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Ostéopathe… Quel chemin ! ? De Pascal à Still
Dominique PIANEL, DO, PhD
Édition de Verlaque 2004
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Préface de Mr Robert Perronneaud-Ferré Broché - 256 pages - ISBN : 2876440539 - Prix : 38€ Reproduit avec l'aimable autorisation de l'auteur que nous remercions particulièrement |
2ème Chapitre Un peu d’histoire en anatomie.
Pour comprendre ce que l’on regarde, ce que l’on accepte, pour envisager de changer de transformer nos paradigmes les plus solides en forces, en concepts et en possibilités.
De même, en effet, qu'il existe toujours un intermédiaire, qui est le Devenir entre l'Être et le Non-Être, de même aussi il y a ce qui devient entre ce qui est et ce qui n'est pas.
Tous les êtres naturels portent en eux-mêmes le principe de leur mouvement et de leur repos.
L'art est un principe de mouvement résidant dans une autre chose, tandis que la nature est un principe résidant dans la chose même.
La distinction de ce qui est en puissance et de ce qui est en entéléchie existant en chaque genre, l'acte de ce qui est en puissance en tant que tel, je l'appelle mouvement.
La nature est un principe et une cause de mouvement et de repos pour la chose en laquelle elle réside immédiatement, par essence et non par accident.
On appelle puissance le principe du mouvement ou du changement, qui est dans un autre être, ou dans le même être en tant qu'autre.
Le but de la création se distingue de l'objet créé, mais il ne saurait en être ainsi du but de l'action. Le fait de bien agir, en effet, est le but même de l'action.
Aristote.(Dictionnaire des Citations)
De 4000 à 377 av. J.-C., de la Préhistoire jusqu'à la mort d’Hippocrate, les élèves de ce dernier, l’école d’Asclépiade, ainsi que les fils et les filles de l’Égypte vers 1550 av. J.-C. dans « Le livre des morts », donnent à l’anatomie des représentations techniques utiles, seulement en tant que concept.
En 201, Claude Galien reprend et consigne par la plume l’aspect nécessaire et indispensable de la palpation et de l’inspection. C’est certainement là que se situe le début de ce que nous appelons aujourd’hui l’anatomie.
En 750, l’une des toutes premières écoles d’anatomie est fondée en Italie.
De 990 à 1350, les médecins arabes décrivent, dans leur « Livre des questions » ouvrage d’ordre sacré publié en 1210, la nécessité de cette science dans l’art médical. Ils établissent l’une des premières classifications encyclopédiques de l’anatomie.
L’Allemand Albert de Bollstaedt, alias Albert le Grand Savant, philosophe, théologien et naturaliste, relate dans ses écrits entre 1193 et 1280, la place et la nécessité de la connaissance de la palpation et de l’anatomie pour toutes les pratiques médicales.
Entre 1300 et 1500 en France, les enluminures rappellent l’héritage médiéval qui, à travers les danses macabres, donnent les premières ébauches du dessin anatomique. Elles permettent à Henry de Mondeville de publier, vers 1300, son traité de chirurgie et d’anatomie. Cette présentation donne à la lecture l’importance de l’analyse savante du Moyen Age et l’inscription dans le général, indispensable à toute transmission.
De grands médecins anatomistes Italiens influencent probablement Léonard de Vinci, peintre, architecte et homme de science (1452 - 1519) qui apporte à l’art de l’écorché toute la précision et l’exactitude nécessaires à la transmission de la connaissance. C’est en 1450, en Angleterre, que nous trouvons la plus ancienne gravure sur bois consacrée à l’anatomie.
Influencés par le grand Vinci, Jean de Ketham à Venise en 1495, le Professeur Mondino Dei Luzzi à Paris en 1519, le Professeur Artzney Spiegel en 1547 à Francfort et enfin, Ambroise Paré en 1585, chirurgien du roi à Paris, continuent à donner à l’anatomie la précision des systèmes.

Entre 1493 et 1541, Paracelse, médecin, alchimiste et philosophe suisse confère le rang de thérapeute aux barbiers et aux chirurgiens. Cela permet à Jean Baptiste Van Helmont et à Louvain, au cours du XVII° siècle, d’expliquer la « Iatrophysique et la Iatrochimie » de Paracelse. Ceux-ci apportent à la philosophie le Concept Mécaniste qui laisse à jamais les monstres à trois têtes d’Ambroise Paré, plaçant l’anatomie au rang d’honneur du médical et du Savant, grâce à son sens du détail et à sa précision. Ainsi, dès 1627, Delactibus Venis décrit l’ensemble du système hépatique.
