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Actualité de la douleur en médecine ostéopathique - Colloque à Marseille leSamedi 3 décembre 2011
Sous la Présidence de Yves LEPERS
Compte rendu par Frédéric ZENOUDA
Le 03 décembre 2011 s’est déroulé, avec grand succès, la rencontre des médecins hospitaliers de la région PACA avec les ostéopathes, sous la Présidence de Yves LEPERS, D.O., PhD à l’Université Libre de Bruxelles et de Frédéric ZENOUDA, D.O. à Paris, fondateur du magazine « Références Ostéopathie » et organisateur du Premier Salon Européen d’Ostéopathie Avril 2011 à Paris, sur l’actualité de la douleur avec le but de promouvoir « la pluridisciplinarité et la complémentarité » de sa prise en charge spécifique. Les intervenants, professionnels de santé de différentes spécialités, se sont réunis dans un mouvement de partage de leur expérience sous le signe du consensus sur la nécessité de mobilisation en partenariat interventionnel global pour le patient douleureux.
Le Dr Nadjet SAADALLAH, médecin dans le Service Douleur de l’Hôpital « St Joseph » de Marseille s’est penchée particulièrement sur la physiopathologie de la douleur – en précisant les données d’anatomie et de physiologie de la fibre nerveuse, les voies et les mécanismes de perception, de transmission, d’intégration et de l’élaboration de la réponse cérébrale physique (sensitivo-motrice), cognitive (de mémorisation) et émotionnelle – affective de la douleur, notions indispensables pour la compréhension et les choix des interventions thérapeutiques.
Le Dr Amélie NOEL, médecin algologue, EMAD, Hôpital « Paul Desbief » à Marseille, a présenté les étapes de la douleur aigue à la douleur chronique en reprenant les mécanismes physiopathologiques et les distinctions entre la douleur aigue et chronique en insistant sur les facteurs psycho-émotionnels et comportementaux et sur la nécessité d’une prise en charge multidisciplinaire : chaque professionnel à son rôle propre et déterminant L’accent aura été mis sur l’impératif d’intervention immédiate et efficace sur la douleur aigue afin d’éviter la chronicisation, ainsi que sur les remaniements de vie inéluctables chez le patient en souffrance qui nécessitera un accompagnement empathique soutenu par les professionnels de santé.
Le Dr Cédric LABOURDETTE, médecin spécialiste en Anesthésie – Réanimation à la Clinique « Aguiléra » de Biarritz a approché spécifiquement le sujet des douleurs neuropathiques : la physiopathologie, les types de douleurs neuropathiques en précisant leur caractère lésionnel, mais aussi l’évolution indépendante de la lésion et de l’expression clinique de ce type de douleur. Il précise également les moyens thérapeutiques d’intervention : médicamenteux dans les syndromes douloureux régionaux complexes, et les thérapeutiques non-médicamenteuses : le tense, l’anesthésie, la physiothérapie, la kinésithérapie, l’ostéopathie, la stimulation corticale focale, en insistant sur la prise en charge globale et pluridisciplinaire de la douleur.
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Le Dr Michèle PORTAS, médecin aux Urgences Pédiatriques Douleur du CHU de Marseille, a exposé la prise en charge de la douleur de l’enfant, ses spécificités développementales (les modalités d’interprétation du monde par l’enfant, de son corps, de ses vécus corporels et affectifs) face à la douleur avec un accent important sur la notion de remémoration de la douleur, la thérapeutique de prévention, et une prise en charge de qualité incluant l’écoute et l’approche humaniste.
- Voir le résumé de l'intervention du Dr Dr Michèle PORTAS : Douleurs de l'enfant - 2è partie
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Le Dr Hugues NEGRE, médecin dans le Service de Court Séjour Gériatrique au Centre Gérontologique de Marseille a partagé son expérience de la prise en charge de la douleur en gériatrie. La prévalence de la douleur chez la personne âgée (5% de personnes à plus de 80 ans en France) est comprise entre 40% et 100%, en fonction des spécificités cliniques. Les pathologies intriquées entraînent des difficultés d’évaluation de la douleur et de l’efficacité attendue des traitements. Ces difficultés sont multipliées par les caractéristiques de la population âgée qui rejoignent certaines des celles rencontrées chez l’enfant : manque de communication, évaluation peu spécifique (par des échelles visuelles analogiques ou des hétéro évaluations comportementales par l’entourage) qui nécessitent une amélioration des pratiques par une prise en charge pluridisciplinaire.
- Voir le résumé de l'intervention du Dr Hugues NEGRE : Douleur et gériatrie
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Le Dr Cynthia GEORGANTELIS, médecin en Soins Palliatifs à l’Hôpital Militaire de Toulon nous a introduit dans l’univers de la douleur chez le patient souffrant de cancer, en évoquant la complexité de la prise en charge des patients en fin de vie et des patients souffrant de douleurs cancéreuses, en précisant les spécificités incontournables (localisation lésionnelle, les différents types de douleur et des traitements, l’importante composante émotionnelle. On apprend que l’arsenal thérapeutique s’est élargit depuis une quinzaine d’années (paliers de traitement établis par l’OMS), avec des remaniements également au niveau juridique, priorisant l’allégement de la souffrance par rapport aux conséquences des traitements. Le partenariat avec le patient et la dynamique globale du suivi des patients sont des points importants lors de l’intervention. L’accent final concerne l’information sur la problématique douloureuse dans l’enseignement ostéopathique.
