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Surmenage physique et lésions intra-osseuses des membres inférieurs du type lien mécanique
Auteur : René-François DO, Ostéopathe D.O MROF -IFKO Montpellier.
Contact :
René-François DO, ostéopathe D.O MROF - Domaine des pins, quartier maleribes, route de St Tropez - 83580 GASSIN - E-mail : Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.
Nous remercions particulièrement René-François DO, Ostéopathe, de nous avoir autoriser à reproduire cette conférence
Résumé
Une étude menée sur une population de patients en phase de surmenage physique a permit de constater la fréquence très importante des lésions intra-osseuses des membres inférieurs du type Lien Mécanique.
La technique d’ajustement spécifique Recoïl a traité avec succès 84% des lésions diagnostiquées. Les résultats n’ont pas été perturbé par les différentes classes d’âge de la population testé ni par la durée d’évolution des symptômes avant traitement. L’analyse du mode réaction de la structure à la contrainte et des modes d’actions du recoïl a mis en évidence l’importance du périoste mais surtout le rôle de récepteur sensoriel autonome que joue le tissu osseux grâce à ses propriétés mécano-transductrices.
Mots clés : tissu osseux, recoil, mécano-transduction, lien mécanique.
Introduction
La notion de surmenage fait partie intégrante de notre mode de fonctionnement. Nos patients ne sont pas épargnés par ce phénomène.
Notamment si le recrutement se fait essentiellement dans le domaine sportif.
L’adaptation de l’appareil locomoteur aux contraintes mécaniques se traduit par une modification des caractéristiques viscoélastiques du tissu conjonctif sous toutes ses formes qui aboutit à une densification.
La plasticité des tissus est différente selon que l’on s’intéresse au fascia, au périoste, à l’os compact. Cette densification de la structure est synonyme de fragilisation et de perturbation de la fonction.
Dans le respect des grands principes fondamentaux de l’ostéopathie énoncés par ANDREW TAYLOR STILL, ces différentes constatations nous conduisent à traiter le plus rapidement possible la structure et notamment le tissu osseux car ces modifications adaptatives se traduisent par une rigidification et donc une fragilisation tissulaire ainsi qu’une perturbation du système Haversien qui est le siège d’une activité d’échange vitale pour l’os (nutrition, rigidité, réparation).
Le Lien Mécanique enseigné par Paul CHAUFFOUR D.O et Eric PRAT D.O [3,4] avec notamment la mise en évidence de la mécanique intra-osseuse permet de disposer d’outils pour investiguer la structure osseuse.
A travers une étude rétrospective de 25 cas je me propose d’analyser :
- La fréquence des lésions intra-osseuses des membres inférieurs dans une population ciblée : patients très actifs que ce soit sur le plan sportif ou professionnel ;
- L’évolution des lésions et du motif de consultation après un traitement des lésions intra-osseuses par la technique de recoil ;
- Les processus de normalisation de la structure sous les effets de l’âge et de la durée d’évolution des symptômes avant traitement.
Lésions intra osseuses et lignes de force des membres inférieurs
Paul Chauffour a été un des premiers professionnels à constater par hasard une disparité de tension au niveau du tibia et surtout qu’en appliquant un recoïl au niveau de la résistance, l’os retrouvait la même flexibilité que l’autre côté.
En testant systématiquement tous ses patients, il a constaté que les os longs pouvaient présenter ce type de fixation intra-osseuse. Il les a ensuite codifié en fonction des tensions retrouvées.
Ces lésions se manifestent par une perte de compressibilité et par un manque de flexibilité au niveau de la diaphyse.
Les lignes de force comme l’a démontré Denis J [7] sont l’expression au niveau de la corticale et des prolongements trabéculaires des os longs des contraintes mécaniques s’exerçant sur une structure viscoélastique. Elles correspondent à un renforcement de la structure là où s’exercent les contraintes mécaniques. La figure 1 montrant une radiographie d’une articulation coxo-fémorale présentant une fracture du col du fémur permet de bien visualiser ces éléments.
“Elles sont le reflet au niveau des os longs d’une possibilité de flambage et d’une capacité de réserve d’élasticité du matériau considéré.” Denis J [7]

Figure 1 : Radiographie coxo-fémorale - Fracture du col du fémur
Tests
Ce sont des tests de mise en compression ou en traction décompression. Ils doivent objectiver la capacité de déformation de l’os et sa réserve d’élasticité. La réponse de la structure osseuse au test peut se matérialiser soit:
- Par une sensation d’amorti à la compression.
- Par une résistance à la compression ce qui signe la lésion ostéopathique.
Le test devra respecter le sens et la direction des lignes de forces testées.

