Rupture du LCA
Auteur : Jean-Louis Boutin
Mécanisme de production


- Hyperextension responsable de la rupture du ligament croisé antérieur (tir trop violent dans le vide au football).
- Rôle du ligament croisé antérieur :
Limite la propulsion en avant du tibia avec en cas de rupture, le signe du tiroir antérieur
Rôle physiologique essentiel : limite la rotation interne du genou, aidé par le coin capsulaire postéro-interne.
- Les signes :
Le dérobement souvent baptisé blocage ou simple sensation d'insécurité avec sensation de genou "qui part en dedans"
Les ressauts
Les blocages vrais
- L'examen :
- Recherche du tiroir antérieur : le patient est en décubitus dorsal, le genou fléchi à 90°, le pied reposant sur la table. L'opérateur empaume le mollet et imprime à la jambe des mouvements vers l'avant et vers l'arrière.
- Recherche du ressaut décrit par Lemaire en 1967. Il correspond au "Jerk Test" de Hughston ou au "Pivot-Shift" de Mac Intosch.
- A partir de la position d'extension rotation interne complète en imprimant doucement un début de flexion au genou, celui-ci étant maintenu en rotation interne. Le ressaut est ressenti comme une sorte d'accélération du tibia sous le fémur. Il est palpable et aussi visible.
A quoi correspond-il ?
Lorsque le genou est en extension rotation interne forcée, les surfaces osseuses gardent leurs rapports normaux, même en cas de rupture du ligament croisé antérieur. Ces deux surfaces sont maintenues en contact par la tension de tous les éléments capsulaires et ligamentaires.
Les condyles restent dans les cuvettes formées par les plateaux tibiaux et les ménisques. Si tout en maintenant la rotation forcée, on fléchit doucement le genou, les différents ligaments se détendent. Le tibia, qui n'est plus bridé par le ligament croisé antérieur, dérape en dedans. Le rebord du condyle externe finit par franchir le rebord tibial en produisant un ressaut non seulement palpable mais visible, où le malade reconnaît la sensation perçue lors de ses accidents d'instabilité.
image trouvée dans la revue La médecine praticienne, 1er n° de décembre 1980 p.42
Indications opératoires
Chez le sportif, l'indication est formelle.
L'intervention de Kenneth Jones.
Il s'agit d'une syndesmoplastie passive qui utilise une bandelette du tendon rotulien et une baguette rotulienne en continuité. Elle est prélevée et passée dans l'articulation de façon à ce que le fragment du tendon rotulien devienne un nouveau ligament croisé antérieur dont il a d'ailleurs les insertions, le trajet et l'obliquité, et que la baguette osseuse rotulienne soit fixée dans un tunnel condylien externe. Le genou est ensuite plâtré avec 10 à 15 ° de flexion pendant une durée de six semaines.L'intervention de Lindemann
s'agit dans ce cas d'une syndesmoplastie active dans laquelle le tendon terminal du demi-tendineux est désinséré du tibia, passé d'arrière en avant dans l'échancrure intercondylienne et réflexé au niveau du tibia grâce à un canal trans-osseux dont l'orifice supérieur est au niveau de la surface préspinale, zone d'insertion du LCA.Dans cette intervention, la contraction du muscle demi-tendineux lutte contre le mouvement de tiroir antérieur. Cette plastie n'a aucune action sur l'instabilité rotatoire provoquée par la rupture du LCA.La technique de Lemaire.
C'est une syndesmoplastie passive. Il s'agit d'une technique extra-articulaire, à la différence des techniques précédentes où le transplant passe dans l'articulation. Le but de l'intervention est de constituer un frein qui interdira à la rotation interne du tibia de dépasser les limites physiologiques. Elle n'a pas la prétention de corriger le tiroir antérieur mais celle de supprimer le ressaut en rotation interne qui apparaît comme la reproduction de l'instabilité due à la rupture du LCA. Elle est réalisée avec l'aide d'une bandelette de facia lata très solide de 15 mm de large sur 15 cm de long. Elle est tendue depuis son tubercule tibial jusqu'à l'insertion supérieure du ligament latéral externe, le genou étant en rotation externe à 60° de flexion. Elle passe sous le ligament latéral externe et dans un canal osseux condylien, puis elle est rabattue et saturée à elle-même sous forte tension.
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