- Voir le résumé de l'intervention du Dr Cynthia GEORGANTELIS : Généralité sur les douleurs en gériatrie
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Robert MESLE, Ostéopathe D.O. à Paris, enseignant à l’Université Libre de Bruxelles, Faculté des Sciences de la Motricité, Section Ostéopathie est intervenu sur la prise en charge des douleurs abdominales en ostéopathie. Il propose une classification des techniques ostéopathiques de la région abdominale qui remplit le vide nosologique existant et insiste sur la nécessité d’évaluation scientifique (essais comparatifs randomisés de forte puissance) pour atteindre un niveau de preuve scientifique suffisante pour la validation des techniques et de l’efficacité des interventions en ostéopathie.
- Voir le résumé de l'intervention de Robert Meslé : Douleurs abdominales et ostéopathie
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Alain MEUNIER, thérapeute manuel, masseur kinésithérapeute, travaillant en hypno-analgésie à Dijon, intervient avec le sujet « Douleur chronique : la pression comme moyen thérapeutique » en nous rappelant que le traitement par application de la pression a toujours été un moyen de base dans la prise en charge corporelle. Le principe est que toute pression exercée sur le corps peut désorganiser sa structure, de la même manière qu’elle peut être réparatrice, si son application thérapeutique respecte des techniques spécifiques (degré de puissance, isométrie et endurance). La douleur représente un stress dont la résolution engage des stratégies thérapeutiques parmi lesquelles de type cognitive-comportementale. Le travail sur la mémoire émotionnelle de la douleur, permettra au patient de devenir acteur et gestionnaire de sa souffrance, de pouvoir choisir « d’agir et non de réagir». La confrontation à la douleur par application de la pression, accompagnée d’une information pertinente sur les mécanismes physiologiques et cognitifs, permettra au patient de surpasser l’évitement et la peur de la douleur et d’entamer une désensibilisation progressive à la souffrance. Il revient au thérapeute de veiller à son perfectionnement dans l’art de «savoir doser la douleur pour pouvoir oser la douleur ! ».
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Le Dr Philippe Mahé, Médecin et ostéopathe D.O., Attaché en Néonatologie et CAMPS au CHU de Marseille, nous éclaircit sur les différents messages de la douleur du nourrisson. Il clarifie et distingue les notions de douleur et d’inconfort chez le nourrisson et les critères d’évaluation de la douleur : GMs (évaluation des mouvements généraux), qualité du sommeil, le degré de développement psychomoteur. Il reprécise l’importance du partenariat avec les parents dans le but d’une évaluation complète. Le Pr MAHE met l’accent à plusieurs reprises sur les rôles de l’ostéopathie dans la gestion de la douleur chez le nourrisson : décoder les messages de la douleur, l’objectiver, fixer les objectifs du traitement ostéopathique et mesurer les résultats de ces interventions spécifiques.
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Jean DUPRE, Maitre praticien en hypnose et PNL, Formateur à ARCHE à Paris et Nice est intervenu pour exposer le parcours historique de l’hypnose dans le système de soins et les multiples applications de cette thérapeutique dans la prise en charge de la douleur. Des précisions techniques sont partagées avec les participants. Deux messages primordiaux concluent son exposé : « l’intervention hypnotique arbitraire, qui empêcherait un diagnostic ou un traitement est à proscrire » et « l’hypnothérapeute ne travaille jamais sur un symptôme car il n’est pas médecin. Son rôle est d’envisager la possibilité de réduire les perturbations liées à des évènements symptomatiques parmi lesquels la douleur ».
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Le Pr Yves Lepers, DO, PhD, Université Libre de Bruxelles, faculté des Sciences de la Motricité, section Ostéopathie a approché les limites de l’ostéopathie dans la douleur. Nous résumons en reprenant ses propres mots : « La clinique ostéopathique, comme toute médecine, se trouve en tension entre spécificité et aspécificité. L’ostéopathie, qui passe essentiellement par la main et le toucher, peut être interprétée comme une prise en charge de type « bien-être ». L’évaluation spécifique des modes d’action dans un cadre nosologique bien défini, l’oriente par contre clairement dans le champ de l’exercice médical. Une bonne pratique n’exclut ni le bien-être du patient ni la scientificité. Replaçons sans cesse le patient au centre de nos réflexions et de nos pratiques. La clinique s’enrichit par les sciences et par la qualité relationnelle que nous avons avec nos patients. Evitons à la fois l’écueil des explications mystiques et pseudo scientifiques et la froideur réductionniste de la science. L’ostéopathie fait partie de la médecine et à ce titre reste un art ».
Nous remercions M. Frédéric Zenouda, Responsable de ce Colloque, de nous avoir autorisé à présenter ce compte-rendu
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