Figure 2 : Test du plateau tibial interne
Corrections
La correction se fait par la technique recoïl [2, 3, 4] dans la position du diagnostic. Le recoïl est une technique d’ajustement spécifique. On amène la structure dans le sens opposé à la dysfonction (technique structurelle directe), mise en tension, orientation de la tension. Par un geste rapide et bref le praticien crée une onde de choc au niveau des zones lésionnelles mais aussi sur tous les autres éléments de la structure. Il faut préciser qu’une fois le geste correcteur effectué la main se retire rapidement pour ne pas interférer avec l’onde de choc provoquée. Le recoïl est appliqué après avoir recherché la tension maximum de la structure dans les trois plans de l’espace.

Figure 3 : Correction plateau tibial interne
Etude clinique
Les critères d’inclusion étaient les suivants :
- Patients hyperactifs par le fait d’une pratique sportive intense et régulière (21), ou de l’exercice d’un métier particulièrement contraignant pour l’organisme (4) se plaignant de douleurs de l’appareil locomoteur.
- Ne pas avoir interrompu son activité avant et pendant le traitement.
- Avoir eu la possibilité de revoir le patient dans un délai de deux mois
Les critères d’exclusion :
- Les patients qui ne souhaitaient pas bénéficier du traitement exclusif des lésions intra-osseuses.
- Entre les deux séances le patient ne doit pas avoir été victime d’un traumatisme ou d’une pathologie pouvant perturber le traitement.
- Les patients présentant des séquelles de fractures récentes des membres inférieurs (moins de trois mois).
Matériel et méthode
L’étude a concerné 25 patients dont 6 femmes et 19 hommes. Il a été établi une fiche clinique permettant de préciser les différents symptômes recueillis par l’anamnèse, l’examen clinique ostéopathique de même que le traitement effectué. Toutes les tranches d’âge étaient globalement représentées. La moyenne d’âge de la population était de 40 ans avec des extrêmes de 16 et 78 ans. Les sports pratiqués étaient divers et les motifs de consultation variés (Tableau 1)
La méthodologie de traitement était la suivante :
- Un examen systématique des différentes unités fonctionnelles issues du Lien Mécanique Ostéopathique:
Axe occipito-vertebral et les côtes (articulations postérieures)
- Le sternum, les clavicules et les cotes (articulations chondro-sternales)
- Les membres
- La sphère viscérale
- La sphère crânienne
- Seules les lésions intra-osseuses et les lignes de forces en contrainte des membres inférieurs diagnostiquées ont été traitées. Les tests et le traitement des lésions intra-osseuses et des lignes de forces (LDF) ont été décrit plus haut.
- Les patients ont été revus entre trois semaines et deux mois après selon leur disponibilité. Les lésions intra-osseuses traitées lors de la première séance ont été re-testés et on a analysé l’évolution du motif de consultation.
Résultats
La fréquence des lésions
Les 25 patients ont tous présenté sans exception des lésions intra-osseuses au niveau des membres inférieurs (tableau 1).

Tableau 1 : Descriptif des lésions intra-osseuses
La localisation lésionnelle
Le tibia était l’os le plus souvent touché (17 cas sur 25) soit 68% des lésions (Fig 2).

Figure 4 : Localisation anatomique des lésions intra-osseuses diagnostiquées
L’évolution clinique après traitement
On a constaté que pour 21 patients sur 25 les lésions intra-osseuses ont disparu après traitement soit 84% des cas (Fig. 3). Il est à noter que pour 16 patients les lésions intra-osseuses ainsi que le motif de consultation ont disparu soit 64% des cas. Le fait de traiter uniquement la lésion intra-osseuse a donc induit la disparition du motif de consultation (cf. Tableau 1)

Figure 5 : Résultats cliniques après traitement de la population globale.
Pour 9 patients le motif de consultation a persisté malgré le traitement des lésions intra-osseuses. Sur ces 9 patients 5 ont vu leurs lésions intra-osseuses disparaître. Les 4 patients qui ont présenté une persistance des lésions ainsi que du motif de consultation étaient B a, H b, R h et R t. Ce point est analysé dans la discussion.
La réversibilité des lésions
Les lésions intra-osseuses diagnostiquées et traitées par la technique recoïl se sont normalisées très rapidement (visite de contrôle effectuée entre trois semaines et deux mois après le traitement initial) malgré une durée d’évolution des symptômes avant traitement variant entre deux semaines et sept ans (Fig.4). Nous avons remarqué que la durée d’évolution des symptômes avant traitement n’était pas un paramètre qui influait sur la réussite du traitement par conséquent sur la réversibilité de la structure.

