aux relations entre le texte, l’image et la clinique.
À Rome, en 1741, Pietro Berettini Da Cortone propose vingt-sept gravures sur cuivre d’anatomie commentée.
Entre 1733 et 1794, en Allemagne, Kaspar Friedrich Wolf présente l’anatomie en tenant compte pour la première fois de la place du système embryologique. En 1743 à Göttingen, Albert Van Haller précise l’ensemble vasculaire dans un ouvrage illustré de dessins.
François Michet Disdier présente en 1784 à Paris, une exposition exacte du corps humain pour les universitaires et les médecins de l’époque. En 1787, le Professeur Paolo Moscogni Sienne décrit, avec une très grande exactitude propre à la recherche et à la justification historique, tout l’intérêt et la place de l’ensemble du système lymphatique.
En 1786 à Paris, Félix Vicq d’Azyr publie un travail exemplaire de logique et de précision sur le cerveau et les nerfs, à partir duquel Charles Bell propose, en 1815, la première vraie physiologie anatomique de la motricité par l’œil du système nerveux.
En 1831, Jules Cloquet, médecin de La Fayette, nous présente une anatomie pratique pour la chirurgie et la pathologie.
Durant tout ce XIX° siècle et autour de la lithographie, on entend de grandes polémiques entre Cruveilhier et Bichat, entre images et concepts. Par ailleurs, la théorie de l’évolution de Darwin influence de grands anatomistes tels que Scarpa en Angleterre et Testut à Lyon qui préfèrent l’image. C’est en reprenant les travaux de Bourgery et ceux de Jacob, en 1832, dans son « Traité complet de l’anatomie de l’homme », composé de 700 planches pour la médecine opératoire, que Testut publie en 1889, pour la pratique des étudiants, un précis d’anatomie qui fera encore référence après la Seconde Guerre mondiale.
1931 voit l’arrivée du microscope électronique, 1973 celle du scanner. Deux inventions qui donnent progressivement à l’anatomie sa troisième dimension, sans oublier l’hologramme qui se développe actuellement.
Sur le plan bibliographique, comment ne pas citer ceux qui m’ont toujours inspiré :
« Le Précis d’Anatomie » de Carnot et Rathery, (Éd. Jbb&f),
« l’Anatomie de poche » de Pauchet et Dupret, (Éd. Doin),
« L’Anatomie » de Bouchet et Cuilleret (Éd. Simet),
« L’Anatomie » de Cabrol (Éd. Flammarion),
« L’Anatomie » de Marion Edward Clark (Éd. Kent),
« L’Anatomie » de Brison et Castaing (Éd. Maloine),
« L’Anatomie » de Serge Tixa (Éd. Masson),
« L’Anatomie » de Durafour (Éd. Masson) et
« l’Anatomie par le Mouvement »de Blandine Calais Germain (Éd. DésIris).
Sans oublier le Professeur Gunther Von Hagens pour sa fascination de l’authentique dans son exposition d’anatomie.
J’ai aussi été séduit par des chercheurs en physiologie comme Kapandji (Éd. Maloine), Castaing et Burdin (Éd. Vigot) et Hoppenfeld (Éd. Masson).
C’est avec une logique de description dans le cadre du vivant, du mouvement et du lésionnel que j’ai, pour ma part, cherché à comprendre l’anatomie par l’anatomie vivante.
Dans un mouvement aussi élémentaire que la marche, j’explique ce qu’est l’onde de choc et comment elle chemine du pied jusqu’au crâne, avec ses accélérations, ses ralentissements, puis son élimination, sa transformation et son utilisation par les différents systèmes tissulaires.
Un de mes maîtres m’a dit :
« Développe cela et fais-en un livre ou une thèse que j’espère lire sous ta plume. »
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