Ce formidable sens du détail inspire le grand peintre Rembrandt qui, en 1632, nous montre dans son tableau « La leçon d’anatomie », une précision inégalée dans le bras gauche qui est opéré. Très influencé par la circulation sanguine d’Arvey, mort en 1657, et par la rigueur anatomiste de Gaspar de Bauhin de Bale qui, en 1605, décrit avec exactitude les veines et leurs structures, Pierre Dionis publie en 1690, à Paris, son grand ouvrage de référence « L’anatomie de l’Homme ».
C’est à partir de l’anthropométrie comparative et de l’ouvrage « Proposition du corps humain » d’Albrech Dürer de Nuremberg sorti en 1528, que naît en 1690 à Florence, la technique des cires anatomiques.
Adée Zummo et Susini en Italie, ainsi que Pinson et Lemonier en France, imposent cette lecture et cette ouverture jusqu’au début du XVIII° siècle. L’aspect figé de cette technique invite Eustache de Rome, dans son « Tabalae Anatomicae », en 1714, à composer une anatomie pour le Mouvement. Théophile de Bordeu, médecin anatomiste entre 1722 et 1726, apporte de l’exactitude aux relations entre le texte, l’image et la clinique.
À Rome, en 1741, Pietro Berettini Da Cortone propose vingt-sept gravures sur cuivre d’anatomie commentée.
Entre 1733 et 1794, en Allemagne, Kaspar Friedrich Wolf présente l’anatomie en tenant compte pour la première fois de la place du système embryologique. En 1743 à Göttingen, Albert Van Haller précise l’ensemble vasculaire dans un ouvrage illustré de dessins.
François Michet Disdier présente en 1784 à Paris, une exposition exacte du corps humain pour les universitaires et les médecins de l’époque. En 1787, le Professeur Paolo Moscogni Sienne décrit, avec une très grande exactitude propre à la recherche et à la justification historique, tout l’intérêt et la place de l’ensemble du système lymphatique.
En 1786 à Paris, Félix Vicq d’Azyr publie un travail exemplaire de logique et de précision sur le cerveau et les nerfs, à partir duquel Charles Bell propose, en 1815, la première vraie physiologie anatomique de la motricité par l’œil du système nerveux.
En 1831, Jules Cloquet, médecin de La Fayette, nous présente une anatomie pratique pour la chirurgie et la pathologie.
Durant tout ce XIX° siècle et autour de la lithographie, on entend de grandes polémiques entre Cruveilhier et Bichat, entre images et concepts. Par ailleurs, la théorie de l’évolution de Darwin influence de grands anatomistes tels que Scarpa en Angleterre et Testut à Lyon qui préfèrent l’image. C’est en reprenant les travaux de Bourgery et ceux de Jacob, en 1832, dans son « Traité complet de l’anatomie de l’homme », composé de 700 planches pour la médecine opératoire, que Testut publie en 1889, pour la pratique des étudiants, un précis d’anatomie qui fera encore référence après la Seconde Guerre mondiale.
1931 voit l’arrivée du microscope électronique, 1973 celle du scanner. Deux inventions qui donnent progressivement à l’anatomie sa troisième dimension, sans oublier l’hologramme qui se développe actuellement.
Sur le plan bibliographique, comment ne pas citer ceux qui m’ont toujours inspiré :
« Le Précis d’Anatomie » de Carnot et Rathery, (Éd. Jbb&f),
« l’Anatomie de poche » de Pauchet et Dupret, (Éd. Doin),
« L’Anatomie » de Bouchet et Cuilleret (Éd. Simet),
« L’Anatomie » de Cabrol (Éd. Flammarion),
« L’Anatomie » de Marion Edward Clark (Éd. Kent),
« L’Anatomie » de Brison et Castaing (Éd. Maloine),
« L’Anatomie » de Serge Tixa (Éd. Masson),
« L’Anatomie » de Durafour (Éd. Masson) et
« l’Anatomie par le Mouvement »de Blandine Calais Germain (Éd. DésIris).
Sans oublier le Professeur Gunther Von Hagens pour sa fascination de l’authentique dans son exposition d’anatomie.
J’ai aussi été séduit par des chercheurs en physiologie comme Kapandji (Éd. Maloine), Castaing et Burdin (Éd. Vigot) et Hoppenfeld (Éd. Masson).
C’est avec une logique de description dans le cadre du vivant, du mouvement et du lésionnel que j’ai, pour ma part, cherché à comprendre l’anatomie par l’anatomie vivante.
Dans un mouvement aussi élémentaire que la marche, j’explique ce qu’est l’onde de choc et comment elle chemine du pied jusqu’au crâne, avec ses accélérations, ses ralentissements, puis son élimination, sa transformation et son utilisation par les différents systèmes tissulaires.
Un de mes maîtres m’a dit :
« Développe cela et fais-en un livre ou une thèse que j’espère lire sous ta plume. »
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