Figure 6 : Résultats cliniques en fonction des classes de durée des symptômes avant traitement.
L’analyse par classe d’âge de l’évolution clinique après traitement ne fait pas apparaître un effet de l’âge du patient sur les résultats (Fig. 5). Les disparitions des lésions et des motifs de consultations concernent aussi bien les classes les plus jeunes que les classes les plus âgées. Les échecs se concentrent principalement sur les classes 20-30 et 50-60.

Figure 7 : Résultats cliniques en fonction des classes d'âge.
Discussion
La révision des dossiers de ces 25 patients met en évidence dans tous les cas des éléments en contrainte de la structure osseuse. Ce phénomène général peut s’expliquer par le choix volontaire d’une population particulièrement exposée :
Ces patients ont tous des activités physiques ou professionnelles très exigeantes pour le corps, avec une notion de régularité de surcroît.
Ces patients n’ont jamais stoppé leur activité malgré des troubles fonctionnels persistants.
La persistance de ces dysfonctionnements intéressant les différentes unités fonctionnelles ont modifié la répartition des forces gravitaires et anti-gravitaires sur le squelette et entraîné une réponse adaptative de la structure osseuse. La fréquence lésionnelle retrouvée objective les processus d’adaptation de la structure osseuse à la contrainte.
La localisation préférentielle des lésions au niveau du tibia peut s’expliquer par le fait que le périoste du tibia avec celui des mandibules et de la calotte crânienne est le plus riche en fibres nerveuses [5].
Le rôle prépondérant des relations neuro-ostéogéniques sur le remodelage osseux et l’information cellulaire engendre des processus d’adaptation spécifique du tissu osseux. Sur le plan ostéopathique cela se traduit par une réponse positive aux différents tests intra-osseux.
Dans 84% des cas les lésions intra-osseuses traitées ont disparu lors de la seconde visite. Il faut relativiser la précision de ce résultat compte tenu de l’absence de groupe témoin dans le protocole. Malgré ce, le résultat montre une forte sensibilité de la population au traitement. La technique Recoïl semble particulièrement adaptée pour traiter les lésions intra-osseuses et les lignes de forces contraintes. Cette constatation avait déjà été faite par Denis [7]. L’efficacité de ce type de prise en charge semble satisfaisante au point de vue du résultat clinique, disparition des lésions et disparition du motif de consultation.
L’analyse des quatre cas (Ba, Hb, Rt, Rh) ou les symptômes et les lésions intra-osseuses ont persisté met en évidence que ces patients présentaient :
Pour B a et H b, des lésions non pas ostéopathiques mais traumatiques (au sens orthopédique du terme) de la structure.
B a : Déchirure méniscale avec désinsertion capsulaire majeure.
H b : Fracture du deuxième métatarsien.
Il faut remarquer dans ces deux cas la relative fiabilité des tests intra-osseux dans le diagnostic.
Pour Rt et Rh, la normalisation des lésions et la disparition du motif de consultation ont nécessité une seconde séance axée pour Rt sur la charnière cranio-cervicale et la sphère viscérale et pour Rh sur le bassin.
L’échantillon varié de population nous a permit de créer différentes classes d’âge. Toutefois le nombre limité de cas par classes d’âge ne nous permet pas de généraliser ce résultat. Mais force est de constater que les classes d’âge n’influent pas sur les résultats. En effet le grand père de 78 ans à aussi bien réagit au traitement que l’adolescent de 16 ans. Par conséquent les facteurs de réparation tissulaire classiques (alimentation, circulation sanguine, âge), ne semblent pas modifier la réactivité au traitement. Cela pose la question de savoir quels sont les phénomènes qui interviennent dans les processus de normalisation des lésions et qui sont stimulés par notre traitement.
D’autre part on ne constate pas non plus un effet de la durée des symptômes avant traitement sur le résultat final. La plupart de ces patients présentaient des dysfonctionnements avec surmenage de la charpente osseuse évoluant depuis relativement longtemps, les périodes variant de deux mois à sept ans. Malgré ce délai d’évolution la réponse au traitement a été très rapide. Les périodes vont de trois semaines à deux mois en relation avec la date de la seconde consultation. Une réversibilité de la structure si rapide est étonnante.
Ces deux facteurs la non influence des facteurs classiques de réparation tissulaire et la réversibilité rapide de la structure nous amènent à nous poser deux questions.
Comment la structure réagit-elle à la contrainte, au surmenage ?
Quels peuvent être les modes d’actions du recoïl ?
Nous avons vu plus haut que l’adaptation du tissu conjonctif à la contrainte se matérialise par une densification des différentes structures.
L’os réagit par une activation ostéoblastique cela se traduit par une perturbation du fonctionnement du système haversien et une fragilisation pouvant aboutir à des micro-fractures trabéculaires.
Le fascia lui aussi se densifie voire se raccourcit ce qui augmente les contraintes et peut entraîner des perturbations vasculo-nerveuses.
Le périoste subit le même processus, ses rôles dans la vascularisation, l’innervation et le métabolisme osseux (couche interne ostéogénique) vont être perturbés.
Tous les auteurs [6,13,14] s’accordent à dire qu’en cas de contrainte les modifications fasciales précèdent les modifications ostéo-cartilagineuses. La plasticité réduite du tissu osseux lui confère une certaine inertie dans la mise en place des lésions, il en de même pour le phénomène inverse. Les mécanismes neurologiques sont les plus rapides. Ensuite viennent la voie vasculaire et la voie hormonale. Les fibres sensitives et sympathiques sont principalement localisées dans le périoste. Les derniers travaux sur le remodelage osseux privilégient le contrôle neuronal par rapport au contrôle vasculaire [5].
La structure intimement liée à l’os qui a des relations très intimes avec les voies nerveuses et vasculaires est le périoste. Il entoure l’os, il le pénètre, il est responsable de sa vascularisation, de son innervation, de sa croissance (en épaisseur). Il est directement sollicité par le recoïl.
La correction type recoil libère et stimule les voies neurologiques au niveau du périoste, réactive les voies vasculaires fascia-périostés et participe à la normalisation des tensions fasciales. Le périoste, de part ses fonctions et son rôle d’interface entre tissu osseux et fascia, semble être responsable de cette réversibilité. C’est une première hypothèse.
L’étude des propriétés du tissu osseux [2] nous apporte de précieuses informations. En effet grâce à une organisation particulière sur le plan cellulaire : le tissue matrix system comprenant la matrice nucléaire, le cytosquelette et la matrice extracellulaire qui agit comme un système de transduction, transmettant les informations de la périphérie de la cellule au noyau et jusqu’à l’ADN par le biais d’une structure de tenségrité [12].
![Figure 8 : Tissue matrix system d’après PIENTA K.J et al [15] rfdo_08](/essai/images/stories/foc/rfdo_08.gif)
Figure 8 : Tissue matrix system d’après PIENTA K.J et al [15]
Le mot tenségrité est un néologisme tiré de l’expression tensional intégrity. La définition de RB Fuller [11] est la suivante c’est un système architectural composé d’éléments de compression discontinue reliés par des câbles de traction continue. C’est un système stable grâce à la précontrainte imposée par les éléments de compression et grâce à l’équilibre qui existe entre les forces de compression et les forces de traction. La structure de tenségrité confère au tissu osseux des propriété mécano-transductrices [2]. La mécano-transduction représente la capacité des éléments d’un système biologique à transformer un signal mécanique en un signal d’une autre nature, qui contribue à élaborer la réponse du système vivant au signal mécanique inducteur.
Les mécanismes physiologiques qui semblent être responsable de la mécano-transduction sont :
- La piézoélectricité
- Les streaming potentials ( electro-osmose)
La piézoélectricité est une polarisation électrique qui apparaît sur un grand nombre de matériaux lorsqu’ils sont soumis à une contrainte mécanique, le long de certains axes. Fukada et Yasuda [10] ont été les premiers à démontrer la réponse piézoélectrique de l’os. Par contre ces mêmes chercheurs ont constaté des années plus tard que l’effet piézoélectrique diminue radicalement avec l’hydratation. Ces constations ont orienté les recherches sur les mouvements liquidiens qui pourraient expliquer les potentiels mesurés sur l’os frais : Les Streamings potentials [1].
Le streaming potential est la différence de potentiel qui apparaît entre les deux extrémités d’un tube lorsqu’un liquide passe à travers un matériau poreux.
Erikson [9] constate que la contrainte mécanique repoussent les liquides vers la surface convexe. Les liquides chargés positivement vont rendre la surface convexe positive par rapport à la surface concave.
![Figure 9 : Contrainte mécanique et flux liquidiens d’après DUNCAN et TURNER [8] rfdo_09](/essai/images/stories/foc/rfdo_09.gif)
Figure 9 : Contrainte mécanique et flux liquidiens d’après DUNCAN et TURNER [8]
Fabienne Allegro Rebora [2] conclut dans son mémoire que grâce à la mécano-transduction l’os est un véritable détecteur de l’environnement biomécanique, un récepteur sensoriel qui réagit en transformant des informations mécaniques en informations électriques et en flux liquidiens. De plus elle nous démontre que le recoïl présente toutes les caractéristiques pour agir sur le tissu osseux.
A la lumière de ces informations nous constatons que l’os est un véritable récepteur sensoriel autonome et cette propriété n’est pas uniquement liée au périoste ainsi q’aux relations neuro-ostéogeniques.
Malgré le traitement mis en place, pour 9 patients le motif de consultation persiste (36% des cas). A ces derniers il faut ôter les deux patients porteurs de lésions traumatiques orthopédiques. Il reste donc 7 patients qui symbolisent un échec thérapeutique soit 28% des cas. Ce pourcentage peut sembler important, mais il est certainement lié au choix du protocole mis en place de ne traiter que les lésions intra-osseuses des membres inférieurs. Ce choix lié aux besoins de l’étude est contraire aux grands principes de l’Ostéopathie. Ceux-ci ne défendent pas la prépondérance thérapeutique d’une technique par rapport aux autres. Il faut être vigilant face à la complexité de la chaîne lésionnelle, de toujours interroger la structure dans son ensemble et de se méfier des dogmes théoriques. On ne traite pas une dysfonction, on traite un patient.
Quoiqu’il en soit dans cette étude la recherche et le traitement des lésions intra-osseuses ont participé, à hauteur de sa responsabilité dans la fixation de la lésion globale, au retour à l’homéostasie pour 64% des cas. Du fait du surmenage de la structure chez ces patients l’examen du tissu osseux semble d’un intérêt majeur.
Conclusion
A travers l’étude nous avons pu mettre en évidence :
- la présence systématique de lésions intra-osseuses chez des patients en phase de surmenage physique ;
- la participation des lésions intra-osseuses au maintien de la lésion globale ;
- la réversibilité rapide de la structure osseuse grâce à un traitement spécifique ;
- le rôle important dans les processus de normalisation structurelle non seulement du périoste mais plus généralement du tissu osseux grâce a ses propriétés mécano-transductrices.
A la lumière de ces conclusions, il semble qu’une recherche systématique des lésions intra-osseuses soit à recommander dans la prise en charge de patients en phase de surmenage. Le traitement de ces lésions par la technique type recoïl paraît particulièrement efficace.
Le Lien Mécanique nous permet de disposer d’un outil supplémentaire dans l’arsenal thérapeutique ostéopathique.

Figure 10 : Mécanisme lésionnel et processus de réversibilité
Bibliographie
Références citées (par ordre alphabétique).
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- CHAUFFOUR P., PRAT E. - Mécanical link, North atlantic books, Berkeley California 2002.
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- COOPER GJ., Les fascias, Revue OSTEO, 60, Octobre 2002.
- DENIS J., Les lignes de forces intra-osseuses, Mémoire juin 99.
- DUNCAN RL, TURNER CH , Mechanotransduction and the functional reponse of bone to mechanical strain, Calcif tissue int 1995 Nov 57:5 344-58
- ERIKSSON C. Streaming potentials and other water-dependant effects in mineralised tissues. Ann. N.Y. Acad. Science. 1974. 321-338.
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- FULLER R.B., Synergetics. Macmillan Publishing Co. New York p 395 .1975
- INGBER D.E., Tensegrity : the architectural basis of cellular machanotransduction. Annu.rev.physiol 1997.59:575-99.
- KENNETH E LITTLE, Dossier Fascias, Revue OSTEOPATHIE, 45, Octobre 91.
- PAOLETTI S., Les fascias, Sully, Février 2002.
- PIENTA K.J, COFFEY D.S., Cellular harmonic information transfer through a tissue tensegrity-matrix system. 1991.34:88-95.
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